Le deadnaming consiste à utiliser l’ancien prénom d’une personne après qu’elle a indiqué qu’elle en utilise désormais un autre. Le terme est principalement employé pour parler des personnes transgenres et non binaires, mais il peut également concerner d’autres personnes ayant changé de prénom.
Le prénom utilisé par une personne participe à la manière dont elle se présente et souhaite être reconnue. Continuer à employer un ancien prénom peut donc provoquer un malaise, nier son identité ou révéler publiquement une information qu’elle souhaitait garder confidentielle.
Toutes les situations ne sont toutefois pas identiques. Une erreur ponctuelle liée à une ancienne habitude n’a pas la même intention qu’un refus volontaire et répété d’utiliser le bon prénom. Dans les deux cas, la réaction adoptée après l’erreur reste importante.
Comprendre le deadnaming permet de mieux respecter les personnes concernées, de protéger leur vie privée et d’éviter qu’une simple conversation provoque involontairement un outing.
Notre guide consacré aux principales règles permettant de respecter les personnes LGBTQIA+ présente également les différences entre le prénom, les pronoms, l’identité de genre, l’orientation sexuelle et la vie privée.
Qu’est-ce que le deadnaming ?
Le mot deadnaming vient de l’anglais :
- deadname désigne l’ancien prénom ;
- deadnaming désigne le fait d’utiliser cet ancien prénom.
En français, on peut également parler :
- d’utilisation de l’ancien prénom ;
- de prénom abandonné ;
- de prénom attribué à la naissance ;
- de prénom administratif ;
- de prénom légal, lorsque celui-ci apparaît encore sur les documents officiels.
Le deadnaming se produit lorsqu’une personne est désignée par un prénom qu’elle ne souhaite plus utiliser.
Cela peut arriver :
- dans une conversation ;
- dans un message ;
- lors d’une présentation ;
- sur une liste de classe ;
- dans un document professionnel ;
- sur une photographie ancienne ;
- sur les réseaux sociaux ;
- dans un dossier médical ;
- dans une démarche administrative ;
- devant des personnes qui ne connaissent pas son parcours.
L’utilisation peut être accidentelle ou volontaire. Elle peut être prononcée directement devant la personne ou être utilisée lorsqu’elle n’est pas présente.
Qu’est-ce qu’un deadname ?
Un deadname est généralement un prénom qu’une personne utilisait auparavant et qu’elle ne souhaite plus voir employé pour la désigner.
Dans le contexte transgenre, il s’agit souvent du prénom attribué à la naissance, avant que la personne n’adopte un prénom correspondant davantage à son identité de genre.
Il peut encore apparaître :
- sur une carte d’identité ;
- sur un diplôme ;
- sur un contrat ;
- sur un compte informatique ;
- dans un ancien carnet d’adresses ;
- sur une adresse électronique ;
- dans un dossier scolaire ;
- sur des publications anciennes ;
- dans les souvenirs de la famille ;
- sur des photographies ou vidéos archivées.
Le fait qu’un ancien prénom soit encore visible sur un document ne signifie pas qu’il doit être utilisé dans les conversations quotidiennes.
Il faut distinguer la présence administrative d’un prénom de la manière dont la personne souhaite être appelée.
Toutes les personnes transgenres changent-elles de prénom ?
Non.
Une personne transgenre peut :
- conserver son prénom de naissance ;
- choisir une variante de ce prénom ;
- utiliser un surnom ;
- adopter un nouveau prénom ;
- utiliser plusieurs prénoms ;
- modifier son prénom uniquement dans certains contextes ;
- ne pas souhaiter répondre aux questions concernant son choix.
Le changement de prénom ne constitue pas une condition pour être transgenre.
Une personne peut également modifier son prénom sans être transgenre. Les changements de prénom peuvent être motivés par des raisons familiales, culturelles, religieuses, personnelles ou administratives.
Le deadnaming ne doit donc pas être utilisé comme un moyen de vérifier ou de mesurer la légitimité d’une identité.
Toutes les personnes utilisent-elles le mot « deadname » ?
Non.
Le mot peut être utile pour certaines personnes parce qu’il exprime clairement qu’un prénom appartient à une période passée et ne doit plus être utilisé.
D’autres personnes n’apprécient pas ce terme ou ne se reconnaissent pas dans l’idée que leur ancien prénom serait « mort ».
Elles peuvent préférer parler :
- d’ancien prénom ;
- de prénom de naissance ;
- de prénom administratif ;
- de prénom attribué à la naissance ;
- de prénom précédent ;
- de prénom légal ;
- de prénom utilisé avant la transition.
Il n’existe pas une formulation unique qui convienne à tout le monde.
La meilleure pratique consiste à reprendre les mots utilisés par la personne concernée. Lorsqu’elle parle simplement de son « ancien prénom », il n’est pas nécessaire de lui imposer le mot deadname.
Qui peut être concerné par le deadnaming ?
Le deadnaming est particulièrement associé aux personnes transgenres et non binaires.
Il peut notamment concerner :
- une femme transgenre utilisant un prénom féminin ;
- un homme transgenre utilisant un prénom masculin ;
- une personne non binaire ayant choisi un prénom neutre ;
- une personne genderfluid utilisant un autre prénom ;
- une personne ayant changé officiellement de prénom ;
- une personne utilisant un prénom différent sans avoir engagé de démarche administrative ;
- une personne ayant abandonné un prénom lié à une période difficile ;
- une personne utilisant plusieurs prénoms selon les contextes.
Le terme ne doit toutefois pas être appliqué automatiquement à toutes les personnes ayant changé de prénom.
Certaines considèrent leur ancien prénom comme une simple information passée et ne ressentent pas de difficulté particulière lorsqu’il est mentionné. D’autres souhaitent qu’il ne soit jamais utilisé.
Les limites doivent donc être déterminées par la personne elle-même.
Pourquoi une personne peut-elle choisir un autre prénom ?
Le choix d’un nouveau prénom peut répondre à plusieurs besoins.
Pour une personne transgenre ou non binaire, il peut permettre :
- de faire correspondre son prénom à son identité ;
- de se sentir davantage reconnue ;
- de réduire un malaise lié à l’ancien prénom ;
- de faciliter une transition sociale ;
- de se présenter plus librement ;
- de marquer une nouvelle étape de son parcours ;
- d’éviter un prénom fortement genré ;
- de choisir un prénom plus neutre.
Le choix peut également reposer sur :
- une préférence personnelle ;
- une histoire familiale ;
- une référence culturelle ;
- une sonorité appréciée ;
- un diminutif déjà utilisé ;
- une signification symbolique ;
- un prénom proposé par des proches ;
- un prénom utilisé depuis longtemps sur Internet.
Il n’est pas nécessaire que le choix corresponde à une justification spectaculaire.
Une personne peut choisir un prénom simplement parce qu’il lui convient mieux.
Le nouveau prénom doit-il avoir été modifié officiellement ?
Non.
Le respect du prénom ne doit pas dépendre d’une modification administrative.
Une personne peut utiliser un nouveau prénom plusieurs mois ou plusieurs années avant de modifier ses documents. Elle peut aussi ne jamais engager cette démarche en raison :
- du coût ;
- du temps nécessaire ;
- de difficultés administratives ;
- de documents étrangers ;
- d’une situation familiale ;
- d’un manque d’accompagnement ;
- de la peur d’une discrimination ;
- d’un choix personnel.
Dire :
Je l’utiliserai uniquement lorsqu’il sera inscrit sur tes papiers.
revient à placer une procédure administrative au-dessus de la manière dont la personne se présente au quotidien.
Dans une conversation, un message, un badge ou un document interne modifiable, le prénom communiqué par la personne doit généralement être privilégié.
Prénom actuel, prénom d’usage et prénom légal : quelles différences ?
Plusieurs expressions peuvent être utilisées selon le contexte.
Le prénom actuel
Il s’agit du prénom que la personne utilise pour se présenter et être désignée.
C’est généralement celui qu’il faut employer dans les échanges quotidiens.
Le prénom d’usage
Cette expression peut désigner le prénom employé dans la vie courante, même lorsqu’il ne correspond pas encore aux documents officiels.
Une personne peut demander que ce prénom apparaisse sur :
- son badge ;
- sa messagerie ;
- une liste interne ;
- un planning ;
- un profil scolaire ;
- une carte de membre ;
- un dossier non officiel.
Le prénom légal ou administratif
Il s’agit du prénom enregistré sur certains documents officiels.
Son utilisation peut être nécessaire dans des situations précises, par exemple pour établir un contrat, vérifier une identité ou compléter une formalité réglementée.
Cette nécessité ne signifie pas que le prénom administratif doit être :
- annoncé devant d’autres personnes ;
- utilisé oralement à chaque échange ;
- affiché sur un badge ;
- communiqué aux collègues ;
- révélé dans une salle d’attente ;
- ajouté à une adresse électronique visible ;
- présenté comme le « vrai prénom ».
