Article initialement publié le 27 février 2026 et mis à jour le 18 juillet 2026 après l’abandon des poursuites.
La justice met fin à la procédure engagée contre les deux femmes
La justice ougandaise a annoncé, vendredi 17 juillet, l’abandon des poursuites visant deux femmes accusées de s’être embrassées dans un lieu public.
Toutes deux âgées d’une vingtaine d’années, elles avaient été arrêtées en février après une plainte déposée par des voisins à Arua, dans le nord-ouest de l’Ouganda.
Cette décision intervient dans un pays où une loi anti-LGBT+ particulièrement répressive est appliquée depuis 2023.
Une législation anti-LGBT+ adoptée en 2023
La législation ougandaise prévoit de lourdes sanctions contre les personnes entretenant des relations homosexuelles. Elle pénalise également toute forme de « promotion » de l’homosexualité.
Le texte introduit par ailleurs le crime d’« homosexualité aggravée », passible de la peine de mort. Cette condamnation n’est toutefois plus exécutée depuis plusieurs années dans le pays.
La loi avait été maintenue après la confirmation de la loi anti-homosexualité en Ouganda par la Cour constitutionnelle. Cette décision avait provoqué de nombreuses réactions parmi les organisations internationales de défense des droits humains.
Une arrestation après la plainte de voisins à Arua
Les deux femmes avaient été interpellées en février après le signalement de plusieurs habitants de leur quartier.
La porte-parole de la police locale, Josephine Angucia, avait alors indiqué à l’Agence France-Presse qu’elles « avaient été vues en train de s’embrasser en public ».
Cette affaire illustre les conséquences concrètes de la criminalisation des personnes LGBTQ+ en Ouganda, qui favorise notamment les dénonciations, le chantage et les arrestations fondées sur l’orientation sexuelle réelle ou supposée.
Human Rights Watch dénonce un climat de peur
Dans un rapport détaillé publié en mai 2025, Human Rights Watch a vivement critiqué les conséquences de la loi anti-LGBT en Ouganda.
L’organisation accuse cette législation d’avoir « institutionnalisé l’homophobie ». Selon elle, la communauté LGBT+ vit depuis son adoption dans « un climat de peur ».
Malgré l’abandon des poursuites contre les deux femmes, la loi de 2023 demeure en vigueur et continue d’exposer les personnes LGBT+ ougandaises à de lourdes sanctions ainsi qu’à des violences et discriminations.
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