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Lexique LGBTQIA+ : Définitions, Orientations, identités et termes

  • LGBTQIA+
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Le vocabulaire LGBTQIA+ rassemble de nombreux mots permettant de parler des orientations sexuelles, des orientations romantiques, des identités de genre, des caractéristiques sexuelles et des expériences vécues par les personnes concernées.

Ces termes peuvent parfois sembler complexes, notamment parce qu’ils ne décrivent pas tous la même chose. Être lesbienne, bisexuel ou asexuel concerne principalement l’attirance sexuelle. Être aromantique concerne l’attirance romantique. Être transgenre ou agenre concerne l’identité de genre. Le terme intersexe désigne quant à lui des variations des caractéristiques sexuelles.

Comprendre ces distinctions permet d’éviter de nombreuses confusions et d’utiliser un vocabulaire plus précis et respectueux. Ce lexique LGBTQIA+ n’a pas pour objectif d’enfermer les personnes dans des catégories rigides. Il propose des définitions accessibles et renvoie vers des guides plus complets lorsque certaines notions nécessitent davantage d’explications.

Les mots employés par une personne pour se définir peuvent également évoluer avec le temps. Certaines utilisent plusieurs termes complémentaires, tandis que d’autres préfèrent une catégorie générale comme queer ou ne souhaitent employer aucune étiquette particulière.

Pour comprendre l’histoire de l’acronyme et la signification détaillée de ses différentes lettres, consultez également notre guide consacré à ladéfinition de LGBT et LGBTQIA+.

Que signifie LGBTQIA+ ?

L’acronyme LGBTQIA+ représente plusieurs orientations, identités et réalités liées au genre ou aux caractéristiques sexuelles.

Les lettres correspondent généralement à :

  • L pour lesbienne ;
  • G pour gay ;
  • B pour bisexuel ;
  • T pour transgenre ;
  • Q pour queer ou en questionnement ;
  • I pour intersexe ;
  • A pour asexuel, aromantique ou agenre ;
  • + pour inclure les autres orientations, identités et expériences qui ne sont pas directement représentées par les lettres précédentes.

L’acronyme peut prendre différentes formes selon les pays, les associations ou les contextes. On rencontre notamment LGBT, LGBTQ, LGBTQIA+, LGBT+, LGBTQI+ ou encore 2SLGBTQIA+.

Ces variantes ne signifient pas nécessairement qu’une version serait correcte et les autres fausses. Elles témoignent surtout de la volonté de représenter une diversité de personnes sans créer un acronyme interminable.

Que représente le « + » dans LGBTQIA+ ?

Le signe « + » rappelle que la diversité des orientations sexuelles, des orientations romantiques et des identités de genre ne peut pas être entièrement résumée par quelques lettres.

Il peut notamment inclure les personnes :

  • pansexuelles ;
  • non binaires ;
  • genderfluid ;
  • demisexuelles ;
  • graysexuelles ;
  • fraysexuelles ;
  • frayromantiques ;
  • lithromantiques ;
  • cupioromantiques ;
  • aliagender ;
  • xenogenres ;
  • ou utilisant d’autres termes communautaires.

Le « + » ne signifie pas que ces personnes seraient moins importantes. Il sert à conserver un acronyme utilisable tout en reconnaissant l’existence de nombreuses autres expériences.

Pourquoi le vocabulaire LGBTQIA+ évolue-t-il ?

Le vocabulaire évolue parce que les mots sont liés aux sociétés, aux cultures et à la manière dont les personnes comprennent leur propre expérience.

Certains termes autrefois employés couramment sont aujourd’hui considérés comme imprécis, médicaux, réducteurs ou inadaptés. À l’inverse, de nouveaux mots apparaissent pour décrire des réalités qui existaient déjà, mais qui disposaient de peu de visibilité.

Cette évolution peut permettre :

  • de mieux distinguer plusieurs formes d’attirance ;
  • de séparer orientation sexuelle et identité de genre ;
  • de nommer des expériences auparavant invisibilisées ;
  • de faciliter la recherche de personnes vivant une situation similaire ;
  • de mieux exprimer ses besoins et ses limites ;
  • de lutter contre certaines idées reçues.

Il n’est pas nécessaire de mémoriser immédiatement tous les termes. Le plus important reste d’écouter la manière dont chaque personne se présente et de respecter les mots qu’elle choisit pour parler d’elle-même.

Orientation sexuelle, orientation romantique, identité de genre et caractéristiques sexuelles

Avant de parcourir ce lexique LGBTQIA+, il est essentiel de distinguer quatre notions qui sont encore régulièrement confondues.

L’orientation sexuelle

L’orientation sexuelle décrit principalement les personnes envers lesquelles une attirance sexuelle peut être ressentie, ainsi que la fréquence ou les conditions dans lesquelles cette attirance apparaît.

Elle peut notamment être :

  • homosexuelle ;
  • bisexuelle ;
  • pansexuelle ;
  • hétérosexuelle ;
  • asexuelle ;
  • graysexuelle ;
  • demisexuelle ;
  • fraysexuelle.

Une orientation sexuelle ne permet pas de connaître les pratiques d’une personne, le nombre de ses partenaires, sa libido ou sa manière de vivre ses relations.

Une personne peut, par exemple, être asexuelle et avoir des rapports sexuels. Une personne bisexuelle peut vivre avec un seul partenaire sans cesser d’être bisexuelle. Une personne homosexuelle peut ne jamais avoir vécu de relation tout en connaissant son orientation.

Notre liste des orientations LGBT et LGBTQIA+ présente plus en détail les principales orientations sexuelles et leurs différences.

L’orientation romantique

L’orientation romantique concerne l’attirance amoureuse ou romantique. Elle décrit notamment les personnes envers lesquelles quelqu’un peut souhaiter construire un lien perçu comme romantique.

Elle ne correspond pas toujours à l’orientation sexuelle.

Une personne peut, par exemple, être :

  • asexuelle et biromantique ;
  • bisexuelle et aromantique ;
  • homosexuelle et demiromantique ;
  • pansexuelle et frayromantique ;
  • hétérosexuelle et grayromantique.

L’attirance romantique doit également être distinguée de l’affection, de l’amitié, de l’attachement émotionnel et de l’attirance sexuelle.

Une personne peut aimer profondément quelqu’un sans ressentir d’attirance romantique. Elle peut aussi ressentir une attirance sexuelle sans souhaiter vivre une relation amoureuse.

L’identité de genre

L’identité de genre correspond à la manière dont une personne vit et définit intérieurement son genre.

Elle peut notamment se reconnaître comme :

  • femme ;
  • homme ;
  • non binaire ;
  • agenre ;
  • genderfluid ;
  • aliagender ;
  • ou employer une autre identité.

L’identité de genre ne détermine pas l’orientation sexuelle. Une personne transgenre, non binaire ou agenre peut être lesbienne, gay, bisexuelle, pansexuelle, hétérosexuelle, asexuelle ou appartenir à toute autre orientation.

Pour approfondir ces notions sans les confondre avec les orientations, consultez notre liste des identités de genre.

L’expression de genre

L’expression de genre correspond à la manière dont une personne présente ou exprime son genre dans la vie quotidienne.

Elle peut passer par :

  • les vêtements ;
  • la coiffure ;
  • le maquillage ;
  • les accessoires ;
  • la voix ;
  • la gestuelle ;
  • le prénom ;
  • les pronoms ;
  • ou d’autres formes d’expression personnelle.

L’expression de genre ne permet pas de connaître automatiquement l’identité ou l’orientation d’une personne.

Un homme peut avoir une expression féminine sans être une femme. Une femme peut adopter une expression masculine sans être lesbienne. Une personne non binaire peut avoir une apparence très féminine, masculine, androgyne ou changeante.

Les caractéristiques sexuelles

Les caractéristiques sexuelles regroupent différents éléments biologiques liés notamment :

  • aux chromosomes ;
  • aux hormones ;
  • aux organes reproducteurs ;
  • aux organes génitaux ;
  • aux caractères sexuels secondaires.

Certaines personnes naissent avec des caractéristiques sexuelles ne correspondant pas entièrement aux définitions médicales ou sociales habituellement associées aux corps masculins ou féminins. Le terme intersexe peut alors être utilisé.

Les caractéristiques sexuelles ne déterminent pas automatiquement l’identité de genre ni l’orientation sexuelle.

Lesbienne

Le mot lesbienne désigne généralement une femme ressentant une attirance sexuelle ou romantique envers d’autres femmes.

Certaines personnes non binaires utilisent également ce terme lorsqu’il correspond à leur rapport au genre, à leur attirance et à leur appartenance communautaire.

Être lesbienne ne permet pas de déduire :

  • l’apparence d’une personne ;
  • son expression de genre ;
  • son rôle dans une relation ;
  • ses pratiques sexuelles ;
  • son parcours amoureux ;
  • sa personnalité.

Les lesbiennes peuvent avoir des expressions de genre très différentes. Certaines se définissent comme féminines, masculines, androgynes, butch, fem ou ne souhaitent employer aucune étiquette supplémentaire.

Le terme lesbienne possède également une dimension historique et politique importante. Il a permis de rendre visibles les expériences spécifiques des femmes attirées par les femmes, notamment face au sexisme, à l’homophobie et à la lesbophobie.

Les mots lesbienne et gay peuvent parfois se recouper, mais de nombreuses femmes préfèrent le terme lesbienne parce qu’il nomme plus directement leur expérience.

Gay ou gai

Le mot gay, parfois écrit gai en français, désigne généralement un homme ressentant une attirance sexuelle ou romantique envers d’autres hommes.

Il peut également être employé comme terme plus large par certaines personnes homosexuelles ou par des personnes non binaires.

L’utilisation du mot dépend souvent du contexte, de la génération et des préférences personnelles. En français, les graphies « gay » et « gai » existent toutes les deux, même si « gay » est aujourd’hui très répandu.

Être gay ne détermine pas :

  • l’expression de genre ;
  • la masculinité ou la féminité ;
  • la manière de vivre sa sexualité ;
  • la volonté de vivre en couple ;
  • les goûts ou la personnalité.

L’homosexualité a longtemps été criminalisée ou médicalisée dans de nombreux pays. La réappropriation du mot gay a donc participé à la visibilité et à l’affirmation positive des hommes attirés par les hommes.

Le mot ne doit toutefois jamais être utilisé comme une insulte ou comme un synonyme de quelque chose de ridicule, faible ou négatif.

Bisexuel

Une personne bisexuelle peut ressentir une attirance envers plusieurs genres.

La bisexualité n’implique pas obligatoirement une attirance identique pour les hommes et les femmes. Elle ne signifie pas non plus être attiré par toutes les personnes, hésiter entre homosexualité et hétérosexualité ou devoir avoir simultanément des partenaires de plusieurs genres.

Une personne bisexuelle peut :

  • ressentir une attirance différente selon les genres ;
  • avoir des préférences ;
  • connaître des variations dans le temps ;
  • être attirée par des personnes non binaires ;
  • n’avoir connu que des relations avec un seul genre ;
  • vivre dans une relation monogame ;
  • ne jamais avoir eu de relation.

Le préfixe « bi- » est parfois interprété comme une référence stricte à deux genres. Pourtant, de nombreuses personnes bisexuelles définissent leur orientation comme une attirance envers leur propre genre et envers d’autres genres, ou plus généralement comme une attirance envers plusieurs genres.

La bisexualité n’exclut donc pas automatiquement les personnes transgenres ou non binaires.

L’orientation d’une personne ne disparaît pas lorsqu’elle entre dans une relation. Une femme bisexuelle vivant avec un homme ne devient pas hétérosexuelle. Un homme bisexuel vivant avec un homme ne devient pas automatiquement gay.

Transgenre

Une personne transgenre possède une identité de genre qui ne correspond pas, ou pas entièrement, au genre qui lui a été assigné à la naissance.

Le mot transgenre peut notamment concerner :

  • une femme trans ;
  • un homme trans ;
  • certaines personnes non binaires ;
  • certaines personnes genderfluid ;
  • d’autres personnes se reconnaissant dans le terme trans.

Être transgenre ne constitue pas une orientation sexuelle.

Une personne trans peut être :

  • lesbienne ;
  • gay ;
  • bisexuelle ;
  • pansexuelle ;
  • hétérosexuelle ;
  • asexuelle ;
  • aromantique ;
  • ou appartenir à une autre orientation.

Il n’est pas nécessaire d’avoir réalisé une transition médicale pour être transgenre. Une personne peut effectuer une transition sociale, administrative ou médicale, combiner plusieurs démarches ou ne souhaiter aucune modification particulière.

