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Pourquoi supposons-nous encore qu’une personne est hétérosexuelle ?

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  • Nous avons encore tendance à considérer l’hétérosexualité comme l’orientation « par défaut » lorsqu’aucune autre information n’est disponible.
  • Cette supposition est liée à l’hétéronormativité, c’est-à-dire à des habitudes sociales qui présentent les relations entre hommes et femmes comme allant naturellement de soi.
  • L’apparence, les vêtements, la voix, les fréquentations ou le genre du partenaire actuel ne permettent pas de déterminer avec certitude l’orientation sexuelle d’une personne.
  • Une personne bisexuelle peut être en couple avec une personne d’un autre genre sans devenir hétérosexuelle.
  • Les suppositions répétées peuvent obliger certaines personnes LGBTQIA+ à corriger régulièrement leur entourage ou à effectuer plusieurs coming out.
  • Employer des formulations légèrement plus ouvertes permet souvent d’éviter ces présomptions sans rendre les conversations artificielles.

Une femme mentionne qu’elle part en vacances avec quelqu’un.

On lui demande :

« Ton copain vient avec toi ? »

Un homme dit qu’il a rendez-vous ce soir.

La question arrive rapidement :

« Elle s’appelle comment ? »

Dans de nombreuses conversations ordinaires, nous complétons spontanément les informations qui nous manquent.

Sans connaître l’orientation sexuelle d’une personne, nous supposons encore souvent qu’elle est hétérosexuelle.

Cette réaction n’est pas nécessairement hostile. La personne qui pose la question ne cherche généralement pas à exclure qui que ce soit.

Elle utilise simplement un modèle qu’elle considère comme probable.

Mais cette petite supposition révèle quelque chose de beaucoup plus large sur notre manière de percevoir les relations, les identités et les normes sociales.

Pourquoi l’hétérosexualité reste-t-elle si souvent considérée comme une évidence ?

Et surtout : pourquoi transformons-nous aussi facilement une absence d’information en certitude ?

Pourquoi l’hétérosexualité est-elle encore considérée comme « par défaut » ?

Une norme peut devenir presque invisible

Certaines normes sociales sont tellement présentes que nous cessons de les remarquer.

Lorsqu’une représentation apparaît partout pendant des années, elle finit par sembler naturelle.

Dans les histoires familiales, les publicités, les films, les formulaires administratifs ou les conversations quotidiennes, le couple homme-femme a longtemps constitué le modèle relationnel le plus fréquemment présenté.

Cela ne signifie évidemment pas que les autres relations n’existaient pas.

Elles étaient simplement moins visibles.

À force de répétition, un modèle peut devenir le scénario que nous imaginons en premier lorsqu’aucune autre information n’est disponible.

Nous remplissons les informations manquantes

Imaginez quelqu’un qui vous dit :

« Je vais dîner avec mon partenaire ce soir. »

Si vous ne connaissez pas cette personne, vous ne savez normalement pas :

  • le genre de son partenaire ;
  • son orientation sexuelle ;
  • depuis combien de temps ils sont ensemble ;
  • le type exact de relation qu’ils entretiennent.

Pourtant, notre esprit peut très rapidement construire une image.

Nous faisons cela en permanence.

Nous complétons ce que nous ne savons pas à partir de ce qui nous paraît habituel.

Le problème ne vient donc pas nécessairement du fait d’avoir une première hypothèse.

Il apparaît surtout lorsque nous oublions qu’il s’agit seulement d’une hypothèse.

Qu’est-ce que la présomption d’hétérosexualité ?

La présomption d’hétérosexualité consiste à considérer qu’une personne est probablement hétérosexuelle tant qu’elle n’a pas indiqué le contraire.

Elle peut prendre des formes très banales.

Demander à une femme :

« Tu as un copain ? »

Demander à un homme :

« Tu as une copine ? »

Parler du futur mari d’une adolescente.

Demander à un garçon quelles filles lui plaisent.

Imaginer qu’un couple est forcément composé d’un homme et d’une femme.

Ces phrases peuvent sembler insignifiantes lorsqu’elles sont prises séparément.

