Le misgendering, également appelé mégenrage en français, consiste à désigner une personne avec un genre, un pronom, un accord, un titre ou un terme qui ne correspond pas à ceux qu’elle utilise.
Il peut notamment s’agir :
- d’employer « il » pour une personne utilisant « elle » ;
- d’employer « elle » pour une personne utilisant « il » ;
- d’ignorer le pronom « iel » utilisé par une personne ;
- d’appeler une femme transgenre « monsieur » ;
- de présenter une personne non binaire comme un homme ou une femme contre son gré ;
- d’utiliser des accords genrés qui ne lui correspondent pas ;
- de la désigner comme un fils, une fille, un frère ou une sœur alors qu’elle emploie un autre terme.
Le mégenrage peut être accidentel. Une personne peut se tromper par habitude, par manque d’information ou parce qu’elle a supposé le genre d’un interlocuteur à partir de son apparence.
Il peut également être volontaire lorsqu’une personne refuse délibérément d’utiliser les pronoms ou les termes communiqués.
Toutes les erreurs n’ont donc pas la même intention. Elles peuvent néanmoins provoquer un malaise, nier une identité ou révéler une information privée dans un contexte où la personne ne souhaitait pas parler de son genre.
Pour replacer cette notion parmi les principales règles de respect, notre guide explique comment respecter les personnes LGBTQIA+ dans les conversations, la famille, le travail, les espaces publics et les échanges en ligne.
Que signifie le mot misgendering ?
Le terme misgendering vient de l’anglais.
Il est construit à partir de :
- gender, qui signifie « genre » ;
- to misgender, qui signifie attribuer incorrectement un genre à une personne ;
- misgendering, qui désigne l’action de mégenrer.
En français, le mot mégenrage est utilisé pour décrire le même comportement.
Le verbe correspondant est mégenrer.
On peut ainsi dire :
Cette personne a été mégenrée pendant la réunion.
ou :
Utiliser volontairement un mauvais pronom constitue une forme de misgendering.
Le terme ne concerne pas seulement les pronoms. Il englobe différentes manières d’attribuer à quelqu’un un genre qui ne correspond pas à celui qu’il utilise.
Misgendering ou mégenrage : quelle expression employer ?
Les deux termes désignent la même notion.
Misgendering est très utilisé :
- sur les réseaux sociaux ;
- dans les espaces communautaires ;
- dans les articles anglophones ;
- dans les discussions consacrées à la transidentité ;
- dans les recherches effectuées sur Internet.
Mégenrage est son équivalent français.
Il permet de former facilement plusieurs expressions :
- mégenrer une personne ;
- être mégenré ;
- un mégenrage accidentel ;
- un mégenrage volontaire ;
- une situation de mégenrage répétée.
Il n’est pas nécessaire de choisir définitivement entre les deux mots. Un article, une association ou une personne peut employer l’un ou l’autre.
La compréhension du comportement est plus importante que le terme sélectionné.
Qu’est-ce que le misgendering exactement ?
Le misgendering se produit lorsqu’une personne est désignée à travers un genre qui ne correspond pas aux mots qu’elle utilise pour parler d’elle-même.
Cela peut concerner :
- les pronoms ;
- les accords ;
- les titres de civilité ;
- les noms de métiers ;
- les termes familiaux ;
- les présentations ;
- les catégories homme ou femme ;
- les formulations administratives ;
- certains surnoms genrés.
Le mégenrage peut apparaître dans une phrase très courte :
Il viendra demain.
alors que la personne utilise « elle ».
Il peut aussi être intégré à une présentation plus générale :
Je vous présente Chloé, c’est un homme qui travaille dans notre équipe.
Dans cet exemple, le prénom peut être correctement utilisé, mais la personne est malgré tout mégenrée par la manière dont son genre est présenté.
Utiliser un mauvais pronom
L’utilisation d’un mauvais pronom est l’une des formes les plus connues de misgendering.
Cela peut consister à utiliser :
- « il » pour une personne utilisant « elle » ;
- « elle » pour une personne utilisant « il » ;
- « il » ou « elle » pour une personne utilisant « iel » ;
- « iel » pour une personne qui ne souhaite pas ce pronom ;
- un seul pronom pour une personne demandant une alternance ;
- un pronom différent de celui autorisé dans un contexte précis.
Par exemple :
Camille est arrivée. Il a apporté les documents.
Si Camille utilise « elle », le pronom « il » constitue un mégenrage.
À l’inverse :
Camille est arrivé. Elle a apporté les documents.
Le pronom « elle » est correct, mais l’accord « arrivé » peut rester inadapté selon les mots utilisés par Camille.
Le respect ne consiste donc pas uniquement à mémoriser un pronom isolé. Il faut également tenir compte de la manière dont la personne souhaite que les phrases soient accordées.
Employer un mauvais accord
Le français utilise de nombreux accords genrés.
Le mégenrage peut ainsi apparaître dans :
- les adjectifs ;
- les participes passés ;
- certains noms de métiers ;
- les titres ;
- les présentations ;
- les descriptions physiques ou sociales.
Exemples :
Elle est content de participer.
Il est arrivée hier.
Iel est inscrit comme candidate.
La manière de corriger dépend des accords utilisés par la personne.
Certaines personnes non binaires utilisent :
- des accords masculins ;
- des accords féminins ;
- une alternance ;
- des formulations neutres ;
- des formes inclusives ;
- des accords différents selon les mots.
Il ne faut pas présumer qu’une personne utilisant « iel » souhaite obligatoirement tous les accords neutres possibles.
Elle peut, par exemple, dire :
J’utilise « iel », mais je préfère les accords masculins.
Une autre peut utiliser « elle » et préférer certaines formulations neutres.
La solution la plus fiable reste de suivre ses indications.
Utiliser un mauvais titre de civilité
Le misgendering peut se produire sans aucun pronom.
Une personne peut être mégenrée lorsqu’elle est appelée :
- monsieur ;
- madame ;
- mademoiselle ;
- monsieur le directeur ;
- madame la présidente ;
- jeune homme ;
- jeune femme.
Par exemple, appeler une femme transgenre « monsieur » constitue un mégenrage, même si son prénom n’est jamais prononcé.
Les titres de civilité sont particulièrement présents dans :
- les courriers ;
- les formulaires ;
- les appels téléphoniques ;
- les salles d’attente ;
- les commerces ;
- les démarches administratives ;
- les établissements scolaires ;
- les relations professionnelles.
Lorsqu’un titre n’est pas nécessaire, il peut parfois être évité.
Au lieu de :
Bonjour monsieur.
il est possible de dire simplement :
Bonjour.
Au lieu de :
Madame Dupont est attendue à l’accueil.
il est possible d’utiliser :
Camille Dupont est attendue à l’accueil.
Cette solution limite les suppositions lorsqu’aucune information n’a été communiquée.
Employer un terme familial incorrect
Les termes familiaux peuvent également provoquer un mégenrage.
Il peut s’agir de présenter une personne comme :
- un fils alors qu’elle se décrit comme une fille ;
- une sœur alors qu’elle utilise « frère » ;
- une mère alors qu’elle préfère « parent » ;
- un mari alors qu’elle utilise « épouse » ;
- un neveu alors qu’elle préfère un terme neutre ;
- une tante alors qu’elle emploie un autre mot.
Certaines personnes non binaires utilisent des termes comme :
- parent ;
- adelphe ;
- partenaire ;
- enfant ;
- proche ;
- membre de la famille.
D’autres conservent des termes genrés.
Une personne non binaire peut, par exemple, utiliser « sœur » sans se définir comme une femme. Une autre peut employer « frère » et « iel ». Il ne faut pas chercher à imposer une cohérence extérieure.
Les mots choisis par la personne sont ceux qu’il convient d’utiliser.
Employer un mauvais terme professionnel
Les noms de métiers et de fonctions peuvent aussi être genrés.
Une personne peut souhaiter être appelée :
- directrice ;
- directeur ;
- responsable ;
- présidente ;
- président ;
- autrice ;
- auteur ;
- acteur ;
- actrice ;
- professionnel ;
- professionnelle.
Il faut éviter de corriger son propre vocabulaire contre sa volonté.
Une personne utilisant « elle » peut préférer « auteur ». Une personne utilisant « il » peut conserver un titre professionnel féminin. Une personne non binaire peut privilégier une formulation épicène comme « responsable », « membre de l’équipe » ou « personne chargée du projet ».
Le genre grammatical d’un métier ne permet pas toujours de déduire toute l’identité de la personne.
Présenter une personne comme un homme ou une femme contre son gré
Le misgendering peut également consister à attribuer directement une catégorie de genre incorrecte.
Exemples :
C’est un homme.
C’est une femme.
Notre groupe est composé de quatre filles et trois garçons.
Tous les employés masculins doivent se placer de ce côté.
Ces formulations peuvent exclure ou mégenrer une personne qui :
- est non binaire ;
- est agenre ;
- est genderfluid ;
- ne souhaite pas être catégorisée ;
- utilise une identité différente de celle supposée.
Lorsqu’une catégorisation n’est pas nécessaire, il est souvent possible de parler simplement :
- des participants ;
- des membres ;
- des élèves ;
- de l’équipe ;
- des personnes présentes ;
- des collègues.
Cette reformulation ne supprime pas les femmes et les hommes. Elle évite seulement d’imposer une catégorie lorsqu’elle n’apporte aucune information utile.
Le misgendering concerne-t-il uniquement les personnes transgenres ?
Non.
Toute personne peut être mégenrée.
Une femme cisgenre peut être appelée « monsieur » à cause de sa voix, de sa coiffure ou de ses vêtements. Un homme cisgenre peut être pris pour une femme. Une personne intersexe peut être catégorisée sans que son identité ait été demandée.
Cependant, les conséquences peuvent être particulières pour les personnes transgenres et non binaires.
Le mégenrage peut alors rappeler :
- le genre assigné à la naissance ;
- une identité imposée ;
- une période durant laquelle la personne n’était pas reconnue ;
- des refus familiaux ;
- des discriminations ;
- des difficultés administratives ;
- une transition qu’elle souhaitait garder privée.
Une personne régulièrement mégenrée peut aussi avoir l’impression que son identité restera continuellement soumise au jugement de son entourage.
Une personne transgenre est-elle toujours mégenrée lorsqu’on se trompe de pronom ?
Lorsqu’un pronom ne correspond pas à celui qu’elle utilise, il s’agit bien d’un mégenrage.
Cela ne signifie pas que chaque erreur possède automatiquement une intention hostile.
Une personne peut se tromper parce qu’elle :
- ignorait les pronoms ;
- a mal entendu une présentation ;
- a lu une ancienne information ;
- utilise une formulation par habitude ;
- a confondu plusieurs personnes ;
- s’est corrigée trop tard ;
- n’a pas encore mémorisé un changement récent.
La différence apparaît surtout dans la réaction.
Une personne respectueuse peut dire :
Il viendra… pardon, elle viendra demain.
Une personne refusant volontairement les pronoms peut déclarer :
Je sais qu’elle demande « elle », mais j’utiliserai toujours « il ».
La première situation relève d’une erreur corrigée. La seconde constitue un refus délibéré.
Les personnes non binaires utilisent-elles toutes « iel » ?
Non.
Une personne non binaire ne se reconnaît pas nécessairement exclusivement dans les catégories homme ou femme. Cela ne détermine toutefois pas automatiquement ses pronoms.
Une personne non binaire peut utiliser :
- iel ;
- il ;
- elle ;
- il et elle ;
- elle et iel ;
- il et iel ;
- plusieurs pronoms ;
- différents pronoms selon les jours ;
- uniquement son prénom ;
- une formulation neutre.
Par exemple :
Alex est non binaire et utilise « il ».
Sam est non binaire et utilise « elle ».
Charlie utilise « iel » et des accords neutres.
Lou accepte « elle » et « iel », avec une préférence pour « iel ».
Il ne faut donc pas penser :
Cette personne est non binaire, je dois obligatoirement utiliser « iel ».
Utiliser « iel » contre la volonté d’une personne peut également constituer un mégenrage.
Une personne utilisant « iel » est-elle forcément non binaire ?
Pas nécessairement.
Les pronoms ne fournissent pas toujours une définition complète de l’identité de genre.
Une personne peut utiliser « iel » parce qu’elle :
- est non binaire ;
- explore son genre ;
- préfère une formulation neutre ;
- utilise plusieurs pronoms ;
- ne souhaite pas communiquer une étiquette précise ;
- apprécie ce pronom sans vouloir expliquer son identité.
De la même manière, une personne utilisant « elle » n’est pas nécessairement une femme, et une personne utilisant « il » n’est pas nécessairement un homme.
Il faut éviter de transformer les pronoms en questionnaire destiné à déduire toute l’identité d’une personne.
Peut-on utiliser plusieurs pronoms ?
Oui.
Une personne peut indiquer :
- elle/iel ;
- il/iel ;
- il/elle ;
- elle/il/iel ;
- plusieurs pronoms sans préférence ;
- plusieurs pronoms avec une préférence.
Cette indication peut signifier différentes choses.
Une personne écrivant « elle/iel » peut souhaiter :
- que les deux soient alternés ;
- accepter les deux tout en préférant « elle » ;
- utiliser « elle » dans certains espaces et « iel » dans d’autres ;
- ne pas avoir de préférence particulière.
Il est possible de demander :
Souhaites-tu que j’alterne entre les deux pronoms ?
As-tu une préférence ?
Dois-je utiliser le même pronom dans tous les contextes ?
La réponse ne doit pas être supposée à partir de l’ordre affiché dans une biographie.
Les pronoms peuvent-ils changer ?
Oui.
Une personne peut modifier ses pronoms parce que :
- son identité évolue ;
- elle comprend mieux ses préférences ;
- elle essaie une nouvelle formulation ;
- elle se sent plus en sécurité ;
- elle commence une transition sociale ;
- elle souhaite employer des mots différents selon les contextes ;
- ses choix linguistiques changent.
Elle peut demander :
J’utilise désormais « elle ».
Je voudrais essayer « iel » avec mes amis.
Tu peux utiliser « il » au travail et « iel » dans notre groupe.
Il faut utiliser les indications actuelles sans exiger une promesse définitive.
Des phrases comme celles-ci sont à éviter :
- « Tu changes encore de pronoms ? »
- « Préviens-moi quand tu seras vraiment décidé » ;
- « Je n’apprendrai pas plusieurs fois » ;
- « Cela prouve que tu ne sais pas qui tu es ».
L’exploration ne rend pas les pronoms utilisés à un moment donné moins légitimes.
Les pronoms dépendent-ils de l’apparence ?

Non.
Une apparence ne permet pas de connaître avec certitude les pronoms d’une personne.
Il est impossible de les déterminer uniquement à partir :
- des vêtements ;
- de la coiffure ;
- de la voix ;
- du maquillage ;
- de la morphologie ;
- d’une barbe ;
- de la poitrine ;
- du prénom ;
- de la manière de marcher ;
- des activités pratiquées.
Une personne peut avoir une apparence considérée comme masculine et utiliser « elle ».
Une autre peut avoir une apparence considérée comme féminine et utiliser « il ».
Une personne androgyne peut employer uniquement « elle ». Une personne habillée de manière très conventionnelle peut utiliser « iel ».