Lorsque le prénom administratif doit être conservé dans un dossier, son accès peut être limité aux personnes qui en ont réellement besoin.
Le prénom choisi est-il un faux prénom ?
Non.
L’expression « prénom choisi » peut être utilisée pour distinguer le prénom actuel de celui attribué à la naissance. Elle ne signifie pas que ce prénom serait artificiel, secondaire ou moins réel.
La plupart des prénoms sont choisis à un moment donné, généralement par les parents. Une personne qui choisit elle-même son prénom ne crée pas un prénom moins valable.
Il faut éviter des formulations comme :
- « son vrai prénom » pour désigner l’ancien ;
- « son faux prénom » pour désigner l’actuel ;
- « son prénom biologique » ;
- « son prénom de garçon » ;
- « son prénom de fille » ;
- « son nom avant qu’il devienne trans ».
Des formulations plus neutres peuvent être utilisées :
- son prénom actuel ;
- le prénom qu’elle utilise ;
- son ancien prénom ;
- son prénom administratif, uniquement lorsque cette précision est nécessaire.
Le prénom actuel doit-il être respecté dans tous les contextes ?
En principe, il faut utiliser le prénom indiqué par la personne. Cependant, certains contextes peuvent nécessiter davantage de prudence.
Une personne peut utiliser :
- son prénom actuel avec ses amis ;
- son prénom administratif devant sa famille ;
- un pseudonyme sur Internet ;
- un prénom différent dans un environnement professionnel ;
- un autre prénom dans un lieu où elle ne se sent pas en sécurité.
Cette situation peut paraître contradictoire pour l’entourage, mais elle peut répondre à un besoin de protection.
Il ne faut pas décider seul :
Puisque ce prénom lui correspond mieux, je vais l’utiliser devant tout le monde.
Cette initiative peut révéler son identité à des personnes qui n’étaient pas informées.
Lorsqu’un doute existe, il est préférable de demander :
Quel prénom souhaites-tu que j’utilise devant ces personnes ?
Ton prénom actuel est-il connu dans ce contexte ?
Comment dois-je te présenter à ta famille ?
Le respect consiste à utiliser le bon prénom, mais aussi à protéger la confidentialité de la personne.
Peut-on utiliser différents prénoms selon les contextes ?
Oui.
Une personne peut demander que plusieurs prénoms soient utilisés selon :
- les personnes présentes ;
- le niveau de sécurité ;
- la famille ;
- l’école ;
- le travail ;
- les documents ;
- les réseaux sociaux ;
- les démarches médicales ;
- les espaces communautaires.
Il ne faut pas interpréter cette situation comme une indécision ou un mensonge.
La personne peut être contrainte de compartimenter sa vie parce qu’elle ne se sent pas prête ou en sécurité pour faire connaître son prénom partout.
Il est important de noter précisément ses indications et de ne pas les transmettre sans son autorisation.
Le deadnaming concerne-t-il uniquement les conversations directes ?
Non.
Une personne peut subir un deadnaming même lorsqu’elle n’entend pas directement l’ancien prénom.
Cela peut se produire lorsque quelqu’un :
- parle d’elle à un tiers ;
- ajoute son ancien prénom dans un groupe de discussion ;
- publie une ancienne photographie ;
- partage une capture d’écran ;
- raconte un souvenir ;
- utilise une vieille adresse électronique ;
- la recherche sur Internet puis diffuse l’information ;
- présente un ancien document ;
- remplit une liste avec le mauvais prénom ;
- modifie volontairement son nom sur un fichier collectif.
L’absence de la personne ne rend pas l’utilisation plus acceptable.
Employer son prénom actuel lorsqu’elle n’est pas présente permet aussi aux autres d’adopter la bonne habitude.
Parler du passé nécessite-t-il d’utiliser l’ancien prénom ?
Non.
Lorsqu’on raconte une période antérieure à un changement de prénom, il est généralement préférable d’utiliser le prénom actuel.
Par exemple :
Léa était dans ma classe au collège.
Il n’est pas nécessaire de préciser :
À l’époque, Léa portait un autre prénom.
Le prénom actuel peut être utilisé pour parler :
- de l’enfance ;
- de l’adolescence ;
- des études ;
- d’anciens emplois ;
- de souvenirs familiaux ;
- d’événements précédant une transition.
Cette pratique permet de raconter l’histoire sans révéler une information inutile.
Une personne peut toutefois donner des indications différentes. Elle peut accepter que son ancien prénom soit mentionné dans certains souvenirs, documents ou productions artistiques.
Son choix doit rester prioritaire.
Une personne peut-elle conserver ses initiales ou une partie de son ancien prénom ?
Oui.
Certaines personnes choisissent :
- un prénom commençant par la même lettre ;
- une variante masculine, féminine ou neutre ;
- un diminutif déjà utilisé ;
- un second prénom ;
- un prénom totalement différent.
La proximité entre les deux prénoms n’autorise pas l’utilisation de l’ancien.
Même lorsqu’un nouveau prénom ressemble fortement au précédent, il faut employer la forme demandée.
Par exemple, une personne utilisant désormais « Alex » peut ne plus souhaiter entendre une version plus longue autrefois utilisée. L’entourage ne doit pas décider qu’il s’agit d’un simple surnom interchangeable.
Une personne doit-elle expliquer pourquoi elle a choisi son prénom ?
Non.
Elle peut souhaiter raconter :
- la signification du prénom ;
- la manière dont elle l’a découvert ;
- les personnes qui l’ont aidée ;
- les autres prénoms envisagés ;
- le moment où elle a commencé à l’utiliser.
Mais elle n’a aucune obligation de fournir cette histoire.
Des questions comme :
Pourquoi as-tu choisi ce prénom ?
peuvent être posées avec respect dans une relation de confiance, mais la personne doit pouvoir répondre :
Je préfère ne pas en parler.
Il faut également éviter de critiquer son choix :
- « Ce prénom ne te va pas » ;
- « J’aurais choisi autre chose » ;
- « C’est trop original » ;
- « Tu ne ressembles pas à quelqu’un qui porte ce prénom » ;
- « Je continuerai à utiliser ton surnom d’avant ».
Le prénom n’a pas besoin d’être validé par l’entourage.
Quelles personnes peuvent changer de prénom sans être transgenres ?
Un changement de prénom peut également concerner une personne cisgenre.
Elle peut vouloir :
- s’éloigner d’un prénom associé à une histoire familiale difficile ;
- adopter un prénom utilisé depuis longtemps ;
- franciser ou restaurer un prénom culturel ;
- changer un prénom mal orthographié ;
- utiliser un second prénom ;
- choisir un prénom correspondant davantage à sa personnalité ;
- abandonner un prénom associé à une personne violente ;
- adopter un prénom religieux ou artistique.
Dans ces situations, le respect du nouveau prénom reste important.
Le mot deadnaming est néanmoins surtout utilisé lorsque l’ancien prénom possède un lien avec une identité imposée ou un parcours trans.
Deadnaming, mégenrage et mauvais pronom : est-ce la même chose ?
Non.
Le deadnaming concerne le prénom.
Le mégenrage, parfois appelé misgendering, concerne le fait d’utiliser :
- un mauvais genre ;
- un mauvais pronom ;
- un mauvais accord ;
- un titre incorrect comme « monsieur » ou « madame ».
Une personne peut être deadnamée sans être mégenrée.
Par exemple, quelqu’un peut utiliser son ancien prénom tout en employant ses pronoms actuels.
Elle peut également être mégenrée sans être deadnamée si son prénom actuel est correctement utilisé, mais qu’un mauvais pronom lui est attribué.
Les deux comportements peuvent aussi se produire simultanément.
Cette distinction sera approfondie dans l’article consacré au misgendering.
Le deadnaming est-il toujours volontaire ?
Non.
Une personne peut employer l’ancien prénom par :
- habitude ;
- distraction ;
- stress ;
- manque d’attention ;
- confusion entre plusieurs périodes ;
- lecture automatique d’un document ;
- erreur informatique ;
- méconnaissance du changement ;
- oubli ponctuel.
Une erreur involontaire ne signifie pas nécessairement que la personne refuse l’identité ou le prénom actuel.
Cependant, l’absence d’intention hostile ne supprime pas automatiquement les conséquences.
L’ancien prénom peut malgré tout :
- provoquer un malaise ;
- attirer l’attention ;
- révéler un parcours trans ;
- susciter des questions ;
- donner l’impression que le nouveau prénom n’est pas pris au sérieux.
La bonne réaction consiste donc à se corriger, même lorsque l’erreur n’était pas volontaire.
Quelle différence entre une erreur et un refus volontaire ?
Une erreur ponctuelle est généralement suivie d’une correction.
Par exemple :
Thomas viendra… pardon, Chloé viendra demain.
La personne reconnaît son erreur, utilise le bon prénom et poursuit la conversation.