Le parcours médical, les organes génitaux ou les traitements d’une personne sont des informations privées. Ils ne doivent pas être demandés sans raison légitime ni sans son accord.

Quelle différence entre transgenre, trans et transsexuel ?

Le mot trans est un terme court et généralement inclusif pouvant désigner différentes personnes dont le genre ne correspond pas entièrement à celui qui leur a été assigné à la naissance.

Le mot transgenre est aujourd’hui largement employé pour parler de l’identité de genre sans supposer un parcours médical particulier.

Le terme transsexuel est plus ancien et reste utilisé par certaines personnes pour parler d’elles-mêmes. Il est cependant souvent évité lorsqu’on ne connaît pas la préférence de la personne, car il peut mettre excessivement l’accent sur le corps, la médecine ou les organes génitaux.

La meilleure règle consiste à employer le mot choisi par la personne concernée.

Queer

Le mot queer est un terme parapluie pouvant concerner le genre, la sexualité, l’expression de genre ou plusieurs de ces dimensions.

Certaines personnes l’utilisent parce qu’elles :

  • ne souhaitent pas choisir une étiquette très précise ;
  • se reconnaissent dans plusieurs orientations ou identités ;
  • vivent une sexualité ou un genre fluide ;
  • ne correspondent pas aux normes hétérosexuelles ou cisgenres ;
  • revendiquent une appartenance communautaire ou politique.

Queer n’est pas simplement un synonyme de bisexuel ou de pansexuel. Il ne désigne pas une seule orientation clairement délimitée.

Le mot a longtemps été utilisé comme une insulte dans les pays anglophones avant d’être réapproprié par une partie des communautés LGBTQIA+. Certaines personnes y sont très attachées, tandis que d’autres restent mal à l’aise avec son histoire.

Il ne faut donc pas qualifier automatiquement quelqu’un de queer si cette personne n’utilise pas elle-même ce terme.

Intersexe

Une personne intersexe est née avec des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas entièrement aux définitions médicales ou sociales habituellement associées aux corps masculins ou féminins.

Ces variations peuvent concerner notamment :

  • les chromosomes ;
  • les hormones ;
  • les organes génitaux ;
  • les gonades ;
  • les organes reproducteurs ;
  • les caractères sexuels secondaires.

Certaines variations sont visibles à la naissance. D’autres sont découvertes pendant la puberté, lors d’un examen médical ou ne sont jamais identifiées.

Être intersexe ne constitue pas automatiquement une identité de genre ou une orientation sexuelle. Une personne intersexe peut être une femme, un homme, une personne non binaire ou employer une autre identité. Elle peut également avoir n’importe quelle orientation sexuelle ou romantique.

Intersexe et transgenre ne sont pas synonymes. Le terme intersexe concerne les caractéristiques sexuelles, tandis que le terme transgenre concerne l’identité de genre.

Certaines personnes intersexes ont subi pendant l’enfance des interventions médicales non urgentes destinées à rendre leur corps plus conforme aux normes masculines ou féminines. Les associations intersexes défendent notamment le droit à l’intégrité corporelle et au consentement éclairé.

Asexuel

Une personne asexuelle ressent généralement peu ou pas d’attirance sexuelle envers d’autres personnes.

L’asexualité ne signifie pas nécessairement :

  • ne jamais avoir de libido ;
  • refuser toute activité sexuelle ;
  • ne pas pouvoir tomber amoureux ;
  • ne pas vouloir vivre en couple ;
  • être célibataire ;
  • pratiquer l’abstinence ;
  • avoir vécu un traumatisme ;
  • souffrir d’un trouble médical.

L’attirance sexuelle, la libido et le comportement sont trois notions différentes. Une personne peut avoir une libido sans que celle-ci soit dirigée vers quelqu’un. Elle peut aussi avoir des rapports sexuels pour différentes raisons sans ressentir une attirance sexuelle habituelle.

L’asexualité constitue également un spectre. Il comprend notamment des expériences dans lesquelles l’attirance est rare, faible, fluctuante ou dépendante de circonstances particulières.

Notre guide C’est quoi un asexuel ? explique plus précisément le spectre asexuel et les différences entre attirance sexuelle, libido et comportement.

Aromantique

Une personne aromantique ressent généralement peu ou pas d’attirance romantique.

Cela ne signifie pas qu’elle est incapable d’aimer, de ressentir des émotions ou de construire des relations importantes.

Une personne aromantique peut notamment apprécier :

  • l’amitié ;
  • l’affection ;
  • les liens familiaux ;
  • l’intimité émotionnelle ;
  • les relations sexuelles ;
  • les relations queerplatoniques ;
  • la vie commune ;
  • les projets partagés.

L’aromantisme est distinct de l’asexualité. Une personne aromantique peut ressentir une attirance sexuelle, tandis qu’une personne asexuelle peut ressentir une attirance romantique.

L’aromantisme constitue également un spectre comprenant plusieurs orientations plus précises, comme la grayromanticité, la demiromanticité, la lithromanticité, la cupioromanticité ou la frayromanticité.

Pour approfondir cette distinction, consultez notre article Aromantique : définition et explications.

Agenre

Une personne agenre ne ressent généralement pas de genre, entretient une connexion très faible avec cette notion ou ne se reconnaît dans aucune catégorie de genre précise.

L’agenre appartient souvent au spectre non binaire, mais toutes les personnes agenres n’utilisent pas nécessairement le mot non binaire pour se définir.

Une personne agenre peut :

  • employer des pronoms neutres ;
  • utiliser « il », « elle », « iel » ou plusieurs pronoms ;
  • avoir une expression masculine, féminine ou androgyne ;
  • modifier son apparence ;
  • ne rien changer à sa présentation ;
  • souhaiter ou non entreprendre une transition.

L’agenre ne constitue pas une orientation sexuelle. Une personne agenre peut être homosexuelle, bisexuelle, pansexuelle, asexuelle, hétérosexuelle ou utiliser toute autre orientation.

Le « A » de LGBTQIA+ peut notamment représenter asexuel, aromantique et agenre. Ces trois termes décrivent cependant des dimensions différentes.

Notre article consacré à la définition d’agenre développe cette identité et ses différences avec la non-binarité.

Bispirituel ou Two-Spirit

Le terme bispirituel, ou Two-Spirit en anglais, est employé par certaines personnes autochtones d’Amérique du Nord.

Il peut réunir des dimensions liées :

  • au genre ;
  • à la sexualité ;
  • à la culture ;
  • à la spiritualité ;
  • au rôle occupé dans une communauté.

Il ne doit pas être présenté comme un simple équivalent autochtone de queer, de transgenre ou de non-binaire. Sa signification dépend des peuples, des langues, des traditions et des communautés concernées.

Toutes les cultures autochtones ne possèdent pas la même conception de la bispiritualité et toutes les personnes autochtones LGBTQIA+ ne se définissent pas comme bispirituelles.

Ce terme est culturellement spécifique. Il ne doit donc pas être adopté par une personne non autochtone simplement parce qu’elle se reconnaît dans plusieurs genres ou orientations.

Dans certaines versions de l’acronyme, le nombre 2 ou les caractères 2S sont placés au début, comme dans 2SLGBTQIA+, afin de reconnaître la place particulière des personnes bispirituelles et des peuples

Orientations sexuelles et spectre asexuel

Diversité des orientations sexuelles et du spectre asexuel

Les orientations sexuelles permettent de décrire les personnes envers lesquelles une attirance sexuelle peut être ressentie. Certains termes indiquent principalement les genres susceptibles de provoquer cette attirance, tandis que d’autres précisent sa fréquence, son intensité ou les circonstances dans lesquelles elle apparaît.

Il est important de distinguer l’attirance sexuelle de la libido et des comportements. Une personne peut ressentir une attirance sans souhaiter avoir de rapport. Elle peut aussi avoir une activité sexuelle sans éprouver une attirance particulière envers son partenaire.

Les orientations ne permettent donc pas de connaître automatiquement :

  • les pratiques sexuelles d’une personne ;
  • le nombre de ses partenaires ;
  • son désir de vivre en couple ;
  • sa libido ;
  • ses préférences relationnelles ;
  • son identité de genre.

Une personne peut également utiliser plusieurs termes complémentaires. Elle peut, par exemple, se définir comme bisexuelle et demisexuelle, pansexuelle et graysexuelle ou homosexuelle et fraysexuelle. Le premier mot indique davantage les genres concernés par l’attirance, tandis que le second précise la manière dont cette attirance apparaît.

Homosexuel

Une personne homosexuelle ressent principalement une attirance sexuelle ou romantique envers des personnes du même genre.

Le terme peut notamment inclure :

  • les femmes lesbiennes ;
  • les hommes gays ;
  • certaines personnes non binaires utilisant les mots gay ou lesbienne ;
  • des personnes préférant simplement le terme homosexuel.

Le mot homosexuel est aujourd’hui utilisé dans différents contextes, mais il possède une histoire liée à la médecine et à la pathologisation. Certaines personnes lui préfèrent donc les termes gay ou lesbienne, qu’elles considèrent comme plus communautaires ou plus affirmatifs.

L’homosexualité ne détermine pas l’expression de genre. Un homme gay peut avoir une apparence masculine, féminine, androgyne ou variable. Une femme lesbienne peut également présenter son genre de nombreuses façons.

Bisexuel

Une personne bisexuelle peut ressentir une attirance envers plusieurs genres.

Cette orientation ne signifie pas obligatoirement être attiré de manière égale par les femmes et les hommes. L’intensité, la fréquence et la forme de l’attirance peuvent varier selon les genres et au cours de la vie.

Une personne bisexuelle peut :

  • avoir une préférence pour certains genres ;
  • être attirée par des personnes non binaires ;
  • ressentir une attirance romantique différente de son attirance sexuelle ;
  • vivre avec un partenaire d’un seul genre ;
  • ne jamais avoir eu de relation ;
  • être monogame ou non monogame.

La bisexualité n’est pas une période de transition entre homosexualité et hétérosexualité. Elle constitue une orientation à part entière.

Elle ne signifie pas non plus être attiré par tout le monde, avoir besoin de plusieurs partenaires ou être davantage susceptible d’être infidèle.

Pansexuel

Une personne pansexuelle peut ressentir une attirance envers des personnes indépendamment de leur genre.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle ne remarque jamais le genre. Certaines personnes pansexuelles expliquent plutôt que le genre ne constitue pas un élément déterminant dans la naissance de leur attirance.

La pansexualité peut inclure une attirance envers :

  • des femmes ;
  • des hommes ;
  • des personnes non binaires ;
  • des personnes genderfluid ;
  • des personnes agenres ;
  • d’autres identités de genre.

Bisexualité et pansexualité peuvent se recouper. Il ne faut pas présenter l’une comme plus inclusive que l’autre ni prétendre que les personnes bisexuelles excluent automatiquement les personnes transgenres ou non binaires.

Le choix entre les termes bisexuel, pansexuel ou queer dépend principalement de la manière dont chaque personne comprend et décrit sa propre attirance.

Omnisexuel

Une personne omnisexuelle peut ressentir une attirance envers des personnes de tous les genres, tout en considérant que le genre peut influencer la forme ou l’intensité de cette attirance.

Le terme est parfois rapproché de la pansexualité. Une distinction souvent utilisée est la suivante :

  • chez une personne pansexuelle, le genre peut jouer peu ou pas de rôle dans l’attirance ;
  • chez une personne omnisexuelle, l’attirance peut concerner tous les genres tout en étant vécue différemment selon ceux-ci.

Cette distinction n’est pas appliquée de manière identique par toutes les personnes. Les définitions communautaires servent avant tout de repères et non de règles rigides.

Polysexuel

Une personne polysexuelle peut ressentir une attirance envers plusieurs genres, mais pas nécessairement envers tous.

Le terme se distingue donc généralement de l’omnisexualité, qui peut concerner l’ensemble des genres, et de la pansexualité, où le genre peut ne pas constituer un critère déterminant.

Une personne polysexuelle peut, par exemple, ressentir une attirance envers les femmes et certaines personnes non binaires, mais pas envers les hommes. Une autre peut être attirée par plusieurs genres selon une combinaison différente.

Le préfixe « poly- » signifie ici plusieurs. Il ne faut pas confondre polysexualité et polyamour : la première concerne l’attirance, tandis que le second décrit une manière de construire plusieurs relations consenties.

Androsexuel

Le terme androsexuel décrit généralement une attirance envers les hommes, la masculinité ou les expressions de genre masculines.

Il peut être utilisé par des personnes dont l’identité de genre rend les catégories hétérosexuel ou homosexuel peu adaptées. Une personne non binaire peut, par exemple, préférer se dire androsexuelle pour indiquer son attirance envers la masculinité sans définir cette attirance par rapport à son propre genre.

