À l’approche du dernier 17 mai précédant l’élection présidentielle de 2027, et alors que la répression contre les personnes queer s’intensifie dans plusieurs pays, des associations LGBTQI+, féministes et de défense des droits humains exhortent la France à renforcer son engagement international en faveur des minorités sexuelles et de genre.
Un contexte mondial marqué par la montée des politiques anti-LGBTQI+
À l’occasion de la Journée internationale contre l’homophobie, la biphobie, la transphobie, l’intersexphobie et l’acephobie, des membres de la société civile française, originaires de différents pays mais vivant aujourd’hui en France, demandent à l’État français de réaffirmer son rôle dans la défense des libertés fondamentales.
Selon les signataires, la progression des mouvements anti-droits et anti-genre, encouragée notamment par l’administration Trump II, représente une menace directe pour les personnes LGBTQI+ à travers le monde. Plusieurs situations sont citées comme exemples préoccupants : le renforcement de la criminalisation au Sénégal, les violences exercées au Burkina Faso, les attaques coordonnées au Bangladesh, la censure en Hongrie ou encore le recul des droits acquis en Inde.
Renforcer l’aide publique au développement
Les organisations appellent la France à augmenter son aide publique au développement destinée aux associations LGBTQI+ et aux initiatives de défense des droits humains. Elles dénoncent la diminution des financements observée depuis plusieurs années, estimant qu’elle fragilise directement les programmes de soutien aux populations concernées.
Les signataires demandent notamment une hausse des ressources consacrées à l’égalité de genre, à la lutte contre le VIH/sida et au soutien des groupes LGBTQI+ dans les régions francophones d’Afrique, considérées parmi les moins soutenues financièrement au monde.
Vers une diplomatie française plus inclusive
Les associations saluent la récente stratégie française de diplomatie féministe publiée en novembre dernier, tout en estimant qu’elle doit désormais intégrer plus clairement les enjeux LGBTQI+ dans l’ensemble de la politique étrangère du pays.
Elles réclament un renforcement des moyens alloués à la Stratégie internationale pour une diplomatie féministe 2025-2030 ainsi qu’au futur programme consacré aux droits et à la santé sexuels et reproductifs pour la période 2027-2031. Les auteurs du texte souhaitent également que les violences et discriminations visant les personnes transgenres et intersexes soient explicitement reconnues dans ces orientations diplomatiques.
Soutenir davantage la diplomatie arc-en-ciel
Le texte insiste aussi sur l’importance de consolider les moyens accordés à la diplomatie française en matière de droits LGBTQI+. Les signataires souhaitent que l’Ambassadeur pour les droits des personnes LGBT+ ainsi que les ambassades françaises disposent de ressources accrues afin d’accompagner efficacement les militant·es et associations locales dans les pays où les libertés reculent.
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Défendre les normes internationales
Les organisations alertent également sur les tentatives croissantes de remise en cause des protections internationales liées à l’orientation sexuelle et à l’identité de genre. Elles attendent de la France qu’elle continue de défendre au sein des institutions internationales, notamment à l’ONU, les notions de diversité, d’intersectionnalité et de droits des personnes LGBTQI+.
Les signataires dénoncent notamment les efforts menés par certains États, dont les États-Unis, pour redéfinir la notion de genre et exclure les minorités sexuelles et de genre des protections internationales existantes.
Faire de la France une terre d’asile
Enfin, les associations appellent la France et l’Europe à renforcer leur politique d’accueil envers les personnes LGBTQI+ persécutées dans leur pays d’origine, en particulier les militant·es exposé·es à des menaces croissantes. Elles considèrent que le droit d’asile demeure un enjeu essentiel dans le contexte international actuel.
Une solidarité présentée comme une nécessité politique et morale
Pour les auteurs de cet appel, la solidarité internationale ne relève ni d’une posture symbolique ni d’une volonté d’ingérence, mais d’une responsabilité morale et politique face à la montée des nationalismes et des tensions internationales. Ils défendent l’idée qu’un autre modèle fondé sur la liberté, l’égalité, la fraternité et la solidarité internationale reste possible.
Les organisations signataires
Parmi les signataires figurent notamment Solidarité Internationale LGBTQI, Inter-LGBT, SOS homophobie, STOP Homophobie, CONTACT France, le Centre LGBTI+ Lyon, Fierté Marseille Organisation, JusticeMakers Bangladesh in France, ainsi que plusieurs associations françaises et internationales engagées dans la défense des droits LGBTQI+ et des droits humains.