Un refus volontaire peut prendre d’autres formes :
- continuer après plusieurs corrections ;
- insister sur le prénom administratif ;
- déclarer que le nouveau prénom n’est pas réel ;
- utiliser l’ancien prénom pour provoquer ;
- l’employer devant des personnes non informées ;
- affirmer qu’un changement de prénom doit être « mérité » ;
- attendre une opération ou une modification des documents ;
- transformer le prénom en sujet de débat.
Des phrases comme celles-ci expriment un refus :
- « Pour moi, tu porteras toujours ton ancien prénom » ;
- « Je t’ai connu comme cela, je ne changerai pas » ;
- « J’utiliserai ton nouveau prénom quand tes papiers seront modifiés » ;
- « Je ne participe pas à ça » ;
- « Ce n’est pas ton vrai prénom ».
La répétition et la réaction après la correction permettent souvent de distinguer une maladresse d’un comportement volontairement irrespectueux.
Une ancienne habitude excuse-t-elle les erreurs répétées ?
Une habitude peut expliquer certaines erreurs, surtout lorsqu’une personne a utilisé le même prénom pendant de nombreuses années.
Elle ne doit toutefois pas devenir une justification permanente.
L’entourage peut avoir besoin d’un temps d’adaptation, mais il doit montrer un effort réel :
- se corriger ;
- utiliser le prénom actuel dans les conversations ;
- modifier ses contacts ;
- s’entraîner en privé ;
- éviter de répéter l’ancien prénom pendant les excuses ;
- accepter les rappels sans se mettre sur la défensive.
Dire continuellement :
C’est difficile pour moi.
peut recentrer la situation sur l’inconfort de l’entourage plutôt que sur celui de la personne concernée.
L’apprentissage peut demander un effort, mais cet effort ne doit pas être présenté comme un service exceptionnel.
Faut-il attendre d’être certain du nouveau prénom ?
Une personne peut tester un prénom avant de décider de l’utiliser durablement.
Elle peut demander à quelques proches de l’employer afin de déterminer s’il lui convient.
Dans ce cas, il faut respecter cette démarche sans exiger une décision immédiate.
La personne peut :
- conserver ce prénom ;
- en essayer un autre ;
- revenir temporairement au précédent ;
- utiliser plusieurs options ;
- décider qu’aucun changement n’est nécessaire.
Un prénom expérimenté puis abandonné n’était pas nécessairement faux. Il a pu jouer un rôle dans la compréhension de son identité.
L’entourage peut simplement demander :
Quel prénom souhaites-tu que j’utilise actuellement ?
Peut-on demander le prénom inscrit sur les documents ?
Cette question n’est pertinente que lorsque l’information est réellement nécessaire.
Elle peut être justifiée dans certains contextes :
- établissement d’un contrat ;
- réservation soumise à un contrôle d’identité ;
- dossier médical ;
- billet nominatif ;
- démarche bancaire ;
- procédure administrative.
Elle n’est généralement pas nécessaire pour :
- une conversation ;
- une rencontre amicale ;
- une présentation ;
- une inscription informelle ;
- une participation à un groupe ;
- un échange sur les réseaux sociaux.
Lorsqu’un prénom administratif doit être demandé, il est préférable d’expliquer pourquoi :
Pour établir ce document officiel, j’ai besoin du prénom figurant sur votre pièce d’identité. Le prénom que vous utilisez au quotidien restera affiché sur votre badge.
Cette transparence évite de donner l’impression que la personne doit révéler une information par simple curiosité.
Pourquoi ne faut-il pas chercher l’ancien prénom ?
Rechercher l’ancien prénom d’une personne sur Internet, dans des archives ou auprès de proches peut constituer une intrusion dans sa vie privée.
Il faut éviter de :
- parcourir ses anciens comptes ;
- retrouver des photographies ;
- consulter des listes scolaires ;
- demander à sa famille ;
- chercher d’anciens articles ;
- comparer des documents ;
- diffuser le résultat de la recherche ;
- présenter cette découverte comme une anecdote.
Le fait qu’une information soit accessible ne signifie pas qu’elle doit être recherchée ou repartagée.
Une ancienne page peut avoir été oubliée, archivée ou publiée dans un contexte différent.
Respecter la personne consiste aussi à ne pas transformer son passé en enquête.
Pourquoi la définition du deadnaming dépend-elle du contexte ?
Le même prénom peut ne pas avoir la même signification selon la personne et la situation.
Pour certaines personnes, son utilisation provoque une souffrance immédiate.
Pour d’autres, il s’agit principalement d’une question de respect ou de confidentialité.
Certaines acceptent l’ancien prénom :
- dans un document historique ;
- dans un cadre administratif ;
- dans une œuvre publiée auparavant ;
- avec certains proches ;
- lorsqu’il est nécessaire pour retrouver un dossier.
D’autres ne souhaitent jamais l’entendre ou le voir apparaître.
Il faut donc éviter les règles basées uniquement sur des suppositions générales.
La meilleure information reste celle communiquée par la personne concernée.
Les principes essentiels à retenir
Le deadnaming désigne l’utilisation d’un ancien prénom qu’une personne ne souhaite plus voir employé.
Pour respecter son identité, il faut principalement :
- utiliser le prénom avec lequel elle se présente ;
- ne pas attendre une modification administrative ;
- ne pas rechercher son ancien prénom ;
- éviter de le demander par curiosité ;
- ne pas le présenter comme son « vrai prénom » ;
- utiliser le prénom actuel pour parler du passé ;
- vérifier quel prénom employer selon les contextes ;
- respecter la confidentialité ;
- distinguer une erreur ponctuelle d’un refus volontaire ;
- accepter qu’une personne puisse changer à nouveau de prénom ;
- suivre le vocabulaire qu’elle préfère.
La partie suivante expliquera pourquoi le deadnaming peut dépasser la simple erreur de prénom, provoquer un outing, exposer une personne dans sa famille, à l’école, au travail ou en ligne, et entraîner des conséquences importantes sur son bien-être et sa sécurité.
Pourquoi le deadnaming peut-il être blessant ou dangereux ?
Le deadnaming peut être perçu comme une simple erreur de prénom par la personne qui le commet. Pour la personne concernée, il peut toutefois représenter bien davantage.
L’ancien prénom peut être associé :
- à une identité qui ne lui correspond plus ;
- à une période durant laquelle son genre n’était pas reconnu ;
- à des expériences de rejet ou de discrimination ;
- à une obligation de dissimuler son identité ;
- à un environnement familial ou scolaire difficile ;
- à des documents qu’elle n’a pas encore pu modifier ;
- à une ancienne image d’elle-même qu’elle ne souhaite plus voir imposée.
L’impact n’est pas identique pour tout le monde. Certaines personnes ressentent principalement de l’agacement. D’autres peuvent éprouver de la gêne, de la dysphorie, de l’anxiété, de la tristesse ou la peur d’avoir été exposées.
Utiliser le prénom et les pronoms communiqués par une personne est généralement considéré comme une manière élémentaire de reconnaître son identité. À l’inverse, employer son ancien prénom peut blesser ou compromettre sa sécurité, même lorsque l’erreur n’était pas destinée à lui nuire.
Pourquoi l’ancien prénom peut-il provoquer un malaise ?
Un prénom n’est pas seulement un mot servant à identifier une personne. Il peut être lié à la manière dont elle est perçue par son entourage et à la place que les autres lui accordent.
Lorsqu’une personne annonce un nouveau prénom, elle peut avoir accompli un travail important pour :
- comprendre son identité ;
- choisir la manière dont elle souhaite être présentée ;
- parler à son entourage ;
- modifier certaines habitudes ;
- gérer les réactions familiales ;
- adapter ses comptes et ses documents ;
- se sentir davantage elle-même.
Entendre continuellement l’ancien prénom peut donner l’impression que ces démarches ne sont pas prises au sérieux.
La personne peut se demander :
- est-ce que mon entourage reconnaît réellement mon identité ?
- est-ce que cette erreur était volontaire ?
- d’autres personnes ont-elles entendu l’ancien prénom ?
- dois-je expliquer mon parcours ?
- vais-je devoir corriger cette personne à chaque conversation ?
- mon ancien prénom sera-t-il transmis ailleurs ?
Le malaise peut donc venir à la fois du prénom lui-même et de l’incertitude provoquée par son utilisation.
Le deadnaming peut-il provoquer une dysphorie ?
Chez certaines personnes transgenres ou non binaires, l’ancien prénom peut être associé à la dysphorie de genre.
La dysphorie peut désigner un mal-être lié au décalage entre le genre d’une personne et certains éléments corporels, administratifs ou sociaux qui lui sont imposés.
L’ancien prénom peut notamment rappeler :
- le genre assigné à la naissance ;
- une période durant laquelle la personne devait se présenter autrement ;
- le regard que son entourage portait sur elle ;
- des situations où elle n’était pas reconnue ;
- des documents comportant encore des informations inadaptées.
Toutes les personnes transgenres ne ressentent pas de dysphorie et toutes ne réagissent pas de la même manière à leur ancien prénom.
Il faut donc éviter de déclarer :
Toutes les personnes trans sont traumatisées par leur ancien prénom.