Selon les personnes, l’androsexualité peut concerner :

  • les hommes ;
  • les personnes présentant une expression masculine ;
  • la masculinité comme caractéristique attirante ;
  • plusieurs genres associés à des codes masculins.

La définition peut donc varier légèrement. Il reste préférable de demander à la personne ce que ce terme signifie pour elle plutôt que de lui imposer une interprétation unique.

Pour approfondir cette orientation, consultez notre article consacré à la définition d’androsexuel.

Gynesexuel

Une personne gynesexuelle peut ressentir une attirance envers les femmes, la féminité ou les expressions de genre féminines.

Comme androsexuel, ce terme peut être employé sans définir l’attirance par rapport au propre genre de la personne. Il peut notamment être utile pour certaines personnes non binaires.

La gynesexualité peut désigner une attirance envers :

  • les femmes ;
  • les personnes ayant une expression féminine ;
  • la féminité ;
  • plusieurs genres associés à des caractéristiques féminines.

Le terme n’exclut pas nécessairement les femmes transgenres. Une femme trans est une femme et peut être concernée par l’attirance d’une personne gynesexuelle selon la définition que celle-ci utilise.

Notre guide sur la gynesexualité développe les différentes utilisations de ce terme et ses différences avec d’autres orientations.

Abrosexuel

Une personne abrosexuelle connaît généralement une orientation ou une attirance sexuelle pouvant évoluer dans le temps.

Elle peut, par exemple, se reconnaître pendant une période comme bisexuelle, puis ressentir une attirance plus proche de l’asexualité, de l’homosexualité ou d’une autre orientation.

Ces changements peuvent se produire :

  • sur plusieurs années ;
  • en quelques mois ;
  • sur une période plus courte ;
  • avec une intensité variable ;
  • selon des schémas réguliers ou imprévisibles.

L’abrosexualité ne signifie pas qu’une personne est indécise ou incapable de comprendre son orientation. Le changement constitue précisément une partie significative de son expérience.

Cette fluidité ne doit pas être confondue avec une personne qui modifie simplement l’étiquette qu’elle utilise pour mieux décrire une orientation restée relativement stable.

Pour découvrir cette notion plus en détail, consultez notre article Abrosexuel : définition d’une orientation sexuelle fluide.

Asexuel et spectre asexuel

L’asexualité désigne généralement une absence ou une faible expérience de l’attirance sexuelle.

Le spectre asexuel, parfois appelé spectre ace ou aspec, regroupe également des personnes qui ressentent une attirance :

  • rarement ;
  • avec une faible intensité ;
  • de manière fluctuante ;
  • uniquement dans certaines circonstances ;
  • dans des conditions particulières liées au lien émotionnel.

Les termes graysexuel, demisexuel et fraysexuel appartiennent généralement à ce spectre.

L’asexualité ne décrit pas nécessairement la libido. Une personne asexuelle peut ressentir une envie sexuelle générale, se masturber, avoir des rapports ou apprécier certaines formes d’intimité.

Elle peut également être favorable, indifférente ou défavorable à l’idée d’avoir des rapports. Ces attitudes ne permettent pas, à elles seules, de déterminer son orientation.

Allosexuel

Le terme allosexuel est souvent utilisé pour désigner une personne qui ressent une attirance sexuelle d’une manière ne relevant pas du spectre asexuel.

Il permet d’éviter de présenter l’asexualité comme une absence par rapport à une prétendue normalité. Une personne allosexuelle n’est pas plus complète ou plus épanouie qu’une personne asexuelle. Elle vit simplement l’attirance sexuelle d’une manière différente.

Dans certains contextes francophones, le mot allosexuel a aussi été employé comme traduction de queer. Cette utilisation peut créer une confusion. Dans le vocabulaire du spectre asexuel, il désigne principalement une personne qui n’est pas asexuelle ou aspec.

Graysexuel

Une personne graysexuelle, ou greysexuelle, ressent une attirance sexuelle rare, faible, fluctuante ou présente seulement dans certaines circonstances.

La graysexualité occupe une zone située entre l’asexualité et une expérience plus fréquente de l’attirance sexuelle.

Une personne graysexuelle peut notamment :

  • ressentir une attirance seulement quelques fois dans sa vie ;
  • éprouver une attirance difficile à identifier ;
  • ressentir une attirance de faible intensité ;
  • connaître de longues périodes sans attirance ;
  • ressentir une attirance uniquement dans certains contextes.

La graysexualité ne doit pas être confondue avec une faible libido. La libido correspond à une envie sexuelle générale, tandis que l’attirance est dirigée vers une personne particulière.

Notre article Graysexual : définition et place dans le spectre asexuel explique plus précisément cette orientation.

Demisexuel

Une personne demisexuelle ne ressent généralement une attirance sexuelle qu’après avoir créé un lien émotionnel important avec quelqu’un.

Cela ne signifie pas simplement qu’elle préfère attendre avant d’avoir des rapports sexuels. La demisexualité concerne l’apparition même de l’attirance.

Une personne demisexuelle peut :

  • trouver quelqu’un esthétiquement attirant sans ressentir d’attirance sexuelle ;
  • apprécier une personne sans vouloir de relation sexuelle ;
  • développer un lien profond sans que l’attirance apparaisse ;
  • ressentir une attirance après plusieurs semaines, mois ou années ;
  • ne jamais ressentir d’attirance envers certaines personnes proches.

Le lien émotionnel constitue une condition possible, mais ne garantit pas l’apparition de l’attirance.

La demisexualité est généralement rattachée au spectre asexuel, car l’attirance y apparaît dans des circonstances particulières.

Pour approfondir cette orientation, consultez notre guide Demisexuel : définition et différences avec l’asexualité.

Fraysexuel

Une personne fraysexuelle peut ressentir une attirance sexuelle plus facilement envers une personne qu’elle connaît encore peu. Cette attirance peut ensuite diminuer lorsque la familiarité et la proximité émotionnelle se développent.

La fraysexualité est parfois présentée comme l’inverse de la demisexualité :

  • chez une personne demisexuelle, la proximité peut permettre à l’attirance d’apparaître ;
  • chez une personne fraysexuelle, elle peut faire diminuer une attirance déjà présente.

Cette comparaison reste simplifiée. Une personne fraysexuelle ne perd pas automatiquement toute attirance dès qu’une relation devient plus proche. L’intensité et la durée varient selon les individus.

La diminution de l’attirance sexuelle ne signifie pas nécessairement la disparition des sentiments amoureux. Une personne fraysexuelle peut rester profondément attachée à son partenaire et souhaiter poursuivre la relation.

Notre article Fraysexuel : comprendre une attirance qui diminue avec le lien émotionnel détaille cette orientation et ses conséquences possibles dans les relations.

Aegosexuel

Une personne aegosexuelle, autrefois parfois désignée par le terme autochorissexuel, peut ressentir une séparation entre elle-même et l’objet de son excitation sexuelle.

Elle peut notamment :

  • apprécier des fantasmes sans souhaiter y participer ;
  • consommer des contenus érotiques sans vouloir reproduire les situations ;
  • imaginer des scènes sans s’y inclure personnellement ;
  • ressentir une excitation sans attirance dirigée vers une personne réelle ;
  • perdre son intérêt lorsqu’elle s’imagine directement impliquée.

L’aegosexualité appartient généralement au spectre asexuel.

Elle montre pourquoi excitation, fantasme, libido et attirance sexuelle ne sont pas toujours identiques. Une personne peut apprécier une idée ou une représentation sexuelle sans souhaiter vivre cette expérience avec quelqu’un.

Cupiosexuel

Une personne cupiosexuelle ressent généralement peu ou pas d’attirance sexuelle, mais peut souhaiter vivre une relation ou une activité sexuelle.

Elle peut rechercher la sexualité pour différentes raisons :

  • le plaisir physique ;
  • l’intimité ;
  • la curiosité ;
  • la proximité avec un partenaire ;
  • le désir de vivre une relation particulière ;
  • l’envie d’explorer sa sexualité.

L’absence d’attirance sexuelle ne signifie donc pas automatiquement une absence d’intérêt pour les rapports ou les relations sexuelles.

Une personne cupiosexuelle peut également être asexuelle, graysexuelle ou utiliser d’autres termes complémentaires.

Aceflux

Le terme aceflux décrit généralement une expérience située sur le spectre asexuel et susceptible de fluctuer.

Une personne aceflux peut se sentir :

  • fortement asexuelle pendant une période ;
  • plus proche de la graysexualité à un autre moment ;
  • parfois plus proche d’une expérience allosexuelle ;
  • incapable de choisir une seule étiquette stable.

La différence avec l’abrosexualité tient souvent au fait que l’aceflux reste principalement centré sur les variations internes au spectre asexuel, tandis que l’abrosexualité peut englober des changements plus larges entre différentes orientations.

Ces frontières restent toutefois communautaires et peuvent être interprétées différemment selon les personnes.

Cassexuel

Une personne cassexuelle accorde généralement peu d’importance à la définition de sa sexualité ou ne considère pas son orientation comme un élément central de son identité.

La cassexualité ne décrit pas directement la fréquence ou l’intensité de l’attirance. Une personne cassexuelle peut ressentir une attirance :

  • régulièrement ;
  • rarement ;
  • envers un ou plusieurs genres ;
  • dans certaines circonstances ;
  • ou ne pas en ressentir.

Elle peut aussi utiliser un autre terme en parallèle. Une personne peut ainsi être cassexuelle et bisexuelle, cassexuelle et asexuelle ou cassexuelle et fraysexuelle.

La particularité réside surtout dans l’indifférence ou le faible intérêt accordé à l’étiquette sexuelle.

Pour mieux comprendre cette notion, consultez notre article consacré à la cassexualité.

Quelle différence entre orientation, libido et comportement ?

Ces trois notions sont fréquemment confondues.

L’orientation sexuelle

Elle concerne les personnes envers lesquelles une attirance sexuelle peut être ressentie et les conditions dans lesquelles elle apparaît.

La libido

Elle correspond à une envie sexuelle générale. Elle peut exister sans être dirigée vers quelqu’un.

Le comportement

Il désigne les activités réellement choisies par la personne.

Une personne asexuelle peut avoir une libido et une activité sexuelle. Une personne allosexuelle peut avoir peu de rapports ou pratiquer l’abstinence. Une personne bisexuelle peut n’avoir connu que des partenaires d’un seul genre.

Les pratiques ne suffisent donc pas à déterminer l’orientation.

Peut-on utiliser plusieurs orientations en même temps ?

Oui. Plusieurs termes peuvent décrire des dimensions complémentaires.

Une personne peut, par exemple, se définir comme :

  • bisexuelle et demisexuelle ;
  • pansexuelle et graysexuelle ;
  • homosexuelle et fraysexuelle ;
  • gynesexuelle et asexuelle ;
  • abrosexuelle et aceflux ;
  • cassexuelle et bisexuelle.

Les termes bisexuel, pansexuel, homosexuel, androsexuel ou gynesexuel décrivent principalement les genres susceptibles de provoquer une attirance.

Les mots demisexuel, graysexuel ou fraysexuel précisent plutôt sa fréquence ou les circonstances dans lesquelles elle apparaît.

Ces combinaisons ne sont donc pas nécessairement contradictoires. Elles permettent à certaines personnes de décrire leur expérience avec davantage de précision.

Orientations romantiques et spectre aromantique

Les orientations romantiques décrivent la manière dont une personne peut ressentir une attirance amoureuse ou romantique.

Elles ne correspondent pas toujours à l’orientation sexuelle. Une personne peut ressentir une attirance sexuelle envers certains genres sans souhaiter construire de relation romantique avec eux. À l’inverse, elle peut éprouver une attirance romantique sans ressentir d’attirance sexuelle.

Une personne peut, par exemple, être :

  • asexuelle et biromantique ;
  • bisexuelle et aromantique ;
  • pansexuelle et demiromantique ;
  • homosexuelle et grayromantique ;
  • demisexuelle et frayromantique.

Ces combinaisons permettent de distinguer les genres susceptibles de provoquer une attirance des conditions dans lesquelles cette attirance apparaît.

Qu’est-ce que l’attirance romantique ?

Amitié, relation queerplatonique et diversité des liens affectifs

L’attirance romantique correspond généralement au désir de créer avec une personne un lien vécu comme amoureux ou romantique.

Elle peut notamment inclure l’envie :

  • de former un couple ;
  • de partager des gestes perçus comme romantiques ;
  • d’organiser des rendez-vous amoureux ;
  • d’exprimer ses sentiments ;
  • de construire une intimité romantique ;
  • de développer des projets communs en tant que partenaires.

