loi anti-LGBT Ouganda rapport HRW 2023
Un rapport accablant sur les abus liés à la loi de 2023
Deux ans après l’adoption en Ouganda d’une loi anti-LGBT parmi les plus sévères au monde, Human Rights Watch (HRW) a publié un rapport édifiant ce lundi 26 mai. Intitulé « Ils mettent nos vies à risque : comment la loi ougandaise anti-LGBT déchaîne les abus », ce document détaille les violences, menaces et arrestations qui se sont intensifiées depuis le vote de cette législation. La loi, adoptée en 2023, impose des peines particulièrement lourdes aux personnes ayant des relations homosexuelles ou accusées de promouvoir l’homosexualité. En cas « d’homosexualité aggravée », les peines peuvent aller jusqu’à la peine de mort. HRW souligne que cette législation « a institutionnalisé l’homophobie » et créé un « climat de peur » dans la communauté LGBT ougandaise.
Une escalade des violences sans poursuites
Oyem Nyeko, auteur du rapport, a expliqué à l’Agence France-Presse que la loi a légitimé les atteintes aux droits des personnes LGBT et de leurs soutiens. « La loi a justifié les violences contre les minorités sexuelles, et les victimes vivent désormais dans un climat d’insécurité constant », observe-t-il. Il dénonce une augmentation des violences depuis l’adoption du texte, en soulignant que les agresseurs ne sont pratiquement jamais inquiétés par les forces de l’ordre. « L’homosexualité étant criminalisée, les autorités et certains citoyens peuvent agresser sans craindre de sanctions », indique-t-il. Il cite notamment des policiers qui utilisent des menaces d’arrestation pour extorquer de l’argent à des homosexuels rencontrés en ligne.
Des témoignages bouleversants et des agressions ciblées
Le rapport se fonde sur les récits d’une soixantaine de personnes interrogées. Certaines racontent les menaces directes reçues. La mère d’une fille non-binaire a entendu : « Tu vas perdre ton enfant. » La mère d’un garçon bisexuel a été menacée de mort au marché : « Ces gens seront tués. » Selon l’ONG locale DefendDefenders, huit cas d’agressions physiques et sexuelles, dont des viols dits « correctifs » visant à « convertir » des victimes à l’hétérosexualité, ont été identifiés dans les 24 heures suivant le vote de la loi. Oyem Nyeko résume la gravité de la situation : « Si vous êtes perçu comme LGBT, vous pouvez être agressé. »
Silence des autorités face aux violations
Malgré des tentatives répétées, HRW n’a obtenu aucune réponse des autorités ougandaises, qu’il s’agisse de la police, des institutions judiciaires ou d’autres services gouvernementaux. Ce silence renforce l’idée d’une impunité généralisée et d’un système où la loi anti-LGBT sert de couverture à de graves violations des droits humains.
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