Il est plus juste de reconnaître que le deadnaming peut provoquer un mal-être important, tout en laissant chaque personne décrire sa propre expérience.
Le deadnaming nie-t-il toujours l’identité d’une personne ?
Pas nécessairement.
Une erreur isolée peut venir d’une habitude, d’une distraction ou de la lecture d’un ancien document. Elle ne signifie pas automatiquement que son auteur souhaite nier l’identité de la personne.
La réaction après l’erreur permet souvent de comprendre la situation.
Une personne qui commet une maladresse peut :
- se corriger immédiatement ;
- présenter une excuse courte ;
- utiliser ensuite le bon prénom ;
- modifier ses contacts ou ses documents ;
- faire davantage attention lors des échanges suivants.
À l’inverse, une personne qui nie volontairement une identité peut :
- refuser toute correction ;
- répéter l’ancien prénom avec insistance ;
- se moquer du prénom actuel ;
- affirmer qu’il n’est pas réel ;
- utiliser l’ancien prénom pour provoquer ;
- exiger une modification administrative ou médicale ;
- deadnamer la personne lorsqu’elle n’est pas présente ;
- encourager les autres à faire de même.
Planned Parenthood distingue également les erreurs accidentelles de l’utilisation répétée ou intentionnelle d’un mauvais prénom pour rejeter ou dévaloriser l’identité de genre d’une personne.
Deadnaming involontaire et deadnaming volontaire
Toutes les utilisations de l’ancien prénom n’ont pas la même intention, mais leurs conséquences doivent malgré tout être prises en compte.
| Situation | Exemple | Réaction appropriée |
|---|---|---|
| Erreur ponctuelle | Une personne utilise l’ancien prénom puis s’en aperçoit | Se corriger brièvement et poursuivre |
| Ancienne habitude | Un proche se trompe encore occasionnellement | S’entraîner et modifier ses habitudes |
| Lecture d’un document | Un agent utilise automatiquement le prénom affiché | Vérifier le prénom à employer oralement |
| Erreur informatique | Un logiciel affiche une information obsolète | Demander une mise à jour et limiter son affichage |
| Erreur publique | L’ancien prénom est prononcé devant un groupe | Se corriger sans répéter l’information |
| Refus volontaire | Une personne annonce qu’elle ne changera jamais | Poser une limite claire |
| Utilisation humiliante | L’ancien prénom sert à provoquer ou ridiculiser | Reconnaître le caractère discriminatoire |
| Divulgation | L’ancien prénom révèle publiquement un parcours trans | Prévenir la personne et limiter la diffusion |
Une personne ne contrôle pas toujours sa première erreur. Elle peut en revanche contrôler la manière dont elle réagit, les efforts qu’elle réalise et les précautions qu’elle prend ensuite.
L’intention compte-t-elle davantage que les conséquences ?
L’intention permet de distinguer une maladresse d’un comportement délibérément hostile. Elle ne supprime cependant pas les conséquences.
Une personne peut dire :
Je ne voulais pas te blesser.
Cette phrase peut être sincère. Elle ne devrait toutefois pas servir à interrompre toute discussion sur l’impact de l’erreur.
Une réaction plus complète serait :
Je ne voulais pas te blesser. Je suis désolé, je ferai attention.
Cette formulation reconnaît à la fois l’absence d’intention hostile et la responsabilité de modifier son comportement.
Il vaut mieux éviter :
- « Puisque ce n’était pas volontaire, tu ne peux pas m’en vouloir » ;
- « Tu sais bien que je ne suis pas transphobe » ;
- « Ce n’est qu’un prénom » ;
- « Tu réagis de manière excessive » ;
- « C’est plus difficile pour moi que pour toi ».
Une bonne intention ne rend pas automatiquement une parole sans effet.
Pourquoi les erreurs répétées peuvent-elles devenir épuisantes ?
Corriger une erreur une seule fois peut sembler simple. Devoir le faire régulièrement peut devenir fatigant.
La personne concernée doit alors choisir entre :
- interrompre la conversation ;
- laisser passer l’erreur ;
- expliquer à nouveau son prénom ;
- risquer une réaction défensive ;
- attirer davantage l’attention ;
- demander l’aide d’un tiers ;
- quitter la situation.
La répétition peut donner l’impression que le respect de son prénom dépend en permanence de sa propre vigilance.
Elle peut aussi commencer à anticiper les erreurs avant :
- une réunion familiale ;
- un rendez-vous ;
- une journée de cours ;
- une présentation professionnelle ;
- une consultation médicale ;
- une cérémonie ;
- une rencontre avec de nouvelles personnes.
Même lorsqu’aucune erreur n’a encore eu lieu, la crainte qu’un ancien prénom soit prononcé peut rendre certaines situations stressantes.
Le deadnaming peut-il provoquer un outing ?
Oui.
L’outing consiste à révéler sans son consentement une orientation sexuelle, une identité de genre ou une information LGBTQIA+ concernant une personne.
L’utilisation publique d’un ancien prénom peut conduire les autres à comprendre ou à soupçonner :
- que la personne est transgenre ;
- qu’elle est non binaire ;
- qu’elle a changé de genre dans certains documents ;
- qu’elle ne porte pas le même prénom dans tous les contextes ;
- qu’un parcours personnel leur avait été caché.
Le deadnaming ne provoque pas automatiquement un outing. Tout dépend des personnes présentes et des informations qu’elles possèdent déjà.
Le risque est particulièrement important lorsque l’ancien prénom est fortement associé à un autre genre.
Par exemple, une personne peut être connue de ses collègues uniquement sous le prénom « Léa ». L’appeler soudainement « Louis » devant toute l’équipe peut entraîner des questions et révéler un parcours qu’elle n’avait jamais souhaité évoquer.
Le problème ne réside donc pas uniquement dans l’utilisation d’un mauvais prénom. Il concerne aussi la perte de contrôle sur une information privée.
Une personne ouvertement transgenre peut-elle encore être outée ?
Oui.
Une personne peut parler publiquement de sa transidentité dans certains espaces tout en souhaitant préserver cette information dans d’autres.
Elle peut être ouverte :
- avec ses amis, mais pas avec son employeur ;
- dans une association, mais pas dans sa famille ;
- sur un compte anonyme, mais pas sous son identité civile ;
- auprès de certains collègues, mais pas de ses clients ;
- dans sa ville actuelle, mais pas dans son environnement d’origine.
Le fait qu’une personne ait déjà parlé de son parcours ne donne pas le droit d’utiliser ou de partager son ancien prénom.
Une transidentité connue ne rend pas non plus l’ancien prénom pertinent. La personne peut être ouvertement transgenre tout en considérant cette information comme strictement privée.
Le deadnaming peut-il compromettre le passing ?
Le passing désigne notamment le fait qu’une personne transgenre soit perçue par les autres comme une personne cisgenre, sans que son parcours soit identifié.
L’utilisation d’un ancien prénom peut rompre cette confidentialité.
Une personne qui n’était pas connue comme transgenre peut soudainement être confrontée à :
- des regards ;
- des questions ;
- des suppositions ;
- des recherches sur Internet ;
- des commentaires sur son apparence ;
- une modification du comportement de son entourage ;
- des discriminations.
Le passing n’est pas une obligation ni un objectif universel. Certaines personnes souhaitent que leur transidentité soit visible, tandis que d’autres préfèrent ne pas la communiquer.
Dans les deux cas, la décision leur appartient.
Révéler un ancien prénom ne doit pas être considéré comme acceptable sous prétexte qu’une personne « devrait assumer » son parcours.
Connaître l’ancien prénom donne-t-il le droit de le transmettre ?
Non.
Cette information ne doit pas être partagée par curiosité, pour raconter une anecdote ou pour faciliter une conversation.
Il faut notamment éviter de dire :
- « Je vais te raconter comment elle s’appelait avant » ;
- « Tu savais que son ancien prénom était… ? » ;
- « Je la connais depuis l’époque où elle était… » ;
- « Sur ses papiers, ce n’est pas ce prénom » ;
- « J’ai retrouvé son ancien profil » ;
- « Je peux te montrer ses photos d’avant ».
Le fait de connaître une personne depuis longtemps ne confère aucun droit particulier sur son passé.
La confiance accordée par une personne ne doit pas être transformée en information à partager avec les autres.
Pourquoi rechercher l’ancien prénom est-il intrusif ?
Certaines personnes cherchent l’ancien prénom d’une personne transgenre comme s’il s’agissait d’un élément caché à découvrir.
Cette recherche peut passer par :
- les anciens comptes sociaux ;
- les archives d’un établissement ;
- les albums familiaux ;
- les annuaires ;
- les résultats de compétitions ;
- d’anciens articles ;
- les amis d’enfance ;
- les listes de diplômés ;
- les documents professionnels.
Une information accessible publiquement n’est pas nécessairement une information que la personne souhaite voir remise en circulation.