L’expression de genre et les pronoms peuvent être liés, mais ils ne sont pas identiques.
Quelle différence entre identité de genre et expression de genre ?
L’identité de genre désigne la manière dont une personne se définit intérieurement.
Elle peut notamment se reconnaître comme :
- femme ;
- homme ;
- non binaire ;
- agenre ;
- genderfluid ;
- dans une autre identité.
L’expression de genre correspond à la manière dont elle se présente ou est perçue à travers :
- les vêtements ;
- la coiffure ;
- la voix ;
- les gestes ;
- le maquillage ;
- les accessoires ;
- les codes sociaux.
Une femme peut avoir une expression masculine. Un homme peut avoir une expression féminine. Une personne non binaire peut avoir une apparence très féminine ou très masculine.
Une expression de genre ne constitue pas une autorisation à attribuer une autre identité.
Le prénom permet-il de connaître les pronoms ?
Pas toujours.
Certains prénoms sont généralement perçus comme masculins ou féminins. D’autres sont mixtes, neutres ou utilisés différemment selon les pays.
Une personne peut également :
- conserver son prénom attribué à la naissance ;
- choisir un prénom associé à un autre genre ;
- utiliser un pseudonyme ;
- porter un prénom culturellement mal interprété ;
- ne pas souhaiter changer de prénom.
Il ne faut donc pas conclure automatiquement :
Cette personne s’appelle Marie, elle utilise forcément « elle ».
ou :
Cette personne s’appelle Lucas, elle utilise forcément « il ».
Le prénom peut fournir un indice dans certains contextes, mais il ne remplace pas l’information donnée par la personne.
La voix permet-elle de déterminer le genre ?
Non.
La voix peut varier selon :
- la physiologie ;
- l’âge ;
- la langue ;
- l’accent ;
- les habitudes ;
- une transition vocale ;
- un traitement hormonal ;
- une maladie ;
- un choix personnel.
Une femme transgenre peut avoir une voix grave. Un homme transgenre peut avoir une voix aiguë. Une personne non binaire peut ne pas chercher à modifier sa voix.
Une voix n’est pas une déclaration de genre.
Il faut donc éviter les remarques comme :
- « Tu as une voix d’homme » ;
- « Je pensais que tu étais une femme au téléphone » ;
- « Avec cette voix, il est normal que les gens se trompent » ;
- « Tu devrais travailler ta voix pour éviter les erreurs ».
La responsabilité de respecter les pronoms ne doit pas être déplacée sur l’apparence ou la voix de la personne.
Le misgendering peut-il concerner un groupe entier ?
Oui.
Un groupe peut être mégenré lorsqu’une formulation suppose que tous ses membres partagent le même genre.
Exemples :
Bonjour mesdames.
alors qu’une personne présente n’est pas une femme.
Les garçons, venez de ce côté.
alors qu’une personne du groupe ne se reconnaît pas comme un garçon.
Mesdames et messieurs.
alors que des personnes non binaires sont présentes.
Il est possible d’utiliser des formulations plus larges :
- bonjour à toutes et à tous ;
- bonjour à toutes les personnes présentes ;
- bienvenue ;
- bonjour tout le monde ;
- chers membres ;
- chers collègues ;
- bienvenue aux participantes et participants ;
- bonjour à l’équipe.
La formulation choisie dépend du contexte. L’objectif n’est pas d’interdire tous les termes genrés, mais d’éviter d’exclure des personnes déjà identifiées comme ne correspondant pas à la catégorie employée.
Les formulaires peuvent-ils mégenrer une personne ?
Oui.
Un formulaire peut imposer :
- monsieur ou madame ;
- homme ou femme ;
- père ou mère ;
- époux ou épouse ;
- un accord automatique ;
- un titre lié au sexe administratif.
Le problème apparaît particulièrement lorsque cette information n’est pas nécessaire au service proposé.
Une personne peut alors être obligée de choisir une option qui ne lui correspond pas afin de poursuivre son inscription.
Lorsque cela est possible, un formulaire peut prévoir :
- une civilité facultative ;
- une option neutre ;
- un champ libre ;
- l’absence de civilité ;
- une distinction entre sexe administratif et genre ;
- un champ consacré aux pronoms ;
- une formulation non genrée.
Il faut seulement demander les informations réellement nécessaires.
Les messages automatiques peuvent-ils provoquer un misgendering ?
Oui.
Un logiciel peut générer automatiquement :
- « Monsieur » ;
- « Madame » ;
- « cher client » ;
- « chère cliente » ;
- « il a effectué sa demande » ;
- « elle est inscrite ».
Ces erreurs peuvent être répétées dans :
- les courriels ;
- les factures ;
- les espaces personnels ;
- les notifications ;
- les badges ;
- les courriers ;
- les comptes clients.
Une erreur technique reste une erreur pour la personne qui la reçoit.
Les organisations peuvent réduire le problème en :
- permettant la modification du titre ;
- utilisant des messages neutres ;
- supprimant les civilités inutiles ;
- vérifiant les données importées ;
- distinguant les informations légales des informations d’affichage ;
- facilitant les corrections.
Le misgendering peut-il être involontaire ?
Oui.
Une personne peut mégenrer quelqu’un par :
- supposition ;
- habitude ;
- oubli ;
- distraction ;
- lecture d’un ancien document ;
- confusion ;
- manque d’information ;
- erreur automatique ;
- difficulté momentanée à modifier une formulation.
Une erreur involontaire ne signifie pas automatiquement que la personne rejette l’identité concernée.
Cependant, l’absence de volonté hostile ne suffit pas à rendre l’erreur sans conséquence.
La personne mégenrée peut malgré tout :
- se sentir gênée ;
- craindre d’avoir été exposée ;
- devoir corriger devant un groupe ;
- se demander si l’erreur se répétera ;
- ressentir un manque de reconnaissance.
L’auteur de l’erreur doit donc se corriger sans attendre de connaître exactement l’intensité de son impact.
Comment reconnaître un misgendering volontaire ?
Le comportement peut être volontaire lorsqu’une personne :
- connaît les pronoms demandés ;
- refuse explicitement de les utiliser ;
- répète l’erreur après plusieurs corrections ;
- insiste sur le genre assigné à la naissance ;
- se moque des pronoms ;
- utilise les mauvais accords pour provoquer ;
- encourage les autres à faire de même ;
- emploie des guillemets pour ridiculiser l’identité ;
- utilise un titre incorrect dans un but humiliant ;
- conditionne son respect à une transition administrative ou médicale.
Exemples :
Je sais qu’elle demande « elle », mais pour moi ce sera toujours « il ».
J’utiliserai « iel » quand ce mot existera vraiment.
Je ne vais pas modifier ma manière de parler pour une seule personne.
Sur ses papiers, c’est un homme, donc je dirai « monsieur ».
Ces phrases ne décrivent plus une difficulté ponctuelle. Elles expriment un refus de prendre en compte les mots communiqués.
Une ancienne habitude excuse-t-elle les erreurs répétées ?
Une habitude peut expliquer qu’une personne se trompe occasionnellement après un changement récent.
Elle ne doit pas devenir une excuse permanente.
Une personne peut travailler cette habitude en :
- répétant les bonnes formulations ;
- parlant correctement de la personne en son absence ;
- corrigeant immédiatement ses erreurs ;
- ralentissant avant de répondre ;
- associant le prénom actuel aux bons pronoms ;
- demandant à un proche de la corriger ;
- modifiant ses notes et ses contacts.
Dire continuellement :
C’est difficile pour moi.
peut donner l’impression que l’effort demandé est exceptionnel.
Le changement peut prendre du temps, mais il doit être visible dans le comportement.
Une personne doit-elle expliquer pourquoi elle utilise certains pronoms ?
Non.
Elle peut souhaiter parler :
- de son identité ;
- de son parcours ;
- de la manière dont elle a choisi ses pronoms ;
- de ce qu’ils lui apportent ;
- de ses préférences grammaticales.
Mais elle peut aussi se contenter de dire :
J’utilise « elle ».
Cette information suffit pour savoir comment parler d’elle.
Il n’est pas nécessaire de lui demander :
- si elle a commencé une transition ;
- si elle possède un diagnostic ;
- si ses documents sont modifiés ;
- si sa famille accepte ;
- si elle suit un traitement ;
- si elle utilisera toujours ces pronoms.
Le respect ne dépend pas de la quantité d’informations personnelles fournies.
Peut-on demander les pronoms d’une personne ?
Oui, lorsque la question est posée avec respect et sans l’exposer.
Une formulation simple peut être :
Quels pronoms utilises-tu ?
Comment souhaites-tu que je parle de toi ?
Quels accords préfères-tu ?
Il faut toutefois tenir compte du contexte.
Demander publiquement les pronoms d’une seule personne peut laisser entendre que son genre paraît inhabituel ou incertain.
Dans certains cas, il est préférable :
- de se présenter soi-même avec ses pronoms ;
- de poser la question en privé ;
- de proposer à chacun de les indiquer librement ;
- d’utiliser temporairement le prénom ;
- d’attendre qu’une information soit communiquée.
Faut-il annoncer ses pronoms obligatoirement ?
Non.
Proposer l’annonce des pronoms peut contribuer à normaliser la pratique. La rendre obligatoire peut toutefois mettre certaines personnes en difficulté.
Une personne peut :
- ne pas être out ;
- utiliser différents pronoms selon les contextes ;
- être en questionnement ;
- craindre une réaction ;
- ne pas souhaiter parler de son genre ;
- ne pas savoir quelle réponse donner ;
- préférer garder cette information privée.
Dans une réunion, une formulation plus souple peut être :
Vous pouvez indiquer vos pronoms si vous le souhaitez.
Cette possibilité permet aux personnes qui le désirent de les communiquer sans forcer les autres à se positionner publiquement.
Peut-on éviter les pronoms en cas de doute ?
Oui, temporairement.
Lorsque les pronoms sont inconnus et qu’il n’est pas possible de les demander immédiatement, on peut utiliser :
- le prénom ;
- « cette personne » ;
- « le membre de l’équipe » ;
- « notre collègue » ;
- une reformulation.
Par exemple, au lieu de dire :
Il ou elle viendra chercher son dossier.
on peut dire :
Camille viendra chercher son dossier.
Cette solution doit rester naturelle. Éviter continuellement tous les pronoms après qu’une personne les a communiqués peut donner l’impression que l’on refuse de les utiliser.
Les principes essentiels à retenir
Le misgendering, ou mégenrage, consiste à attribuer à une personne un genre, un pronom, un accord ou un titre qui ne correspond pas à ceux qu’elle utilise.
Il peut concerner :
- un mauvais pronom ;
- un accord incorrect ;
- une civilité inadaptée ;
- un terme familial ;
- un nom de métier ;
- une présentation erronée ;
- une catégorie imposée ;
- un message automatique.
Pour éviter les suppositions, il faut principalement :
- écouter les mots choisis par la personne ;
- ne pas déduire ses pronoms de son apparence ;
- ne pas supposer que toutes les personnes non binaires utilisent « iel » ;
- distinguer les pronoms de l’identité de genre ;
- permettre plusieurs pronoms ou accords ;
- poser les questions avec discrétion ;
- ne pas obliger quelqu’un à annoncer publiquement ses pronoms ;
- utiliser temporairement le prénom en cas de doute ;
- distinguer une maladresse d’un refus volontaire ;
- modifier les formulaires et messages inutilement genrés.
La partie suivante expliquera pourquoi le misgendering peut être blessant, provoquer une dysphorie ou un outing, et avoir des conséquences particulières dans la famille, à l’école, au travail, dans les services médicaux et sur Internet.
Pourquoi le misgendering peut-il être blessant ou dangereux ?
Le misgendering peut sembler être une simple erreur grammaticale pour la personne qui le commet. Pour la personne concernée, il peut cependant remettre en cause la manière dont elle souhaite être reconnue et provoquer un sentiment d’exposition.
Un mauvais pronom, un accord incorrect ou une civilité inadaptée peut donner l’impression que :
- son identité n’est pas prise au sérieux ;
- son apparence compte davantage que sa parole ;
- son genre doit être validé par les autres ;
- les informations qu’elle a communiquées sont ignorées ;
- elle devra se justifier à chaque nouvelle interaction ;
- son entourage refuse de modifier ses habitudes ;
- une information privée risque d’être révélée.
Les conséquences varient selon les personnes, la fréquence des erreurs et le contexte. Certaines ressentent principalement une gêne passagère. D’autres peuvent éprouver de la tristesse, de la colère, de l’anxiété, une dysphorie ou la peur d’être discriminées.
Une maladresse ponctuelle n’a pas la même intention qu’un mégenrage volontaire et répété. Elle peut néanmoins avoir un effet réel, notamment lorsqu’elle se produit devant un groupe ou dans un environnement où l’identité de la personne n’était pas connue.
Pourquoi un mauvais pronom peut-il faire du mal ?
Les pronoms sont utilisés quotidiennement pour parler d’une personne, y compris lorsqu’elle n’est pas présente.
Lorsqu’une personne indique qu’elle utilise « elle », « il », « iel » ou plusieurs pronoms, elle communique la manière dont elle souhaite être désignée. Employer continuellement une autre formulation peut lui donner le sentiment que cette demande reste considérée comme facultative.
Le mégenrage peut notamment laisser entendre :
Je décide de ton genre à partir de ce que je vois.
Je considère mes habitudes comme plus importantes que les mots que tu utilises.
Je ne reconnais pas ton identité tant qu’elle ne correspond pas à mes critères.
Même lorsque ces messages ne sont pas exprimés directement, ils peuvent être ressentis à travers la répétition des erreurs ou le refus de se corriger.
Le problème ne vient donc pas uniquement du mot « il », « elle » ou « iel ». Il vient aussi de la place accordée à la parole de la personne.
Le misgendering peut-il provoquer une dysphorie ?
Oui, chez certaines personnes transgenres ou non binaires.
La dysphorie de genre peut désigner un mal-être lié au décalage entre le genre d’une personne et certains éléments corporels, sociaux ou administratifs qui lui sont imposés.
Un mégenrage peut rappeler :
- le genre assigné à la naissance ;
- une période durant laquelle la personne devait cacher son identité ;
- des réactions familiales difficiles ;
- une ancienne présentation sociale ;
- des documents qui ne correspondent pas encore à son identité ;
- une apparence qu’elle souhaiterait modifier ;
- des expériences de rejet ou d’humiliation.
Par exemple, une femme transgenre peut ressentir une dysphorie lorsqu’elle est appelée « monsieur » dans une salle d’attente. Une personne non binaire peut se sentir effacée lorsqu’un groupe est systématiquement divisé entre « les hommes » et « les femmes ».
Toutes les personnes transgenres ou non binaires ne ressentent cependant pas la dysphorie de la même manière.
Certaines peuvent être fortement affectées par les pronoms. D’autres peuvent réagir davantage aux titres, aux accords, à leur prénom, à leur corps ou aux documents administratifs.
Il faut donc éviter de généraliser :
Toutes les personnes trans vivent chaque erreur comme un traumatisme.
Il est plus juste de reconnaître que le misgendering peut provoquer un mal-être important et de respecter les limites exprimées par chaque personne.
Le misgendering nie-t-il toujours l’identité ?
Pas nécessairement.