Mais elles reposent toutes sur la même idée implicite :

l’hétérosexualité n’aurait pas besoin d’être précisée, alors que les autres orientations devraient être annoncées.

Cette mécanique s’inscrit dans ce que l’on appelle l’hétéronormativité.

Notre lexique LGBTQIA+ permet d’ailleurs de replacer cette notion parmi d’autres termes décrivant les orientations, les identités et les normes sociales.

Comment l’hétéronormativité influence-t-elle nos suppositions ?

L’hétéronormativité ne signifie pas simplement qu’une société compte beaucoup de personnes hétérosexuelles.

Elle désigne plutôt le fait de présenter l’hétérosexualité comme une référence implicite.

Cette norme peut apparaître dans des situations très ordinaires.

Un formulaire propose uniquement :

« mari » ou « épouse ».

Un professeur demande à un garçon s’il a une petite amie.

Une publicité représente systématiquement un homme et une femme pour parler du couple.

Une famille imagine automatiquement que sa fille aura un mari.

Aucune de ces situations n’a nécessairement pour objectif d’exclure les personnes LGBTQIA+.

Mais leur accumulation peut transmettre un message :

certaines relations sont attendues, tandis que les autres doivent être expliquées.

Pourquoi notre cerveau complète-t-il les informations manquantes ?

Nous ne disposons presque jamais de toutes les informations nécessaires lorsque nous rencontrons quelqu’un.

Nous construisons donc des hypothèses.

C’est une fonction très ordinaire de notre manière de comprendre le monde.

Nous observons quelques éléments.

Nous les comparons à des situations déjà rencontrées.

Puis nous élaborons une interprétation.

Mais une difficulté apparaît lorsque nous confondons :

ce que nous observons,

ce que nous supposons,

et ce que nous savons réellement.

Cette distinction dépasse largement la question de l’orientation sexuelle. Nous utilisons exactement le même mécanisme lorsqu’un détail inhabituel nous pousse à chercher une explication.

C’est pourquoi nous avons consacré un article à cette question plus générale : pourquoi cherchons-nous des preuves lorsque nous avons un doute ?

Une première impression peut être utile pour formuler une hypothèse.

Elle ne constitue pas une preuve.

Et lorsqu’il s’agit de l’identité ou de l’orientation d’une personne, cette différence devient particulièrement importante.

Peut-on réellement deviner l’orientation sexuelle d’une personne ?

Deux femmes discutent face à face à la terrasse d’un café et se questionnent sur les suppositions liées à l’orientation sexuelle.

L’apparence ne suffit pas

Il existe énormément de stéréotypes associés aux orientations sexuelles.

Un homme très masculin serait forcément hétérosexuel.

Une femme masculine serait forcément lesbienne.

Une personne avec une apparence androgyne serait nécessairement queer.

Un homme efféminé serait automatiquement gay.

Ces associations simplifient des réalités beaucoup plus diverses.

Ces associations simplifient des réalités beaucoup plus diverses.

Une orientation sexuelle décrit avant tout une forme d’attirance. Elle ne permet pas de déduire automatiquement les pratiques, les relations ou l’expression de genre d’une personne. Pour mieux distinguer ces notions, consultez notre liste des orientations LGBT.

Elle ne détermine pas automatiquement :

  • ses vêtements ;
  • sa coiffure ;
  • sa voix ;
  • ses loisirs ;
  • son comportement ;
  • sa manière de marcher ;
  • son expression de genre.

Deux personnes ayant exactement la même apparence peuvent avoir des orientations totalement différentes.

Les codes culturels peuvent parfois créer une impression

Certaines communautés développent évidemment leurs propres styles, références ou codes.

Une personne peut volontairement utiliser certains symboles pour exprimer une appartenance LGBTQIA+.

Mais même dans ce cas, l’observation possède des limites.

Porter un vêtement arc-en-ciel ne permet pas de connaître précisément l’orientation d’une personne.

Fréquenter un bar queer ne permet pas davantage de déterminer une identité.

Un indice culturel peut produire une impression.

Il ne permet pas toujours de conclure.

