Droits des personnes LGBT+ en Afrique : un recul inquiétant
Seuls 22 pays africains sans criminalisation des relations homosexuelles
En Afrique, les droits des personnes LGBT+ connaissent un recul marqué. Sur les 54 pays du continent, seuls 22 ne criminalisent pas les relations entre personnes du même sexe, un chiffre qui pourrait encore diminuer dans les prochains mois.
Ghana : une décision de la Cour suprême attendue
Le 17 juillet, la Cour suprême du Ghana a reporté sa décision concernant une loi adoptée par les députés visant à restreindre les droits des personnes LGBT+. Ce report technique offre un bref sursis aux personnes homosexuelles dans un contexte où ce sujet est débattu depuis des mois. La loi prévoit des peines de prison de deux mois à trois ans pour les personnes reconnues coupables d’homosexualité, et de cinq à dix ans pour ceux qui feraient la promotion de l’homosexualité. Le sujet est également susceptible d’influencer les débats à l’approche de l’élection présidentielle en décembre.
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Ouganda et Burkina Faso : des lois répressives
Fin mai, l’Ouganda a adopté l’une des lois anti-LGBT+ les plus sévères au monde, incluant la peine de mort pour les récidivistes. Au Burkina Faso, malgré la guerre contre le terrorisme, la junte au pouvoir a adopté un projet de loi modifiant le code de la famille pour criminaliser l’homosexualité. Le 10 juillet, le ministre burkinabé de la Justice a déclaré que l’homosexualité est désormais interdite et punie dans le pays.
Des motivations diverses et complexes
Les interdictions de l’homosexualité en Afrique sont justifiées par divers arguments. Beaucoup d’Africains considèrent l’homosexualité comme « contre nature ». Ce point de vue est souvent avancé dans des pays comme le Sénégal, le Burkina Faso et le Ghana. Paradoxalement, ces pays s’appuient sur des lois coloniales introduites par les Occidentaux avant 1960 pour justifier ces interdictions.
Influence des relations internationales
Le rejet de l’homosexualité en Afrique est également utilisé pour marquer une opposition à l’Occident, souvent exprimée par des déclarations telles que « On ne veut pas du mariage pour tous ici ». Dans le Sahel, le remplacement de l’influence française par celle de la Russie exacerbe l’intolérance, la criminalisation de l’homosexualité étant perçue comme un moyen de plaire à Vladimir Poutine, le nouvel allié russe.
Cette situation met en lumière les défis persistants auxquels sont confrontées les personnes LGBT+ en Afrique, dans un contexte où les droits humains fondamentaux sont souvent subordonnés à des considérations politiques et culturelles.
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