Une erreur ponctuelle peut provenir :
- d’une ancienne habitude ;
- d’une distraction ;
- d’un manque d’information ;
- d’une confusion ;
- d’une lecture automatique ;
- d’un pronom récemment modifié ;
- d’une difficulté momentanée à reformuler une phrase.
Une personne peut se tromper sans souhaiter nier l’identité de son interlocuteur.
La réaction après l’erreur permet souvent de distinguer une maladresse d’un refus volontaire.
Une personne ayant commis une erreur peut :
- se corriger immédiatement ;
- présenter une excuse courte ;
- employer ensuite le bon pronom ;
- s’entraîner en privé ;
- modifier ses habitudes ;
- accepter les rappels sans se mettre sur la défensive.
À l’inverse, une personne qui nie volontairement une identité peut :
- refuser de se corriger ;
- se moquer des pronoms ;
- utiliser les mauvais accords pour provoquer ;
- affirmer que le genre assigné à la naissance constitue la seule réalité ;
- conditionner son respect à une transition médicale ;
- encourager les autres à mégenrer la personne ;
- employer les bons pronoms uniquement en sa présence ;
- revenir volontairement aux anciens pronoms lorsqu’elle est absente.
Le contexte, la répétition et la réaction après une correction sont donc essentiels.
Misgendering accidentel et misgendering volontaire
Toutes les situations ne possèdent pas la même intention, mais chacune demande une réaction adaptée.
| Situation | Exemple | Réaction appropriée |
|---|---|---|
| Erreur ponctuelle | Un mauvais pronom est utilisé puis remarqué | Se corriger brièvement |
| Ancienne habitude | Un proche se trompe occasionnellement | S’entraîner et modifier ses automatismes |
| Supposition | Le genre est déduit de l’apparence | Demander ou employer une formulation neutre |
| Mauvaise information | Un collègue a reçu des pronoms obsolètes | Corriger discrètement l’information |
| Erreur informatique | Un courrier utilise automatiquement « monsieur » | Modifier les données ou le modèle |
| Erreur publique | Le mauvais titre est prononcé devant un groupe | Se corriger sans prolonger la scène |
| Refus volontaire | « J’utiliserai toujours il » | Poser une limite claire |
| Humiliation | Les mauvais pronoms sont répétés pour provoquer | Signaler le comportement |
| Divulgation | Un pronom révèle une transition inconnue | Prévenir la personne et protéger sa confidentialité |
Une personne ne contrôle pas toujours sa première erreur. Elle peut néanmoins contrôler sa réaction, ses efforts et la manière dont elle évite de la répéter.
L’intention suffit-elle à déterminer la gravité ?
Non.
L’intention permet de distinguer une erreur accidentelle d’une action volontairement hostile. Elle ne supprime pas nécessairement les conséquences.
Une personne peut dire :
Je ne voulais pas te mégenrer.
Cette phrase peut être sincère. Elle ne doit toutefois pas servir à nier le malaise de la personne concernée.
Une réaction plus responsable serait :
Je ne voulais pas te mégenrer. Désolé, je me corrige.
Il vaut mieux éviter :
- « Puisque ce n’était pas volontaire, ce n’est pas grave » ;
- « Tu sais bien que je te respecte » ;
- « Tu es trop sensible » ;
- « Ce sont seulement des mots » ;
- « Je n’ai pas fait exprès, tu n’as pas à être vexé » ;
- « Mon intention devrait compter davantage que ta réaction ».
L’intention explique éventuellement l’erreur. Elle ne dispense pas de la réparer.
Pourquoi les erreurs répétées peuvent-elles devenir épuisantes ?
Une correction occasionnelle peut sembler légère. Devoir corriger plusieurs personnes chaque jour peut devenir fatigant.
La personne mégenrée doit alors choisir entre :
- interrompre la conversation ;
- corriger devant tout le monde ;
- laisser passer l’erreur ;
- risquer qu’elle soit répétée ;
- expliquer ses pronoms ;
- répondre à des questions personnelles ;
- gérer la gêne de son interlocuteur ;
- quitter la situation.
Elle peut également devoir anticiper :
- les présentations ;
- les réunions ;
- les repas familiaux ;
- les appels téléphoniques ;
- les rendez-vous médicaux ;
- les cours ;
- les formulaires ;
- les communications automatiques.
Cette vigilance constante peut créer une fatigue émotionnelle.
Une personne peut commencer à se demander avant chaque interaction :
Vais-je encore devoir corriger quelqu’un ?
Est-ce que mes collègues utiliseront les bons pronoms en mon absence ?
Mes parents vont-ils révéler mon identité devant d’autres personnes ?
Le logiciel va-t-il afficher une mauvaise civilité ?
Le problème dépasse alors l’erreur isolée. Il devient une répétition qui rend certains espaces moins accueillants.
Pourquoi certaines personnes ne corrigent-elles pas le misgendering ?
Une personne peut ne pas réagir immédiatement pour de nombreuses raisons.
Elle peut :
- ne pas vouloir interrompre la conversation ;
- craindre une réaction hostile ;
- ne pas être out ;
- dépendre de la personne qui se trompe ;
- être fatiguée de corriger ;
- ne pas se sentir en sécurité ;
- préférer en parler en privé ;
- vouloir éviter d’attirer l’attention ;
- ne pas savoir si l’erreur était volontaire.
Elle peut également rire, sourire ou changer de sujet par gêne.
L’absence de correction ne signifie donc pas que le pronom employé était acceptable.
Il ne faut pas attendre qu’une personne exprime une souffrance visible pour respecter les mots qu’elle a communiqués.
Le misgendering peut-il provoquer un outing ?
Oui.
L’utilisation d’un pronom, d’un accord ou d’un titre peut révéler l’identité de genre d’une personne à des individus qui ne la connaissaient pas.
Par exemple, une personne est connue de sa famille sous un prénom et un genre assignés à la naissance. Elle utilise « elle » avec ses amis, mais n’a pas encore parlé de sa transition à ses parents.
Lors d’un appel téléphonique, un ami déclare :
Elle viendra nous rejoindre demain.
Ce pronom peut provoquer des questions et révéler une information que la personne ne souhaitait pas encore communiquer.
Dans cette situation, le pronom « elle » correspond bien à son identité. Son utilisation dans ce contexte précis peut néanmoins provoquer une divulgation non consentie.
Respecter une personne ne consiste donc pas toujours à utiliser automatiquement les mêmes pronoms partout. Il faut également tenir compte de ses indications concernant sa sécurité et sa vie privée.
Le bon pronom peut-il être dangereux dans certains contextes ?
Oui.
Une personne peut demander que différents pronoms soient utilisés selon les environnements.
Elle peut, par exemple, employer :
- « elle » avec ses amis ;
- « il » devant sa famille ;
- « iel » dans une association ;
- uniquement son prénom au travail ;
- plusieurs pronoms sur un compte anonyme.
Cette organisation peut sembler difficile à comprendre pour l’entourage, mais elle peut être nécessaire pour éviter :
- une réaction familiale ;
- une perte de logement ;
- une discrimination professionnelle ;
- du harcèlement ;
- des violences ;
- une divulgation publique.
Avant d’utiliser un pronom dans un nouveau contexte, il peut être utile de demander :
Quels pronoms dois-je utiliser devant ta famille ?
Tes collègues connaissent-ils tes pronoms ?
Comment souhaites-tu que je parle de toi pendant cette réunion ?
Puis-je utiliser « iel » sur cette publication publique ?
La confidentialité reste prioritaire.
Utiliser un ancien pronom provoque-t-il toujours un outing ?
Non.
Si toutes les personnes présentes connaissent déjà l’identité et les pronoms actuels, une erreur ne révèle pas nécessairement une nouvelle information.
Elle peut malgré tout être blessante ou irrespectueuse.
À l’inverse, une correction publique peut elle-même provoquer un outing si le groupe n’était pas informé.
Par exemple :
Non, n’utilise pas « il », cette personne est trans et utilise « elle ».
Cette correction révèle davantage d’informations que nécessaire.
Une formulation plus prudente peut être :
Petite correction : nous parlons d’elle.
Mais même cette correction peut être risquée si la personne avait demandé l’utilisation de « il » dans ce contexte.
Il faut donc connaître ses préférences avant d’intervenir publiquement.
Le misgendering peut-il compromettre le passing ?
Oui.
Dans le contexte transgenre, le passing peut notamment désigner le fait d’être perçu comme une personne cisgenre sans que son parcours soit identifié.
Une personne peut être connue sous son prénom et ses pronoms actuels sans avoir révélé sa transidentité.
L’utilisation soudaine d’un autre pronom peut attirer l’attention et provoquer :
- des questions ;
- des suppositions ;
- des rumeurs ;
- des recherches en ligne ;
- des commentaires sur son apparence ;
- un changement de comportement de l’entourage.
Le passing ne constitue toutefois pas une obligation.
Une personne n’a pas besoin d’être perçue comme cisgenre pour que ses pronoms soient respectés.
Elle ne doit pas être rendue responsable du mégenrage sous prétexte que :
- sa voix semble trop grave ou trop aiguë ;
- son apparence est considérée comme masculine ou féminine ;
- ses vêtements ne correspondent pas aux attentes ;
- elle n’a pas suivi de traitement hormonal ;
- elle ne souhaite pas modifier son corps ;
- son identité est connue publiquement.
Les pronoms doivent être respectés parce qu’ils ont été communiqués, pas parce que l’apparence de la personne semble convaincante.
Le misgendering dans la famille
La famille peut rencontrer des difficultés particulières lorsqu’une personne change de pronoms ou de termes familiaux.
Les erreurs peuvent apparaître :
- pendant les repas ;
- dans les groupes de discussion ;
- lors des appels ;
- devant la famille élargie ;
- dans les souvenirs d’enfance ;
- lors des présentations ;
- dans des mots comme fils, fille, frère ou sœur ;
- dans les albums et les vidéos ;
- dans les messages adressés aux grands-parents.
Une ancienne habitude peut expliquer certaines erreurs. Elle ne justifie pas un refus permanent.
Les proches peuvent faciliter l’adaptation en :
- utilisant les bons pronoms entre eux ;
- corrigeant leurs erreurs même en l’absence de la personne ;
- s’entraînant avant une réunion familiale ;
- demandant quels pronoms employer devant certains membres ;
- évitant les longues justifications ;
- ne laissant pas la personne concernée corriger tout le monde seule.
Comment parler des souvenirs familiaux ?
Il est généralement préférable d’utiliser les pronoms actuels pour raconter le passé.
Par exemple :
Léa adorait déjà dessiner lorsqu’elle était enfant.
Noé jouait au football avec son frère.
Il n’est pas nécessaire de préciser :
À cette époque, nous utilisions d’autres pronoms.
La personne peut cependant avoir des préférences différentes. Elle peut demander qu’un pronom particulier soit utilisé pour certains récits, dans un cadre familial ou dans un contexte où elle n’est pas out.
Il faut suivre ses indications.
Les termes familiaux doivent-ils toujours correspondre aux pronoms ?
Pas nécessairement.
Une personne peut utiliser « iel » et continuer à se présenter comme une sœur. Une autre peut employer « elle » tout en préférant le terme « parent ». Une personne non binaire peut accepter « fils » dans certains contextes et utiliser « enfant » dans d’autres.
Il faut éviter de déduire automatiquement :
- les termes familiaux à partir des pronoms ;
- les pronoms à partir d’un terme familial ;
- l’identité complète à partir de ces mots.
Une question simple peut être posée :
Quel terme souhaites-tu que nous utilisions dans la famille ?
Que faire lorsqu’un parent refuse les pronoms ?
Un parent peut présenter son refus comme :
- une difficulté émotionnelle ;
- une habitude ancienne ;
- une question de génération ;
- une conviction personnelle ;
- un désaccord avec la transition ;
- une peur de se tromper.
Ces raisons peuvent expliquer son ressenti, mais elles ne justifient pas un refus volontaire.
Un proche peut rappeler :
Elle utilise « elle » et nous devons respecter ce pronom.
Tu peux avoir besoin de temps, mais il faut te corriger lorsque tu te trompes.
Son identité n’est pas un débat familial.
Il est préférable de ne pas demander continuellement à la personne concernée de défendre elle-même son identité.
Le misgendering à l’école
À l’école, le mégenrage peut se produire pendant :
- l’appel ;
- les présentations ;
- les travaux de groupe ;
- les cours de sport ;
- les échanges avec les parents ;
- les bulletins ;
- les cérémonies ;
- les activités séparées par genre ;
- les communications numériques ;
- les discussions entre élèves.
Un enseignant peut utiliser le bon prénom tout en employant continuellement un mauvais pronom ou un mauvais accord.
Il peut également exposer l’élève en le corrigeant devant toute la classe sans connaître ses préférences.
Faut-il demander les pronoms d’un élève devant la classe ?
Pas nécessairement.
Demander publiquement les pronoms d’un seul élève peut attirer l’attention sur lui.
Il peut être préférable :
- de poser la question en privé ;
- de proposer à tous les élèves de les indiquer librement ;
- de ne pas rendre cette annonce obligatoire ;
- d’utiliser temporairement le prénom ;
- de laisser l’élève choisir ce qu’il souhaite communiquer.
Une personne peut être en questionnement ou ne pas être out auprès de ses camarades.
Elle ne doit pas être contrainte de choisir publiquement entre :
- annoncer ses pronoms ;
- accepter d’être mégenrée ;
- mentir pour se protéger.
L’établissement doit-il utiliser les mêmes pronoms avec la famille ?
Pas automatiquement.
Un élève peut utiliser certains pronoms dans son établissement et d’autres devant sa famille pour des raisons de sécurité.
Avant :
- un appel ;
- un rendez-vous avec les parents ;
- un courriel ;
- un bulletin ;
- une notification ;
- une réunion ;
il faut vérifier les indications de l’élève.
Une phrase comme :
Quels pronoms devons-nous utiliser lorsque nous parlons avec ta famille ?
peut éviter un outing.
L’établissement doit également être attentif aux informations enregistrées dans les logiciels, car un pronom ou un titre peut apparaître automatiquement dans les communications.
Le misgendering au travail

Dans un environnement professionnel, le mégenrage peut apparaître dans :
- les présentations ;
- les réunions ;
- les courriels ;
- les signatures ;
- les biographies internes ;
- les outils de visioconférence ;
- les badges ;
- les annuaires ;
- les échanges avec les clients ;
- les titres de fonction ;
- les documents automatiques.
Une personne peut devoir corriger plusieurs collègues, logiciels et prestataires.
Cette répétition peut donner l’impression que l’organisation soutient officiellement l’inclusion sans disposer de pratiques concrètes.
Comment annoncer un changement de pronoms au travail ?
La méthode doit être décidée avec la personne concernée.
Elle peut souhaiter :
- prévenir elle-même son équipe ;
- demander à un responsable d’envoyer un message ;
- modifier simplement sa signature ;
- en parler individuellement ;
- ne fournir aucune explication ;
- annoncer simultanément un changement de prénom ;
- limiter l’information à certaines personnes.
Un message peut rester très simple :
Camille utilise désormais le pronom « elle ». Merci d’employer ce pronom dans vos échanges et de mettre à jour vos informations.