Cette attirance doit être distinguée de plusieurs autres formes de lien.

L’attirance sexuelle

Elle correspond à un intérêt sexuel dirigé vers une personne précise.

L’attirance esthétique

Elle désigne le fait de trouver une personne belle ou agréable à regarder sans nécessairement souhaiter une relation romantique ou sexuelle avec elle.

L’affection

Elle peut exister dans une relation amicale, familiale, romantique ou queerplatonique.

L’attachement émotionnel

Il s’agit d’un lien profond qui peut se construire avec le temps sans être obligatoirement romantique.

L’attirance sensuelle

Elle peut correspondre à l’envie de partager des contacts physiques non nécessairement sexuels, comme se prendre dans les bras, se tenir la main ou s’embrasser.

Une personne peut ressentir plusieurs de ces attirances simultanément ou n’en éprouver que certaines.

Aromantique

Une personne aromantique ressent généralement peu ou pas d’attirance romantique.

Cela ne signifie pas qu’elle est incapable d’aimer, de s’attacher ou de construire des relations importantes. Elle peut ressentir de l’affection, une attirance sexuelle, une attirance esthétique ou une forte proximité émotionnelle.

Une personne aromantique peut notamment souhaiter :

  • vivre seule ;
  • entretenir des amitiés profondes ;
  • avoir une relation sexuelle ;
  • construire une relation queerplatonique ;
  • partager son quotidien avec quelqu’un ;
  • avoir des enfants ;
  • vivre en couple sans ressentir d’attirance romantique.

L’aromantisme constitue également un spectre. Certaines personnes ne ressentent jamais d’attirance romantique, tandis que d’autres la ressentent rarement, faiblement ou dans des circonstances particulières.

Pour approfondir cette orientation, consultez notre article Aromantique : définition et différences avec l’asexualité.

Alloromantique

Le terme alloromantique désigne généralement une personne qui ressent une attirance romantique d’une manière ne relevant pas du spectre aromantique.

Ce mot permet de parler des personnes qui ne sont pas aromantiques sans présenter l’aromantisme comme une absence par rapport à une norme supposée universelle.

Une personne alloromantique peut être hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle, pansexuelle, asexuelle ou appartenir à toute autre orientation sexuelle.

Le terme décrit uniquement l’expérience de l’attirance romantique.

Hétéroromantique

Une personne hétéroromantique ressent principalement une attirance romantique envers des personnes d’un genre différent du sien.

Elle peut avoir une orientation sexuelle différente. Une personne peut, par exemple, être asexuelle et hétéroromantique : ressentir peu ou pas d’attirance sexuelle tout en souhaitant des relations romantiques avec des personnes d’un autre genre.

L’hétéroromantisme ne détermine pas les pratiques sexuelles, l’identité de genre ou la manière de vivre une relation.

Homoromantique

Une personne homoromantique ressent principalement une attirance romantique envers des personnes du même genre.

Elle peut également être asexuelle, demisexuelle, graysexuelle ou utiliser une autre orientation sexuelle.

Une personne asexuelle homoromantique peut, par exemple, souhaiter construire une relation amoureuse avec une personne du même genre sans ressentir nécessairement d’attirance sexuelle.

Biromantique

Une personne biromantique peut ressentir une attirance romantique envers plusieurs genres.

Cette attirance ne doit pas nécessairement être identique en intensité ou en fréquence selon les genres. Une personne biromantique peut également connaître des préférences ou des variations dans le temps.

Elle peut être :

  • bisexuelle et biromantique ;
  • asexuelle et biromantique ;
  • homosexuelle et biromantique ;
  • demisexuelle et biromantique ;
  • fraysexuelle et biromantique.

L’orientation romantique et l’orientation sexuelle peuvent donc se compléter sans être identiques.

Panromantique

Une personne panromantique peut ressentir une attirance romantique envers des personnes indépendamment de leur genre.

Cela ne signifie pas nécessairement qu’elle ne remarque jamais le genre. Elle peut simplement considérer que celui-ci ne constitue pas un facteur déterminant dans la naissance de ses sentiments amoureux.

Une personne panromantique peut être attirée romantiquement par des femmes, des hommes, des personnes non binaires, genderfluid ou agenres.

Elle peut parallèlement être asexuelle, bisexuelle, homosexuelle, demisexuelle ou utiliser toute autre orientation sexuelle.

Omniromantique

Une personne omniromantique peut ressentir une attirance romantique envers des personnes de tous les genres, tout en considérant que le genre peut influencer la manière dont cette attirance est vécue.

Une distinction souvent proposée est la suivante :

  • panromantique : le genre joue peu ou pas de rôle déterminant ;
  • omniromantique : l’attirance peut concerner tous les genres, mais être vécue différemment selon ceux-ci.

Cette distinction reste personnelle. Toutes les personnes n’utilisent pas ces termes exactement de la même façon.

Polyromantique

Une personne polyromantique peut ressentir une attirance romantique envers plusieurs genres, mais pas nécessairement envers tous.

Le terme ne doit pas être confondu avec le polyamour.

La polyromanticité décrit les genres susceptibles de provoquer une attirance romantique. Le polyamour désigne une manière de construire plusieurs relations amoureuses ou affectives avec le consentement des personnes concernées.

Une personne polyromantique peut être monogame, tout comme une personne panromantique ou hétérosexuelle peut être polyamoureuse.

Grayromantique

Une personne grayromantique, également appelée greyromantique, ressent une attirance romantique rare, faible, fluctuante ou difficile à identifier.

Elle peut notamment :

  • ressentir une attirance romantique seulement quelques fois dans sa vie ;
  • éprouver des sentiments amoureux de faible intensité ;
  • connaître de longues périodes sans attirance romantique ;
  • ressentir une attirance uniquement dans certaines circonstances ;
  • hésiter à distinguer amour romantique et affection profonde.

La grayromanticité se situe sur le spectre aromantique. Elle représente une catégorie relativement large pouvant englober plusieurs expériences conditionnelles de l’attirance.

Une personne frayromantique ou demiromantique peut également se définir comme grayromantique si ce terme lui semble utile.

Demiromantique

Une personne demiromantique ne ressent généralement une attirance romantique qu’après avoir construit un lien émotionnel important avec quelqu’un.

Elle peut apprécier une personne, la trouver belle ou développer une forte amitié sans éprouver immédiatement de sentiments amoureux.

La proximité émotionnelle constitue une condition possible pour que l’attirance apparaisse, mais elle ne garantit pas cette apparition.

Une personne demiromantique ne tombe donc pas automatiquement amoureuse de tous ses amis proches.

La demiromanticité se distingue de la demisexualité :

  • la demiromanticité concerne l’attirance romantique ;
  • la demisexualité concerne l’attirance sexuelle.

Une personne peut se reconnaître dans l’une de ces orientations, dans les deux ou dans aucune.

Frayromantique

Une personne frayromantique peut ressentir une attirance romantique plus facilement envers une personne encore peu connue. Cette attirance peut ensuite diminuer lorsque la familiarité et la proximité émotionnelle se développent.

La frayromanticité est souvent comparée à la demiromanticité :

  • chez une personne demiromantique, le lien émotionnel peut permettre à l’attirance romantique d’apparaître ;
  • chez une personne frayromantique, ce lien peut faire diminuer une attirance déjà présente.

Cette comparaison reste simplifiée. L’attirance ne disparaît pas forcément totalement ni au même rythme dans toutes les relations.

Une personne frayromantique peut continuer à éprouver :

  • de l’affection ;
  • de la tendresse ;
  • un attachement profond ;
  • une attirance sexuelle ;
  • le désir de maintenir une relation ;
  • l’envie de partager son quotidien.

La frayromanticité concerne l’évolution de l’attirance romantique et non la capacité générale à aimer.

Notre guide Frayromantique : comprendre une attirance romantique qui diminue avec la proximité développe cette orientation et ses différences avec la fraysexualité.

Lithromantique ou akoiromantique

Une personne lithromantique, également appelée akoiromantique, peut ressentir une attirance romantique sans souhaiter qu’elle soit réciproque.

Chez certaines personnes, cette attirance peut diminuer ou disparaître lorsqu’elles découvrent que leurs sentiments sont partagés ou lorsque la relation devient réellement romantique.

La lithromanticité ne doit pas être confondue avec la frayromanticité :

  • chez une personne frayromantique, la familiarité et la proximité peuvent influencer l’attirance ;
  • chez une personne lithromantique, la réciprocité ou la concrétisation romantique peut jouer un rôle plus important.

Une personne peut néanmoins se reconnaître dans les deux termes.

Pour approfondir cette orientation, consultez notre article consacré à la lithromanticité.

Cupioromantique

Une personne cupioromantique ressent généralement peu ou pas d’attirance romantique, mais peut souhaiter vivre une relation romantique.

Elle peut apprécier :

  • la vie de couple ;
  • les gestes associés à la romance ;
  • les rendez-vous amoureux ;
  • les projets communs ;
  • la tendresse ;
  • le fait d’avoir un partenaire principal.

L’absence d’attirance romantique ne signifie donc pas automatiquement une absence de désir de relation.

Une personne cupioromantique peut choisir de construire un couple avec une personne informée de son fonctionnement, à condition que les attentes et les limites soient clairement communiquées.

Notre article sur la cupioromanticité explique plus précisément cette différence entre attirance et désir de relation.

Quoiromantique

Le terme quoiromantique est utilisé par certaines personnes qui éprouvent des difficultés à comprendre, reconnaître ou distinguer l’attirance romantique.

Elles peuvent notamment se demander quelle différence existe entre :

  • l’amour romantique ;
  • une amitié très profonde ;
  • l’attachement émotionnel ;
  • l’admiration ;
  • l’attirance sensuelle ;
  • le désir d’être proche de quelqu’un.

Certaines personnes quoiromantiques considèrent également que la distinction entre relations romantiques et non romantiques ne correspond pas à leur manière de vivre les liens.

Le terme ne signifie pas nécessairement qu’une personne ne ressent aucune émotion. Il décrit surtout une difficulté ou un refus de classer ses sentiments selon les catégories romantiques habituelles.

Aroflux

Une personne aroflux connaît une expérience romantique susceptible de fluctuer au sein du spectre aromantique.

Elle peut se sentir :

  • complètement aromantique pendant une période ;
  • plus proche de la grayromanticité à un autre moment ;
  • parfois davantage alloromantique ;
  • incapable de choisir une seule étiquette stable.

Ces fluctuations peuvent être régulières ou imprévisibles.

L’aroflux concerne principalement l’intensité ou la présence de l’attirance romantique. Il peut être utilisé parallèlement à une orientation indiquant les genres concernés, comme biromantique ou panromantique.

Abroromantique

Une personne abroromantique connaît une orientation romantique pouvant évoluer dans le temps.

Elle peut, par exemple, se sentir panromantique pendant une période, aromantique à un autre moment, puis se reconnaître ensuite comme biromantique.

La différence avec l’aroflux repose généralement sur l’étendue des changements :

  • aroflux décrit surtout des variations au sein ou autour du spectre aromantique ;
  • abroromantique peut décrire des changements plus larges entre plusieurs orientations romantiques.

Ces définitions restent communautaires et peuvent varier selon les personnes.

Relation queerplatonique

Une relation queerplatonique est un lien engagé qui ne correspond pas entièrement aux catégories traditionnelles de l’amitié ou du couple romantique.

Elle peut comprendre :

  • une forte intimité émotionnelle ;
  • une vie commune ;
  • un engagement à long terme ;
  • des projets partagés ;
  • une coparentalité ;
  • des gestes affectueux ;
  • une intimité physique ou sexuelle ;
  • une place centrale dans la vie des partenaires.

Une relation queerplatonique n’est pas simplement une amitié moins importante qu’un couple. Elle peut représenter un engagement aussi fort qu’une relation romantique, mais construit selon d’autres codes.

Ce type de lien est notamment présent dans certaines communautés aromantiques, sans leur être réservé.

Peut-on vivre en couple sans ressentir d’attirance romantique ?

Oui. Une personne aromantique ou appartenant au spectre aro peut souhaiter vivre en couple.

Elle peut apprécier :

  • le partenariat ;
  • la stabilité ;
  • la tendresse ;
  • l’intimité ;
  • la vie commune ;
  • la sexualité ;
  • les projets familiaux ;
  • la reconnaissance sociale liée au couple.

Elle peut également choisir une relation queerplatonique ou un partenariat sans étiquette précise.

L’essentiel est que les personnes concernées comprennent leurs attentes respectives et consentent au type de relation construit.