Pourquoi les vêtements, la voix ou les loisirs sont-ils de mauvais « indices » ?

Parce qu’ils reposent principalement sur des stéréotypes.

Prenons deux hommes.

Le premier aime le football, porte des vêtements très classiques et possède une expression de genre masculine.

Le second travaille dans la mode, porte du maquillage et possède une expression plus féminine.

Il serait tentant, pour certaines personnes, d’attribuer immédiatement une orientation différente à chacun.

Pourtant, ces informations ne permettent pas de savoir qui les attire réellement.

Le premier peut être gay.

Le second peut être hétérosexuel.

Les deux peuvent être bisexuels.

Ou appartenir à d’autres orientations.

L’erreur vient du fait que nous transformons des codes de genre en preuves d’orientation sexuelle.

Ce sont pourtant deux dimensions différentes.

Le partenaire actuel permet-il de connaître l’orientation sexuelle ?

Pas nécessairement.

C’est particulièrement évident lorsqu’on parle de bisexualité.

Une femme bisexuelle en couple avec un homme ne devient pas hétérosexuelle parce que son partenaire est un homme.

De la même manière, un homme bisexuel en couple avec un homme ne devient pas automatiquement gay.

La relation actuelle montre avec qui la personne est en couple.

Elle ne résume pas l’ensemble de son orientation.

Pour approfondir cette distinction, notre article consacré à la définition de la bisexualité revient sur les nombreuses idées reçues entourant cette orientation.

Cette confusion contribue à l’invisibilité bisexuelle

Une personne bisexuelle peut ainsi être perçue différemment selon son partenaire.

En couple homme-femme :

« Donc tu es hétéro. »

En couple avec une personne du même genre :

« Donc finalement tu es gay ou lesbienne. »

Dans les deux cas, l’observateur déduit une orientation complète à partir d’une seule relation visible.

La bisexualité disparaît alors derrière l’apparence du couple.

Pourquoi demande-t-on encore « Tu as un copain ? » plutôt que « Tu as quelqu’un ? »

Parce que certaines formulations sont devenues automatiques.

Nous les apprenons parfois très tôt.

« Tu as une petite copine ? »

« Quand est-ce que tu vas trouver un mari ? »

« Tu vas faire craquer les garçons. »

Ces phrases peuvent être dites sans aucune intention négative.

Mais elles imposent déjà une réponse possible avant même que la personne concernée ait parlé de son orientation.

Une formulation plus ouverte change très peu la conversation.

Au lieu de :

« Tu as un copain ? »

on peut simplement demander :

« Tu vois quelqu’un en ce moment ? »

Au lieu de :

« Ta femme vient avec toi ? »

on peut demander :

« Ton ou ta partenaire vient avec toi ? »

Il n’est pas nécessaire de transformer chaque échange en exercice linguistique complexe.

Quelques formulations neutres suffisent souvent.

Quel impact ces suppositions peuvent-elles avoir sur les personnes LGBTQIA+ ?

Elles peuvent obliger à corriger la conversation

Imaginez qu’une femme parle de son week-end.

On lui demande :

« Ton copain était avec toi ? »

Elle doit alors décider.

Corriger immédiatement :

« Ma copine. »

Laisser passer.

Modifier légèrement sa réponse.

Changer de sujet.

La question paraît anodine pour celui qui la pose.

Mais pour la personne concernée, elle peut créer une décision supplémentaire.

Elles peuvent provoquer un coming out inattendu

Certaines personnes souhaitent parler librement de leur partenaire.

D’autres préfèrent choisir le moment où elles révéleront leur orientation.

Une simple question peut soudainement transformer une conversation banale en situation de coming out.

Ce n’est pas toujours problématique.

Mais cela peut l’être lorsque la personne ne connaît pas encore suffisamment son interlocuteur ou ne sait pas comment l’information sera accueillie.

Notre guide expliquant ce qu’est réellement un coming out rappelle d’ailleurs qu’il ne s’agit pas forcément d’une annonce unique : une personne peut être amenée à révéler son orientation ou son identité dans différents contextes au cours de sa vie.

