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À Reims, le « Rouge Boudoir » Invite le Public à Une Immersion dans L’univers du Cabaret Burlesque Queer

Rouge Boudoir Reims
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Cabaret burlesque queer à Reims

Rouge Boudoir fait son retour sur scène

Porté par La Aurèle Boudoir et Santana Alice Elvira, Rouge Boudoir invite le public rémois à une soirée de drag, de cabaret burlesque, d’humour et de performances engagées.

Une nouvelle édition attendue au cœur de Reims

Le samedi 13 juin 2026, le spectacle « Rouge Boudoir » fera son retour à Reims, dans la Marne. Portée par les drag-queens La Aurèle Boudoir et Santana Alice Elvira, cette création mêle cabaret, burlesque, humour, musique et engagement. Pour cette nouvelle représentation organisée au bar Le Clos, sept artistes se succéderont sur scène afin d’offrir une soirée placée sous le signe de l’émotion et de la liberté d’expression.

Depuis plusieurs semaines, des affiches aux teintes pourpres ont fleuri dans les rues de la cité des sacres. Deux silhouettes énigmatiques y dominent le regard des passants, dans une mise en scène qui reflète parfaitement l’identité du spectacle : audacieuse, théâtrale et assumée.

La Aurèle Boudoir, un personnage à part entière

Pour La Aurèle Boudoir, le personnage dépasse largement le simple cadre de la scène. Lorsqu’elle évoque son alter ego, elle le fait même à la troisième personne.

« Oh, vous savez, elle se débrouille et connaît du monde… »

Cette posture fait partie intégrante de l’identité qu’elle a construite au fil des années. Pour l’artiste, La Aurèle Boudoir représente bien davantage qu’un costume ou un maquillage.

« Je considère qu’elle n’est pas quelqu’un qu’on va croiser comme ça au magasin. C’est une alter-ego, qui s’est affirmée et battue pour avoir sa place à Reims malgré les refus, les insultes, les barrières. La Aurèle avait un projet, et aujourd’hui, elle arrive à le mener à bien. »

Officiellement âgée de 22 ans, cette figure extravagante cultive volontairement le mystère autour de son âge réel. Une ambiguïté qui nourrit son personnage de diva libre et indépendante.

« Cette diva, cette grande dame… n’a clairement pas 22 ans. Je pense qu’elle est bien plus mûre. Elle aime les hommes, les femmes… tout le monde. En tout cas, tout le monde qui l’aime en retour. Et elle est libre. Elle peut dire ce qu’elle pense, ce qu’elle veut. »

Une complicité artistique avec Santana Alice Elvira

Aux côtés de La Aurèle Boudoir figure Santana Alice Elvira, devenue au fil du temps sa partenaire de scène incontournable.

Leur première rencontre n’a pourtant rien eu d’évident.

« Je l’ai découverte dans le public, et ça n’a absolument pas accroché la première fois. Santana est très froide. »

Cette différence de tempérament est finalement devenue l’une des forces du duo. Rapidement, leur collaboration a pris une dimension inattendue lors de la première édition du Rouge Boudoir.

« Dès les premières secondes, on a su que ce n’était plus une co-animation : elle prenait tout l’espace ! »

Aujourd’hui, leur relation dépasse largement le cadre artistique. Entre créations de costumes, répétitions et projets communs, les deux artistes entretiennent une véritable amitié.

rouge boudoir affiche acte 2 reims

Rouge Boudoir, un projet né d’une ambition commune

À l’origine de cette aventure se trouve également Rémy Lahaye, fiancé de La Aurèle Boudoir. Couturier talentueux et photographe, il participe activement à la construction de l’univers visuel du spectacle.

« C’est grâce à lui aussi que j’ai construit mon personnage de drag-queen. »

Ensemble, ils ont imaginé Rouge Boudoir comme un espace d’expression ouvert à tous, capable de réunir différentes formes artistiques autour d’une même vision.

Le drag, un art intrinsèquement engagé

Pour La Aurèle Boudoir, la définition même du drag ne peut être réduite à une question d’apparence.

