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New York : des élus veulent lever l’interdiction qui bloque les saunas gais depuis plus de 40 ans

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Plus de 40 ans après l’adoption d’une mesure prise en pleine crise du sida, les saunas gais pourraient de nouveau être autorisés à fonctionner à New York dans un cadre réglementé. Le sénateur de l’État Erik Bottcher et le député Tony Simone défendent une initiative visant à supprimer une disposition du code sanitaire qui considère certains établissements accueillant des activités sexuelles comme une menace pour la santé publique.

Les deux élus démocrates représentent des secteurs de l’ouest de Manhattan comprenant notamment Chelsea, Hell’s Kitchen, Greenwich Village et Midtown, des quartiers historiquement associés à une importante présence LGBTQ+.

Un règlement adopté pendant la crise du sida

La mesure visée ne constitue pas, à proprement parler, une loi votée par le Parlement de l’État. Elle figure dans le code sanitaire de l’État de New York, sous la référence 10 NYCRR 24-2.2.

Le texte interdit aux établissements de mettre des installations à disposition pour certaines activités sexuelles et précise qu’elles constituent une menace pour la santé publique. Dans sa formulation actuelle, la disposition prévoit qu’aucun établissement ne peut être « mis à la disposition du public dans le but d’y pratiquer des activités sexuelles, notamment des relations anales, vaginales ou des fellations », les qualifiant de « menace pour la santé publique ».

Cette réglementation trouve son origine dans les mesures d’urgence adoptées durant l’épidémie de VIH/sida. Le Conseil de santé publique de l’État avait approuvé une première réglementation d’urgence le 25 octobre 1985, permettant notamment la fermeture d’établissements où se déroulaient des activités sexuelles alors considérées comme présentant un risque élevé de transmission. Une version permanente a ensuite été adoptée en décembre 1985.

Cette histoire du contrôle des espaces fréquentés par les hommes gais fait écho à d’autres débats new-yorkais. Le site est notamment revenu sur la répression des homosexuels dans les toilettes publiques à New York, un sujet qui aborde également la surveillance historique de lieux de rencontre, dont les bains publics et les saunas.

Bottcher et Simone veulent adapter les règles aux moyens de prévention actuels

Pour les promoteurs de la réforme, maintenir une interdiction conçue dans le contexte sanitaire des années 1980 ne correspond plus aux outils aujourd’hui disponibles pour prévenir le VIH.

La PrEP, la PEP, le dépistage régulier et les traitements antirétroviraux ont profondément transformé les approches de santé sexuelle et de prévention LGBTQIA+ depuis les années 1980. Ces évolutions se poursuivent encore, notamment avec le développement de nouvelles formes de PrEP injectable à longue durée d’action.

Les défenseurs de la réforme estiment ainsi qu’un encadrement sanitaire de ces établissements serait aujourd’hui plus adapté qu’une interdiction générale héritée de la crise du sida. Les saunas pourraient notamment constituer des lieux où diffuser des informations sur la prévention, le dépistage et l’accès aux soins.

Des lieux qui ont marqué l’histoire LGBTQ+ new-yorkaise

Le débat porte aussi sur la place occupée historiquement par les bains publics et saunas dans la vie LGBTQ+ à New York.

Avant les fermetures liées à la crise du sida, ces établissements ne constituaient pas uniquement des lieux de rencontres sexuelles. Ils servaient également d’espaces de socialisation pour une partie de la communauté gaie, à une époque où les lieux permettant aux personnes LGBTQ+ de se rencontrer ouvertement étaient moins nombreux.

Cette dimension sociale et culturelle explique pourquoi la question dépasse aujourd’hui celle de la seule réglementation d’établissements pour adultes. Elle touche aussi à la mémoire de la crise du sida, à l’évolution des politiques de santé publique et à l’histoire des espaces communautaires queer.

Une réforme encore à concrétiser

La disposition contestée demeure inscrite dans la réglementation sanitaire de l’État de New York. L’initiative portée par Erik Bottcher et Tony Simone vise désormais à remettre en cause ce cadre élaboré en 1985.

Son abandon pourrait permettre le retour de saunas gais à New York dans un contexte sanitaire très différent de celui qui avait conduit à leur fermeture, marqué par plus de quatre décennies d’évolution dans la connaissance, la prévention et le traitement du VIH.