Il n’est pas nécessaire d’expliquer :
- son parcours médical ;
- son ancien genre ;
- la date de sa transition ;
- les raisons de son choix ;
- sa situation administrative ;
- son ancien prénom.
Comment présenter une personne à un client ?
Il est important de vérifier les termes à utiliser dans les échanges externes.
Une personne peut être out dans son équipe, mais pas auprès de tous les clients.
Avant une présentation, on peut demander :
Quels pronoms dois-je utiliser avec ce client ?
Souhaites-tu que je précise tes pronoms ou que j’utilise simplement ton prénom ?
La personne peut préférer une formulation neutre :
Camille est responsable du projet.
Cette présentation évite les pronoms sans attirer l’attention.
Le misgendering dans les services médicaux
Les services médicaux utilisent fréquemment :
- monsieur ;
- madame ;
- homme ;
- femme ;
- père ;
- mère ;
- patient ;
- patiente.
Ces informations peuvent parfois être nécessaires sur le plan médical ou administratif. Elles ne doivent pas être confondues avec la manière dont la personne souhaite être appelée.
Un professionnel peut demander séparément :
- les informations nécessaires au dossier ;
- le prénom utilisé ;
- les pronoms ;
- les termes à employer pendant la consultation.
Cette distinction permet d’éviter que la personne soit mégenrée pendant toute la prise en charge.
Pourquoi une salle d’attente peut-elle être problématique ?
Une civilité incorrecte prononcée publiquement peut exposer la personne devant d’autres patients.
Par exemple :
Monsieur Camille Dupont est attendu.
alors que Camille utilise « madame » ou aucune civilité.
Le personnel peut utiliser :
- le prénom et le nom ;
- un numéro ;
- une formulation sans civilité ;
- le prénom utilisé indiqué dans le dossier.
Il faut également éviter de débattre publiquement avec la personne lorsqu’elle corrige une information.
Les besoins médicaux justifient-ils tous les termes genrés ?
Non.
Certaines informations liées au corps, aux organes, aux traitements ou aux antécédents peuvent être médicalement pertinentes.
Cela ne signifie pas que le professionnel doit attribuer automatiquement un genre ou utiliser une mauvaise civilité.
Il est possible de parler précisément :
- d’un organe ;
- d’un traitement ;
- d’un besoin médical ;
- d’un examen ;
- d’un risque particulier ;
sans nier l’identité de la personne.
La précision médicale et le respect des pronoms ne sont pas incompatibles.
Le misgendering dans les démarches administratives
Les formulaires et courriers administratifs utilisent souvent des catégories binaires.
Une personne peut recevoir automatiquement :
- « monsieur » ;
- « madame » ;
- « cher client » ;
- « chère cliente » ;
- « assuré » ;
- « assurée ».
Ces formulations peuvent être générées à partir :
- du sexe enregistré ;
- d’une ancienne civilité ;
- d’une base externe ;
- d’un compte non mis à jour ;
- d’un document d’identité.
Lorsqu’une civilité n’est pas juridiquement ou techniquement indispensable, elle peut être supprimée.
Les organismes peuvent également prévoir :
- un champ facultatif ;
- un nom d’affichage ;
- un prénom d’usage ;
- une préférence de communication ;
- des courriers non genrés.
Le misgendering sur Internet
En ligne, les erreurs peuvent rapidement devenir publiques et répétées.
Le mégenrage peut apparaître dans :
- les commentaires ;
- les biographies ;
- les titres d’articles ;
- les vidéos ;
- les captures d’écran ;
- les pseudonymes ;
- les messages privés ;
- les forums ;
- les communautés de jeu ;
- les publications de proches.
Une personne peut être correctement genrée dans ses propres contenus tout en étant volontairement mégenrée par des centaines de commentaires.
Le comportement peut alors devenir collectif et difficile à contrôler.
Lorsqu’un mégenrage s’accompagne de divulgations, de menaces ou d’attaques répétées, notre guide LGBTQIA+ de sécurité en ligne présente les précautions permettant de protéger ses comptes, conserver des preuves et limiter son exposition.
Peut-on corriger une personne publiquement sur les réseaux sociaux ?
Oui, lorsque les pronoms sont déjà publics et que la correction ne révèle rien de nouveau.
Une formulation courte peut suffire :
Camille utilise « elle ».
Il faut éviter :
- de raconter sa transition ;
- de publier son ancien prénom ;
- de partager des documents ;
- d’expliquer son corps ;
- de transformer la correction en conflit spectaculaire ;
- d’identifier davantage la personne.
Lorsque ses pronoms ne sont pas publics, il vaut mieux la contacter en privé ou lui demander comment elle souhaite gérer la situation.
Les biographies avec pronoms empêchent-elles toutes les erreurs ?
Non.
Une biographie peut indiquer :
- elle ;
- il ;
- iel ;
- elle/iel ;
- il/iel ;
- plusieurs pronoms.
Cette indication facilite le respect, mais elle ne garantit pas que tous les utilisateurs la liront ou la suivront.
Elle ne doit pas non plus devenir une obligation.
Une personne peut ne pas afficher ses pronoms parce qu’elle :
- ne souhaite pas parler de son genre ;
- utilise différents pronoms selon les espaces ;
- craint le harcèlement ;
- est en questionnement ;
- préfère répondre individuellement.
L’absence de pronoms dans une biographie n’autorise pas les autres à imposer une catégorie avec certitude.
Le misgendering peut-il devenir du harcèlement en ligne ?
Oui.
Le comportement peut prendre la forme de :
- réponses répétées avec un mauvais pronom ;
- campagnes coordonnées ;
- faux comptes ;
- montages humiliants ;
- hashtags ;
- commentaires visant à nier l’identité ;
- divulgation d’anciennes informations ;
- insultes ;
- menaces.
Une erreur isolée n’est pas comparable à une campagne organisée.
Lorsque le comportement se répète, il peut être utile de conserver :
- les captures d’écran ;
- les liens ;
- les dates ;
- les noms des comptes ;
- les messages ;
- les signalements envoyés ;
- les réponses des plateformes.
La personne concernée peut ensuite décider de bloquer les comptes, de signaler les contenus ou de demander une aide adaptée.
Quelles conséquences le misgendering peut-il avoir sur la vie sociale ?
Le mégenrage peut modifier la manière dont les autres perçoivent une personne.
Après un mauvais pronom ou une correction publique, certaines personnes peuvent :
- commencer à poser des questions ;
- discuter de son identité ;
- chercher d’anciennes informations ;
- modifier leur attitude ;
- utiliser à leur tour les mauvais pronoms ;
- commenter son apparence ;
- diffuser des rumeurs ;
- l’exclure de certains espaces.
Une erreur peut ainsi se propager.
La personne perd alors le contrôle sur :
- les personnes informées ;
- les explications données ;
- les mots utilisés ;
- la manière dont son genre est interprété ;
- le moment où elle aurait souhaité en parler.
Le misgendering peut-il affecter la confiance ?
Oui.
Une personne peut hésiter à se confier ou à participer lorsqu’elle constate que ses pronoms ne sont pas respectés.
Elle peut éviter :
- certaines réunions ;
- les repas familiaux ;
- les consultations ;
- les activités de groupe ;
- les conversations en ligne ;
- les prises de parole ;
- les démarches administratives.
Elle peut également perdre confiance envers une personne qui :
- promet de respecter ses pronoms mais ne fait aucun effort ;
- utilise les bons pronoms en sa présence et les mauvais en son absence ;
- révèle ses pronoms sans autorisation ;
- transforme chaque erreur en débat ;
- refuse les corrections.
Le respect régulier permet au contraire de montrer que les indications communiquées seront prises au sérieux.
Le misgendering peut-il affecter la santé mentale ?
Le mégenrage répété peut contribuer à :
- du stress ;
- de l’anxiété ;
- une fatigue émotionnelle ;
- une baisse de confiance ;
- un sentiment d’isolement ;
- l’évitement de certains espaces ;
- une impression de ne pas être reconnu.
Il faut rester prudent : une erreur de pronom ne provoque pas automatiquement un trouble psychologique, et toutes les personnes ne réagissent pas de la même manière.
Les effets dépendent notamment :
- de la fréquence ;
- du caractère volontaire ;
- du contexte ;
- de la relation avec l’auteur ;
- des autres discriminations subies ;
- du soutien disponible ;
- du risque d’outing.
Il n’est pas nécessaire d’attendre qu’une personne démontre une détresse importante pour respecter ses pronoms.
Le bon pronom peut-il avoir un effet positif ?
Oui.
Utiliser correctement les pronoms peut contribuer à montrer que la personne est :
- écoutée ;
- reconnue ;
- respectée ;
- en sécurité dans l’échange ;
- libre de ne pas se justifier ;
- considérée au-delà de son apparence.
Cette action ne règle pas toutes les discriminations. Elle constitue néanmoins un comportement quotidien concret et accessible.
Une personne n’a pas besoin d’être parfaite dans sa transition, d’avoir modifié ses documents ou de correspondre à une apparence particulière pour bénéficier de ce respect.
Faut-il demander si le misgendering fait souffrir ?
Il est possible d’en parler dans une relation de confiance, mais cette discussion n’est pas nécessaire pour commencer à utiliser les bons pronoms.
Il faut éviter :
Est-ce que cela te blesse vraiment autant ?
Pourquoi un simple mot a-t-il autant d’importance ?
Prouve-moi que cela a des conséquences.
Une formulation plus respectueuse peut être :
Y a-t-il des situations dans lesquelles je dois faire particulièrement attention ?
Souhaites-tu que je corrige les autres lorsque cela arrive ?
Quels pronoms dois-je utiliser selon les contextes ?
La personne peut répondre sans avoir à raconter toute son histoire ou sa dysphorie.
Comment savoir si une erreur a eu des conséquences ?
Une personne peut exprimer clairement son malaise, mais elle peut aussi rester silencieuse.
Il est possible qu’elle :
- corrige brièvement ;
- quitte la conversation ;
- envoie un message plus tard ;
- ne dise rien ;
- évite une nouvelle rencontre ;
- cesse de participer ;
- demande l’aide d’un tiers.
L’absence de réaction immédiate ne signifie pas que l’erreur était sans importance.
Lorsqu’un mégenrage a pu provoquer un outing, il est préférable de prévenir directement la personne concernée et de lui expliquer ce qui s’est passé.
Quelles sont les principales conséquences à retenir ?
Le misgendering peut :
- provoquer une gêne ou une dysphorie ;
- donner l’impression que l’identité n’est pas reconnue ;
- obliger une personne à se justifier ;
- créer une fatigue liée aux corrections répétées ;
- révéler une transidentité ou une non-binarité ;
- provoquer un outing ;
- compromettre la confidentialité ;
- attirer des questions intrusives ;
- faciliter le harcèlement ;
- affecter la confiance dans la famille, l’école ou le travail ;
- rendre les démarches médicales et administratives plus éprouvantes ;
- conduire une personne à éviter certains espaces.
Ces conséquences ne sont pas systématiques et leur intensité varie.
La règle la plus sûre reste d’écouter les pronoms communiqués, de vérifier leur utilisation selon les contextes et de ne pas déduire le genre d’une personne uniquement à partir de son apparence.
La partie suivante présentera les méthodes concrètes permettant de demander des pronoms sans exposer quelqu’un, de modifier une ancienne habitude, de corriger une erreur simplement et d’intervenir lorsqu’une autre personne refuse volontairement les pronoms indiqués.
Comment éviter le misgendering et corriger une erreur ?
Éviter le misgendering ne demande pas de connaître toute l’histoire personnelle d’une personne. Il suffit généralement d’écouter les pronoms, les accords et les termes qu’elle utilise, puis de les reprendre dans les échanges.
Lorsqu’une erreur survient, la réaction la plus utile reste souvent simple :
- se corriger ;
- présenter une excuse courte ;
- employer le bon pronom ou le bon accord ;
- poursuivre la conversation ;
- modifier ses habitudes pour éviter la répétition.
L’objectif n’est pas de transformer chaque maladresse en scène publique. Il consiste à reconnaître l’erreur sans demander à la personne mégenrée de rassurer son interlocuteur.
Comment connaître les pronoms d’une personne ?
Les pronoms à utiliser sont ceux que la personne communique.
Elle peut les indiquer :
- pendant une présentation ;
- dans sa signature électronique ;
- sur un badge ;
- dans une biographie ;
- sur un profil professionnel ;
- dans un groupe de discussion ;
- au cours d’une conversation privée.
Elle peut dire :
J’utilise « elle ».
Mes pronoms sont « il » et « iel ».
Tu peux utiliser « elle » ou « iel », mais je préfère « iel ».
Je préfère que tu utilises uniquement mon prénom dans ce contexte.
Il n’est pas nécessaire de vérifier si ces pronoms correspondent :
- à son apparence ;
- à son prénom ;
- à sa voix ;
- à ses documents ;
- à son état civil ;
- à un traitement médical ;
- aux attentes de sa famille ;
- à la manière dont elle était connue auparavant.
Lorsqu’un doute existe, une question simple peut suffire :
Quels pronoms utilises-tu ?
Comment souhaites-tu que je parle de toi ?
Quels accords préfères-tu ?
La question doit être posée avec discrétion lorsque son annonce publique risque d’exposer la personne.
Faut-il demander les pronoms à tout le monde ?
Demander les pronoms à l’ensemble d’un groupe peut éviter de désigner une seule personne comme différente.
Cependant, cette pratique ne doit pas nécessairement devenir obligatoire.
Une personne peut ne pas souhaiter annoncer ses pronoms parce qu’elle :
- n’est pas out ;
- est en questionnement ;
- utilise des pronoms différents selon les contextes ;
- craint une réaction ;
- préfère conserver cette information privée ;
- ne sait pas encore quelle formulation lui convient ;
- ne souhaite pas que son genre devienne un sujet de discussion.
Dans une réunion ou un atelier, il est possible de dire :
Vous pouvez indiquer vos pronoms pendant votre présentation si vous le souhaitez.
Cette formulation offre une possibilité sans imposer une réponse.
Il faut éviter :
Chacun doit obligatoirement annoncer ses pronoms.
Une obligation peut placer certaines personnes devant un choix difficile : révéler une identité, donner une réponse qui ne leur correspond pas ou refuser publiquement de participer.
Comment se présenter avec ses propres pronoms ?
Une personne peut normaliser cette pratique en indiquant ses pronoms sans exiger que tout le monde fasse de même.
Par exemple :
Bonjour, je m’appelle Camille et j’utilise « elle ».
Je suis Alex, mes pronoms sont « il » et « iel ».
Cette présentation peut montrer que les pronoms ne sont pas réservés aux personnes transgenres ou non binaires.
Une personne cisgenre peut également les indiquer dans :
- sa signature électronique ;
- sa biographie ;
- son profil professionnel ;
- un badge ;
- une présentation en ligne.
Cette démarche doit toutefois rester volontaire.
Afficher ses pronoms ne donne pas non plus le droit d’exiger des autres qu’ils expliquent leur identité.
Peut-on deviner les pronoms à partir de l’apparence ?
Non.
Les vêtements, la coiffure, le maquillage, la voix ou la morphologie ne permettent pas de connaître avec certitude les pronoms d’une personne.
