Aller au contenu
Accueil » L’acceptation des Personnes Asexuelles en Recul : une Tendance Préoccupante

L’acceptation des Personnes Asexuelles en Recul : une Tendance Préoccupante

acceptation des personnes asexuelles en recul
Rate this post

Une perception de baisse marquée de l’acceptation et de la visibilité

Les personnes asexuelles ont le sentiment d’être de moins en moins acceptées socialement. C’est ce que met en évidence une nouvelle analyse de la Human Rights Campaign, fondée sur les données de l’édition 2025 de l’Annual LGBTQ+ Community Survey (ALCS). Pour mieux comprendre les réalités de cette orientation encore trop méconnue, il peut être utile de revenir sur la définition et les spécificités d’une personne asexuelle.

D’après cette étude, 50,9 % des répondant·e·s se définissant comme asexuel·le·s considèrent que l’acceptation sociale a diminué au cours de la dernière année. Par ailleurs, 63,7 % estiment que leur visibilité s’est réduite. À l’échelle de l’ensemble des adultes LGBTQ+, ces parts sont plus faibles en matière d’acceptation perçue (29,7 %), mais restent élevées concernant la visibilité (51,1 %).

Une identité souvent associée à d’autres réalités

Parmi l’ensemble des personnes interrogées, 4,7 % incluaient l’asexualité dans leur orientation ou leur identité. Au sein de ce groupe, 16,9 % se décrivaient uniquement comme asexuel·le·s. À l’inverse, 83,1 % associaient l’asexualité à d’autres identités, notamment aromantique, demisexuelle ou panromantique.

L’étude souligne également qu’une majorité des personnes asexuelles interrogées, soit 58 %, déclarent aussi être transgenres ou de genre expansif. Cette donnée met en relief la diversité des parcours et des vécus au sein même de la communauté asexuelle.

Lire aussi : comprendre les réalités et nuances de l’asexualité aujourd’hui

Des écarts notables selon la manière de se définir

Les résultats montrent que l’expérience varie fortement selon l’identité revendiquée. Parmi les personnes s’identifiant uniquement comme asexuelles, 71,7 % jugent que l’acceptation sociale s’est dégradée. Cette proportion descend à 46,1 % chez celles qui combinent l’asexualité à d’autres identités.

En revanche, les personnes cumulant plusieurs identités semblent davantage hésiter à se montrer ouvertes sur elles-mêmes. Elles sont 60,9 % à affirmer être moins enclines qu’auparavant à se dévoiler, contre 48 % chez les répondant·e·s se définissant exclusivement comme asexuel·le·s. Elles sont aussi plus nombreuses à constater une baisse de visibilité, avec 66,7 % contre 57,5 %.

Une communauté encore peu visible, malgré certains progrès

Pour Yasmin Benoit, militante asexuelle ayant contribué à l’analyse des données, ces constats appellent à la vigilance.

« La communauté asexuelle est depuis longtemps l’une des moins visibles au sein de la diversité LGBTQIA+. Même si des progrès ont été réalisés ces dernières années, nous restons parmi les groupes les moins susceptibles de faire leur coming out, d’être représentés, reconnus par la loi ou soutenus par les organisations LGBTQ+, tout en faisant face à des enjeux similaires », explique-t-elle.

Selon elle, cette tendance s’inscrit dans un environnement de plus en plus difficile, où la faible visibilité de cette communauté tend encore à se renforcer. Ces enjeux sont régulièrement abordés dans des contenus dédiés à l’actualité et aux enjeux de la communauté asexuelle, qui permettent de mieux saisir l’évolution des perceptions.

Un climat jugé plus hostile

Yasmin Benoit observe que certaines personnes asexuelles, qui commençaient récemment à se sentir suffisamment en sécurité pour vivre plus ouvertement leur identité, choisissent désormais de se faire plus discrètes.

« Avec un soutien communautaire plus faible, des personnes asexuelles qui commençaient à se sentir assez en sécurité pour être ouvertes choisissent maintenant de se replier ou de rester en retrait. »

Elle insiste aussi sur le fait que plusieurs réalités se superposent au sein de cette population, ce qui accentue les effets des reculs constatés.

« Le chevauchement important entre les communautés trans et asexuelles amplifie les effets de ces reculs. »

Le poids du contexte trans et non binaire

L’étude met en avant un autre élément important : 58 % des personnes asexuelles interrogées se définissent également comme transgenres ou de genre expansif. Or, ces répondant·e·s rapportent des expériences nettement plus négatives que les personnes cisgenres.

Ainsi, 71,4 % des personnes asexuelles trans ou non binaires disent se sentir moins visibles qu’un an plus tôt. Chez les personnes cisgenres, cette proportion tombe à 45,9 %.

Une baisse de visibilité liée à un climat plus tendu

Ces données laissent penser que le recul perçu de la visibilité des personnes asexuelles est étroitement lié aux difficultés accrues auxquelles font face les communautés trans et les personnes issues de la diversité de genre. L’ensemble s’inscrit dans un contexte social et politique considéré comme plus tendu, qui semble affecter plus durement les identités déjà peu visibles.

Les Dernières Actualités