Un ancien compte peut avoir été :
- oublié ;
- rendu inaccessible ;
- créé durant l’enfance ;
- publié avant un coming out ;
- indexé sans que la personne le sache ;
- conservé par un tiers.
Rechercher puis partager l’ancien prénom peut aggraver la perte de contrôle sur son identité numérique.
Pourquoi demander l’ancien prénom peut-il être intrusif ?
Une personne n’a généralement pas besoin de connaître l’ancien prénom d’un proche, d’un collègue ou d’une connaissance pour entretenir une relation avec lui.
Les questions suivantes sont rarement nécessaires :
- « Comment t’appelais-tu avant ? »
- « Quel prénom tes parents t’avaient-ils donné ? »
- « Quel est ton nom sur ton acte de naissance ? »
- « Puis-je voir une ancienne photo avec ton prénom ? »
- « Ton prénom actuel est-il vraiment officiel ? »
- « Comment dois-je parler de toi avant ta transition ? »
Ces questions peuvent transformer le parcours de la personne en sujet de curiosité.
The Trevor Project recommande de ne pas interroger spontanément une personne transgenre ou non binaire sur son ancien prénom, son corps, son historique médical ou des éléments intimes de sa vie avant sa transition.
Une personne peut naturellement choisir de parler de son ancien prénom. Cette décision ne signifie pas que son interlocuteur peut ensuite le répéter.
Existe-t-il des situations dans lesquelles l’ancien prénom doit être connu ?
Oui, mais elles sont limitées.
Il peut être nécessaire de connaître le prénom apparaissant sur les documents pour :
- établir un contrat ;
- retrouver un dossier médical ;
- vérifier une pièce d’identité ;
- réserver un billet nominatif ;
- effectuer une démarche bancaire ;
- traiter un document fiscal ;
- compléter une formalité administrative ;
- retrouver un diplôme non encore modifié.
Dans ce cas, l’information doit être traitée avec discrétion.
La personne qui la demande peut expliquer :
J’ai besoin du prénom figurant sur cette pièce uniquement pour compléter le dossier. Quel prénom souhaitez-vous que j’utilise pendant nos échanges ?
Il faut limiter :
- les personnes ayant accès à l’information ;
- son affichage ;
- son utilisation orale ;
- sa présence dans les courriels ;
- son impression sur des documents non indispensables.
Le besoin administratif ne justifie pas une utilisation générale.
Pourquoi ne faut-il pas parler du « vrai prénom » ?
Présenter l’ancien prénom comme le « vrai prénom » laisse entendre que le prénom actuel serait faux ou provisoire.
Cette formulation donne davantage de valeur :
- à la décision prise à la naissance ;
- aux documents administratifs ;
- aux habitudes de l’entourage ;
qu’au choix actuel de la personne.
Il est préférable de dire :
- prénom actuel ;
- prénom utilisé ;
- ancien prénom ;
- prénom figurant sur le document ;
- prénom administratif lorsque cette précision est indispensable.
Les expressions suivantes sont à éviter :
- vrai prénom ;
- faux prénom ;
- prénom biologique ;
- prénom naturel ;
- nom de fille ou de garçon ;
- identité d’origine.
Un document peut contenir une information légale sans définir toute l’identité sociale de la personne.
Le deadnaming dans la famille
La famille peut rencontrer davantage de difficultés à modifier une ancienne habitude, notamment lorsque le prénom précédent a été utilisé pendant de nombreuses années.
Les erreurs peuvent apparaître :
- pendant les repas ;
- dans les groupes de discussion ;
- avec les grands-parents ;
- lors de réunions familiales ;
- dans les albums ;
- pendant le récit de souvenirs ;
- sur des cadeaux personnalisés ;
- dans les contacts téléphoniques ;
- lors de présentations à des proches éloignés.
La durée de l’ancienne habitude peut expliquer une période d’adaptation. Elle ne justifie pas un refus permanent.
Les membres de la famille peuvent faciliter le changement en :
- modifiant leurs contacts ;
- utilisant le prénom actuel entre eux ;
- corrigeant les légendes lorsque la personne le souhaite ;
- évitant de répéter l’ancien prénom pendant les excuses ;
- se corrigeant même lorsque la personne n’est pas présente ;
- demandant ce qui peut être expliqué à la famille élargie.
Comment parler des souvenirs familiaux ?
Un souvenir datant d’avant le changement de prénom peut être raconté avec le prénom actuel.
Par exemple :
Emma adorait déjà dessiner lorsqu’elle était enfant.
Il n’est pas nécessaire de préciser :
À cette époque, elle ne s’appelait pas encore Emma.
Les photographies, vidéos et objets anciens peuvent être sensibles. Il est préférable de demander avant de :
- les montrer à de nouvelles personnes ;
- les publier ;
- les légender ;
- les utiliser lors d’une fête ;
- créer un montage ;
- raconter l’histoire liée à l’ancien prénom.
La personne peut apprécier certains souvenirs tout en ne souhaitant pas que son ancien prénom soit révélé.
Que faire lorsqu’un membre de la famille refuse le prénom actuel ?
Le refus peut être présenté comme :
- une tradition familiale ;
- une question de génération ;
- une opinion personnelle ;
- une difficulté émotionnelle ;
- un désaccord avec la transition.
Il reste possible de poser une limite claire :
C’est le prénom qu’elle utilise et nous devons le respecter.
Tu peux avoir besoin d’un temps d’adaptation, mais pas refuser de faire un effort.
Son prénom n’est pas un sujet de débat familial.
Il est préférable de ne pas demander à la personne concernée de défendre continuellement son identité devant chaque membre de la famille.
Un autre proche peut rappeler la règle en son absence, à condition de ne pas révéler d’informations qu’elle souhaitait garder confidentielles.
Le deadnaming à l’école
À l’école, un ancien prénom peut apparaître dans :
- la liste d’appel ;
- l’espace numérique de travail ;
- la carte scolaire ;
- la messagerie ;
- les bulletins ;
- les dossiers d’examen ;
- les documents transmis à la famille ;
- les listes d’activités ;
- les groupes de classe ;
- les comptes de restauration ou de bibliothèque.
Une utilisation publique peut exposer l’élève devant toute la classe.
Elle peut également entraîner :
- des questions ;
- des moqueries ;
- des recherches sur les réseaux sociaux ;
- du harcèlement ;
- une divulgation auprès de la famille.
Le personnel doit distinguer les informations nécessaires à l’administration de celles utilisées dans la vie quotidienne.
L’école doit-elle prévenir automatiquement la famille ?
Une grande prudence est nécessaire.
Un élève peut utiliser un prénom dans son établissement sans avoir parlé de son identité à ses parents ou représentants légaux.
L’utilisation du prénom actuel dans :
- un appel téléphonique ;
- un courriel ;
- un bulletin ;
- un rendez-vous familial ;
- une notification automatique ;
peut provoquer un outing.
Avant toute communication, il est utile de demander à l’élève :
Quel prénom devons-nous utiliser lorsque nous contactons ta famille ?
Ce prénom est-il connu chez toi ?
Respecter le prénom dans l’établissement doit aller de pair avec la protection de sa confidentialité.
Le deadnaming au travail
Dans un environnement professionnel, l’ancien prénom peut apparaître dans :
- l’adresse électronique ;
- l’annuaire interne ;
- le badge ;
- le planning ;
- les outils de visioconférence ;
- les logiciels de gestion ;
- les anciens comptes ;
- les contrats ;
- les bulletins de salaire ;
- les échanges avec les clients ;
- les documents archivés.
La personne peut être obligée de corriger plusieurs systèmes distincts.
Un seul compte non mis à jour peut continuer à afficher l’ancien prénom auprès de toute l’entreprise.
Les responsables peuvent limiter le problème en :
- modifiant les champs visibles ;
- mettant à jour la messagerie ;
- distinguant les données administratives des données d’affichage ;
- limitant l’accès aux anciennes informations ;
- vérifiant les logiciels synchronisés ;
- organisant les communications avec la personne concernée.
Faut-il annoncer le changement de prénom à toute l’entreprise ?
Pas nécessairement.
La méthode doit être décidée avec la personne.
Elle peut préférer :
- prévenir elle-même quelques collègues ;
- envoyer un message à son équipe ;
- demander à un responsable de communiquer l’information ;
- ne fournir aucune explication ;
- simplement modifier les outils ;
- parler individuellement aux personnes concernées.
Une annonce ne doit pas contenir davantage d’informations qu’elle ne souhaite en transmettre.
Il n’est pas nécessaire d’expliquer :
- son ancien prénom ;
- son parcours médical ;
- son identité précise ;
- la date de sa transition ;
- les raisons personnelles de son choix.
Un message peut simplement indiquer :
Cette personne utilise désormais le prénom Camille. Merci de mettre à jour vos contacts et de l’utiliser dans vos échanges.
Le deadnaming dans les espaces médicaux
Les établissements médicaux peuvent devoir conserver des informations correspondant aux documents officiels ou aux dossiers antérieurs.