Il est donc préférable d’éviter les raisonnements comme :
- cette personne porte une robe, elle utilise forcément « elle » ;
- cette personne a une barbe, elle utilise forcément « il » ;
- cette personne est androgyne, elle utilise sûrement « iel » ;
- son prénom semble féminin, ses pronoms sont évidents ;
- sa voix paraît masculine, je vais employer « il ».
Une apparence peut correspondre aux attentes sociales associées à un genre sans indiquer les mots choisis par la personne.
Lorsqu’il n’est pas possible de demander immédiatement, il est possible d’utiliser temporairement :
- son prénom ;
- « cette personne » ;
- « notre collègue » ;
- « le membre du groupe » ;
- une phrase sans pronom.
Par exemple :
Camille viendra chercher le dossier.
plutôt que :
Il ou elle viendra chercher le dossier.
Faut-il utiliser « iel » lorsque le genre est inconnu ?
Le pronom « iel » peut être utilisé dans certaines formulations neutres, mais il ne doit pas être imposé automatiquement à une personne précise.
Une personne peut :
- utiliser « elle » ;
- utiliser « il » ;
- utiliser « iel » ;
- utiliser plusieurs pronoms ;
- ne pas apprécier « iel ».
Lorsqu’on parle d’une personne dont les pronoms sont inconnus, il est souvent possible de reformuler avec son prénom ou un groupe nominal neutre.
L’objectif n’est pas de remplacer une supposition par une autre.
Il faut donc distinguer :
- l’utilisation générique d’un pronom neutre ;
- les pronoms personnels choisis par une personne identifiable.
Comment demander les pronoms sans mettre quelqu’un mal à l’aise ?
La question peut être posée simplement, sans demander d’explication supplémentaire.
Une formulation adaptée peut être :
Quels pronoms souhaites-tu que j’utilise ?
Comment préfères-tu que je parle de toi ?
Y a-t-il des accords que tu préfères ?
Il vaut mieux éviter :
- « Tu es quoi exactement ? »
- « Je n’arrive pas à savoir si tu es un homme ou une femme » ;
- « Quels sont tes vrais pronoms ? » ;
- « Tu utilises iel parce que tu es trans ? » ;
- « Qu’est-ce que tu étais avant ? » ;
- « Est-ce que tes pronoms correspondent à ton sexe ? ».
La personne peut répondre uniquement par un pronom. Elle n’a pas à raconter son parcours, son corps ou sa situation administrative.
Quand vaut-il mieux poser la question en privé ?
Une discussion privée est préférable lorsque :
- une seule personne semble concernée ;
- le groupe ne connaît pas son identité ;
- elle risque un outing ;
- le contexte paraît hostile ;
- elle a indiqué des pronoms différents ailleurs ;
- une information contradictoire circule ;
- la correction publique attirerait trop d’attention.
On peut attendre un moment calme et demander :
Je préfère vérifier pour ne pas me tromper. Quels pronoms souhaites-tu que j’utilise ici ?
Le mot « ici » est important lorsqu’une personne adapte ses pronoms selon les environnements.
Vérifier les pronoms selon le contexte
Une personne peut demander que différents pronoms soient utilisés selon :
- la famille ;
- l’école ;
- le travail ;
- les amis ;
- les réseaux sociaux ;
- un groupe associatif ;
- les démarches médicales ;
- les espaces publics.
Elle peut, par exemple, utiliser « elle » avec ses amis et demander « il » devant sa famille pour éviter une révélation.
Il peut être utile de demander :
Quels pronoms dois-je utiliser devant tes parents ?
Tes collègues connaissent-ils tes pronoms ?
Puis-je utiliser « iel » dans cette publication ?
Comment souhaites-tu être présenté pendant cette réunion ?
Cette situation ne signifie pas que les pronoms de la personne seraient incohérents. Elle peut simplement adapter les informations communiquées à son niveau de sécurité.
Comment utiliser le pronom « iel » ?
Le pronom « iel » est utilisé par certaines personnes non binaires, mais aussi par des personnes utilisant plusieurs pronoms ou préférant une formulation neutre.
Exemples :
Iel participera à la réunion.
Je lui ai envoyé le document.
Iel habite à Paris.
Cette place est réservée pour iel.
La difficulté apparaît souvent avec les accords.
Une personne peut préférer :
- les accords masculins ;
- les accords féminins ;
- des accords inclusifs ;
- des mots épicènes ;
- une alternance ;
- des formulations entièrement neutres.
Il est possible de demander :
Quels accords préfères-tu avec « iel » ?
Souhaites-tu que j’utilise « arrivé », « arrivée » ou une autre formulation ?
Il ne faut pas supposer que toutes les personnes utilisant « iel » choisissent les mêmes règles grammaticales.
Comment utiliser des formulations neutres ?
La langue française permet souvent d’éviter un accord difficile sans rendre la phrase incompréhensible.
Au lieu de :
Il est content ou elle est contente.
On peut écrire :
Cette personne semble satisfaite.
Au lieu de :
Il est arrivé ou elle est arrivée.
On peut dire :
La personne est arrivée.
Au lieu de :
Le candidat retenu ou la candidate retenue sera contacté ou contactée.
On peut écrire :
La personne retenue sera contactée.
Autres formulations utiles :
- membre de l’équipe ;
- responsable du projet ;
- personne inscrite ;
- personne participante ;
- collègue ;
- partenaire ;
- proche ;
- enfant ;
- parent.
Les reformulations neutres ne sont pas obligatoires dans chaque phrase. Elles peuvent être utiles lorsqu’un accord est inconnu ou lorsqu’un texte concerne un public diversifié.
Comment éviter de rendre la phrase artificielle ?
Une formulation inclusive doit rester compréhensible.
Il n’est pas toujours nécessaire de multiplier :
- les doubles accords ;
- les points médians ;
- les parenthèses ;
- les pronoms successifs ;
- les répétitions.
Une phrase simple peut souvent résoudre la difficulté.
Par exemple, au lieu de :
Le collaborateur ou la collaboratrice concerné ou concernée devra se présenter lui-même ou elle-même.
Il est possible d’écrire :
La personne concernée devra se présenter.
Cette méthode améliore souvent la lisibilité pour l’ensemble du public.
Comment gérer les accords avec plusieurs pronoms ?
Une personne utilisant plusieurs pronoms peut avoir des préférences différentes concernant les accords.
Elle peut demander :
- d’alterner les pronoms et les accords ;
- d’utiliser plusieurs pronoms avec un seul type d’accord ;
- d’employer un pronom précis dans chaque contexte ;
- d’utiliser principalement des mots neutres.
Par exemple, une personne utilisant « elle/iel » peut souhaiter :
Elle est arrivée. Iel est disponible.
Une autre peut préférer :
Elle est arrivé. Iel est disponible.
Il ne faut pas corriger automatiquement une formulation choisie par la personne sous prétexte qu’elle semble inhabituelle.
Comment réagir après avoir utilisé un mauvais pronom ?

Une correction rapide est généralement suffisante.
Par exemple :
Il viendra… pardon, elle viendra demain.
Elle a terminé… désolé, iel a terminé le dossier.
Monsieur Dupont… pardon, Camille Dupont est attendu à l’accueil.
La démarche peut suivre cinq étapes :
- constater l’erreur ;
- se corriger ;
- présenter une excuse courte ;
- poursuivre la conversation ;
- faire attention ensuite.
Il n’est pas nécessaire d’interrompre tout l’échange pour expliquer longuement la raison de l’erreur.
Faut-il s’excuser après chaque erreur ?
Une excuse courte peut être appropriée :
Désolé, je voulais dire « elle ».
Pardon, iel utilise « iel ».
Lorsque l’erreur est immédiatement corrigée et qu’elle n’a pas provoqué de conséquence particulière, il n’est généralement pas nécessaire d’ajouter davantage.
En revanche, si le mégenrage a :
- exposé la personne ;
- été répété plusieurs fois ;
- été publié ;
- provoqué un outing ;
- entraîné des moqueries ;
- été commis après de nombreux rappels ;
une discussion privée et une réparation plus complète peuvent être nécessaires.
Pourquoi éviter les excuses excessives ?
Une longue excuse peut obliger la personne mégenrée à rassurer celle qui s’est trompée.
Il vaut mieux éviter :
Je suis vraiment désolé, je suis une personne horrible. C’est tellement compliqué pour moi. J’essaie pourtant très fort. J’espère que tu ne penses pas que je suis transphobe.
Cette réaction recentre la situation sur :
- la culpabilité de l’auteur ;
- son besoin d’être pardonné ;
- son image ;
- ses difficultés personnelles.
Une excuse plus appropriée serait :
Désolé, je me corrige.
Le meilleur moyen de montrer son respect consiste ensuite à employer les bons pronoms.
Faut-il expliquer pourquoi l’erreur a été commise ?
Pas systématiquement.
Les explications suivantes peuvent être perçues comme des justifications :
- « Je t’ai toujours connu comme un homme » ;
- « Ton apparence me perturbe » ;
- « Tous ces nouveaux pronoms sont compliqués » ;
- « C’est difficile à mon âge » ;
- « Tu as encore une voix masculine » ;
- « Ton prénom ne correspond pas à tes pronoms » ;
- « Tu as changé récemment ».
Une habitude peut expliquer l’erreur. Elle ne doit pas déplacer la responsabilité sur la personne concernée.
Il est préférable de travailler cette habitude en privé.
Que faire lorsque la personne ne réagit pas ?
Une personne peut ne pas corriger parce qu’elle :
- ne veut pas interrompre ;
- est fatiguée ;
- craint un conflit ;
- ne se sent pas en sécurité ;
- préfère en parler plus tard ;
- ne souhaite pas attirer l’attention ;
- a décidé de laisser passer cette erreur.
L’absence de réaction ne signifie pas que le pronom était correct.
Si l’auteur remarque son erreur, il doit se corriger sans attendre une remarque.
Il n’est pas nécessaire de demander devant tout le monde :
Est-ce que je viens de te blesser ?
Cette question peut rendre la situation plus inconfortable.
Que faire lorsqu’on remarque son erreur plusieurs phrases plus tard ?
Il est encore possible de se corriger brièvement.
Par exemple :
Je viens de remarquer que j’ai utilisé « il » tout à l’heure. Désolé, je voulais dire « elle ».
Il n’est pas nécessaire de reprendre toute la conversation.
La correction montre que l’erreur a été identifiée et que le pronom correct sera utilisé ensuite.
Que faire lorsque le misgendering a été public ?
La correction doit rester claire sans prolonger inutilement la scène.
On peut dire :
Petite correction : elle utilise « elle ».
Pardon, je voulais dire « iel ».
Camille est responsable du projet.
Si l’erreur a pu révéler une identité, il faut prévenir la personne concernée en privé.
Une formulation possible est :
Je dois te prévenir que j’ai utilisé « elle » devant ta famille. Je me suis corrigé, mais je préfère te le signaler. Que souhaites-tu que je fasse ?
Cette démarche permet à la personne d’évaluer le risque et de choisir la suite.
Comment réparer un mégenrage écrit ?
Lorsqu’une erreur apparaît dans un texte, il faut la corriger dès que possible.
Cela peut concerner :
- un courriel ;
- une publication ;
- une biographie ;
- un article ;
- une légende ;
- un document interne ;
- un formulaire ;
- un message automatique ;
- un sous-titre.
Il peut être possible de :
- modifier le pronom ;
- corriger les accords ;
- remplacer la civilité ;
- mettre à jour le profil ;
- envoyer une version corrigée ;
- retirer une publication ;
- supprimer un commentaire ;
- limiter l’audience.
Si le contenu a déjà été largement diffusé, il faut prévenir la personne concernée et lui demander la manière dont elle souhaite que la correction soit présentée.
Il faut éviter de publier une longue explication détaillant son parcours sans autorisation.
Comment corriger une autre personne ?
Une correction courte est généralement préférable.
On peut dire :
Elle utilise « elle ».
Iel utilise « iel ».
Petite correction : nous parlons de lui.
Camille préfère le terme « parent ».
Merci d’utiliser les pronoms indiqués.
La correction doit porter sur le mot à utiliser, pas sur toute l’histoire de la personne.
Il faut éviter :
Elle est trans, donc tu dois dire « elle ».
Cette phrase peut révéler une information qui n’avait pas à être communiquée.
Une formulation plus discrète suffit :
Elle utilise « elle ».
Faut-il corriger quelqu’un en l’absence de la personne ?
Oui, lorsque les pronoms sont déjà connus dans ce contexte.
Corriger en son absence permet :
- d’aider les autres à prendre la bonne habitude ;
- d’éviter que l’erreur se répande ;
- de montrer que le respect ne dépend pas de sa présence ;
- de ne pas lui laisser toute la charge des corrections.
Par exemple :
Petite correction : Camille utilise « elle ».
Il faut cependant vérifier que le groupe est autorisé à connaître ces pronoms.
Lorsqu’une personne utilise un autre pronom dans ce contexte pour sa sécurité, la correction pourrait provoquer un outing.
Comment demander l’autorisation de corriger les autres ?
Une personne peut apprécier que ses proches interviennent à sa place. Une autre peut préférer corriger elle-même ou éviter toute attention.
Il est utile de demander :
Souhaites-tu que je corrige les autres lorsqu’ils se trompent ?
Préfères-tu que je le fasse publiquement ou en privé ?
Y a-t-il des contextes dans lesquels je ne dois pas intervenir ?
Cette discussion peut réduire les hésitations et respecter la stratégie choisie par la personne.
Comment corriger sans humilier l’auteur de l’erreur ?
L’objectif est d’améliorer la situation, pas nécessairement de provoquer un conflit.
Une correction peut rester factuelle :
Camille utilise « elle ».
Son pronom est « iel ».
Nous employons le terme « parent ».
Il vaut mieux éviter, dans le cas d’une erreur ponctuelle :
- de crier ;
- d’insulter ;
- de lancer une longue accusation ;
- d’attirer toute l’attention sur la personne concernée ;
- de supposer immédiatement une intention hostile.
Une réponse plus ferme peut devenir nécessaire lorsque l’erreur est volontaire ou répétée.
Comment réagir face à un refus volontaire ?
Lorsqu’une personne connaît les pronoms demandés et refuse explicitement de les utiliser, il ne s’agit plus d’une simple maladresse.
Une limite peut être posée :
Elle utilise « elle ». Merci de respecter ce pronom.
Tu n’as pas besoin de comprendre toute son identité pour utiliser les mots qu’elle demande.
Continuer volontairement à employer « il » est irrespectueux.
Ses pronoms ne sont pas un sujet de débat.
Dans un établissement, une entreprise ou une association, il peut être nécessaire de :
- rappeler le règlement ;
- signaler le comportement ;
- conserver les preuves ;
- demander l’intervention d’un responsable ;
- protéger la personne visée ;
- appliquer les mesures prévues contre le harcèlement.
Comment répondre à « je ne crois pas aux nouveaux pronoms » ?
Les pronoms ne demandent pas nécessairement une adhésion philosophique pour être utilisés.
Une réponse possible est :
Il n’est pas nécessaire de partager son expérience pour employer les mots qu’elle utilise.
Respecter un pronom ne signifie pas que tu dois tout comprendre immédiatement.
Nous utilisons déjà les noms et les titres demandés par les personnes dans de nombreux contextes.