Orientation romantique et orientation sexuelle peuvent-elles être différentes ?

Oui. Cette différence est parfois appelée modèle d’attirance séparée.

Une personne peut être :

  • asexuelle et panromantique ;
  • bisexuelle et aromantique ;
  • homosexuelle et demiromantique ;
  • hétérosexuelle et grayromantique ;
  • fraysexuelle et biromantique ;
  • demisexuelle et frayromantique.

Ces termes ne sont pas contradictoires. Ils décrivent plusieurs dimensions complémentaires de l’expérience.

L’orientation sexuelle précise principalement les genres concernés par l’attirance sexuelle ou les conditions dans lesquelles elle apparaît.

L’orientation romantique décrit les personnes envers lesquelles une attirance amoureuse peut être ressentie et la manière dont celle-ci évolue.

Tableau des principales orientations romantiques

TermeDéfinition simplifiée
AromantiquePeu ou pas d’attirance romantique
AlloromantiqueAttirance romantique ne relevant généralement pas du spectre aromantique
HétéroromantiqueAttirance romantique envers un genre différent du sien
HomoromantiqueAttirance romantique envers le même genre
BiromantiqueAttirance romantique envers plusieurs genres
PanromantiqueAttirance romantique pouvant apparaître indépendamment du genre
OmniromantiqueAttirance romantique envers tous les genres, avec une influence possible du genre
PolyromantiqueAttirance romantique envers plusieurs genres, mais pas nécessairement tous
GrayromantiqueAttirance romantique rare, faible, fluctuante ou conditionnelle
DemiromantiqueAttirance pouvant apparaître après un lien émotionnel profond
FrayromantiqueAttirance pouvant diminuer avec la familiarité et la proximité
LithromantiqueAttirance pouvant diminuer lorsqu’elle devient réciproque
CupioromantiqueDésir de relation malgré peu ou pas d’attirance romantique
QuoiromantiqueDifficulté à distinguer l’attirance romantique des autres formes de lien
ArofluxExpérience romantique fluctuant sur le spectre aromantique
AbroromantiqueOrientation romantique susceptible de changer dans le temps

Ces définitions constituent des repères généraux. Une personne peut associer plusieurs termes, modifier son vocabulaire ou choisir de ne pas utiliser d’étiquette précise.

Identités de genre et expressions de genre

Personne non binaire explorant son expression de genre à travers les vêtements

L’identité de genre correspond à la manière dont une personne ressent et définit intérieurement son genre. Elle peut se reconnaître comme femme, homme, non binaire, agenre ou employer une autre identité plus précise.

Elle ne doit pas être confondue avec :

  • l’orientation sexuelle ;
  • l’orientation romantique ;
  • les caractéristiques sexuelles ;
  • l’expression de genre ;
  • les pratiques ou les préférences vestimentaires.

Une identité de genre n’indique pas les personnes envers lesquelles une attirance est ressentie. Une personne transgenre ou non binaire peut être hétérosexuelle, lesbienne, gay, bisexuelle, pansexuelle, asexuelle, aromantique ou appartenir à toute autre orientation.

Pour retrouver ces notions dans une page spécialisée, consultez notre liste des identités de genre.

Genre assigné à la naissance

Le genre assigné à la naissance correspond à la catégorie généralement attribuée à un enfant à partir de l’observation de ses caractéristiques sexuelles, le plus souvent féminin ou masculin.

Cette assignation peut apparaître sur les documents administratifs et influencer la manière dont l’enfant est ensuite éduqué, habillé ou perçu par son entourage.

L’expression « genre assigné à la naissance » est préférable à certaines formulations comme « né homme » ou « née femme » lorsqu’on parle d’une personne trans. Elle distingue en effet la catégorie attribuée par les autres de l’identité réellement vécue par la personne.

On rencontre notamment les formulations :

  • assignée fille à la naissance ;
  • assigné garçon à la naissance ;
  • AFAB, pour assigned female at birth ;
  • AMAB, pour assigned male at birth.

Ces termes apportent parfois un contexte utile, mais ils ne doivent pas servir à ramener constamment une personne à son passé ou à ses caractéristiques corporelles.

Cisgenre

Une personne cisgenre possède une identité de genre correspondant au genre qui lui a été assigné à la naissance.

Une personne assignée fille à la naissance et qui se reconnaît comme femme peut, par exemple, se définir comme cisgenre. De la même manière, une personne assignée garçon et qui se reconnaît comme homme peut être cisgenre.

Le terme cisgenre ne constitue ni une insulte ni une orientation sexuelle. Il permet simplement de parler des personnes non transgenres sans les présenter comme la seule norme possible.

Une personne cisgenre peut appartenir à la communauté LGBTQIA+ en raison de son orientation sexuelle ou romantique. Elle peut être lesbienne, gay, bisexuelle, pansexuelle, asexuelle ou aromantique.

Transgenre

Une personne transgenre possède une identité de genre différente, partiellement différente ou plus complexe que celle qui lui a été assignée à la naissance.

Le terme peut notamment concerner :

  • les femmes trans ;
  • les hommes trans ;
  • certaines personnes non binaires ;
  • certaines personnes genderfluid ;
  • certaines personnes agenres ;
  • d’autres personnes utilisant le mot trans pour se définir.

Toutes les personnes non binaires ne se considèrent pas comme transgenres. Inversement, le mot trans peut être employé comme un terme parapluie englobant différentes identités.

Être transgenre ne dépend pas :

  • d’une opération ;
  • d’un traitement hormonal ;
  • d’un changement administratif ;
  • de l’apparence ;
  • de la voix ;
  • de la manière de s’habiller ;
  • de la capacité à correspondre aux attentes sociales associées à un genre.

L’identité d’une personne reste valide, quelles que soient les démarches qu’elle souhaite ou peut entreprendre.

Femme trans

Une femme trans est une femme à qui un autre genre, généralement masculin, a été assigné à la naissance.

Elle doit être désignée comme une femme. Le mot trans apporte une information complémentaire lorsqu’elle est pertinente, mais ne remet pas en cause son genre.

Une femme trans peut être :

  • hétérosexuelle ;
  • lesbienne ;
  • bisexuelle ;
  • pansexuelle ;
  • asexuelle ;
  • aromantique ;
  • queer ;
  • ou appartenir à toute autre orientation.

Il est inutile et intrusif de lui demander systématiquement si elle a subi une opération ou si elle prend des hormones. Ces informations relèvent de sa vie privée.

Homme trans

Un homme trans est un homme à qui un autre genre, généralement féminin, a été assigné à la naissance.

Il doit être désigné comme un homme, avec le prénom et les pronoms qu’il utilise.

Comme pour toute personne, son identité de genre ne permet pas de connaître automatiquement son orientation sexuelle, son anatomie, ses traitements ou ses projets de transition.

Un homme trans peut être gay, hétérosexuel, bisexuel, pansexuel, asexuel ou employer toute autre orientation.

Non binaire

Une personne non binaire ne se reconnaît pas exclusivement ou durablement dans les deux catégories traditionnelles homme et femme.

La non-binarité peut regrouper des personnes qui :

  • se sentent entre plusieurs genres ;
  • se reconnaissent dans plusieurs genres ;
  • ont un genre fluctuant ;
  • se situent en dehors des catégories masculine et féminine ;
  • ressentent peu ou pas de genre ;
  • utilisent une identité plus précise appartenant au spectre non binaire.

Non binaire est donc un terme parapluie. Deux personnes non binaires peuvent vivre leur genre de manière très différente.

Une personne non binaire peut employer :

  • « il » ;
  • « elle » ;
  • « iel » ;
  • plusieurs pronoms ;
  • des néopronoms ;
  • aucun pronom particulier.

Elle peut avoir une expression masculine, féminine, androgyne, neutre ou variable. L’apparence ne suffit jamais à déterminer une identité.

Notre article sur la non-binarité explique plus précisément cette identité et ses différentes réalités.

Agenre

Une personne agenre ne ressent généralement pas de genre, entretient un lien très faible avec cette notion ou considère qu’aucune catégorie de genre ne lui correspond.

L’agenre est souvent rattaché au spectre non binaire, mais chaque personne reste libre d’utiliser ou non ce terme plus large.

Être agenre ne signifie pas nécessairement :

  • avoir une apparence neutre ;
  • refuser tous les pronoms genrés ;
  • souhaiter modifier son corps ;
  • ne jamais porter de vêtements associés au féminin ou au masculin ;
  • être asexuel ou aromantique.

Une personne agenre peut choisir une expression très féminine, masculine ou changeante sans que cela invalide son identité.

Pour approfondir cette définition, consultez notre guide consacré à l’identité agenre.

Genderfluid

Une personne genderfluid, ou de genre fluide, ressent un genre susceptible d’évoluer au cours du temps.

Elle peut se sentir :

  • femme à certains moments ;
  • homme à d’autres ;
  • non binaire ;
  • agenre ;
  • proche de plusieurs genres ;
  • dans une identité difficile à définir précisément.

Ces variations peuvent se produire sur une période de quelques heures, plusieurs jours, plusieurs mois ou selon un rythme imprévisible.

La fluidité du genre ne signifie pas que la personne hésite ou change d’avis sans raison. Le changement fait partie intégrante de son expérience.

Une personne genderfluid peut adapter son prénom, ses pronoms, ses vêtements ou sa présentation selon les périodes. Elle peut aussi conserver la même expression extérieure malgré les variations intérieures de son genre.

Bigenre

Une personne bigenre se reconnaît généralement dans deux genres.

Elle peut les ressentir :

  • simultanément ;
  • alternativement ;
  • avec une intensité différente ;
  • de manière stable ;
  • de façon fluctuante.

Les deux genres ne sont pas obligatoirement homme et femme. Une personne peut, par exemple, se reconnaître comme femme et non binaire, homme et agenre ou dans deux identités non binaires.

Le terme bigenre décrit l’identité, et non l’orientation sexuelle. Une personne bigenre peut ressentir une attirance envers un genre, plusieurs genres ou ne pas ressentir d’attirance sexuelle.

Pangenre

Une personne pangenre peut se reconnaître dans de nombreux genres ou ressentir une identité englobant une grande diversité de genres accessibles dans son contexte culturel.

Le terme ne signifie pas nécessairement qu’elle revendique toutes les identités existantes. Certaines identités sont liées à des cultures spécifiques et ne peuvent pas être appropriées en dehors de celles-ci.

Le vécu pangenre peut être stable ou fluctuant. La personne peut se sentir simultanément liée à plusieurs genres ou observer des variations au fil du temps.

Demigenre

Le terme demigenre désigne une connexion partielle avec un genre.

Une personne peut se sentir en partie liée à une identité sans s’y reconnaître entièrement.

Parmi les termes les plus connus figurent :

  • demifille ;
  • demigarçon ;
  • deminon-binaire ;
  • demiagenre.

Une demifille ressent une connexion partielle avec le genre féminin, sans nécessairement se considérer entièrement comme une femme.

Un demigarçon ressent une connexion partielle avec le genre masculin, sans nécessairement se considérer entièrement comme un homme.

La partie restante de l’identité peut être agenre, non binaire, fluide ou ne pas recevoir d’étiquette particulière.

Aliagender

Une personne aliagender ressent généralement un genre présent, mais différent des catégories masculine, féminine ou de leurs combinaisons habituelles.

Cette identité ne correspond donc pas simplement à un mélange entre homme et femme.

Elle se distingue également de l’agenre :

  • une personne agenre ressent généralement peu ou pas de genre ;
  • une personne aliagender ressent un genre, mais celui-ci se situe en dehors des catégories classiques.

Les définitions peuvent varier selon les communautés et les personnes. Le terme reste principalement utilisé pour exprimer une expérience du genre difficile à décrire avec le vocabulaire binaire traditionnel.

Notre article sur l’identité aliagender développe cette notion et ses différences avec l’agenre.

Xenogenre

Le terme xenogenre regroupe des identités de genre décrites à l’aide de concepts ne reposant pas principalement sur les catégories homme, femme, masculin ou féminin.

Certaines personnes utilisent des métaphores ou des références liées :

  • à la nature ;
  • à l’espace ;
  • aux couleurs ;
  • aux sensations ;
  • aux animaux ;
  • à la lumière ;
  • à des concepts abstraits ;
  • à des expériences sensorielles.

Ces comparaisons ne signifient pas qu’une personne pense littéralement être un animal, une planète ou une couleur. Elles servent à exprimer une expérience intérieure lorsque le vocabulaire traditionnel du genre semble insuffisant.

Les xenogenres sont notamment utilisés par certaines personnes neurodivergentes, sans leur être exclusivement réservés.