« Qu’est-ce qu’une drag-queen ? Aujourd’hui, c’est une question extrêmement complexe. »

Selon elle, une drag-queen peut être une femme cisgenre, une femme transgenre ou un homme. Ce qui compte avant tout, c’est la démarche artistique et le message porté.

« On ne peut pas, en 2026, dire qu’on est une drag-queen sans avoir de message derrière. »

L’artiste estime que le drag possède une dimension politique essentielle.

« La drag-queen a un pouvoir : celui de faire avancer les choses et de transmettre. »

À travers la danse, le chant, le lip-sync, l’humour, le maquillage ou encore la couture, les artistes disposent selon elle d’outils capables de susciter la réflexion tout en divertissant le public.

Offrir une véritable safe place au public rémois

Rouge Boudoir a été conçu comme un lieu de liberté où artistes et spectateurs peuvent évoluer sans crainte du jugement.

« À deux, on a eu l’idée de créer un cabaret. Une safe place, pour permettre à n’importe qui, artiste ou public, de s’exprimer librement. »

Ce projet est né d’un constat : Reims ne disposait pas d’un cabaret queer actif répondant à cette attente.

La troupe revendique une grande souplesse dans son fonctionnement. Plus qu’un lieu fixe, Rouge Boudoir se veut une énergie collective susceptible de voyager et de s’adapter à différents territoires.

« Aujourd’hui, on a besoin de nous à Reims. Si demain, on veut voir Rouge Boudoir à Dijon, alors on se déplacera à Dijon. »

Un cabaret burlesque aux multiples facettes

La créatrice du projet distingue clairement le burlesque du cabaret traditionnel. Si les deux univers partagent le goût du spectacle et de l’esthétique, elle considère que le burlesque permet davantage de liberté et d’engagement.

« Le burlesque, pour moi, c’est la notion de liberté qu’on va avoir dans un cabaret. »

Elle regrette notamment certains codes encore très présents dans le cabaret classique.

« C’est souvent dénué de message. C’est là que le burlesque intervient : on est sur quelque chose qui est visuellement beau, comme au cabaret, mais qui est plus engagé. »

Cette philosophie se retrouve dans la programmation du Rouge Boudoir, qui rassemble des artistes issus d’horizons variés : cabaret, effeuillage, performance, comédie ou encore disciplines proches du cirque.

Un public large et inclusif

Bien que le spectacle mette en avant la culture queer, ses organisateurs insistent sur son ouverture à tous.

« Être queer ne fait pas partie des critères pour rentrer au Rouge Boudoir. »

L’objectif est de créer un espace accueillant pour chacun, quels que soient son identité, son parcours ou ses centres d’intérêt.

Lors de la première édition organisée au Clos, l’ensemble des places disponibles avait trouvé preneur, confirmant l’intérêt du public rémois pour ce type de proposition artistique.

À travers des initiatives comme Rouge Boudoir, on observe l’émergence de nouvelles formes de spectacles mêlant drag, burlesque, cabaret et engagement artistique. Ces projets participent au renouvellement de la scène des cabarets queer en France, où de nombreux collectifs et lieux indépendants réinventent aujourd’hui les codes du spectacle vivant LGBTQIA+ bien au-delà des grandes métropoles.

Une soirée pour « se jeter tête la première dans les étoiles »

Cette nouvelle représentation revêt également une dimension symbolique. Elle s’inscrit dans la continuité des Nuits de Kiki, un cabaret qui a marqué le parcours artistique de La Aurèle Boudoir.

Les spectateurs pourront y découvrir une grande diversité d’ambiances, allant du rire à l’émotion, du glamour à la provocation.

« Tout le monde peut venir pour en prendre plein les yeux, se jeter tête la première dans les étoiles. »

Alors que plusieurs initiatives liées au cabaret émergent aujourd’hui dans la ville, la créatrice du Rouge Boudoir espère contribuer à faire rayonner davantage cette discipline à Reims. Entre patrimoine, champagne et création artistique, la cité champenoise pourrait bien devenir un nouveau rendez-vous incontournable pour les amateurs de cabaret burlesque et queer.

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