Le débat ne doit pas être imposé à la personne concernée à chaque rencontre.
Comment répondre à « iel n’existe pas » ?
La langue évolue en fonction des usages.
Une personne peut ne pas être habituée à « iel » sans pour autant refuser de l’apprendre.
Une réponse simple peut être :
Ce pronom est utilisé par certaines personnes. Ici, c’est celui que Sam demande.
Tu peux avoir besoin de temps pour t’y habituer, mais tu peux faire l’effort de l’utiliser.
Il n’est pas nécessaire de transformer chaque correction en débat complet sur la linguistique.
Comment répondre à « c’est trop compliqué » ?
Une difficulté grammaticale peut être réelle, notamment avec certains accords.
Elle peut être résolue progressivement :
- utiliser le prénom ;
- choisir une phrase neutre ;
- répéter des exemples ;
- demander les accords préférés ;
- se corriger sans dramatiser.
Une réponse possible est :
Tu n’as pas besoin de tout maîtriser immédiatement. Commence par utiliser le bon pronom et corrige-toi lorsque tu te trompes.
La difficulté ne justifie pas l’absence totale d’effort.
Comment changer une ancienne habitude ?
Une personne peut s’entraîner sans demander à la personne concernée de devenir son professeur permanent.
Elle peut :
- répéter des phrases en privé ;
- associer le prénom actuel aux bons pronoms ;
- modifier ses contacts ;
- mettre à jour ses notes ;
- écrire une courte présentation ;
- pratiquer avant une réunion ;
- demander à un proche de la corriger ;
- ralentir avant de parler ;
- utiliser les pronoms correctement en l’absence de la personne.
Exercice possible :
Camille viendra demain. Elle apportera son dossier. Je travaillerai avec elle.
Pour une personne utilisant « iel » :
Sam viendra demain. Iel apportera son dossier. Je travaillerai avec iel.
La répétition permet de remplacer progressivement un ancien automatisme.
Pourquoi utiliser les bons pronoms en l’absence de la personne ?
Certaines personnes utilisent les bons pronoms devant la personne concernée, puis reviennent aux anciens lorsqu’elle n’est pas présente.
Cette pratique :
- empêche la création d’une nouvelle habitude ;
- encourage les autres à faire de même ;
- donne l’impression que les pronoms ne sont qu’une politesse temporaire ;
- augmente le risque d’une erreur future ;
- peut révéler un refus volontaire.
Employer les bons pronoms en permanence facilite leur mémorisation et montre que le respect ne dépend pas de la surveillance de la personne.
Comment parler du passé ?
Il est généralement préférable d’utiliser le prénom et les pronoms actuels, même pour raconter une période antérieure à une transition.
Par exemple :
Léa jouait au football lorsqu’elle était enfant.
Noé était dans ma classe au collège. Il dessinait déjà beaucoup.
Sam a commencé la musique quand iel avait huit ans.
Il n’est pas nécessaire de revenir aux anciens pronoms sous prétexte que la personne était autrefois perçue autrement.
La même logique s’applique au prénom : le prénom actuel doit généralement être utilisé pour parler du passé.
La personne peut toutefois donner d’autres indications. Ses préférences restent prioritaires.
Comment parler d’une période où la personne utilisait d’autres pronoms ?
Il est généralement possible d’utiliser les pronoms actuels sans expliquer l’évolution.
Par exemple :
À cette époque, elle travaillait déjà dans le cinéma.
Si l’évolution des pronoms possède une véritable importance dans un témoignage, un article ou une autobiographie, il faut vérifier ce que la personne souhaite voir mentionné.
Il faut éviter de transformer ses anciens pronoms en information sensationnelle.
Comment gérer les pronoms multiples ?
Lorsqu’une personne indique plusieurs pronoms, il faut demander ce que cette indication signifie pour elle.
Questions possibles :
Souhaites-tu que j’alterne entre « elle » et « iel » ?
As-tu un pronom préféré ?
Utilises-tu ces pronoms dans les mêmes contextes ?
Quels accords dois-je employer ?
Une personne peut accepter plusieurs pronoms mais constater que son entourage utilise toujours le plus conventionnel.
Par exemple, une personne indiquant « elle/iel » peut remarquer que tout le monde utilise uniquement « elle » pour éviter « iel ».
Lorsqu’elle demande une alternance, il faut essayer de la respecter.
Comment alterner les pronoms sans rendre le texte confus ?
Il est possible d’alterner entre les phrases ou les paragraphes.
Exemple :
Alex participera à la réunion. Iel présentera la première partie du projet. Elle répondra ensuite aux questions.
Il faut vérifier que le lecteur comprend qu’il s’agit de la même personne.
Dans un texte long, le prénom peut être répété afin de maintenir la clarté :
Alex participera à la réunion. Iel présentera le projet. Alex répondra ensuite aux questions.
L’alternance doit suivre les souhaits de la personne, pas une règle universelle.
Comment gérer un changement de pronoms ?
Lorsqu’une personne annonce de nouveaux pronoms, il faut utiliser les indications actuelles.
Elle peut dire :
J’utilise désormais « il ».
Je souhaite essayer « iel ».
Je préfère maintenant « elle/iel ».
Il faut éviter :
- de lui demander de garantir qu’elle ne changera plus ;
- de refuser tant que son choix n’est pas définitif ;
- de continuer les anciens pronoms par commodité ;
- d’annoncer publiquement ce changement sans son accord ;
- de rappeler constamment ce qu’elle utilisait auparavant.
Il est possible de demander :
Dans quels contextes souhaites-tu que j’utilise ces pronoms ?
Comment éviter les erreurs dans une présentation ?
Avant une réunion, une cérémonie ou une intervention publique, il est utile de vérifier :
- le prénom ;
- les pronoms ;
- le titre ;
- la fonction ;
- les accords ;
- les informations pouvant être rendues publiques.
Une courte fiche peut indiquer :
Camille Dupont — responsable du projet — pronoms : elle.
Cette fiche ne doit être accessible qu’aux personnes qui en ont besoin.
Il faut également vérifier :
- les diapositives ;
- le programme ;
- les badges ;
- la biographie ;
- les sous-titres ;
- les annonces audio ;
- les supports transmis à la presse.
Comment éviter le misgendering dans les courriels ?
Les courriels peuvent être rendus moins genrés.
Au lieu de :
Cher monsieur,
ou :
Chère madame,
il est possible d’écrire :
Bonjour Camille Dupont,
Bonjour,
Bonjour à toute l’équipe,
Les signatures peuvent indiquer les pronoms de manière volontaire :
Camille Dupont
Responsable du projet
Pronoms : elle
Les modèles automatiques doivent être vérifiés pour éviter :
- monsieur ou madame imposé ;
- cher client ou chère cliente ;
- des accords calculés à partir du sexe administratif ;
- une ancienne civilité importée.
Comment améliorer les formulaires ?
Un formulaire inclusif peut :
- rendre la civilité facultative ;
- permettre l’absence de titre ;
- proposer un champ libre ;
- séparer les données administratives du nom d’affichage ;
- demander les pronoms uniquement lorsque cela est utile ;
- permettre leur modification ;
- utiliser des phrases neutres ;
- expliquer pourquoi une information est demandée.
Il faut éviter de demander le genre lorsqu’il n’a aucun lien avec le service.
Par exemple, une inscription à une newsletter n’a généralement pas besoin de connaître le sexe ou la civilité de l’abonné.
Comment améliorer les outils professionnels ?
Une organisation peut vérifier :
- les annuaires ;
- les badges ;
- les outils de visioconférence ;
- les signatures ;
- les comptes clients ;
- les logiciels de ressources humaines ;
- les modèles de documents ;
- les outils de réservation ;
- les systèmes de paie ;
- les listes de diffusion.
Les informations administratives nécessaires peuvent être conservées dans un espace limité, tandis que le prénom, le titre et les pronoms utilisés peuvent apparaître dans les outils quotidiens.
Une réponse comme :
Le système ne permet pas de le modifier.
ne devrait pas mettre fin à la recherche d’une solution.
Il peut être possible de :
- modifier le nom d’affichage ;
- supprimer la civilité ;
- ajouter une note interne ;
- corriger les modèles ;
- créer une procédure manuelle ;
- demander une évolution au prestataire.
Comment éviter le misgendering dans les services médicaux ?
Le personnel peut demander séparément :
- le prénom utilisé ;
- les pronoms ;
- la civilité souhaitée ;
- les informations médicales nécessaires ;
- les données administratives obligatoires.
Une fiche peut prévoir :
Prénom utilisé : Camille
Pronoms : elle
Civilité : aucune
Le personnel doit éviter de prononcer une mauvaise civilité dans une salle d’attente.
Lorsqu’une information est inconnue, le prénom et le nom peuvent suffire :
Camille Dupont est attendu en salle 3.
Comment éviter le misgendering à l’école ?
L’établissement peut :
- demander discrètement les pronoms ;
- les noter dans les outils accessibles aux enseignants ;
- vérifier les préférences selon les contextes ;
- utiliser le bon pronom en classe ;
- éviter les corrections publiques non préparées ;
- contrôler les communications avec la famille ;
- mettre à jour les listes ;
- former le personnel ;
- réagir aux refus volontaires.
L’élève doit pouvoir préciser :
- les pronoms utilisés en classe ;
- ceux employés devant sa famille ;
- les personnes autorisées à connaître l’information ;
- la manière dont il souhaite être corrigé.
Comment éviter le misgendering lors d’un appel téléphonique ?
La voix ne permet pas de déterminer le genre.
Il est préférable de ne pas employer immédiatement « monsieur » ou « madame ».
On peut dire :
Bonjour, à qui ai-je l’honneur de parler ?
Bonjour Camille Dupont.
Comment puis-je vous aider ?
Lorsque la civilité est nécessaire, il est possible de demander :
Quelle civilité souhaitez-vous que nous utilisions ?
Il faut éviter de commenter la voix de la personne après une erreur.
Comment éviter le misgendering dans un groupe ?
Les animateurs peuvent utiliser des termes collectifs :
- bonjour tout le monde ;
- bienvenue ;
- les membres du groupe ;
- les personnes participantes ;
- l’équipe ;
- les élèves ;
- les collègues.
Ils peuvent proposer l’annonce volontaire des pronoms sans l’imposer.
Ils doivent également expliquer comment signaler une erreur ou un comportement volontairement irrespectueux.
Comment soutenir une personne régulièrement mégenrée ?
Un proche peut proposer :
- de corriger les autres ;
- de l’accompagner dans un signalement ;
- de vérifier les documents ;
- de contacter un responsable avec son accord ;
- de conserver les preuves ;
- de l’aider à préparer une communication ;
- de rester à ses côtés pendant une situation difficile.
Il faut demander :
Souhaites-tu que j’intervienne ?
Veux-tu que je corrige les autres ?
Préfères-tu gérer cette situation toi-même ?
Le soutien ne doit pas retirer à la personne le contrôle de sa réponse.
Faut-il féliciter quelqu’un pour avoir utilisé les bons pronoms ?
Utiliser les pronoms communiqués constitue une forme élémentaire de respect.
Il n’est donc pas nécessaire d’attendre :
- des félicitations ;
- une gratitude permanente ;
- une récompense ;
- que chaque erreur soit immédiatement pardonnée ;
- que la personne minimise ses difficultés.
Une personne peut être encouragée lorsqu’elle progresse, mais le respect ne doit pas être présenté comme une faveur exceptionnelle.
Que faire lorsque les erreurs continuent malgré les efforts ?
Il faut adopter une méthode plus active.
La personne peut :
- identifier les situations où elle se trompe ;
- s’entraîner avec des phrases ;
- modifier ses notes et ses contacts ;
- ralentir avant de parler ;
- demander à un proche de la corriger ;
- utiliser le prénom lorsque la phrase devient difficile ;
- préparer les présentations ;
- cesser les longues justifications ;
- reconnaître qu’un effort supplémentaire est nécessaire.
Elle peut dire en privé :
Je remarque que je continue à me tromper. Je suis désolé et je travaille sérieusement à modifier cette habitude.
Cette phrase doit être suivie d’un changement visible.
Que faire après avoir provoqué un outing par erreur ?
Lorsqu’un pronom ou une correction révèle une identité, il faut agir rapidement.
La personne responsable peut :
- prévenir la personne concernée ;
- préciser qui a entendu ou vu l’information ;
- expliquer ce qui a été dit ;
- supprimer les contenus lorsque cela est possible ;
- demander aux destinataires de ne pas diffuser l’information ;
- proposer une aide ;
- respecter la stratégie choisie.
Une formulation possible est :
J’ai utilisé « elle » devant ta famille alors que je devais employer « il ». Je me suis corrigé, mais ils ont peut-être remarqué. Je préfère te prévenir. Que souhaites-tu que je fasse ?
Il faut éviter :
- « Ce n’est sûrement pas grave » ;
- « Ils ne comprendront probablement pas » ;
- « Tu devrais maintenant leur expliquer » ;
- « Au moins, le sujet est lancé ».
La personne concernée doit conserver la maîtrise de la situation.
Les habitudes essentielles à adopter
Pour éviter le misgendering, il est utile de :
- écouter les pronoms communiqués ;
- demander avec discrétion ;
- ne pas déduire le genre de l’apparence ;
- vérifier les pronoms selon les contextes ;
- ne pas imposer l’annonce publique des pronoms ;
- utiliser temporairement le prénom en cas de doute ;
- apprendre les accords préférés ;
- employer des formulations neutres lorsque cela aide ;
- corriger simplement une erreur ;
- éviter les excuses excessives ;
- utiliser les bons pronoms en l’absence de la personne ;
- corriger les autres avec son accord ;
- respecter les changements de pronoms ;
- utiliser les pronoms actuels pour parler du passé ;
- adapter les formulaires et outils ;
- protéger la personne contre l’outing ;
- intervenir face aux refus volontaires.
Une erreur ponctuelle peut arriver. Elle devient moins importante lorsqu’elle est reconnue, corrigée et suivie d’un véritable effort.
La dernière partie expliquera plus précisément les différences entre le misgendering, le deadnaming, l’outing et le passing, puis répondra aux questions fréquentes concernant les personnes cisgenres, les pronoms multiples, les artistes drag, le harcèlement et l’utilisation des pronoms après le décès d’une personne.
Misgendering, deadnaming, outing et passing : quelles différences ?
Le misgendering est souvent associé à plusieurs notions liées au respect de l’identité et de la vie privée. Ces termes peuvent décrire une même situation, mais ils ne désignent pas exactement le même comportement.
Il faut principalement distinguer :
- le misgendering, qui concerne le genre, les pronoms, les accords ou les titres ;
- le deadnaming, qui concerne l’utilisation d’un ancien prénom ;
- l’outing, qui concerne la révélation d’une information LGBTQIA+ sans consentement ;
- le passing, qui concerne la manière dont une personne est perçue par les autres.
Une personne peut subir plusieurs de ces comportements simultanément. Il reste néanmoins utile de les différencier afin de comprendre l’erreur et d’y répondre correctement.
Quelle différence entre misgendering et deadnaming ?
Le misgendering, ou mégenrage, consiste à utiliser un genre, un pronom, un accord, une civilité ou un terme qui ne correspond pas à ceux employés par la personne.