Pour mieux comprendre ces identités, consultez notre article consacré aux xenogenres.

Neutrois

Une personne neutrois ressent généralement un genre neutre, fortement atténué ou situé en dehors des catégories masculine et féminine.

Le terme peut parfois être rapproché de l’agenre, mais les deux ne sont pas nécessairement synonymes :

  • agenre peut décrire une absence de genre ;
  • neutrois peut correspondre à la présence d’un genre perçu comme neutre.

Certaines personnes neutrois souhaitent une expression androgyne ou des modifications corporelles leur permettant de réduire les caractéristiques genrées. D’autres ne souhaitent aucune transition particulière.

Androgyne

Le mot androgyne peut décrire une expression mêlant des caractéristiques traditionnellement associées au masculin et au féminin.

Il peut également être utilisé comme identité de genre par certaines personnes.

Une apparence androgyne ne signifie pas automatiquement qu’une personne est non binaire. Une femme ou un homme cisgenre peut avoir une expression androgyne, tout comme une personne non binaire peut avoir une expression très féminine ou masculine.

Il faut donc distinguer :

  • l’androgynie comme expression ;
  • androgyne comme identité choisie ;
  • l’apparence supposée par une autre personne.

Genre non conforme

Une personne de genre non conforme possède une expression qui ne correspond pas entièrement aux attentes sociales associées à son genre.

Cela peut notamment concerner :

  • un homme portant des vêtements considérés comme féminins ;
  • une femme adoptant une expression masculine ;
  • une personne mélangeant différents codes de genre ;
  • une personne refusant certaines normes liées à son apparence ou à son comportement.

Être de genre non conforme ne signifie pas nécessairement être transgenre ou non binaire.

Le terme concerne principalement la manière dont une personne se présente par rapport aux normes sociales, et non son identité intérieure.

Expression de genre

L’expression de genre correspond à la manière dont une personne exprime ou présente son genre dans son environnement.

Elle peut inclure :

  • les vêtements ;
  • la coiffure ;
  • le maquillage ;
  • les bijoux ;
  • la voix ;
  • la posture ;
  • les gestes ;
  • les pronoms ;
  • le prénom ;
  • les accessoires ;
  • la pilosité ;
  • les codes sociaux adoptés ou rejetés.

Une expression peut être féminine, masculine, androgyne, neutre, fluide ou difficile à catégoriser.

Elle ne permet pas de déterminer automatiquement :

  • l’identité de genre ;
  • l’orientation sexuelle ;
  • les pronoms ;
  • les caractéristiques sexuelles ;
  • les goûts relationnels.

Une personne peut également modifier son expression selon les situations, son humeur, sa sécurité ou ses envies.

Les vêtements, les coiffures et les accessoires peuvent servir à explorer une esthétique ou une expression personnelle sans déterminer l’identité de genre. Pour composer un style coloré lors d’une Pride, d’un spectacle ou d’un événement festif.

Présentation masculine, féminine ou androgyne

Les termes masculin, féminin et androgyne peuvent décrire une présentation, mais leur signification dépend des cultures, des périodes et des contextes.

Une personne peut se présenter de manière féminine sans être une femme. Elle peut avoir une apparence masculine sans être un homme.

Ces mots décrivent des codes sociaux, et non des vérités universelles.

Il est donc préférable d’éviter de tirer des conclusions sur une personne à partir :

  • de sa tenue ;
  • de sa coupe de cheveux ;
  • de son maquillage ;
  • de sa voix ;
  • de sa morphologie ;
  • de sa manière de marcher ;
  • de ses loisirs.

Pronoms

Les pronoms sont les mots utilisés pour parler d’une personne sans répéter son prénom.

En français, on rencontre notamment :

  • il ;
  • elle ;
  • iel ;
  • ol ;
  • ul ;
  • ael ;
  • plusieurs pronoms utilisés alternativement.

Les pronoms ne correspondent pas toujours directement à l’identité de genre. Une personne non binaire peut utiliser « elle » ou « il ». Une personne agenre peut employer plusieurs pronoms. Une personne peut également ne pas souhaiter utiliser « iel ».

La meilleure manière de connaître les pronoms d’une personne consiste à écouter ceux qu’elle utilise ou à lui poser la question avec respect.

Une formulation simple peut être :

« Quels pronoms utilises-tu ? »

Il est inutile de demander uniquement aux personnes trans ou non binaires. Tout le monde possède des pronoms.

Néopronoms

Les néopronoms sont des pronoms créés ou adaptés pour proposer des alternatives aux pronoms traditionnels.

En français, « iel » est devenu relativement connu, mais d’autres formes existent, comme ael, ol ou ul.

Toutes les personnes non binaires n’utilisent pas de néopronoms, et toutes les personnes utilisant un néopronom ne vivent pas leur genre de la même manière.

Leur utilisation peut demander un temps d’adaptation. Faire un effort sincère reste toutefois une marque de respect.

Mégenrage

Le mégenrage consiste à utiliser un genre, des pronoms ou des accords qui ne correspondent pas à la personne.

Il peut être accidentel ou volontaire.

Lorsqu’une erreur est commise, la meilleure réaction consiste généralement à :

  • se corriger brièvement ;
  • présenter des excuses simples si nécessaire ;
  • poursuivre la conversation ;
  • faire davantage attention par la suite.

Une longue justification risque de placer la personne mégenrée dans la situation inconfortable de devoir rassurer celle qui a commis l’erreur.

Le mégenrage répété ou volontaire peut constituer une forme de violence ou de discrimination.

Deadname ou morinom

Le mot anglais deadname, parfois traduit par morinom, désigne un ancien prénom qu’une personne trans ou non binaire n’utilise plus.

Révéler ou utiliser ce prénom sans son accord peut provoquer de l’inconfort, de la dysphorie ou exposer la personne à un outing.

Il convient donc :

  • d’utiliser son prénom actuel ;
  • de ne pas chercher son ancien prénom ;
  • de ne pas le mentionner par curiosité ;
  • de corriger les documents lorsque cela est possible ;
  • de ne pas présenter son prénom actuel comme un surnom.

L’ancien prénom peut parfois rester visible dans certains dossiers administratifs. Cette présence ne signifie pas que les autres peuvent l’utiliser librement.

Transition

La transition désigne les démarches qu’une personne peut entreprendre pour vivre de manière plus conforme à son identité de genre.

Elle peut comprendre plusieurs dimensions.

La transition sociale

Elle peut inclure :

  • l’utilisation d’un nouveau prénom ;
  • le changement de pronoms ;
  • une nouvelle expression de genre ;
  • l’annonce de son identité à certains proches ;
  • la modification de la manière dont la personne se présente.

La transition administrative

Elle peut concerner :

  • le changement de prénom sur les documents ;
  • la modification de la mention de sexe ou de genre ;
  • la mise à jour des dossiers scolaires, professionnels ou bancaires.

La transition médicale

Elle peut comprendre, selon les souhaits de la personne :

  • un traitement hormonal ;
  • une chirurgie ;
  • une modification de la voix ;
  • une épilation ;
  • des soins spécialisés ;
  • d’autres démarches corporelles.

Aucune de ces étapes n’est obligatoire. Il n’existe pas de transition complète universelle.

Une personne peut choisir certaines démarches et en refuser d’autres. Elle peut également ne pas avoir accès aux soins souhaités pour des raisons financières, médicales, géographiques ou familiales.

Dysphorie de genre

La dysphorie de genre décrit une souffrance ou un inconfort pouvant apparaître lorsque le corps, la manière dont une personne est perçue ou son environnement ne correspondent pas à son identité de genre.

Elle peut être liée :

  • à certaines parties du corps ;
  • à la voix ;
  • au prénom ;
  • aux pronoms ;
  • aux vêtements imposés ;
  • aux documents administratifs ;
  • au regard des autres ;
  • au mégenrage ;
  • aux attentes sociales.

Toutes les personnes transgenres ne ressentent pas de dysphorie, et celle-ci ne constitue pas une condition obligatoire pour être trans.

La souffrance peut aussi provenir principalement de la discrimination, de l’exclusion ou du manque de reconnaissance plutôt que de l’identité elle-même.

Euphorie de genre

L’euphorie de genre correspond à un sentiment de bien-être, de joie ou de justesse lorsque l’identité d’une personne est reconnue ou exprimée comme elle le souhaite.

Elle peut notamment apparaître lorsque :

  • le bon prénom est utilisé ;
  • les pronoms sont respectés ;
  • un vêtement correspond à l’expression souhaitée ;
  • la personne apprécie son reflet ;
  • son genre est correctement perçu ;
  • une démarche de transition lui apporte du confort ;
  • elle trouve une communauté dans laquelle elle se sent comprise.

Pour certaines personnes, l’euphorie de genre constitue un indicateur plus utile que la dysphorie dans la compréhension de leur identité.

Passing

Le mot anglais passing est utilisé lorsqu’une personne trans est perçue par les autres comme appartenant au genre auquel elle s’identifie, sans être nécessairement reconnue comme trans.

Cette notion peut être importante pour la sécurité ou le confort de certaines personnes. Elle peut toutefois aussi renforcer l’idée qu’il existerait une seule apparence correcte pour être reconnu comme femme ou homme.

Une personne trans n’a pas l’obligation de correspondre aux normes physiques ou vestimentaires associées à son genre.

Son identité ne dépend pas de la manière dont des inconnus la perçoivent.

Discrétion ou stealth

Une personne trans dite stealth vit socialement dans son genre sans révéler généralement qu’elle est transgenre.

Ce choix peut être lié :

  • à la sécurité ;
  • à la vie privée ;
  • au confort ;
  • au souhait de ne pas être constamment définie par sa transidentité ;
  • à la peur des discriminations.

Une personne n’a aucune obligation de révéler sa transidentité dans toutes les situations.

La divulgation de cette information sans son accord constitue une forme d’outing et peut entraîner des conséquences importantes.

Personne en questionnement

Une personne en questionnement explore son orientation sexuelle, son orientation romantique ou son identité de genre sans avoir encore choisi de terme précis.

Le Q de LGBTQIA+ peut parfois représenter queer, mais aussi questioning, c’est-à-dire en questionnement.

Cette période peut durer quelques semaines, plusieurs années ou ne jamais conduire à une étiquette définitive.

Il n’est pas nécessaire de se presser pour choisir un mot. Une personne peut essayer plusieurs pronoms, plusieurs présentations ou différentes étiquettes afin de découvrir ce qui lui correspond.

Peut-on utiliser plusieurs identités de genre ?

Oui. Certaines personnes se reconnaissent dans plusieurs termes complémentaires.

Une personne peut, par exemple, se définir comme :

  • transgenre et non binaire ;
  • non binaire et agenre ;
  • genderfluid et bigenre ;
  • non binaire et aliagender ;
  • trans et demigarçon ;
  • genderfluid et xenogenre.

Ces associations ne sont pas nécessairement contradictoires. Un terme peut représenter une catégorie large, tandis qu’un autre décrit plus précisément l’expérience personnelle.

Une personne peut également modifier son vocabulaire au fil du temps sans que son ancienne identité ait été mensongère.

Tableau des principales identités et notions liées au genre

TermeDéfinition simplifiée
CisgenreGenre correspondant à celui assigné à la naissance
TransgenreGenre différent ou partiellement différent de celui assigné
Femme transFemme à qui un autre genre a été assigné à la naissance
Homme transHomme à qui un autre genre a été assigné à la naissance
Non binaireGenre ne correspondant pas exclusivement à homme ou femme
AgenreAbsence ou très faible perception du genre
GenderfluidGenre pouvant varier dans le temps
BigenreIdentification à deux genres
PangenreIdentification à de nombreux genres
DemigenreConnexion partielle avec un genre
AliagenderGenre situé en dehors des catégories habituelles
XenogenreGenre décrit à l’aide de concepts non traditionnels
NeutroisGenre neutre ou fortement atténué
AndrogyneExpression ou identité mêlant plusieurs codes de genre
Expression de genreManière de présenter son genre
PronomsMots utilisés pour parler d’une personne
MégenrageUtilisation d’un genre ou de pronoms incorrects
Deadname ou morinomAncien prénom qu’une personne n’utilise plus
TransitionDémarches sociales, administratives ou médicales
Dysphorie de genreInconfort lié à l’inadéquation ressentie ou sociale
Euphorie de genreBien-être lié à la reconnaissance ou à l’expression du genre

Ces définitions restent générales. La meilleure manière de comprendre l’identité d’une personne consiste à respecter les mots, le prénom et les pronoms qu’elle utilise.

