Un document d’Outright International daté d’octobre 2026 rassemble des travaux et des témoignages sur les discriminations envers les personnes asexuelles. Élaboré avec Yasmin Benoit et des militants de dix pays, il appelle à mieux intégrer leurs droits dans les politiques publiques et les actions associatives.
Le document Asexual People’s Human Rights, disponible sur le site d’Outright International, est présenté comme une contribution à la discussion sur les droits humains. Il examine notamment les violences, les pratiques de conversion, les discriminations au travail et les obstacles rencontrés dans les soins. Il ne s’agit pas d’une nouvelle enquête représentative de toutes les personnes asexuelles dans le monde.
Des recherches antérieures et des échanges dans dix pays
La méthode associe une revue de travaux existants à deux groupes de discussion en ligne organisés en juin 2026. La militante britannique Yasmin Benoit et dix militants d’Australie, du Bangladesh, du Botswana, de Hongrie, d’Inde, d’Indonésie, d’Italie, du Kenya, du Mexique et du Vietnam ont contribué à la réflexion.
Les données citées proviennent d’études et d’enquêtes menées à des dates différentes, avec des méthodes et des populations distinctes. Elles ne peuvent pas être additionnées pour produire un taux mondial de discrimination. Le rapport souligne lui-même la rareté des données et leur concentration dans certains pays.
Ce document international est distinct de l’analyse HRC sur l’acceptation perçue des personnes asexuelles, présentée sur notre site en avril à partir de l’enquête ALCS 2025. Les deux publications ne portent pas sur le même dispositif de recherche.
Des préjugés qui touchent aussi les soins
Outright décrit des situations dans lesquelles l’asexualité est interprétée comme un problème à corriger, au lieu d’être reconnue comme une expérience de l’attirance sexuelle. Le document rapporte des pressions familiales, du harcèlement et des interventions destinées à modifier ou supprimer cette orientation.
Pour comprendre ce point, il faut distinguer l’orientation d’une personne d’un trouble qu’elle souhaiterait faire prendre en charge. Notre guide sur la définition de l’asexualité rappelle que celle-ci désigne une absence ou une faible attirance sexuelle et ne renseigne pas, à elle seule, sur le désir de couple ou la vie intime.
Le rapport attire également l’attention sur les difficultés à parler de son orientation à un professionnel de santé, sur les diagnostics inappropriés rapportés dans certains travaux et sur la crainte de subir des jugements. Ces constats doivent être lus avec leurs contextes et leurs limites, sans les transformer en expérience uniforme de toutes les personnes asexuelles.
Rendre les protections plus explicites
L’organisation demande aux pouvoirs publics, aux associations de défense des droits et aux mouvements LGBTQIA+ de mieux prendre en compte les personnes asexuelles. Elle défend notamment leur inclusion dans les protections contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle.
Ses recommandations portent aussi sur la formation des professionnels, la recherche et la participation des communautés concernées. Il s’agit des propositions de l’organisation, et non de nouvelles obligations juridiques qui s’appliqueraient automatiquement dans tous les pays.
Un document déjà relayé, une date de publication à distinguer
LGBTQ Nation a présenté le rapport le 22 octobre 2026. Le PDF porte la mention octobre 2026. Au moment de notre consultation, le 23 octobre, sa page de présentation affichait toutefois le 30 octobre comme date de publication. Cette incohérence ne permet pas d’attribuer au document une date précise de lancement.