Le deadnaming consiste à utiliser un ancien prénom qu’elle ne souhaite plus voir employé.
Les deux comportements sont fréquemment associés, mais ils peuvent se produire séparément.
| Situation | Deadnaming | Misgendering |
|---|---|---|
| Utiliser l’ancien prénom avec les bons pronoms | Oui | Non |
| Utiliser le prénom actuel avec un mauvais pronom | Non | Oui |
| Utiliser l’ancien prénom et un mauvais pronom | Oui | Oui |
| Utiliser correctement le prénom et les pronoms | Non | Non |
Par exemple, une personne utilise actuellement le prénom « Léa » et le pronom « elle ».
Dire :
Louis viendra demain. Elle apportera les documents.
constitue un deadnaming, mais le pronom est correct.
Dire :
Léa viendra demain. Il apportera les documents.
constitue un misgendering, mais pas un deadnaming.
Dire :
Louis viendra demain. Il apportera les documents.
réunit les deux comportements.
Pourquoi faut-il distinguer le prénom et les pronoms ?
Cette distinction permet d’effectuer une correction précise.
Lorsqu’une personne utilise l’ancien prénom, il est possible de dire :
Son prénom est Léa.
Lorsqu’elle utilise un mauvais pronom :
Elle utilise « elle ».
Lorsque les deux informations sont incorrectes :
Son prénom est Léa et elle utilise « elle ».
Il n’est pas nécessaire de raconter la transition, de préciser l’ancien prénom ou d’expliquer pourquoi ces mots ont changé.
La correction doit porter uniquement sur les informations utiles.
Utiliser le bon prénom suffit-il pour éviter le mégenrage ?
Non.
Une personne peut utiliser correctement le prénom tout en employant :
- un mauvais pronom ;
- une mauvaise civilité ;
- un titre inadapté ;
- un terme familial incorrect ;
- des accords qui ne correspondent pas aux préférences communiquées.
Par exemple :
Camille est notre nouveau directeur. Elle dirigera le projet.
Si Camille utilise « elle » et le titre « directrice », le pronom est correct, mais le nom de fonction produit encore un mégenrage.
Le respect doit donc porter sur l’ensemble de la manière dont la personne est désignée.
Quelle différence entre misgendering et outing ?
Le misgendering concerne l’attribution incorrecte d’un genre.
L’outing concerne la révélation, sans consentement, d’une orientation sexuelle, d’une identité de genre, d’un parcours de transition ou d’une autre information LGBTQIA+.
Un misgendering peut provoquer un outing lorsqu’il révèle qu’une personne utilise d’autres pronoms dans certains contextes.
Par exemple, Alex utilise « elle » avec ses amis, mais « il » dans son environnement professionnel parce que sa transition n’y est pas connue.
Lorsqu’un ami dit devant ses collègues :
Elle m’a parlé de ce projet hier.
le pronom correspond à l’identité d’Alex, mais son utilisation dans ce contexte peut révéler une information qu’elle souhaitait garder privée.
L’erreur ne consiste donc pas nécessairement à avoir utilisé un pronom incorrect. Elle consiste à ne pas avoir respecté les indications liées au contexte.
Le bon pronom peut-il provoquer un outing ?
Oui.
Une personne peut demander que différents pronoms soient utilisés selon :
- sa famille ;
- son travail ;
- son établissement ;
- ses amis ;
- ses comptes en ligne ;
- un espace associatif ;
- un environnement où elle ne se sent pas en sécurité.
Employer le pronom correspondant à son identité dans un lieu où celui-ci n’est pas connu peut révéler :
- une transidentité ;
- une non-binarité ;
- une transition sociale ;
- une exploration du genre ;
- un changement que la personne n’a pas encore annoncé.
Il faut donc demander :
Quels pronoms dois-je utiliser ici ?
plutôt que de supposer qu’une même règle s’applique partout.
Peut-on provoquer un outing en corrigeant quelqu’un ?
Oui.
Une correction mal préparée peut révéler davantage d’informations que l’erreur initiale.
Il faut éviter :
Ne dis pas « il », cette personne est trans et utilise « elle ».
Cette phrase communique directement une transidentité qui n’était peut-être pas connue.
Une correction plus discrète serait :
Petite correction : elle utilise « elle ».
Cependant, même cette formulation peut être risquée si la personne a demandé l’utilisation d’un autre pronom dans ce contexte.
Avant d’intervenir régulièrement, il peut être utile de lui demander :
Souhaites-tu que je corrige les autres lorsque cela arrive ?
Dans quels groupes puis-je utiliser tes pronoms actuels ?
Quelle différence entre misgendering et passing ?
Le passing désigne notamment le fait qu’une personne soit perçue comme appartenant à une catégorie attendue, sans que certains éléments de son identité ou de son parcours soient identifiés.
Dans le contexte transgenre, une personne peut être perçue comme une femme ou un homme cisgenre sans que son entourage connaisse sa transidentité.
Le misgendering peut compromettre cette confidentialité.
Une personne connue par tous comme une femme peut être appelée « monsieur » par quelqu’un connaissant son passé. Cette erreur peut attirer l’attention et provoquer :
- des questions ;
- des suppositions ;
- des commentaires sur son apparence ;
- des recherches en ligne ;
- des rumeurs ;
- une modification du comportement de son entourage.
Le passing ne constitue toutefois ni une obligation ni une condition pour obtenir le respect.
Faut-il « passer » pour mériter les bons pronoms ?
Non.
Une personne ne doit pas avoir à correspondre aux attentes physiques associées à un genre pour que ses pronoms soient respectés.
Il faut éviter des raisonnements comme :
- « Elle ressemble encore trop à un homme » ;
- « Avec cette voix, les erreurs sont normales » ;
- « Il ne fait aucun effort pour paraître masculin » ;
- « Cette personne ne semble pas non binaire » ;
- « Elle devrait changer de vêtements pour éviter les confusions ».
Les pronoms sont déterminés par les indications de la personne, pas par :
- sa voix ;
- son corps ;
- sa coiffure ;
- ses vêtements ;
- la présence ou l’absence de traitement hormonal ;
- une opération ;
- une modification administrative ;
- le regard des autres.
Une personne ouvertement transgenre peut également refuser le misgendering. La confidentialité n’est pas le seul enjeu : la reconnaissance de son identité reste importante.
Quelle différence entre pronoms et identité de genre ?
Les pronoms et l’identité de genre peuvent être liés, mais ils ne sont pas strictement équivalents.
Une personne utilisant « elle » peut être :
- une femme ;
- non binaire ;
- genderfluid ;
- agenre ;
- en questionnement ;
- dans une autre situation qu’elle ne souhaite pas expliquer.
Une personne utilisant « il » n’est pas nécessairement un homme.
Une personne utilisant « iel » n’est pas obligatoirement non binaire.
Les pronoms indiquent principalement la manière dont une personne souhaite être désignée. Ils ne permettent pas toujours de connaître toute son identité.
Il faut donc éviter les questions automatiques comme :
Tu utilises « iel », donc tu es quoi exactement ?
La personne peut communiquer ses pronoms sans fournir une étiquette supplémentaire.
Quelle différence entre genre et expression de genre ?
L’identité de genre correspond à la manière dont une personne se définit.
L’expression de genre correspond à la manière dont elle se présente à travers :
- ses vêtements ;
- sa coiffure ;
- sa voix ;
- son maquillage ;
- ses gestes ;
- ses accessoires ;
- certains codes sociaux.
Une femme peut avoir une expression masculine et utiliser « elle ».
Un homme peut avoir une expression féminine et utiliser « il ».
Une personne non binaire peut avoir une apparence considérée comme très féminine et utiliser « iel », « elle » ou plusieurs pronoms.
Déduire les pronoms uniquement à partir de l’expression de genre augmente le risque de mégenrage.
Une personne cisgenre peut-elle être mégenrée ?
Oui.
Une personne cisgenre peut être désignée par un mauvais pronom ou une mauvaise civilité en raison de :
- sa coiffure ;
- ses vêtements ;
- sa voix ;
- son prénom ;
- son apparence ;
- une erreur administrative ;
- une confusion avec quelqu’un d’autre.
Une femme cisgenre peut être appelée « monsieur ». Un homme cisgenre peut être désigné par « elle ».
Le comportement correspond bien à un mégenrage.
Cependant, les conséquences sociales peuvent être différentes pour une personne transgenre ou non binaire régulièrement confrontée à la remise en question de son identité.
Chez cette dernière, l’erreur peut également :
- rappeler le genre assigné à la naissance ;
- révéler une transition ;
- provoquer une dysphorie ;
- favoriser une discrimination ;
- s’inscrire dans une série de refus volontaires.
Reconnaître cette différence ne signifie pas que le mégenrage d’une personne cisgenre est acceptable.
Le misgendering est-il toujours transphobe ?
Une erreur ponctuelle ne suffit pas nécessairement à démontrer une intention transphobe.
Une personne peut se tromper par :
- habitude ;
- distraction ;
- manque d’information ;
- mauvaise lecture ;
- confusion ;
- difficulté momentanée à reformuler.
Elle peut ensuite se corriger et faire un effort réel.
Le comportement devient davantage révélateur d’un rejet lorsque la personne :
- refuse explicitement les pronoms ;
- continue après plusieurs corrections ;
- affirme que l’identité n’est pas réelle ;
- utilise les mauvais pronoms pour provoquer ;
- les emploie uniquement en l’absence de la personne ;
- conditionne son respect à une opération ;
- se moque de « iel » ou des accords choisis ;
- encourage d’autres personnes à faire de même.
Il faut donc tenir compte :
- de la répétition ;
- de l’intention ;
- du contexte ;
- de la réaction après correction ;
- des conséquences ;
- des efforts réellement accomplis.
Une personne peut-elle être respectueuse tout en commettant des erreurs ?
Oui.
Une personne peut soutenir sincèrement un proche et se tromper occasionnellement, notamment lorsqu’un changement de pronoms est récent.
La différence tient à son comportement après l’erreur.
Elle peut :
- se corriger ;
- accepter les rappels ;
- s’entraîner ;
- utiliser les bons pronoms en l’absence de la personne ;
- éviter les justifications ;
- réduire progressivement les erreurs.
Se définir comme respectueux ne rend pas chaque parole automatiquement correcte.
À l’inverse, commettre une maladresse ne transforme pas nécessairement quelqu’un en personne définitivement hostile.
Le respect se mesure surtout à la capacité d’écouter, de corriger et d’évoluer.
Le misgendering peut-il devenir du harcèlement ?
Oui, lorsqu’il est répété, volontaire et utilisé pour humilier ou isoler une personne.
Le comportement peut notamment prendre la forme de :
- mauvais pronoms employés après de nombreux rappels ;
- messages destinés à provoquer ;
- corrections volontaires de documents avec une mauvaise civilité ;
- commentaires répétés sur les réseaux sociaux ;
- encouragements adressés à un groupe ;
- plaisanteries ;
- caricatures ;
- refus collectif d’utiliser les pronoms ;
- insultes ou menaces associées.
Une erreur isolée n’est pas comparable à une campagne organisée.
Lorsque le comportement se répète, il peut être utile de conserver :
- les courriels ;
- les messages ;
- les captures d’écran ;
- les dates ;
- les publications ;
- les noms des témoins ;
- les signalements déjà effectués ;
- les réponses reçues.
La personne concernée peut ensuite décider de demander l’intervention d’un responsable, d’une plateforme, d’une association ou d’un professionnel compétent.
Le misgendering est-il interdit par la loi ?
Le misgendering ne correspond pas nécessairement à une infraction autonome possédant une définition identique dans toutes les situations.
La qualification dépend du contexte.
Un comportement répété ou malveillant peut éventuellement s’inscrire dans une situation plus large comprenant :
- du harcèlement ;
- une discrimination ;
- des insultes ;
- une atteinte à la vie privée ;
- des menaces ;
- une divulgation d’informations personnelles ;
- un environnement professionnel hostile.
Une erreur ponctuelle immédiatement corrigée n’a pas la même portée qu’un comportement volontaire poursuivi pendant plusieurs mois.
Lorsqu’une situation possède des conséquences importantes, il est préférable d’obtenir un conseil adapté plutôt que de conclure uniquement à partir du terme misgendering.
Peut-on utiliser des pronoms différents selon les contextes ?
Oui.
Une personne peut demander :
- « elle » avec ses amis ;
- « il » devant sa famille ;
- « iel » en ligne ;
- son prénom uniquement au travail ;
- plusieurs pronoms dans une association ;
- un pronom différent dans un environnement dangereux.
Cette organisation peut répondre à :
- une question de sécurité ;
- une transition progressive ;
- un risque de rejet ;
- une préférence personnelle ;
- un besoin de tester un pronom ;
- une séparation entre plusieurs espaces sociaux.
Il ne faut pas lui reprocher une contradiction.
La bonne question est :
Quels mots souhaites-tu que j’utilise dans cette situation ?
Les pronoms indiquent-ils toujours le sexe administratif ?
Non.
Le sexe ou le genre enregistré dans certains documents ne détermine pas automatiquement les pronoms utilisés dans la vie quotidienne.
Une personne peut posséder des papiers indiquant une information différente de :
- son identité ;
- ses pronoms ;
- sa civilité ;
- son prénom d’usage ;
- la manière dont elle souhaite être présentée.
Une administration ou une entreprise peut avoir besoin de certaines données pour une formalité précise. Cela ne signifie pas que ces informations doivent être utilisées dans toutes les conversations et tous les documents visibles.
Peut-on utiliser « iel » pour toutes les personnes dont on ignore les pronoms ?
Il vaut mieux éviter de l’attribuer automatiquement à une personne identifiable.
« Iel » peut être utilisé comme formulation neutre dans certains contextes, mais il constitue aussi le pronom personnel de certaines personnes.
Une personne inconnue peut utiliser « elle », « il », « iel » ou plusieurs pronoms.
En cas de doute, il est souvent possible d’utiliser :
- son prénom ;
- « cette personne » ;
- sa fonction ;
- une phrase sans pronom.
Attribuer systématiquement « iel » à une personne perçue comme androgyne peut également reposer sur une supposition.
Les personnes non binaires doivent-elles utiliser une grammaire neutre ?
Non.
Une personne non binaire peut utiliser :
- des accords masculins ;
- des accords féminins ;
- des accords neutres ;
- une alternance ;
- différents accords selon les mots ;
- des formulations épicènes.
Elle peut également employer « il » ou « elle ».
Il n’existe pas une grammaire unique obligatoire pour toutes les personnes non binaires.
Il faut demander :
Quels accords préfères-tu ?
plutôt que d’appliquer automatiquement une règle.
Une personne peut-elle refuser d’indiquer ses pronoms ?
Oui.
Les pronoms sont généralement utiles pour savoir comment parler d’une personne, mais leur annonce ne doit pas être imposée publiquement.
Une personne peut refuser parce qu’elle :
- est en questionnement ;
- n’est pas out ;
- craint une réaction ;
- utilise plusieurs pronoms selon les contextes ;
- ne souhaite pas parler de son genre ;
- préfère que son prénom soit employé ;
- ne se sent pas en sécurité.
Il est possible de respecter ce refus en utilisant temporairement son prénom ou des formulations neutres.
Peut-on demander pourquoi une personne utilise certains pronoms ?