Pourquoi certaines personnes doivent-elles faire plusieurs coming out ?

Nous parlons parfois du coming out comme d’un moment unique.

Une personne le ferait une fois à sa famille, puis tout le monde connaîtrait son orientation.

Dans la réalité, de nouvelles personnes apparaissent constamment.

Un nouveau collègue.

Un nouveau médecin.

Un nouveau voisin.

Un nouveau groupe d’amis.

Un nouvel employeur.

Chaque rencontre crée potentiellement une nouvelle situation.

Une personne peut donc être totalement ouverte sur son orientation dans un environnement tout en restant inconnue dans un autre.

La présomption d’hétérosexualité joue ici un rôle important.

À chaque nouvel espace, le scénario « par défaut » peut recommencer.

Supposer peut-il parfois provoquer un outing ?

Il faut distinguer deux situations.

Se tromper sur l’orientation de quelqu’un n’est pas la même chose que révéler son orientation à d’autres personnes.

L’outing correspond à la divulgation d’une orientation sexuelle ou d’une identité sans le consentement de la personne concernée.

Cela peut par exemple arriver lorsqu’une personne corrige publiquement quelqu’un en donnant une information qui ne lui appartient pas.

Imaginez :

« Non, elle n’a pas de copain, elle est lesbienne. »

Même si l’information est vraie, la personne concernée n’avait peut-être pas choisi de la partager dans cet environnement.

C’est pourquoi il est préférable de laisser chacun décider de ce qu’il souhaite révéler sur sa vie personnelle.

Notre article consacré à l’outing revient précisément sur cette différence entre visibilité volontaire et révélation sans consentement.

Les personnes LGBTQIA+ peuvent-elles elles aussi faire des suppositions ?

Bien sûr.

Appartenir à une minorité ne supprime pas automatiquement nos habitudes de raisonnement.

Une personne gay peut supposer qu’un autre homme est gay.

Une femme lesbienne peut imaginer qu’une autre femme est hétérosexuelle.

Une personne queer peut interpréter certains vêtements comme des signes d’appartenance communautaire.

Ces hypothèses peuvent parfois être correctes.

Mais elles restent des hypothèses.

Il est donc utile d’appliquer la même règle dans tous les sens :

l’apparence et le comportement peuvent suggérer quelque chose, mais ils ne permettent pas de définir une personne à sa place.

Faut-il alors demander directement l’orientation sexuelle ?

Pas forcément.

Dans la majorité des conversations ordinaires, nous n’avons tout simplement pas besoin de connaître précisément l’orientation d’une personne.

Si quelqu’un souhaite parler de sa vie sentimentale, les informations apparaîtront naturellement.

Une question comme :

« Tu vois quelqu’un ? »

permet déjà d’ouvrir la discussion.

La personne peut répondre :

« Oui, j’ai un copain. »

« Oui, j’ai une copine. »

« Oui, je suis en couple. »

« Non. »

Ou simplement ne pas développer.

Cette manière de converser laisse à chacun le contrôle sur les informations qu’il souhaite partager.

Pourquoi certaines personnes préfèrent-elles ne pas préciser leur orientation ?

Les raisons peuvent être nombreuses.

La personne peut considérer que ce n’est pas pertinent.

Elle peut être encore en questionnement.

Elle peut connaître son orientation mais ne pas souhaiter en parler dans ce contexte.

Elle peut vouloir préserver sa vie privée.

Elle peut simplement ne pas avoir envie de répondre.

Ne pas annoncer une orientation n’est donc pas une invitation à la deviner.

L’absence d’information signifie seulement :

nous ne disposons pas de cette information.

Une orientation doit-elle être « prouvée » ?

Non.

Une personne n’a pas besoin d’avoir eu une relation avec plusieurs genres pour être bisexuelle.

Elle n’a pas besoin d’avoir déjà eu une relation homosexuelle pour se dire gay ou lesbienne.

Elle n’a pas besoin de raconter sa vie sexuelle pour que son orientation soit prise au sérieux.

L’expérience visible de quelqu’un ne constitue qu’une partie de son parcours.