Termes communautaires, sociaux et relationnels

Groupe de soutien LGBTQIA+ dans un espace inclusif et bienveillant

Le vocabulaire LGBTQIA+ ne se limite pas aux orientations sexuelles, aux orientations romantiques et aux identités de genre. Il comprend également des mots servant à décrire les relations, les discriminations, les normes sociales, les démarches personnelles et les expériences vécues par les personnes concernées.

Ces termes ne constituent pas tous des identités. Certains décrivent une situation, un comportement, une forme de violence ou un modèle relationnel.

Les comprendre permet notamment :

  • d’éviter certaines maladresses ;
  • de reconnaître les discriminations ;
  • de mieux respecter la vie privée ;
  • de comprendre les réalités communautaires ;
  • d’adopter un vocabulaire plus précis ;
  • de soutenir une personne sans parler à sa place.

Coming out

Le coming out désigne le fait, pour une personne, de révéler volontairement son orientation sexuelle, son orientation romantique, son identité de genre ou une autre caractéristique personnelle liée à son appartenance LGBTQIA+.

Il peut être fait auprès :

  • de la famille ;
  • des amis ;
  • des collègues ;
  • de l’établissement scolaire ;
  • d’un professionnel de santé ;
  • d’un partenaire ;
  • d’une communauté en ligne ;
  • du public.

Il ne s’agit pas toujours d’une annonce unique. Une personne peut devoir faire plusieurs coming out au cours de sa vie, selon les personnes rencontrées et les contextes.

Elle peut également choisir de ne pas révéler certaines informations. Personne n’est obligé de faire son coming out pour que son identité ou son orientation soit valide.

Le choix dépend notamment :

  • de la sécurité ;
  • de la confiance ;
  • de la situation familiale ;
  • de l’environnement professionnel ;
  • des risques de discrimination ;
  • du confort personnel ;
  • du désir de préserver sa vie privée.

Il est préférable d’éviter de pousser quelqu’un à faire son coming out sous prétexte que cela lui permettrait de vivre plus librement. La personne concernée reste la mieux placée pour évaluer les risques.

Outing

L’outing consiste à révéler l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou la transidentité d’une personne sans son accord.

Cela peut se produire :

  • au sein de la famille ;
  • dans un établissement scolaire ;
  • au travail ;
  • sur les réseaux sociaux ;
  • dans les médias ;
  • auprès d’un partenaire ;
  • dans une communauté.

L’outing peut avoir de lourdes conséquences : rejet familial, harcèlement, perte d’emploi, violences, difficultés de logement ou atteinte à la vie privée.

Même lorsqu’une personne est ouverte sur son identité dans certains espaces, cela ne signifie pas qu’elle accepte que cette information soit diffusée partout.

Une personne peut, par exemple, être ouvertement gay auprès de ses amis, mais ne pas souhaiter que ses collègues ou sa famille le sachent.

La règle la plus sûre consiste à ne jamais révéler une information personnelle sans autorisation explicite.

Placard

L’expression être dans le placard désigne le fait de ne pas révéler publiquement son orientation ou son identité.

Une personne peut rester dans le placard :

  • par peur du rejet ;
  • pour préserver sa sécurité ;
  • à cause de sa dépendance financière ;
  • pour éviter des discriminations ;
  • parce qu’elle ne se sent pas prête ;
  • parce qu’elle considère cette information comme privée ;
  • parce qu’elle est encore en questionnement.

Cette situation ne signifie pas nécessairement que la personne a honte d’elle-même. Elle peut simplement prendre une décision adaptée à son environnement.

Il ne faut pas présenter le coming out comme une obligation morale ni considérer qu’une personne cachant son orientation manque de courage.

Allié ou alliée

Une personne alliée soutient les droits et la dignité des personnes LGBTQIA+ sans nécessairement appartenir elle-même aux communautés concernées.

Être allié ne consiste pas uniquement à déclarer son soutien. Cela peut aussi impliquer :

  • écouter les personnes concernées ;
  • respecter les prénoms et les pronoms ;
  • intervenir face à une remarque discriminatoire ;
  • ne pas révéler une identité sans accord ;
  • remettre en question ses propres préjugés ;
  • soutenir les associations ;
  • promouvoir des espaces inclusifs ;
  • accepter d’être corrigé.

Le mot allié décrit davantage une pratique qu’un titre permanent. Une personne peut agir correctement dans certaines situations tout en conservant des comportements problématiques dans d’autres.

Le A de LGBTQIA+ ne signifie généralement pas « allié ». Il représente notamment les personnes asexuelles, aromantiques et agenres.

Queer

Le terme queer peut désigner une orientation, une identité, une appartenance communautaire ou une position politique contestant les normes liées au genre et à la sexualité.

Certaines personnes l’utilisent pour éviter une étiquette trop précise. D’autres l’emploient parce qu’elles se reconnaissent dans plusieurs identités ou parce que leur expérience évolue.

Le mot peut notamment concerner :

  • la sexualité ;
  • le genre ;
  • l’expression de genre ;
  • les relations ;
  • le refus des catégories traditionnelles ;
  • une appartenance culturelle ou politique.

En raison de son histoire comme insulte dans les pays anglophones, il ne doit pas être imposé à une personne qui ne l’utilise pas pour elle-même.

Pride ou Fierté

Le mot Pride, traduit par Fierté, désigne à la fois un mouvement, des événements et une affirmation collective des personnes LGBTQIA+.

Les Marches des Fiertés trouvent leur origine dans les luttes contre la répression, les discriminations et l’invisibilisation.

Elles permettent notamment :

  • de revendiquer des droits ;
  • de rendre les communautés visibles ;
  • de commémorer les luttes passées ;
  • de dénoncer les violences ;
  • de créer des espaces de rassemblement ;
  • de célébrer la diversité.

La Fierté ne signifie pas qu’une orientation ou une identité serait un accomplissement supérieur. Elle répond surtout à une histoire marquée par la honte imposée, la criminalisation et les discriminations.

Hétéronormativité

L’hétéronormativité désigne l’ensemble des normes sociales présentant l’hétérosexualité comme naturelle, évidente ou universelle.

Elle peut apparaître lorsqu’on suppose automatiquement :

  • qu’une femme a un compagnon masculin ;
  • qu’un homme souhaite se marier avec une femme ;
  • que tous les enfants deviendront hétérosexuels ;
  • qu’un couple est nécessairement composé d’un homme et d’une femme ;
  • que l’hétérosexualité n’a pas besoin d’être nommée.

L’hétéronormativité ne se manifeste pas toujours sous la forme d’une hostilité ouverte. Elle peut prendre la forme d’habitudes, de formulaires, de publicités, de programmes scolaires ou de questions ordinaires excluant les autres orientations.

Employer des formulations plus ouvertes permet d’éviter certaines suppositions. Il est possible de demander à une personne si elle a un partenaire plutôt que de présumer le genre de celui-ci.

Cisnormativité

La cisnormativité désigne l’idée selon laquelle toutes les personnes seraient cisgenres ou devraient se conformer au genre qui leur a été assigné à la naissance.

Elle peut notamment apparaître lorsqu’on suppose :

  • qu’une apparence permet de déterminer le genre ;
  • que les pronoms sont évidents ;
  • que toutes les femmes possèdent le même corps ;
  • que toutes les personnes trans souhaitent une transition médicale ;
  • qu’une identité trans doit être prouvée par un diagnostic ;
  • qu’il n’existe que deux genres strictement séparés.

La cisnormativité peut rendre les personnes trans et non binaires invisibles, compliquer leur accès aux soins et favoriser le mégenrage.

Amatonormativité

L’amatonormativité désigne l’idée selon laquelle toute personne devrait rechercher une relation amoureuse exclusive et durable, considérée comme la forme de lien la plus importante.

Cette norme suppose souvent que :

  • tout le monde souhaite tomber amoureux ;
  • le couple doit passer avant les amitiés ;
  • être célibataire signifie être incomplet ;
  • une relation romantique est plus importante qu’une relation amicale ;
  • le mariage représente l’objectif naturel de toute vie adulte ;
  • une vie sans partenaire est forcément triste.

L’amatonormativité affecte particulièrement les personnes aromantiques, mais aussi les célibataires, les personnes vivant des relations queerplatoniques ou celles qui préfèrent d’autres modèles relationnels.

Une personne peut mener une vie riche et épanouissante sans relation romantique principale.

Mononormativité

La mononormativité correspond à l’idée selon laquelle une relation exclusive entre deux personnes serait le seul modèle relationnel normal, sérieux ou légitime.

Elle peut conduire à considérer les relations non monogames comme nécessairement instables, immorales ou moins sincères.

La remise en question de cette norme ne signifie pas que la monogamie serait mauvaise. Une relation monogame consentie peut parfaitement convenir aux personnes concernées.

Le problème apparaît lorsque ce modèle est présenté comme la seule possibilité valable ou imposé sans discussion.

Polyamour

Le polyamour désigne la possibilité de construire plusieurs relations amoureuses ou affectives avec l’information et le consentement de toutes les personnes concernées.

Il repose généralement sur :

  • la transparence ;
  • le consentement ;
  • la communication ;
  • des accords définis ensemble ;
  • le respect des limites ;
  • la possibilité de renégocier les règles.

Le polyamour n’est pas une orientation sexuelle. Une personne polyamoureuse peut être hétérosexuelle, bisexuelle, homosexuelle, pansexuelle, asexuelle ou appartenir à toute autre orientation.

Il ne doit pas être confondu avec l’infidélité, qui implique généralement la violation d’un accord établi dans la relation.

Non-monogamie éthique

La non-monogamie éthique, parfois appelée non-monogamie consensuelle, regroupe plusieurs modèles relationnels dans lesquels les personnes acceptent que plusieurs relations ou expériences puissent exister.

Elle peut inclure :

  • le polyamour ;
  • le couple ouvert ;
  • l’anarchie relationnelle ;
  • certaines formes d’échangisme ;
  • d’autres accords personnalisés.

Le mot éthique insiste sur l’importance du consentement, de l’honnêteté et du respect.

Toutes les personnes LGBTQIA+ ne sont pas non monogames, et toutes les personnes non monogames ne sont pas LGBTQIA+.

Anarchie relationnelle

L’anarchie relationnelle est une approche qui remet en question les hiérarchies automatiques entre les relations.

Elle refuse notamment l’idée qu’une relation romantique devrait systématiquement être plus importante qu’une amitié ou qu’un lien queerplatonique.

Les personnes concernées peuvent choisir de construire chaque relation selon :

  • les besoins ;
  • les engagements ;
  • les limites ;
  • la proximité ;
  • les projets partagés ;
  • les accords particuliers.

L’anarchie relationnelle ne signifie pas l’absence de règles ni de responsabilité. Elle encourage plutôt à construire les engagements consciemment au lieu de suivre automatiquement les attentes sociales.

Relation queerplatonique

Une relation queerplatonique est un lien important et engagé qui ne correspond pas entièrement aux catégories traditionnelles de l’amitié ou de la relation romantique.

Elle peut comprendre :

  • une vie commune ;
  • un engagement durable ;
  • une grande intimité émotionnelle ;
  • des projets communs ;
  • des gestes affectueux ;
  • une sexualité ;
  • une coparentalité ;
  • une priorité mutuelle.

Chaque relation queerplatonique est définie par les personnes concernées.

Ce type de lien est particulièrement visible au sein des communautés aromantiques et asexuelles, mais il n’est pas réservé à ces personnes.

Partenaire

Le mot partenaire constitue un terme neutre permettant de parler d’une personne avec laquelle existe une relation romantique, affective, sexuelle ou engagée.

Il peut être utilisé à la place de :

  • petit ami ;
  • petite amie ;
  • compagnon ;
  • compagne ;
  • conjoint ;
  • conjointe.

Il ne permet pas de déduire automatiquement le genre ni la nature exacte de la relation.

Certaines personnes préfèrent toutefois des mots plus précis. Le vocabulaire doit être adapté aux termes choisis par les personnes concernées.

Chosen family ou famille choisie

La famille choisie désigne un groupe de personnes considérées comme une famille en raison des liens d’affection, de soutien et de solidarité construits ensemble.

Elle peut comprendre :

  • des amis ;
  • des partenaires ;
  • des colocataires ;
  • des membres de la communauté ;
  • des mentors ;
  • des proches sans lien biologique.

La famille choisie occupe une place importante dans l’histoire LGBTQIA+, notamment lorsque les familles biologiques rejettent ou excluent une personne.

Elle ne remplace pas nécessairement la famille d’origine. Les deux peuvent coexister lorsque les relations sont positives.

Intersectionnalité

L’intersectionnalité permet de comprendre comment plusieurs formes de discrimination peuvent se croiser et produire une expérience particulière.