La question peut être posée dans une relation de confiance, mais la personne doit pouvoir ne pas répondre.
Il vaut mieux éviter une formulation accusatrice :
Pourquoi utilises-tu ce pronom alors que tu ne lui ressembles pas ?
Une question plus ouverte serait :
Souhaites-tu m’expliquer comment tu préfères que je parle de toi ?
La personne n’a pas à fournir :
- une justification médicale ;
- un diagnostic ;
- des informations sur son corps ;
- une histoire familiale ;
- une date de transition ;
- une preuve administrative.
L’indication du pronom suffit.
Peut-on changer plusieurs fois de pronoms ?
Oui.
Une personne peut essayer un pronom, en utiliser plusieurs puis modifier ses préférences.
Elle peut être :
- en exploration ;
- dans une transition progressive ;
- plus à l’aise dans un nouvel environnement ;
- en train de découvrir un vocabulaire ;
- confrontée à des changements dans son identité.
Il faut utiliser les pronoms communiqués actuellement.
Il vaut mieux éviter :
- « Tu changes encore ? »
- « Je ne ferai aucun effort tant que tu ne seras pas certain » ;
- « Choisis une fois pour toutes » ;
- « Cela prouve que ce n’est pas sérieux ».
Le fait qu’un pronom puisse changer plus tard ne le rend pas inutile aujourd’hui.
Faut-il alterner lorsque plusieurs pronoms sont indiqués ?
Cela dépend de la personne.
L’indication « elle/iel » peut signifier :
- que les deux pronoms sont acceptés ;
- qu’une alternance est souhaitée ;
- que « elle » est préféré ;
- que « iel » est préféré ;
- que chaque pronom correspond à un contexte différent.
Il faut demander :
Souhaites-tu que j’alterne ?
As-tu une préférence entre les deux ?
Les utilises-tu dans les mêmes espaces ?
Il faut également éviter de choisir systématiquement le pronom le plus habituel par facilité lorsque la personne demande une véritable alternance.
Comment parler d’une personne drag ?
Une drag queen ou un drag king interprète généralement un personnage artistique. Les pronoms utilisés sur scène peuvent différer de ceux employés en dehors de la performance.
Une drag queen peut utiliser « elle » pour son personnage et « il » dans sa vie quotidienne. Une autre peut utiliser « elle » dans tous les contextes. Un drag king peut employer « il » pendant ses performances et « elle » en dehors de la scène.
Il ne faut pas déduire automatiquement :
- l’identité de genre de l’artiste ;
- ses pronoms personnels ;
- son orientation sexuelle ;
- son rapport à la transidentité.
Le plus simple consiste à suivre les informations communiquées par l’artiste ou à demander avec respect.
Une personne transgenre peut-elle faire du drag ?
Oui.
Le drag est une pratique artistique et ne détermine pas à lui seul l’identité de genre.
Une femme transgenre peut être drag queen, drag king ou interpréter un autre personnage. Un homme transgenre peut également pratiquer différentes formes de drag.
Il faut distinguer :
- l’identité personnelle ;
- le personnage de scène ;
- les pronoms utilisés pendant la performance ;
- les pronoms utilisés en dehors.
Comment parler d’une personnalité publique ayant changé de pronoms ?
Il faut généralement employer les pronoms actuels dans :
- les articles ;
- les biographies ;
- les présentations ;
- les rétrospectives ;
- les légendes ;
- les publications sociales.
Cette règle reste valable pour parler de périodes antérieures à la transition.
Par exemple :
Léa a commencé sa carrière en 2015. Elle a ensuite joué dans plusieurs films.
Il n’est pas nécessaire de revenir aux anciens pronoms pour raconter le passé.
Lorsque la personne a communiqué des préférences particulières concernant certaines œuvres ou archives, celles-ci doivent être respectées.
Faut-il modifier les anciens articles ?
Lorsqu’une personne publique change de pronoms, une publication peut, lorsque cela est techniquement possible :
- corriger les pronoms ;
- actualiser la biographie ;
- modifier les légendes ;
- mettre à jour les titres ;
- ajouter une note discrète si elle est réellement nécessaire.
Il faut éviter de transformer la mise à jour en nouvelle révélation sensationnaliste.
Une correction peut être effectuée sans reproduire longuement les anciennes formulations.
Comment parler d’une personne décédée ?
Il est généralement respectueux de continuer à employer :
- son prénom actuel ;
- les pronoms qu’elle utilisait ;
- les termes qu’elle avait choisis.
Le décès ne justifie pas automatiquement le retour :
- aux anciens pronoms ;
- à l’ancienne civilité ;
- au genre assigné à la naissance ;
- à l’ancien prénom.
Lorsque ses souhaits sont connus, ils doivent guider :
- les avis de décès ;
- les hommages ;
- les articles ;
- les cérémonies ;
- les publications ;
- les inscriptions commémoratives.
Que faire lorsque la famille utilise d’autres pronoms après un décès ?
Cette situation peut être particulièrement difficile.
Certains proches peuvent ignorer ou refuser l’identité de la personne.
Il est possible de rappeler avec respect :
Elle utilisait « elle » et c’est ainsi qu’elle souhaitait être désignée.
Les organisateurs, journalistes ou amis doivent éviter de considérer automatiquement la famille comme la seule source légitime lorsque les souhaits de la personne étaient clairement connus.
Il faut également faire attention à ne pas provoquer une exposition publique inutile lorsque certaines informations étaient restées privées de son vivant.
Comment parler d’un enfant ou d’un adolescent ?
Un enfant ou un adolescent peut communiquer de nouveaux pronoms dans certains contextes.
L’entourage peut demander :
Quels pronoms souhaites-tu que nous utilisions ?
Pouvons-nous les employer devant ta famille ?
Souhaites-tu que nous corrigions les autres ?
Il faut éviter de présenter immédiatement cette demande comme :
- une décision médicale ;
- une transformation irréversible ;
- une preuve définitive de son identité future ;
- un problème à résoudre.
Employer un pronom dans un contexte social permet simplement de respecter la manière dont le jeune souhaite être désigné à ce moment-là.
Comment expliquer les pronoms à un enfant ?
Une explication simple peut suffire :
Camille utilise « elle », alors nous parlons d’elle avec ce pronom.
Certaines personnes utilisent « il », d’autres « elle » ou « iel ».
Il n’est pas nécessaire d’entrer dans tous les détails d’une transition.
L’enfant peut apprendre qu’utiliser les mots demandés par une personne constitue une règle de respect comparable à l’utilisation de son prénom.
Que faire lorsque quelqu’un se trompe continuellement malgré ses excuses ?
Des excuses répétées sans changement peuvent devenir insuffisantes.
La personne doit adopter des actions concrètes :
- s’entraîner ;
- utiliser les bons pronoms en l’absence de la personne ;
- modifier ses notes ;
- demander à être corrigée ;
- ralentir avant de parler ;
- éviter les justifications ;
- préparer les présentations.
Il est possible de lui dire :
Je comprends que tu ne le fasses pas volontairement, mais les erreurs restent très fréquentes. Il faut mettre en place une véritable méthode pour les réduire.
La bonne intention doit être accompagnée d’un effort visible.
Faut-il toujours pardonner une erreur ?
La personne mégenrée reste libre de sa réaction.
Elle peut :
- accepter immédiatement les excuses ;
- avoir besoin de temps ;
- ressentir de la colère ;
- demander une distance ;
- poser une limite ;
- effectuer un signalement.
La personne responsable peut présenter des excuses sans exiger :
- un pardon immédiat ;
- d’être rassurée ;
- que l’impact soit minimisé ;
- que la relation reprenne immédiatement.
L’importance de la réparation dépend notamment :
- de la fréquence ;
- du caractère volontaire ;
- du contexte ;
- du risque d’outing ;
- des conséquences ;
- des efforts réalisés ensuite.
Comment répondre à « ce ne sont que des mots » ?
Les mots structurent la manière dont une personne est présentée et reconnue.
Un pronom peut influencer :
- la manière dont un groupe comprend son genre ;
- les termes employés ensuite ;
- sa confidentialité ;
- son sentiment d’appartenance ;
- la sécurité d’une interaction.
Une réponse possible est :
Justement, utiliser le bon pronom constitue un effort simple qui peut éviter beaucoup de malaise.
Il n’est pas nécessaire de ressentir soi-même la même importance pour respecter la demande.
Comment répondre à « sa voix ne correspond pas » ?
La voix ne détermine pas les pronoms.
Une réponse possible est :
Sa voix n’a pas besoin de correspondre à tes attentes pour que tu utilises ses pronoms.
Les pronoms sont ceux qu’elle a communiqués, indépendamment de son apparence ou de sa voix.
La responsabilité de réduire le mégenrage ne doit pas être entièrement déplacée sur la personne transgenre.
Comment répondre à « ses papiers disent autre chose » ?
Les documents peuvent être nécessaires pour certaines démarches, mais ils ne déterminent pas chaque interaction sociale.
Une réponse possible est :
Son dossier administratif peut contenir une autre information, mais elle utilise « elle » dans nos échanges.
Nous pouvons conserver les données obligatoires tout en respectant ses pronoms au quotidien.
Une différence administrative ne justifie pas l’humiliation publique ou l’utilisation systématique d’une mauvaise civilité.
Comment répondre à « la grammaire française ne le permet pas » ?
Le français permet de nombreuses reformulations.
Il est possible d’utiliser :
- le prénom ;
- « cette personne » ;
- des mots épicènes ;
- une phrase sans accord complexe ;
- les accords indiqués par la personne.
Une réponse possible est :
Certaines formulations demandent un peu d’habitude, mais nous pouvons commencer par utiliser le bon pronom et des phrases simples.
La difficulté grammaticale ne justifie pas un refus complet.
FAQ sur le misgendering
Que signifie misgendering en français ?
Le misgendering, ou mégenrage, consiste à attribuer à une personne un genre, un pronom, un accord, un titre ou un terme qui ne correspond pas à ceux qu’elle utilise.
Quelle différence existe-t-il entre misgendering et mégenrage ?
Les deux mots désignent la même notion.
Misgendering est le terme anglais. Mégenrage est son équivalent français.
Le misgendering concerne-t-il uniquement les pronoms ?
Non.
Il peut également concerner :
- les accords ;
- les civilités ;
- les titres professionnels ;
- les termes familiaux ;
- la manière de présenter le genre d’une personne.
Peut-on mégenrer une personne cisgenre ?
Oui.
Toute personne peut être désignée par un mauvais genre ou un mauvais pronom.
Une erreur de pronom est-elle toujours volontaire ?
Non.
Elle peut résulter d’une habitude, d’un oubli ou d’un manque d’information. L’important est de se corriger et de modifier son comportement.
Comment s’excuser après un mauvais pronom ?
Une excuse courte suffit généralement :
Désolé, je voulais dire « elle ».
Il faut ensuite poursuivre la conversation et faire davantage attention.
Comment demander les pronoms d’une personne ?
Il est possible de demander :
Quels pronoms utilises-tu ?
La question doit être posée sans obliger la personne à répondre publiquement.
Peut-on utiliser « iel » pour toutes les personnes non binaires ?
Non.
Certaines personnes non binaires utilisent « il », « elle », plusieurs pronoms ou uniquement leur prénom.
Une personne utilisant « iel » est-elle forcément non binaire ?
Non.
Les pronoms ne permettent pas toujours de connaître précisément l’identité de genre.
Faut-il obligatoirement annoncer ses pronoms ?
Non.
Il est possible de proposer cette annonce, mais elle ne doit pas être imposée.
Quel pronom utiliser en cas de doute ?
Il est possible d’utiliser temporairement le prénom ou une formulation neutre, puis de demander discrètement.
Comment parler du passé d’une personne transgenre ?
Il faut généralement utiliser son prénom et ses pronoms actuels, sauf demande contraire.
Le misgendering peut-il provoquer un outing ?
Oui.
Un pronom utilisé dans un contexte où l’identité n’était pas connue peut révéler une transidentité ou une non-binarité.
Quelle différence existe-t-il entre misgendering et deadnaming ?
Le misgendering concerne le genre, les pronoms ou les accords.
Le deadnaming concerne l’utilisation d’un ancien prénom.
Peut-on utiliser différents pronoms selon les contextes ?
Oui.
Une personne peut adapter ses pronoms afin de protéger sa vie privée ou sa sécurité.
Peut-on changer plusieurs fois de pronoms ?
Oui.
Une personne peut faire évoluer les mots qu’elle utilise pour parler d’elle-même.
Comment corriger quelqu’un sans embarrasser la personne concernée ?
Une correction brève suffit généralement :
Elle utilise « elle ».
Il faut éviter d’expliquer publiquement son parcours.
Faut-il corriger quelqu’un en l’absence de la personne ?
Oui, si les pronoms sont déjà connus dans ce contexte et si la correction ne risque pas de provoquer un outing.
Le misgendering peut-il devenir du harcèlement ?
Oui, lorsqu’il est volontaire, répété, humiliant ou organisé malgré plusieurs corrections.
Quel pronom utiliser pour une personnalité publique ?
Il faut employer les pronoms actuels communiqués par la personne, y compris pour parler de son passé.
Quels pronoms employer après le décès d’une personne ?
Il est généralement respectueux de continuer à utiliser les pronoms qu’elle avait choisis de son vivant.
Conclusion : respecter les pronoms, c’est écouter la personne
Le misgendering ne se limite pas toujours à une erreur entre « il », « elle » et « iel ».
Il peut concerner :
- les accords ;
- les titres ;
- les civilités ;
- les noms de métiers ;
- les termes familiaux ;
- les catégories imposées ;
- les courriers ;
- les formulaires ;
- les messages automatiques ;
- les présentations publiques.
Une erreur ponctuelle peut survenir sans intention hostile. Elle peut généralement être réparée par une correction simple, une excuse courte et un effort permettant d’éviter sa répétition.
Un refus volontaire représente une situation différente. Il consiste à connaître les pronoms d’une personne tout en décidant de ne pas les respecter.
Le misgendering peut également dépasser la simple maladresse lorsqu’il :
- révèle une identité ;
- provoque un outing ;
- compromet la confidentialité ;
- devient répétitif ;
- sert à humilier ;
- s’accompagne de harcèlement ;
- oblige une personne à éviter certains espaces.
Les bonnes pratiques consistent principalement à :
- écouter les pronoms communiqués ;
- ne pas les déduire de l’apparence ;
- demander avec discrétion ;
- ne pas imposer leur annonce publique ;
- vérifier les préférences selon les contextes ;
- respecter les pronoms multiples ;
- demander les accords utilisés ;
- employer des formulations neutres lorsqu’elles sont utiles ;
- se corriger sans excuses excessives ;
- utiliser les bons pronoms même en l’absence de la personne ;
- employer les pronoms actuels pour parler du passé ;
- corriger les autres sans révéler davantage d’informations ;
- adapter les formulaires, logiciels et documents ;
- intervenir face aux refus volontaires ;
- protéger la personne contre l’outing.
Une personne n’a pas besoin de modifier son apparence, ses documents ou son corps pour que ses pronoms soient respectés.
La règle la plus simple reste d’écouter la manière dont elle souhaite être désignée et d’utiliser les mots qu’elle a communiqués.
