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Transféminicide en Nouvelle-Calédonie : Joëlla tuée sous les coups à Nouméa

Transféminicide en Nouvelle-Calédonie
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Une agression mortelle dans un quartier de Nouméa

Le week-end dernier, à Nouméa, Joëlla, une femme transgenre de 45 ans, a perdu la vie après avoir été violemment agressée. Selon les premiers éléments de l’enquête, elle aurait reçu une quinzaine de coups de pied à la tête dans la nuit du samedi au dimanche 8 février, dans le quartier périphérique de Saint-Quentin, composé en partie d’immeubles désaffectés et peu fréquentés.

Ce drame rappelle tragiquement que les violences visant les personnes trans ne sont pas isolées. En métropole aussi, des affaires comme celle du corps retrouvé dans la Seine dans une affaire à caractère homophobe ont profondément marqué l’opinion publique et mis en lumière la persistance des crimes de haine.

Lire aussi : agression queerphobe survenue récemment à Poitiers

Une enquête orientée vers la piste transphobe

D’après les informations relayées par La 1ère, la victime aurait été frappée à de multiples reprises avant d’être déshabillée. « Ce déchaînement de violences extrêmement graves et gratuites a été interrompu par l’arrivée d’un témoin », a indiqué le procureur de la République de Nouméa, Yves Dupas. Il a précisé que la transphobie constituait « l’hypothèse privilégiée » par les enquêteurs.

L’un des mis en cause a affirmé, pour sa défense, « qu’il avait frappé la victime pour qu’elle cesse de proposer des faveurs sexuelles à des personnes L’un des mis en cause a affirmé, pour sa défense, qu’il avait frappé la victime afin qu’elle cesse de proposer des faveurs sexuelles dans le quartier. Des propos qui interrogent sur les stéréotypes et préjugés persistants envers les femmes transgenres.

L’un des mis en cause a affirmé, pour sa défense, qu’il avait frappé la victime afin qu’elle cesse de proposer des faveurs sexuelles dans le quartier. Des propos qui interrogent sur les stéréotypes et préjugés persistants envers les femmes transgenres.

Pour mieux comprendre les réalités vécues par les personnes concernées, il est essentiel de s’informer sur les parcours et les discriminations spécifiques aux personnes trans, comme l’explique notre dossier dédié à la lutte des personnes trans face aux violences et discriminations. Ces éclairages permettent de replacer ce drame dans un contexte plus large de violences systémiques.

Une vive émotion et des appels à la mobilisation

Ce meurtre a provoqué une forte émotion en Nouvelle-Calédonie, territoire français du Pacifique sud où Joëlla était connue, notamment pour sa pratique du volley-ball. L’association Rainbowlution Nouvelle-Calédonie a dénoncé « la violence extrême » des faits et rappelé que les transféminicides s’inscrivent dans une réalité plus large de violences visant les personnes transgenres. « Ce drame rappelle tragiquement que les personnes transgenres restent particulièrement exposées aux violences. Il souligne l’urgence de renforcer la prévention, la sensibilisation et la protection des personnes LGBTQIA+ et de lutter activement contre les discours et les actes de haine », a-t-elle déclaré.

De son côté, l’association féministe La Tresse Nouvelle-Calédonie estime que ce crime « s’inscrit dans un contexte plus large de violences systémiques envers les personnes transgenres ».

Un rassemblement en hommage à Joëlla est actuellement en préparation, en concertation avec la famille de la victime.

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