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La Pride de Budapest Retrouve sa Liberté Tandis que la Hongrie Récupère Ses Financements Européens

La Pride de Budapest Retrouve sa Liberté
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La marche des Fiertés de nouveau autorisée dans la capitale hongroise

Six semaines après la défaite électorale de Viktor Orbán, qui a mis fin à seize années de domination politique en Hongrie, plusieurs changements symboliques et concrets se dessinent dans le pays. Parmi eux, l’autorisation de la prochaine Budapest Pride marque un tournant important pour la communauté LGBT+, tandis que l’Union européenne a décidé de débloquer plus de 16 milliards d’euros de fonds jusque-là suspendus.

« Plus besoin de protection de la mairie, nous organisons la marche comme par le passé ! », se réjouit auprès de têtu· Viktoria Radvanyi, présidente de Budapest Pride. Après l’adoption l’an dernier d’une législation interdisant les manifestations LGBT sous le gouvernement Orbán, les militants peuvent désormais envisager l’événement avec sérénité.

La défaite du dirigeant national-conservateur lors des élections législatives d’avril a entraîné un changement de position des autorités. La police de Budapest a ainsi indiqué qu’elle ne voyait plus de motif justifiant l’application de la loi restrictive adoptée sous l’ancien exécutif. Cette évolution contraste fortement avec la période récente marquée par l’interdiction de la marche des Fiertés par la police hongroise.

La Pride, programmée le 27 juin, à la même date que celle de Paris, pourra donc se tenir dans des conditions habituelles.

Le 29 mai, les forces de l’ordre ont déclaré à l’Agence France-Presse (AFP), ainsi qu’au conseil municipal de la capitale, que « durant la procédure de déclaration pour la marche des Fiertés 2026 et la concertation avec les organisateurs, aucune raison n’est apparue pour interdire le rassemblement ».

Une mobilisation qui avait déjà résisté aux restrictions

L’année précédente, les organisateurs avaient dû faire preuve d’ingéniosité pour contourner l’interdiction. Plutôt que de présenter l’événement comme une manifestation revendicative, ils l’avaient enregistré comme un festival culturel organisé sous l’égide de la municipalité de Budapest, dirigée par le maire écologiste Gergely Karácsony.

Lire aussi : la Pride historique organisée dans la ville hongroise de Pécs

Cette stratégie avait porté ses fruits puisque l’édition avait enregistré une affluence record. Pour 2026, les organisateurs souhaitent donner à la mobilisation une portée symbolique particulière et invitent les participants à défiler afin de « dire adieu aux 16 dernières années », en référence à l’ère politique incarnée par Viktor Orbán.

Bruxelles débloque plus de 16 milliards d’euros pour la Hongrie

Le changement de gouvernement produit également des effets sur les relations entre Budapest et les institutions européennes. Au soir de sa victoire, le nouveau Premier ministre conservateur Peter Magyar avait affirmé que la Hongrie avait choisi de devenir un pays où « personne n’est stigmatisé pour aimer différemment ».

Vendredi, il s’est rendu à Bruxelles pour rencontrer la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. À l’issue de cette rencontre, cette dernière a annoncé le dégel progressif de plus de 16 milliards d’euros de financements européens destinés à la Hongrie, soit l’équivalent d’environ 13 % du produit intérieur brut du pays.

Ces sommes avaient été bloquées sous le gouvernement précédent en raison des préoccupations de Bruxelles concernant le respect de l’État de droit et les insuffisances constatées dans la lutte contre la corruption.

Des avancées saluées par la Commission européenne

Pour justifier cette décision, Ursula von der Leyen a déclaré : « Votre gouvernement avance rapidement et avec détermination, soucieux de tenir les promesses que vous avez faites au peuple hongrois : stimuler la relance économique, lutter contre la corruption et rétablir l’État de droit. »

La présidente de la Commission a également évoqué les « vents forts porteurs de changement » qui soufflent désormais sur le pays. Elle a par ailleurs confirmé que les universités hongroises pourront réintégrer le programme Erasmus à partir de 2027.

Dans le détail, les montants débloqués comprennent 10 milliards d’euros issus du plan européen de relance post-Covid. S’y ajoutent 4,2 milliards d’euros du Fonds de cohésion suspendus au titre du mécanisme de conditionnalité lié à l’État de droit, ainsi que 2,2 milliards d’euros gelés en raison des préoccupations concernant le respect des droits fondamentaux.

Les lecteurs qui souhaitent suivre les grandes mobilisations communautaires et l’actualité des marches des Fiertés peuvent également consulter la rubrique dédiée aux événements LGBT et Pride en France et à l’international.

Vers la fin de la loi anti-LGBT adoptée en 2021 ?

Reste une question majeure : l’avenir de la loi inspirée du modèle russe adoptée en 2021, qui interdit toute « promotion » de l’homosexualité auprès des mineurs.

En avril dernier, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a sévèrement condamné ce texte, estimant qu’il était « contraire à l’identité même de l’Union ». Une décision qui fragilise considérablement l’avenir de cette législation.

Ursula von der Leyen se montre confiante quant à la poursuite des réformes engagées. « Des mesures supplémentaires devront être prises, mais nous sommes sur la bonne voie », a-t-elle affirmé.

Pour de nombreux défenseurs des droits LGBT+, l’issue logique de ce processus ne fait guère de doute : l’abrogation pure et simple de cette loi.

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