Yann Barthès et la transphobie : analyse de l’émission Quotidien
Au-delà des Remarques Discréditantes
Au-delà des commentaires dénigrants d’Élisabeth Roudinesco, c’est la conduite de l’animateur de « Quotidien », Yann Barthès, qui est profondément répréhensible. « Je trouve qu’aujourd’hui, il y a une épidémie de personnes transgenres ; il y en a bien trop. » Les déclarations de l’historienne et psychanalyste Élisabeth Roudinesco, que nous avons connue plus éclairée lors des débats sur le mariage pour tous, sur le plateau de l’émission Quotidien le mercredi 10 mars sur TMC (groupe TF1), étaient consternantes, et à juste titre.
La Réaction du Public
Surpassant les mots stigmatisants de Roudinesco, à qui je ne peux que conseiller de retourner à ses études respectées sur le sujet de la transidentité (ainsi que sur l’intersectionnalité, les individus racialisés et le genre, entre autres), la conduite de Barthès est particulièrement discutable. Elle a d’ailleurs suscité une myriade de réponses de la part des internautes.
L’Intervention des Parlementaires
Les députés Raphaël Gérard, Valérie Petit et Laurence Vanceunebrock ont eu raison de saisir le CSA. C’est en effet le silence de Barthès qui est souligné dans leur soumission au CSA. « L’animateur de l’émission, malgré les obligations de modérer les discours haineux qui incombent aux chaînes de télévision, est resté silencieux », ont écrit les députés.
Le Silence Éloquent
Comment peut-on rationaliser le silence de l’animateur alors que Roudinesco déploie sa rhétorique transphobe ? Même sans connaissance spécifique sur la transidentité, un journaliste doit reconnaître qu’il ne s’agit pas d’une « maladie ». Barthès aurait dû interrompre Roudinesco pour lui expliquer que ses déclarations étaient pathologisantes et sapent la dignité des personnes trans. Cela est d’autant plus pertinent que Barthès a souvent accueilli des individus LGBT+ sur son plateau et est bien informé de leurs expériences.
La Course à la Sensation
Pourtant, dans le monde actuel, la quête du sensationnalisme, des mots frappants qui, comme les chaînes le savent bien, provoqueront l’indignation sur les réseaux sociaux, prévaut. Et cela est avantageux pour la chaîne et son audience. Le vieux dicton dit : « il n’y a pas de mauvaise publicité ». Un jeu périlleux.
Les Victimes Silencieuses
Car une fois de plus, ce sont les individus trans qui subissent les conséquences de ce manque d’éthique et de cette course à l’audience. C’est pourquoi je cède le mot de la fin à l’association Acceptess-T, qui a tweeté ce qui suit :
"épidémie de transgenres" ? On est une maladie contagieuse Mme @E_Roudinesco ? Que faut-il faire de nous Madame, nous euthanasier dès le diagnostic ? Nous électrocuter, nous lobotomiser, comme dans les années 50 ? Nous stériliser, comme jusqu'en 2017 ? https://t.co/poNXj7cC1S
— ACCEPTESS-T (@acceptesst) March 10, 2021
- ACTUALITES LGBT
« Obsession » : Michael Johnston, l’acteur gay au cœur d’un phénomène mondial
Avignon 2026 : Les Spectacles Queers à Découvrir au Festival Off
Cap-Vert : Pourquoi L’archipel est Considéré Comme Le Pays Africain le Plus Favorable Aux Droits Des Personnes LGBT
Turquie : Istanbul Refuse L’escale D’un Paquebot De Croisière Destiné à Une Clientèle LGBT
Premier Drag-show à Limoges : Une Célébration De La Diversité Qui Marque Un Tournant Pour La Ville
La Cour Suprême Américaine Valide L’interdiction Des Sportives Transgenres Dans les Compétitions Féminines
Un An Après Son Coming Out, BAIN Dénonce Le Double Standard De La K-pop
Marche des fiertés de Paris repoussée : report à septembre
Semaine de la diversité à Saint-Aignan : Un Festival Militant Pour Défendre L’inclusion en Milieu Rural
Les États Américains Les Moins Favorables aux Personnes LGBTQ+ Accentuent Leur Recul
Juste Pour Rire 2026 : Une Programmation Plus Queer Que Jamais.
Ariana Grande Lance Une Fondation Dédiée aux Droits LGBTQ+ Et Au Soutien Des Communautés Vulnérables


