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Primaire de la gauche en 2026 : un Front Populaire sans Mélenchon ni Glucksmann

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Une initiative unitaire pour 2027

Ce week-end à Tours, plusieurs figures de la gauche ont officialisé la tenue, le 11 octobre 2026, d’une primaire visant à désigner une candidature commune à l’élection présidentielle de 2027. Ce processus est mené par le collectif « Front Populaire 2027 », composé de personnalités telles que François Ruffin, Clémentine Autain, Marine Tondelier, Olivier Faure et Lucie Castets, candidate de la gauche à Matignon en 2024. Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann, quant à eux, refusent d’y prendre part.

« Nous n’avons pas le droit de ne pas offrir une perspective aux classes populaires, au peuple de gauche », a défendu Clémentine Autain lors d’une conférence de presse. Cette initiative cherche à perpétuer la dynamique unitaire qui avait permis au Nouveau Front Populaire (NFP) de réaliser un score électoral significatif aux législatives anticipées de 2024, convoquées à la suite de la dissolution surprise de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron.

Vers une candidature unique et légitime

Le dispositif de cette primaire s’inspirera du modèle présidentiel : chaque prétendant devra obtenir 500 parrainages de maires, ces derniers pouvant soutenir plusieurs candidats. « Cela empêchera l’émergence de candidatures fantaisistes sans base réelle », a affirmé Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste. L’organisation vise à mobiliser deux millions d’électeurs à travers un vote physique dans chaque canton, complété potentiellement par un scrutin numérique.

Le Front Populaire 2027 entend ainsi proposer une alternative crédible et unifiée, capable de peser dans l’échéance présidentielle, sans pour autant compter sur les figures de proue que sont Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann.

Glucksmann reste à l’écart

Déjà candidat déclaré pour 2027, l’eurodéputé Raphaël Glucksmann a confirmé son refus de participer à cette primaire, qu’il considère comme un artifice inutile. « Je n’y serai pas, je ne changerai pas d’avis dessus », a-t-il affirmé sur BFMTV-RMC. Il dénonce un projet qui « refuse de trancher entre deux pôles existants à gauche » : d’un côté, un courant populiste mené par Mélenchon, de l’autre une gauche réformiste, pro-européenne et prête à gouverner.

Plutôt que de participer à la primaire, Glucksmann plaide pour une plateforme commune avec les socialistes afin de créer une dynamique électorale plus structurée. Cette divergence stratégique reflète les fractures persistantes au sein de la gauche.

Le PS dans la balance

La participation du Parti socialiste à cette primaire reste incertaine. Bien que présent à Tours, Olivier Faure n’y disposait pas d’un mandat officiel pour valider les décisions prises, comme l’a souligné Patrick Kanner, président du groupe socialiste au Sénat. Le parti est divisé : certains, proches de Boris Vallaud, estiment que l’absence de Glucksmann rend cette primaire « bancale ». Ils réclament la désignation d’un candidat PS en amont, tout en laissant planer l’ambition de Vallaud lui-même.

D’autres figures, comme François Hollande, plaident en faveur d’une fédération de la gauche réformiste, rassemblant le PS, Glucksmann, Cazeneuve et Jadot, afin de choisir une personnalité de consensus. Pour lui, « la preuve que la primaire n’a pas de sens », ce sont les récentes divergences stratégiques à l’Assemblée nationale : Autain, Ruffin et les écologistes ont voté une motion de censure contre LFI et rejeté le budget, contrairement aux socialistes, plus modérés dans leur opposition.

Un appel à l’union malgré les divisions

Clémentine Autain a tenu à souligner l’importance de l’unité : « Nous avons des divergences, nous avons des différences. Simplement, nous estimons que le moment fait que ce que nous avons en commun est infiniment supérieur à ce qui nous divise. » De son côté, Marine Tondelier a averti : « Toutes les personnes qui prétendent pouvoir se qualifier au deuxième tour seules vous mentent. » François Ruffin a, lui, mis en garde ceux qui refuseraient de monter dans le train de la primaire : « Quand le train aura démarré, ceux qui seront restés à quai auront l’air bien bête. »

En interne, le Parti socialiste reste en suspens : la décision de participer ou non à la primaire sera soumise au vote des militants après les élections municipales. En attendant, les dissensions à gauche alimentent les espoirs du Rassemblement national, qui caracole en tête des intentions de vote à un an de l’échéance présidentielle.

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