Les néopronoms sont des pronoms moins établis que les formes courantes d’une langue, utilisés notamment pour parler d’une personne sans la désigner uniquement par « il » ou « elle ». En français, on rencontre par exemple « iel », « ille », « ul » ou « ol ». Leurs usages varient : connaître une liste ne remplace pas les indications données par la personne concernée.
Ce guide explique comment comprendre un néopronom et construire des phrases avec lui. Pour les questions de confidentialité, de demande des pronoms ou de correction d’une erreur, notre article sur le mégenrage et le respect des pronoms développe ces situations.
Néopronom, pronom neutre et identité de genre : distinguer les notions
« Néo- » renvoie ici à des formes nouvelles ou encore peu établies dans l’usage. « Neutre » décrit plutôt la possibilité de ne pas désigner une personne comme homme ou femme. Ces deux expressions se recoupent sans être parfaitement interchangeables dans toutes les langues. Un pronom déjà ancien peut aussi recevoir un usage différent.
Un néopronom ne constitue pas une identité de genre. Toutes les personnes non binaires n’en utilisent pas, et les pronoms d’une personne ne permettent pas de connaître son orientation sexuelle. Il faut donc éviter de traiter « iel » comme une étiquette automatique pour toute personne dont on ignore le genre.
Quels néopronoms rencontre-t-on en français ?
Les ressources francophones documentent notamment « iel », « ille », « ul », « ol » et « al ». Cette liste donne des exemples, sans établir de classement ni une norme obligatoire. Les graphies, les formes compléments et les terminaisons peuvent varier d’une personne ou d’un guide à l’autre.
Le collectif Pronoms.fr présente plusieurs séries, dont « iel/lea », « ol/lo » ou « ul/lu ». Une série précise différentes formes pour parler d’une même personne ; elle ne doit pas être appliquée automatiquement à quelqu’un qui n’a communiqué qu’un pronom sujet.
Comment utiliser un néopronom dans une phrase ?
Identifier le rôle du mot
Le pronom sujet désigne la personne qui accomplit l’action : dans l’exemple fictif « Iel prépare une affiche », « iel » est sujet. Si une personne demande « ol », une phrase simple peut devenir « Ol prépare une affiche ». Pour les compléments ou les formes après une préposition, vérifiez la série utilisée au lieu d’inventer une transformation.
Voici trois mises en pratique avec des personnages fictifs ayant indiqué leur pronom : « Ol apporte les affiches », « Ul anime la rencontre » et « Ille présente le programme ». Dans chaque phrase, seul le sujet change ; le verbe à la troisième personne du singulier conserve sa forme habituelle. On peut ensuite préciser l’action : « Ol apporte les affiches et explique le parcours ». Cet exercice porte sur le pronom sujet, sans attribuer de forme complément ni d’accord adjectival à la personne. Pour utiliser une série complète, partez des exemples qu’elle a communiqués ou de la ressource qui décrit cette série.
Séparer le pronom et les accords
Le choix d’un néopronom ne fixe pas à lui seul les accords des adjectifs et des participes. Une personne peut demander un pronom avec des accords masculins, féminins, alternés ou d’autres formes. La phrase « Iel est disponible » évite un accord visible en genre ; « Iel a terminé le travail » permet aussi de construire un exemple simple sans choisir une terminaison à la place de la personne.
Demander un exemple si nécessaire
Une question concrète suffit : « Peux-tu me donner un exemple de phrase avec les formes que tu utilises ? » Pour s’entraîner, prenez un prénom fictif et décrivez une action ordinaire. L’objectif est de comprendre une construction, sans demander à la personne de justifier son identité ni de devenir votre unique ressource pédagogique.
Un petit exercice pour prendre l’habitude
Choisissez une action : préparer une réunion, présenter un livre ou apporter un dossier. Écrivez d’abord la phrase avec le prénom. Remplacez ensuite ce prénom par le pronom sujet communiqué. Ajoutez enfin un complément uniquement si vous connaissez la forme correspondante. Relisez pour vérifier que l’on comprend toujours de qui il est question.
Exemple fictif : « Camille présentera le dossier. » Si Camille a indiqué « iel », on écrit « Iel présentera le dossier. » Pour poursuivre avec une description, « Camille connaît bien le sujet » conserve le prénom sans contourner systématiquement le pronom demandé. Alterner naturellement le nom et le pronom aide aussi à garder une phrase claire.
Existe-t-il une seule grammaire officielle des néopronoms ?
Non. Le guide de Divergenres présente des propositions communautaires de grammaire neutre et inclusive, en précisant qu’elles évoluent et ne constituent pas des règles officielles de l’Office québécois de la langue française. Il est donc préférable de présenter les exemples comme des usages documentés plutôt que comme un tableau universel à imposer.
Les habitudes diffèrent également selon la langue. Copier une série anglaise dans une phrase française ne fournit pas automatiquement ses équivalents. Pour un texte traduit, vérifiez comment la personne souhaite être désignée en français, surtout lorsque le document est destiné à être diffusé.
Les erreurs à éviter
Ne transformez pas une indication de pronom en supposition sur le corps, le genre ou la vie privée. Ne corrigez pas le pronom communiqué uniquement parce que votre correcteur orthographique ne le reconnaît pas. Enfin, ne choisissez pas une terminaison nouvelle pour toute une série de mots sans vérifier qu’elle convient à la personne et au contexte du texte.
Sources et repères de lecture
Le Guide de grammaire neutre et inclusive de Divergenres documente des propositions francophones. Le guide de rédaction du gouvernement du Yukon distingue le choix du pronom et celui des accords. Pour replacer les notions dans leur contexte, retrouvez aussi notre lexique LGBTQIA+. Sources consultées le 15 octobre 2026.

