Ellie, une Montpelliéraine transgenre de 21 ans, affirme avoir été victime d’une tentative de viol puis d’une violente agression le 13 août 2026 dans le tunnel du Verdanson, près de la place Albert 1er, à Montpellier. Les premiers éléments de cette affaire avaient été rapportés quelques jours après les faits. Trois semaines après son agression, elle a témoigné pour la première fois auprès d’ICI Hérault. Une enquête est en cours pour déterminer précisément les circonstances de l’agression et identifier ses auteurs.
Les séquelles physiques sont encore visibles. Ellie présente de nombreuses cicatrices aux bras et aux jambes. Quatre plaies profondes ont nécessité 50 points de suture.
« J’ai dû être suturée au niveau du bras, j’ai aussi pas mal de plaies au niveau de la poitrine », raconte la jeune femme.
Une première agression dans le tunnel du Verdanson
Le 13 août, Ellie se trouve dans le tunnel du Verdanson, un passage situé près de la place Albert 1er qu’elle fréquente pour pratiquer le graffiti. Selon son témoignage, elle est en train de chercher un croquis lorsqu’elle remarque une lumière derrière elle.
« Je me place contre un mur, le temps de chercher un croquis. Au bout d’un moment, je vois derrière moi un flash lumineux. »
Elle explique s’être relevée et avoir demandé à la personne « si tout va bien ». L’homme se serait alors approché pour lui « mettre un coup au niveau de l’œil droit ».
Ellie tombe au sol. Elle raconte avoir réussi à se relever avant qu’un second homme ne l’immobilise.
« une autre personne me prend en clé d’étranglement, qui me comprime le cou et fait que je ne peux rien faire. »
Une tentative de viol suivie de multiples blessures
D’après le récit livré par Ellie, l’un des deux hommes lui touche ensuite la poitrine avant de glisser une main dans ses sous-vêtements. C’est à ce moment, affirme-t-elle, que ses agresseurs découvrent qu’elle est transgenre.
« Son premier réflexe a été de me pousser vers l’autre personne en disant ‘putain de merde c’est un trans’. La première personne a commencé à me donner des coups, puis j’ai senti des coups tranchants ».
La jeune femme affirme avoir été lacérée plus d’une centaine de fois. Le caractère transphobe de l’agression ressort de son témoignage, tandis que l’enquête doit encore établir les circonstances exactes des faits et leurs qualifications judiciaires.
Ellie indique également que des tessons de bouteille auraient été retrouvés sur les lieux. Elle pense qu’ils ont pu être utilisés pour lui infliger certaines blessures.
« Ils se sont acharnés sur moi puis l’un a commencé à m’étrangler. »
Elle parvient finalement, selon son récit, à saisir une bombe de peinture pour frapper l’un des hommes et prendre la fuite. Des passants lui viennent alors en aide.
À l’hôpital, il lui est indiqué qu’elle aurait perdu « entre un litre et un litre et demi de sang ».
« Je n’ai pas passé une nuit paisible depuis l’agression »
Au-delà de ses blessures physiques, Ellie décrit d’importantes conséquences psychologiques depuis le 13 août.
« j’ai beaucoup de cauchemar, je n’ai pas passé une nuit paisible depuis l’agression. Je ne suis pas bien de savoir que deux personnes aussi violentes trainent dans la nature. Me viendra toujours à l’idée qu’ils veuillent finir le travail un jour. »
La jeune femme dit également avoir été visée par de nombreux commentaires transphobes après la médiatisation de son agression et sa diffusion sur les réseaux sociaux.
« J’ai failli mourir, on a essayé d’abuser de moi, et je me prends la haine de centaines et de milliers de gens. »
Des élus de Montpellier demandent une réaction de la Ville
Le 27 août, le groupe municipal La France insoumise et Verts populaires de Montpellier a publié un communiqué de soutien à Ellie et demandé une réaction du maire, Michaël Delafosse.
La conseillère municipale d’opposition Alenka Doulain a notamment déclaré : « On demande que cette agression soit prise au sérieux, elle inquiète beaucoup nos concitoyens et concitoyennes ».
Elle a poursuivi : « Il faut aujourd’hui une prise de conscience. Les agressions transphobes en France ont été multipliées par trois depuis 10 ans d’après l’Observatoire des discriminations. »
Du côté de la majorité municipale, le premier adjoint au maire Sébastien Cote a indiqué que les images issues de la vidéosurveillance de la Ville avaient été transmises à la police. Il a également fait savoir qu’il « apportait son soutien à Ellie ».
La jeune femme affirme par ailleurs qu’un rendez-vous avec un membre de la majorité municipale doit avoir lieu à la mi-septembre.
Une enquête menée par le commissariat de Montpellier
Le parquet de Montpellier confirme que les investigations se poursuivent. Contacté par ICI Hérault, le procureur de la République indique « qu’une enquête [est] en cours et que les investigations sont menées par le commissariat de police de Montpellier afin de déterminer les circonstances des faits et d’en découvrir les auteurs ».
La ville avait déjà été marquée en juin 2024 par une agression lesbophobe à Montpellier, au cours de laquelle une femme avait déclaré avoir été frappée par plusieurs hommes avant de porter plainte.
Cette affaire intervient plus largement dans un contexte de progression des actes anti-LGBT+ enregistrés en France. Selon le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, 4 900 infractions de ce type ont été recensées par la police et la gendarmerie en France en 2025.