Cela ne signifie pas que l’ancien prénom doit être utilisé dans chaque interaction.
Des difficultés peuvent apparaître :
- à l’accueil ;
- dans une salle d’attente ;
- sur une convocation ;
- dans les appels téléphoniques ;
- sur une ordonnance ;
- dans les systèmes informatiques ;
- lors d’une transmission entre services.
Prononcer un ancien prénom dans une salle d’attente peut révéler une information devant d’autres patients.
Lorsqu’il est possible de le faire, les services peuvent distinguer :
- le prénom nécessaire à l’identification administrative ;
- le prénom à utiliser oralement ;
- le prénom visible sur les outils destinés au personnel.
Le deadnaming dans les démarches administratives
Une personne peut avoir modifié son prénom dans certains organismes, mais pas dans tous.
Elle peut ainsi posséder :
- une pièce d’identité actualisée ;
- un diplôme ancien ;
- un compte bancaire non modifié ;
- un contrat établi sous l’ancien prénom ;
- plusieurs dossiers qui ne communiquent pas entre eux.
Même après une modification officielle, les anciennes informations peuvent réapparaître en raison :
- d’archives ;
- de sauvegardes ;
- d’une synchronisation ;
- d’un fichier non mis à jour ;
- d’une erreur de saisie ;
- d’une base de données externe.
En France, certains documents doivent être renouvelés ou mis à jour après une modification de l’état civil, mais les procédures dépendent du document concerné.
Il faut éviter de considérer chaque différence entre deux documents comme une tentative de fraude. Une vérification peut être nécessaire, mais elle doit être menée avec discrétion.
Le deadnaming sur Internet
Internet peut conserver longtemps d’anciennes informations.
L’ancien prénom peut rester visible dans :
- une URL ;
- un pseudonyme ;
- une ancienne adresse électronique ;
- des publications archivées ;
- les commentaires d’un proche ;
- une légende photographique ;
- un compte inactif ;
- un résultat de moteur de recherche ;
- une capture d’écran ;
- un forum ;
- un document téléchargeable.
La personne peut ne pas être en mesure de tout supprimer.
Il faut éviter de contribuer à la diffusion en :
- partageant l’ancien contenu ;
- identifiant le nouveau compte ;
- commentant avec l’ancien prénom ;
- publiant une comparaison avant/après ;
- envoyant une capture d’écran ;
- racontant publiquement la découverte.
La diffusion d’un ancien profil, d’une capture d’écran ou d’un document contenant un ancien prénom peut exposer durablement une personne. Notre guide LGBTQIA+ de sécurité en ligne présente les précautions permettant de limiter les traces numériques et les divulgations non consenties.
Peut-on republier une ancienne photographie ?
Pas sans vérifier l’accord de la personne.
Le problème peut venir :
- de la photographie elle-même ;
- de son ancienne apparence ;
- de la légende ;
- du prénom affiché ;
- des personnes identifiées ;
- du contexte ;
- de la date ;
- des commentaires associés.
Une personne peut accepter que certaines photographies soient montrées dans un cercle familial, mais refuser leur publication sur un compte public.
Un consentement ancien ne garantit pas un consentement actuel pour une nouvelle diffusion.
Les moteurs de recherche peuvent-ils provoquer un deadnaming ?
Oui.
Une recherche sur le prénom actuel peut parfois faire apparaître :
- un ancien profil ;
- un classement sportif ;
- un article de presse ;
- un diplôme ;
- une association ;
- un document administratif ;
- une archive scolaire.
Une personne qui découvre ces informations doit éviter de les transformer en sujet de discussion.
Elle ne devrait pas demander :
J’ai trouvé un autre prénom associé à toi, est-ce ton vrai nom ?
Lorsqu’un ancien contenu crée un risque réel, il est possible d’en informer discrètement la personne sans diffuser le lien à d’autres personnes.
Comment informer une personne qu’un ancien prénom reste visible ?
La démarche peut être utile lorsqu’elle reste discrète et ne cherche pas à obtenir des explications.
Une formulation possible est :
Je voulais te prévenir qu’une ancienne page apparaît encore lorsque l’on recherche ton prénom. Souhaites-tu que je t’envoie le lien en privé ?
Cette méthode :
- laisse la personne décider ;
- évite une diffusion publique ;
- ne demande pas de justification ;
- lui permet d’agir si elle le souhaite.
Il ne faut pas publier l’ancien contenu pour attirer son attention.
Le deadnaming peut-il devenir du harcèlement ?
Une erreur isolée ne constitue pas automatiquement du harcèlement.
Le comportement peut toutefois prendre une dimension de harcèlement lorsqu’il est :
- volontaire ;
- répété ;
- destiné à humilier ;
- poursuivi après plusieurs corrections ;
- accompagné de moqueries ;
- diffusé publiquement ;
- utilisé pour encourager d’autres personnes à participer ;
- associé à des menaces ou à une campagne en ligne.
Le prénom peut alors devenir un outil servant à nier l’identité, provoquer la personne ou la désigner comme cible.
Il faut conserver les éléments disponibles lorsque le comportement se répète :
- messages ;
- courriels ;
- captures d’écran ;
- dates ;
- noms des témoins ;
- publications ;
- signalements déjà effectués.
La personne pourra ensuite décider de demander l’aide d’un responsable, d’une association ou d’un professionnel compétent.
Quelles peuvent être les conséquences sociales du deadnaming ?
Le deadnaming peut modifier la manière dont les autres perçoivent une personne.
Après avoir entendu l’ancien prénom, certaines personnes peuvent :
- commencer à poser des questions ;
- modifier leurs pronoms ;
- rechercher son passé ;
- diffuser des rumeurs ;
- commenter son corps ;
- l’exclure ;
- sexualiser son identité ;
- remettre en question ses compétences ;
- utiliser à leur tour l’ancien prénom.
Une seule divulgation peut donc se propager au-delà de la conversation initiale.
La personne concernée peut perdre le contrôle sur :
- les personnes informées ;
- les explications données ;
- les mots utilisés ;
- la date de la révélation ;
- la manière dont l’information est interprétée.
Le prénom correct peut-il avoir un effet positif ?
Oui.
L’utilisation du prénom et du langage choisis peut contribuer à faire sentir à une personne qu’elle est reconnue et soutenue.
Des jeunes transgenres et non binaires interrogés par The Trevor Project ont notamment cité l’utilisation correcte de leur prénom et de leurs pronoms parmi les comportements qui leur procuraient un sentiment de soutien et d’affirmation.
Le respect du prénom ne règle pas toutes les difficultés auxquelles une personne peut être confrontée. Il représente néanmoins une action quotidienne accessible à l’entourage.
Il peut montrer que :
- sa parole est prise au sérieux ;
- son identité n’est pas débattue ;
- elle n’a pas à se justifier à chaque échange ;
- sa confidentialité sera protégée ;
- son entourage fait un effort réel.
Faut-il éviter totalement de parler de l’ancien prénom ?
Il n’existe pas une règle identique pour toutes les personnes.
Certaines ne souhaitent jamais que l’ancien prénom soit prononcé ou écrit.
D’autres acceptent qu’il apparaisse :
- dans certains documents historiques ;
- dans une recherche généalogique ;
- dans une œuvre publiée avant le changement ;
- lors de démarches administratives ;
- dans des échanges privés avec des proches précis.
La personne peut également changer d’avis avec le temps.
Une ancienne autorisation ne doit pas être considérée comme permanente ou applicable à tous les contextes.
Lorsqu’un doute existe, il est préférable de demander sans prononcer directement l’ancien prénom :
Comment souhaites-tu que je parle de cette période ?
Est-ce que cette ancienne publication peut être montrée ?
Quel prénom dois-je utiliser sur ce document ?
Comment savoir si une personne a été blessée ?
Une personne ne réagit pas toujours immédiatement.
Elle peut :
- corriger calmement ;
- rester silencieuse ;
- changer de sujet ;
- quitter la conversation ;
- rire par gêne ;
- envoyer un message plus tard ;
- ne rien dire par peur d’un conflit.
L’absence de réaction visible ne signifie pas nécessairement que l’erreur était sans importance.
Il vaut mieux se corriger sans attendre qu’elle montre une souffrance ou fournisse une explication détaillée.
Faut-il demander à la personne si le deadnaming lui fait du mal ?
Cette question peut être posée dans une relation de confiance, mais elle n’est pas nécessaire pour commencer à respecter son prénom.
Il faut éviter :
Prouve-moi que cela te fait vraiment du mal.
Une formulation plus respectueuse peut être :
Je souhaite mieux comprendre tes limites. Y a-t-il des situations dans lesquelles je dois faire particulièrement attention ?
La personne peut expliquer ses besoins, mais elle ne doit pas être obligée de raconter sa dysphorie, son passé ou ses expériences de discrimination.