Une personne peut notamment être confrontée simultanément :

  • à l’homophobie ;
  • au racisme ;
  • au sexisme ;
  • à la transphobie ;
  • au validisme ;
  • à la précarité ;
  • à la grossophobie ;
  • à l’âgisme.

L’expérience d’une femme lesbienne racisée n’est pas nécessairement identique à celle d’un homme gay blanc. De même, une personne trans en situation de handicap peut rencontrer des obstacles spécifiques liés à plusieurs dimensions de sa vie.

L’intersectionnalité ne consiste pas à comparer les souffrances. Elle permet d’éviter de traiter chaque discrimination comme si elle existait indépendamment des autres.

LGBTQIAphobie

Le terme LGBTQIAphobie regroupe les préjugés, discriminations, violences ou hostilités dirigés contre les personnes LGBTQIA+.

Il peut notamment inclure :

  • l’homophobie ;
  • la lesbophobie ;
  • la biphobie ;
  • la transphobie ;
  • l’intersexophobie ;
  • l’acephobie ;
  • l’arophobie ;
  • la queerphobie.

Ces violences peuvent être verbales, physiques, administratives, médicales, professionnelles ou familiales.

Elles peuvent aussi être structurelles lorsque des institutions, des lois ou des pratiques désavantagent systématiquement certaines personnes.

Homophobie

L’homophobie désigne les préjugés, discriminations ou violences visant les personnes homosexuelles ou perçues comme telles.

Elle peut prendre la forme :

  • d’insultes ;
  • de harcèlement ;
  • de rejet familial ;
  • de violences physiques ;
  • de discriminations professionnelles ;
  • d’exclusion scolaire ;
  • de refus de service ;
  • de criminalisation.

Une personne peut subir de l’homophobie sans être homosexuelle, simplement parce que son apparence ou son comportement est associé à tort à l’homosexualité.

Lesbophobie

La lesbophobie désigne les discriminations spécifiques subies par les femmes lesbiennes ou perçues comme telles.

Elle se situe notamment au croisement de l’homophobie et du sexisme.

Elle peut se manifester par :

  • l’invisibilisation des couples de femmes ;
  • la sexualisation des lesbiennes ;
  • l’idée qu’une relation entre femmes serait moins sérieuse ;
  • les tentatives de séduction insistantes de certains hommes ;
  • les insultes ;
  • les violences ;
  • les discriminations familiales ou professionnelles.

La lesbophobie possède donc des caractéristiques particulières qui ne sont pas toujours résumées par le seul mot homophobie.

Biphobie

La biphobie désigne les préjugés et discriminations visant les personnes bisexuelles.

Elle peut provenir de personnes hétérosexuelles, mais aussi parfois de certains espaces gays ou lesbiens.

Les idées reçues courantes présentent les personnes bisexuelles comme :

  • indécises ;
  • infidèles ;
  • incapables de choisir ;
  • en transition vers une autre orientation ;
  • attirées par tout le monde ;
  • forcément non monogames.

La bisexualité ne disparaît pas lorsque la personne entre dans une relation avec un partenaire d’un genre précis.

Transphobie

La transphobie regroupe les préjugés, discriminations et violences visant les personnes transgenres ou perçues comme telles.

Elle peut inclure :

  • le mégenrage volontaire ;
  • l’utilisation répétée du deadname ;
  • le refus de reconnaître l’identité ;
  • les discriminations professionnelles ;
  • les violences physiques ;
  • le harcèlement ;
  • le refus de soins ;
  • l’exclusion des espaces correspondant au genre de la personne ;
  • l’outing.

La transphobie peut aussi toucher certaines personnes cisgenres dont l’expression de genre ne correspond pas aux normes sociales.

Intersexophobie

L’intersexophobie désigne les discriminations, violences et préjugés visant les personnes intersexes.

Elle peut notamment prendre la forme :

  • d’interventions médicales non consenties ;
  • du secret imposé autour des variations intersexes ;
  • d’une stigmatisation du corps ;
  • d’une absence d’information médicale adaptée ;
  • de moqueries ;
  • de discriminations administratives ;
  • d’une négation de l’existence des variations sexuelles.

Les associations intersexes défendent notamment le droit à l’intégrité corporelle, à l’information et au consentement.

Acephobie

L’acephobie concerne les préjugés et discriminations visant les personnes asexuelles ou appartenant au spectre asexuel.

Elle peut prendre la forme de remarques affirmant qu’une personne :

  • n’a pas encore rencontré la bonne personne ;
  • est malade ;
  • est traumatisée ;
  • est immature ;
  • doit se forcer à avoir des rapports ;
  • ne peut pas aimer ;
  • ne peut pas vivre une véritable relation.

L’asexualité ne constitue ni une maladie ni un problème à corriger.

Arophobie

L’arophobie désigne les préjugés et discriminations visant les personnes aromantiques ou appartenant au spectre aromantique.

Elle peut se manifester par l’idée qu’une personne aromantique serait :

  • froide ;
  • égoïste ;
  • incapable d’aimer ;
  • destinée à être seule ;
  • incomplète sans relation romantique ;
  • incapable de s’engager.

Ces idées reposent souvent sur l’amatonormativité, qui présente le couple romantique comme indispensable à une vie épanouie.

Microagression

Une microagression est une remarque, une question ou un comportement pouvant sembler banal, mais qui véhicule un préjugé ou rappelle régulièrement à une personne qu’elle est perçue comme différente.

Il peut s’agir, par exemple, de :

  • demander à un couple de même genre qui joue « l’homme » ou « la femme » ;
  • féliciter une personne trans pour son apparence en disant qu’on ne l’aurait jamais deviné ;
  • demander à une personne bisexuelle de choisir ;
  • supposer qu’une personne asexuelle est malade ;
  • employer systématiquement un ancien prénom ;
  • présenter une identité comme une mode.

Une microagression isolée peut sembler mineure, mais leur répétition peut provoquer de la fatigue, du stress et un sentiment d’exclusion.

Privilège

Un privilège désigne un avantage social dont une personne bénéficie sans l’avoir nécessairement demandé, en raison de sa position dans la société.

Une personne hétérosexuelle peut, par exemple, parler de son partenaire sans craindre de révéler une orientation stigmatisée.

Une personne cisgenre peut généralement utiliser des toilettes ou présenter ses documents sans que son identité soit remise en question.

Reconnaître un privilège ne signifie pas que la personne n’a jamais rencontré de difficultés. Cela signifie qu’elle ne rencontre pas certains obstacles précis liés à une orientation, une identité ou une caractéristique particulière.

Safe space ou espace sûr

Un safe space, ou espace sûr, est un lieu physique ou virtuel destiné à permettre aux personnes concernées de s’exprimer avec un risque réduit de discrimination, de jugement ou de violence.

Il peut s’agir :

  • d’une association ;
  • d’un groupe de parole ;
  • d’un événement ;
  • d’un centre LGBTQIA+ ;
  • d’un espace en ligne ;
  • d’un établissement engagé dans une démarche inclusive.

Aucun espace ne peut garantir une sécurité absolue. Le terme indique plutôt une volonté d’établir des règles de respect, de confidentialité et d’inclusion.

Inclusion

L’inclusion consiste à créer des environnements dans lesquels les personnes peuvent participer sans devoir cacher leur orientation, leur identité ou leurs besoins.

Elle ne se limite pas à afficher un drapeau arc-en-ciel.

Une démarche inclusive peut notamment comprendre :

  • des formulaires non genrés ;
  • le respect des prénoms et des pronoms ;
  • des sanitaires accessibles ;
  • une politique contre les discriminations ;
  • une représentation diversifiée ;
  • une formation du personnel ;
  • des dispositifs de signalement ;
  • l’écoute des personnes concernées.

Comment employer correctement le vocabulaire LGBTQIA+ ?

Il n’est pas nécessaire de connaître toutes les définitions par cœur pour adopter une attitude respectueuse.

Quelques règles simples permettent d’éviter la majorité des maladresses :

  • utiliser le terme choisi par la personne ;
  • respecter son prénom et ses pronoms ;
  • éviter de déduire son orientation à partir de son apparence ;
  • ne pas poser de questions intrusives sur son corps ou sa sexualité ;
  • ne pas révéler une identité sans son accord ;
  • accepter qu’une personne puisse changer d’étiquette ;
  • se corriger simplement en cas d’erreur ;
  • ne pas utiliser une identité comme une insulte ;
  • ne pas demander à une personne de représenter toute une communauté.

Lorsqu’un mot est inconnu, il est possible de demander une précision avec respect ou de consulter une ressource fiable.

Une personne peut-elle changer de terme ?

Oui. Une personne peut modifier la manière dont elle décrit son orientation ou son identité.

Elle peut découvrir un mot plus précis, constater que son expérience évolue ou décider qu’une ancienne étiquette ne lui convient plus.

Elle peut également :

  • utiliser plusieurs termes ;
  • choisir une catégorie générale ;
  • employer un mot uniquement dans certains contextes ;
  • rester en questionnement ;
  • ne choisir aucune étiquette.

Ce changement ne signifie pas nécessairement qu’elle mentait auparavant. Les mots servent à décrire une expérience à un moment donné et peuvent évoluer avec la connaissance de soi.

Faut-il demander l’orientation ou l’identité d’une personne ?

Il n’est généralement pas nécessaire de demander directement l’orientation sexuelle d’une personne, sauf si elle souhaite en parler ou si l’information est réellement pertinente.

Concernant les pronoms, une question respectueuse peut être utile :

« Quels pronoms utilises-tu ? »

Il est préférable de ne pas demander :

  • l’ancien prénom ;
  • les organes génitaux ;
  • les opérations réalisées ;
  • les pratiques sexuelles ;
  • le genre assigné à la naissance ;
  • la manière dont la personne a fait son coming out.

Ces informations relèvent de la vie privée.

Tableau récapitulatif des termes communautaires

TermeDéfinition simplifiée
Coming outRévélation volontaire de son orientation ou de son identité
OutingRévélation sans consentement de l’identité ou de l’orientation d’une personne
PlacardSituation d’une personne ne révélant pas publiquement son identité
AlliéPersonne soutenant les droits LGBTQIA+
QueerTerme parapluie lié au genre, à la sexualité ou à la communauté
PrideMouvement et événements de visibilité et de revendication
HétéronormativitéPrésentation de l’hétérosexualité comme norme universelle
CisnormativitéPrésentation des identités cisgenres comme seules normes
AmatonormativitéIdée que chacun devrait rechercher une relation romantique principale
MononormativitéPrésentation de la monogamie comme seul modèle légitime
PolyamourRelations multiples consenties et transparentes
Relation queerplatoniqueLien engagé distinct de l’amitié et du couple romantique classique
Famille choisieFamille construite par les liens affectifs plutôt que biologiques
IntersectionnalitéCroisement de plusieurs formes de discrimination
LGBTQIAphobieEnsemble des hostilités visant les personnes LGBTQIA+
MégenrageUtilisation d’un genre ou de pronoms incorrects
DeadnameAncien prénom qu’une personne n’utilise plus
MicroagressionRemarque ou comportement véhiculant un préjugé
Safe spaceEspace conçu pour réduire les risques de discrimination
InclusionMise en place de conditions permettant la participation de tous

Conclusion

Ce lexique LGBTQIA+ montre que les mots utilisés au sein des communautés concernées ne décrivent pas tous la même dimension.

Les orientations sexuelles concernent principalement les genres vers lesquels une attirance sexuelle peut être dirigée ou les conditions dans lesquelles elle apparaît. Les orientations romantiques décrivent l’attirance amoureuse. Les identités de genre correspondent à la manière dont une personne vit son genre, tandis que les caractéristiques sexuelles concernent certains éléments corporels.

D’autres termes permettent de parler des relations, des discriminations, du coming out, de l’expression de genre ou des normes sociales.

Cette diversité de vocabulaire ne doit pas être perçue comme une complication inutile. Pour de nombreuses personnes, trouver un mot correspondant à leur expérience permet de mieux se comprendre, de communiquer avec les autres et de rompre l’isolement.

Aucune personne n’est toutefois obligée d’utiliser une étiquette précise. Il est possible de se reconnaître dans plusieurs termes, d’en changer ou de préférer ne pas définir son orientation ou son genre.

Le respect repose avant tout sur quelques principes simples : écouter les mots employés par la personne, utiliser son prénom et ses pronoms, préserver sa vie privée et éviter de réduire son identité à une définition.

Ce lexique continuera naturellement à évoluer avec le vocabulaire, les usages communautaires et les nouvelles ressources disponibles.