Pourquoi avons-nous parfois envie de « savoir » malgré tout ?

Parce que l’incertitude attire notre attention.

Lorsque nous rencontrons quelqu’un, nous cherchons spontanément à comprendre qui est cette personne.

Nous essayons de classer des informations :

son âge approximatif,

son métier,

ses goûts,

son caractère,

ses relations.

L’orientation sexuelle peut devenir une information supplémentaire que nous cherchons inconsciemment à déterminer.

Mais tout ce qui suscite notre curiosité n’a pas besoin d’obtenir immédiatement une réponse.

Il est parfaitement possible de rester dans une situation où nous ne savons pas.

C’est même parfois la conclusion la plus exacte.

Peut-on supprimer complètement nos premières suppositions ?

Probablement pas.

Nous faisons constamment des hypothèses sur le monde qui nous entoure.

L’objectif réaliste n’est donc pas nécessairement de ne plus jamais avoir de première impression.

Il est plutôt d’apprendre à reconnaître son statut.

Une pensée comme :

« Je suppose qu’elle est hétéro »

peut devenir :

« En réalité, je n’en sais rien. »

Cette petite correction intérieure suffit déjà à éviter de transformer une impression en certitude.

Comment utiliser un langage plus ouvert sans rendre les conversations artificielles ?

Quelques changements simples fonctionnent très bien.

Parler de « partenaire »

Lorsque le genre n’est pas connu :

« Ton partenaire vient avec toi ? »

Demander si la personne voit quelqu’un

Au lieu de choisir directement « copain » ou « copine » :

« Tu vois quelqu’un en ce moment ? »

Reprendre les mots utilisés par la personne

Si quelqu’un parle de :

« ma femme »,

« mon copain »,

« mon partenaire »,

il suffit généralement de reprendre la même formulation.

Ne pas transformer une correction en événement

Si quelqu’un répond :

« Ma copine, en fait. »

Il n’est pas nécessaire de s’excuser pendant plusieurs minutes.

Une réponse simple peut suffire :

« Ah oui, ta copine. »

Puis la conversation continue.

L’inclusion peut aussi être très ordinaire.

La présomption d’hétérosexualité est-elle en train de disparaître ?

Les habitudes linguistiques et sociales évoluent.

Les représentations LGBTQIA+ sont aujourd’hui beaucoup plus visibles dans de nombreux espaces qu’elles ne l’étaient auparavant.

Des formulations comme :

« partenaire »

ou

« Tu vois quelqu’un ? »

sont également devenues plus courantes.

Mais une norme sociale ne disparaît pas simplement parce que de nouvelles représentations existent.

Elle peut rester présente dans les petites conversations, les automatismes ou les attentes familiales.

C’est précisément dans ces détails que les changements deviennent visibles.

Conclusion : ne pas savoir est parfois la réponse la plus juste

Pourquoi supposons-nous encore qu’une personne est hétérosexuelle ?

Parce que nous avons appris à considérer certaines relations comme plus évidentes que d’autres.

Parce que nous utilisons constamment nos expériences et les normes qui nous entourent pour remplir les informations manquantes.

Et parce qu’une hypothèse répétée suffisamment souvent peut finir par ressembler à une évidence.

Pourtant, quelques informations très simples suffisent à montrer les limites de ce raisonnement.

L’apparence ne détermine pas l’orientation.

Les vêtements ne la déterminent pas.

La voix ne la détermine pas.

Le genre du partenaire actuel ne la détermine pas nécessairement non plus.

Nous pouvons observer des éléments.

Nous pouvons avoir une impression.

Mais nous ne connaissons réellement l’orientation d’une personne que lorsqu’elle choisit elle-même de la communiquer.

La solution n’est donc pas de chercher de meilleurs moyens de « deviner ».

Elle consiste plutôt à accepter qu’il existe des situations dans lesquelles nous ne savons tout simplement pas.

Et qu’il n’y a rien d’anormal à cela.

Pour approfondir les orientations, identités, normes sociales et réalités vécues par les différentes communautés, retrouvez également notre catégorie LGBTQIA+.