Les principales conséquences à retenir
Le deadnaming peut :
- provoquer un malaise ou une dysphorie ;
- donner l’impression que l’identité actuelle n’est pas reconnue ;
- obliger une personne à se justifier ;
- révéler une transidentité ;
- compromettre sa confidentialité ;
- entraîner des questions intrusives ;
- faciliter le harcèlement ;
- diffuser une ancienne information en ligne ;
- créer des difficultés dans la famille, à l’école ou au travail ;
- rendre certaines démarches médicales ou administratives plus éprouvantes ;
- affaiblir la confiance accordée à l’entourage.
Ces conséquences ne se produisent pas systématiquement et leur intensité varie selon les personnes.
La règle la plus sûre reste de prendre au sérieux le prénom communiqué, d’éviter de rechercher ou de transmettre l’ancien et de demander discrètement quelles informations peuvent être utilisées dans chaque contexte.
La partie suivante présentera les méthodes concrètes permettant d’éviter le deadnaming, de modifier une ancienne habitude, de corriger une erreur sans aggraver la situation et de réagir lorsque quelqu’un refuse volontairement d’utiliser le prénom actuel.
Comment éviter le deadnaming et réagir après une erreur ?
Éviter le deadnaming ne demande pas de connaître tous les détails du parcours d’une personne. La règle principale consiste à utiliser le prénom avec lequel elle se présente et à respecter les indications qu’elle donne selon les contextes.
Lorsqu’une erreur survient, la réaction la plus utile est généralement simple :
- se corriger rapidement ;
- présenter une excuse courte ;
- utiliser le bon prénom ;
- poursuivre la conversation ;
- faire un effort pour éviter que l’erreur se répète.
L’objectif n’est pas de transformer chaque maladresse en conflit, mais de montrer que le prénom communiqué est pris au sérieux.
Comment connaître le prénom à utiliser ?
Le prénom à employer est généralement celui que la personne utilise lorsqu’elle se présente.
Elle peut dire :
Je m’appelle Camille.
J’utilise désormais le prénom Noé.
Tu peux m’appeler Alex.
Il n’est pas nécessaire de vérifier si ce prénom :
- figure sur ses documents ;
- a été validé par sa famille ;
- correspond à son apparence ;
- est utilisé depuis longtemps ;
- a été choisi définitivement ;
- paraît masculin, féminin ou neutre.
Lorsqu’un doute existe, une question simple suffit :
Quel prénom souhaites-tu que j’utilise ?
Il vaut mieux poser cette question discrètement plutôt que d’employer un prénom incertain devant un groupe.
Faut-il demander le prénom administratif ?
Uniquement lorsqu’il est réellement nécessaire.
Dans une conversation, une rencontre, un groupe associatif ou une activité informelle, le prénom utilisé par la personne suffit généralement.
Le prénom figurant sur les documents peut être nécessaire pour :
- établir un contrat ;
- vérifier une identité ;
- réserver un billet nominatif ;
- retrouver un dossier ;
- effectuer une démarche bancaire ;
- remplir un document administratif.
Dans ce cas, il est préférable d’expliquer la raison de la demande :
J’ai besoin du prénom figurant sur votre pièce d’identité pour établir ce document. Quel prénom souhaitez-vous que j’utilise pendant nos échanges ?
Cette formulation permet de distinguer les obligations administratives de la manière dont la personne souhaite être appelée.
Il faut éviter :
Quel est ton vrai prénom ?
Quel est ton nom officiel, pas celui que tu utilises maintenant ?
Comment t’appelaient tes parents ?
Ces formulations peuvent donner l’impression que le prénom actuel serait faux ou secondaire.
Vérifier le contexte avant d’utiliser un prénom
Une personne peut ne pas utiliser le même prénom dans tous les environnements.
Elle peut employer :
- son prénom actuel avec ses amis ;
- son prénom administratif auprès de sa famille ;
- un pseudonyme en ligne ;
- un prénom différent dans son établissement ;
- son ancien prénom dans un environnement où elle ne se sent pas en sécurité.
Cette situation ne signifie pas qu’elle ment ou qu’elle hésite nécessairement sur son identité.
Elle peut chercher à éviter :
- une réaction familiale hostile ;
- une perte de logement ;
- une discrimination ;
- des violences ;
- du harcèlement ;
- une divulgation avant d’être prête.
Avant une rencontre, un appel ou une communication, il peut être utile de demander :
Quel prénom dois-je utiliser devant ta famille ?
Ton prénom actuel est-il connu dans ton entreprise ?
Comment souhaites-tu que je te présente à ces personnes ?
Quel prénom puis-je mettre dans ce groupe de discussion ?
Le respect du prénom doit aller de pair avec la protection de la confidentialité.
Faut-il noter les indications données par la personne ?
Oui, lorsque plusieurs contextes risquent de créer une confusion.
Il est possible de noter discrètement :
- le prénom à utiliser au quotidien ;
- le prénom à employer devant la famille ;
- le prénom destiné aux documents administratifs ;
- les groupes dans lesquels le changement est déjà connu ;
- les personnes qui peuvent être informées.
Cette information doit rester confidentielle.
Il ne faut pas créer une note visible comme :
Alex — anciennement prénom X — personne trans.
Une note plus sobre peut suffire :
Prénom utilisé : Alex.
Lorsqu’une ancienne information doit être conservée pour une raison administrative, son accès doit être limité aux personnes qui en ont réellement besoin.
Comment modifier une ancienne habitude ?
Lorsqu’un prénom a été utilisé pendant plusieurs années, une période d’adaptation peut être nécessaire.
L’habitude peut toutefois être travaillée activement.
Il est possible de :
- modifier le nom dans son téléphone ;
- mettre à jour les groupes de discussion ;
- corriger les calendriers ;
- changer les surnoms enregistrés ;
- utiliser le prénom actuel dans les conversations avec les proches ;
- répéter mentalement quelques phrases ;
- associer le nouveau prénom à une image actuelle de la personne ;
- corriger immédiatement chaque erreur ;
- vérifier les légendes et listes régulièrement utilisées.
Un exercice simple consiste à formuler plusieurs phrases en privé :
Camille viendra demain.
J’ai parlé à Camille ce matin.
Le manteau de Camille est resté ici.
Cette répétition aide à remplacer une ancienne association sans demander à la personne concernée de corriger continuellement son entourage.
Faut-il éviter le prénom pendant la période d’adaptation ?
Certaines personnes contournent la difficulté en cessant complètement d’utiliser le prénom de la personne.
Elles emploient uniquement :
- « toi » ;
- « cette personne » ;
- des surnoms vagues ;
- des formulations impersonnelles.
Cette stratégie peut être temporairement utile pour éviter une erreur publique, mais elle ne permet pas réellement d’apprendre le prénom actuel.
Elle peut également devenir visible et donner l’impression que la personne refuse de prononcer le nouveau prénom.
Il est donc préférable de s’entraîner à l’utiliser correctement.
Comment réagir après un deadnaming accidentel ?
Lorsqu’une erreur est commise, il n’est généralement pas nécessaire d’interrompre longuement la conversation.
Une correction simple peut suffire :
Julien viendra… pardon, Julie viendra avec nous.
ou :
J’ai envoyé le document à Thomas… désolé, à Chloé.
La démarche recommandée consiste à :
- identifier l’erreur ;
- prononcer le bon prénom ;
- présenter une excuse courte si nécessaire ;
- continuer la phrase ;
- faire davantage attention ensuite.
Une excuse peut prendre la forme suivante :
Désolé, je voulais dire Camille.
Pardon, son prénom est Noé.
Je me suis trompé. Alex sera présent demain.
La qualité de la réaction dépend moins de la longueur de l’excuse que du comportement adopté après celle-ci.
Faut-il répéter l’ancien prénom pour expliquer l’erreur ?
Non.
Il est inutile de dire :
Désolé d’avoir dit « ancien prénom », je voulais dire Camille. Je confonds encore « ancien prénom » et Camille.
Cette formulation répète plusieurs fois l’information que l’on cherche précisément à ne plus utiliser.
Une correction suffit :
Désolé, je voulais dire Camille.
Il faut également éviter de demander aux autres personnes présentes :
Vous avez entendu l’ancien prénom que j’ai utilisé ?
Cette question attirerait davantage l’attention sur l’erreur.
Faut-il s’excuser longuement ?
Généralement non.
Une longue excuse peut obliger la personne concernée à rassurer celle qui s’est trompée.
Il vaut mieux éviter :
Je suis vraiment désolé, je suis une personne horrible. Je fais pourtant beaucoup d’efforts. J’espère que tu ne m’en veux pas. C’est très difficile pour moi parce que je t’ai connu pendant des années avec ton ancien prénom.
Cette réaction recentre la situation sur :
- la culpabilité de l’auteur de l’erreur ;
- ses difficultés ;
- son besoin d’être rassuré ;
- son image de personne respectueuse.
Une excuse courte laisse davantage de place à la personne concernée :
Désolé, je me corrige.
Le meilleur moyen de montrer sa sincérité reste d’utiliser correctement le prénom par la suite.
Faut-il expliquer pourquoi on s’est trompé ?
