Pendant longtemps, les conversations autour des orientations sexuelles se limitaient principalement aux termes hétérosexuel, gay, lesbienne ou bisexuel. Aujourd’hui, le vocabulaire LGBTQIA+ s’est enrichi afin de mieux représenter la diversité des expériences humaines. Parmi ces orientations figure l’asexualité, une réalité encore largement méconnue et parfois entourée de nombreuses idées reçues.
Contrairement à ce que certaines personnes imaginent, être asexuel ne signifie pas être incapable d’aimer, refuser toute relation ou souffrir d’un problème médical. L’asexualité est une orientation sexuelle caractérisée par une absence ou une très faible attirance sexuelle envers les autres. Cette orientation fait pleinement partie de la diversité humaine et est aujourd’hui reconnue au sein de la communauté LGBTQIA+.
L’asexualité n’est toutefois pas vécue de la même manière par toutes les personnes concernées. Certaines souhaitent vivre une relation de couple, d’autres non. Certaines éprouvent une attirance romantique, tandis que d’autres se reconnaissent davantage dans le spectre aromantique. Cette diversité explique pourquoi il est parfois difficile de résumer l’asexualité à une simple définition.
Dans ce guide complet, nous allons découvrir ce qu’est réellement l’asexualité, les différences entre orientation sexuelle et orientation romantique, les idées reçues les plus fréquentes ainsi que les nombreuses nuances qui composent le spectre asexuel.
Qu’est-ce que l’asexualité ?
L’asexualité est une orientation sexuelle caractérisée par une absence ou une très faible attirance sexuelle envers d’autres personnes.
Contrairement à une idée largement répandue, cette définition ne signifie pas qu’une personne asexuelle ne ressent aucune émotion, ne souhaite jamais construire une relation ou refuse toute forme d’intimité. L’asexualité concerne uniquement l’attirance sexuelle, c’est-à-dire le fait de ressentir ou non le désir d’avoir une activité sexuelle avec une autre personne.
À côté des orientations qui décrivent la fréquence ou les conditions de l’attirance, certaines étiquettes concernent plutôt la place accordée à la sexualité dans l’identité. La cassexualité ne désigne donc pas nécessairement une absence d’attirance sexuelle. Une personne cassexuelle peut ressentir ou non une attirance, mais considère surtout que sa sexualité occupe peu de place dans la manière dont elle se définit.
Être asexuel ne dépend ni de l’âge, ni du genre, ni de l’orientation romantique. Une personne asexuelle peut être un homme, une femme ou une personne transgenre. Elle peut également être hétéroromantique, homoromantique, biromantique, panromantique ou encore aromantique.
L’asexualité ne doit donc pas être confondue avec l’identité de genre, ni avec l’orientation romantique.
Orientation sexuelle et orientation romantique : deux notions différentes
L’une des principales sources de confusion autour de l’asexualité concerne la différence entre orientation sexuelle et orientation romantique.
L’orientation sexuelle décrit les personnes envers lesquelles une personne peut ressentir une attirance sexuelle.
L’orientation romantique concerne quant à elle les personnes envers lesquelles une personne peut ressentir une attirance amoureuse ou romantique.
Ces deux dimensions sont indépendantes.
Une personne asexuelle peut ainsi :
- tomber amoureuse ;
- souhaiter vivre en couple ;
- apprécier les gestes romantiques ;
- construire une relation durable.
À l’inverse, certaines personnes ne ressentent que très peu, voire aucune attirance romantique. On parle alors d’aromantisme.
Entre ces deux réalités existe toute une diversité d’orientations romantiques qui illustrent la richesse des expériences humaines.
Par exemple :
- une personne grayromantique ressent une attirance romantique rare ou difficile à définir ;
- une personne cupioromantique souhaite vivre une relation amoureuse malgré une absence ou une très faible attirance romantique ;
- une personne lithromantique peut voir son attirance romantique diminuer lorsque les sentiments deviennent réciproques ;
- une personne demiromantique développe généralement une attirance romantique uniquement après avoir créé un lien émotionnel profond.
Comprendre cette distinction permet d’éviter de nombreuses idées reçues et de mieux saisir pourquoi deux personnes asexuelles peuvent vivre leurs relations de manière totalement différente.
L’asexualité fait partie de la communauté LGBTQIA+
Le A présent dans l’acronyme LGBTQIA+ représente notamment les personnes asexuelles, aromantiques et agenres.
Pendant de nombreuses années, ces orientations sont restées peu visibles dans les médias et dans les débats publics. Pourtant, elles font aujourd’hui pleinement partie des réalités reconnues par de nombreuses associations LGBTQIA+ à travers le monde.
Cette visibilité croissante a permis à de nombreuses personnes de découvrir un vocabulaire décrivant enfin leur propre expérience et de comprendre qu’elles n’étaient pas seules à vivre cette absence d’attirance sexuelle.
Pour approfondir ces notions, vous pouvez également consulter notre lexique LGBTQIA, qui rassemble les principales identités, orientations sexuelles et orientations romantiques de la communauté.
Le drapeau asexuel : un symbole de visibilité et de communauté
Comme de nombreuses orientations représentées au sein de la communauté LGBTQIA+, l’asexualité possède son propre drapeau. Créé en 2010 à la suite d’une consultation organisée par la communauté asexuelle, il est rapidement devenu l’un des principaux symboles de visibilité des personnes asexuelles à travers le monde.
Le drapeau asexuel est composé de quatre bandes horizontales :
- Noir : représente l’asexualité.
- Gris : symbolise le spectre asexuel, notamment les personnes graysexuelles et demisexuelles.
- Blanc : évoque les partenaires, alliés et plus largement les personnes ne s’identifiant pas comme asexuelles.
- Violet : représente la communauté, la solidarité et la visibilité des personnes asexuelles.
Aujourd’hui, ce drapeau est régulièrement présent lors des Marches des Fiertés, des événements LGBTQIA+ et sur les réseaux sociaux. Il permet aux personnes asexuelles d’affirmer leur identité, de favoriser la visibilité de cette orientation encore méconnue et de rappeler que l’absence d’attirance sexuelle fait pleinement partie de la diversité des expériences humaines.
Si vous souhaitez afficher les couleurs de cette orientation ou compléter votre collection de drapeaux LGBTQIA+, découvrez également notre Drapeau Asexuel 90 × 150 cm, inspiré du design adopté par la communauté internationale.