Pas systématiquement.
Des explications comme celles-ci peuvent ressembler à des justifications :
- « Je suis trop vieux pour changer mes habitudes » ;
- « Ton nouveau prénom est difficile à retenir » ;
- « Je t’ai connu pendant tellement longtemps autrement » ;
- « Pour moi, tu restes associé à ton ancien prénom » ;
- « Tu viens seulement de nous l’annoncer » ;
- « C’est plus compliqué pour la famille que pour toi ».
Une personne peut réellement avoir besoin d’un temps d’adaptation. Elle n’a toutefois pas besoin de présenter cette difficulté après chaque erreur.
Elle peut simplement se corriger et travailler cette habitude en privé.
Que faire lorsque la personne ne réagit pas ?
L’absence de réaction ne signifie pas nécessairement que l’erreur n’a pas été remarquée.
La personne peut :
- ne pas vouloir interrompre la conversation ;
- craindre d’attirer l’attention ;
- être fatiguée de corriger ;
- ne pas se sentir en sécurité ;
- préférer en parler plus tard ;
- avoir décidé de laisser passer cette erreur.
Il faut se corriger dès que l’on s’en aperçoit, même si la personne ne dit rien.
Il n’est pas nécessaire de lui demander immédiatement devant tout le monde :
Est-ce que cela t’a blessé ?
Une discussion privée peut être envisagée si les erreurs sont fréquentes ou si l’ancien prénom a été révélé publiquement.
Que faire lorsque l’erreur est entendue par d’autres personnes ?
La priorité consiste à corriger le prénom sans répéter inutilement l’ancien.
On peut dire :
Je me suis trompé. Son prénom est Camille.
ou :
Petite correction : elle utilise le prénom Camille.
Il faut ensuite évaluer si l’erreur a pu révéler une information privée.
Lorsque l’ancien prénom risque d’avoir exposé un parcours trans, il est préférable de prévenir la personne concernée :
Je dois te signaler que j’ai utilisé ton ancien prénom devant deux collègues. Je me suis corrigé immédiatement. Souhaites-tu que je fasse autre chose ?
Cette formulation :
- reconnaît l’erreur ;
- précise qui a entendu l’information ;
- évite de minimiser ;
- laisse la personne décider de la suite.
Il ne faut pas contacter un grand nombre de personnes en répétant l’histoire sous prétexte de réparer.
Comment réparer une erreur publique ?
Les mesures utiles dépendent du contexte.
Il peut être possible de :
- corriger un message ;
- modifier une publication ;
- mettre à jour une liste ;
- remplacer un document ;
- supprimer une ancienne identification ;
- corriger une légende ;
- prévenir discrètement les personnes qui ont entendu l’erreur ;
- demander que l’information ne soit pas diffusée.
La réparation doit rester proportionnée.
Si l’ancien prénom a été utilisé dans un message envoyé à une seule personne, une correction privée peut suffire.
S’il a été publié sur un compte public, il peut être nécessaire de :
- supprimer ou modifier la publication ;
- prévenir la personne concernée ;
- vérifier les captures ou partages éventuels ;
- lui demander comment elle souhaite gérer la situation.
Il ne faut pas publier une seconde annonce expliquant en détail pourquoi le premier prénom était incorrect, car cette démarche pourrait aggraver la divulgation.
Comment corriger quelqu’un d’autre ?
Lorsqu’une autre personne utilise l’ancien prénom, une correction simple est souvent préférable.
On peut dire :
Son prénom est Camille.
Elle utilise désormais le prénom Camille.
Merci d’utiliser le prénom qu’elle a indiqué.
Petite correction : nous parlons de Noé.
Il faut éviter de :
- répéter plusieurs fois l’ancien prénom ;
- raconter le parcours de la personne ;
- expliquer sa transition sans autorisation ;
- provoquer une confrontation spectaculaire ;
- demander à la personne concernée de se justifier.
La correction doit porter sur le prénom à utiliser, pas sur des informations privées.
Faut-il corriger quelqu’un en l’absence de la personne concernée ?
Oui, lorsque cela peut être fait sans provoquer un outing supplémentaire.
Corriger en son absence permet :
- d’éviter que l’ancien prénom se propage ;
- d’aider les autres à prendre la bonne habitude ;
- de montrer que le respect ne dépend pas de sa présence ;
- de ne pas lui laisser toute la responsabilité des corrections.
Par exemple :
Son prénom est désormais Léa. Merci de l’utiliser aussi lorsqu’elle n’est pas là.
Il faut toutefois vérifier que les personnes présentes connaissent déjà ce prénom.
Si la personne n’est pas out dans ce groupe, une correction publique pourrait révéler davantage d’informations.
Dans ce cas, il peut être préférable de contacter discrètement l’auteur de l’erreur.
Comment corriger un parent ou un proche âgé ?
La correction peut rester respectueuse sans accepter une répétition permanente.
On peut dire :
Je sais que tu as utilisé cet ancien prénom pendant longtemps, mais elle s’appelle désormais Camille.
Tu peux te tromper, mais il faut te corriger.
Nous utilisons tous le prénom Noé afin de prendre la bonne habitude.
Il peut être utile de :
- modifier les contacts du proche ;
- lui rappeler le prénom avant une rencontre ;
- pratiquer quelques phrases ;
- corriger sans humiliation ;
- intervenir également lorsque la personne concernée n’est pas présente.
L’âge ou la durée de l’habitude peut expliquer une difficulté. Ils ne justifient pas un refus volontaire.
Comment réagir lorsqu’une personne refuse le prénom actuel ?
Un refus explicite dépasse la simple maladresse.
Il peut prendre la forme de phrases comme :
- « Je ne l’appellerai jamais comme cela » ;
- « Son vrai prénom est celui que ses parents ont choisi » ;
- « Je changerai lorsqu’il aura été opéré » ;
- « Je ne participerai pas à cette histoire » ;
- « Sur les papiers, ce n’est pas ce prénom » ;
- « Elle ne peut pas décider de changer du jour au lendemain ».
Une réponse claire peut être :
C’est le prénom qu’elle utilise et il doit être respecté.
Ses démarches administratives ne déterminent pas la manière dont nous devons nous adresser à elle.
Tu n’as pas besoin de comprendre tout son parcours pour employer son prénom.
Continuer volontairement à utiliser l’ancien prénom est irrespectueux.
Selon le contexte, il peut également être nécessaire de :
- rappeler les règles d’un établissement ;
- prévenir un responsable ;
- documenter les refus répétés ;
- limiter certains échanges ;
- soutenir la personne concernée ;
- demander une intervention formelle.
Faut-il débattre du choix du prénom ?
Non.
Le prénom d’une personne ne doit pas devenir un sujet de vote familial, professionnel ou amical.
Il faut éviter de discuter :
- de sa sonorité ;
- de son genre supposé ;
- de son originalité ;
- de sa cohérence avec l’apparence ;
- de sa légitimité ;
- de l’autorisation des parents ;
- de la durée depuis laquelle il est utilisé.
Une personne peut demander l’avis de son entourage lorsqu’elle hésite entre plusieurs prénoms. Cela ne signifie pas que cet entourage possède ensuite un droit de validation définitif.
Que faire lorsqu’une personne change plusieurs fois de prénom ?
Une personne peut essayer plusieurs prénoms avant de trouver celui qui lui convient.
Elle peut également faire évoluer son choix parce que :
- son identité change ;
- un prénom lui convient moins que prévu ;
- il provoque des difficultés ;
- elle découvre une autre possibilité ;
- elle souhaite adopter un prénom différent selon les langues ;
- sa situation personnelle évolue.
L’entourage peut demander :
Quel prénom souhaites-tu que j’utilise actuellement ?
Il faut éviter :
- « Tu changes encore ? » ;
- « Je n’apprendrai pas tant que tu n’auras pas décidé définitivement » ;
- « Tu ne peux pas nous demander de suivre » ;
- « Cela prouve que tu n’es pas sûr de ton identité ».
Un changement n’annule pas la légitimité du prénom utilisé à un moment donné.
Comment parler d’une personne avant son changement de prénom ?
Il est généralement préférable d’utiliser son prénom actuel, même pour parler de périodes antérieures.
Par exemple :
Camille jouait déjà de la guitare lorsqu’elle avait dix ans.
Noé était dans ma classe au collège.
Alex travaillait dans cette entreprise avant de déménager.
Il n’est pas nécessaire de réintroduire l’ancien prénom pour situer l’époque.
Cette pratique permet :
- de respecter l’identité actuelle ;
- d’éviter une révélation inutile ;
- d’habituer l’entourage au bon prénom ;
- de raconter le passé sans transformer la transition en sujet principal.
La personne peut toutefois avoir une préférence différente. Elle peut demander qu’un ancien nom d’artiste, un crédit professionnel ou une publication historique soit conservé.
Il faut suivre ses indications.
Comment gérer les anciens diplômes et documents professionnels ?
Une personne peut posséder des diplômes, certificats, contrats ou publications établis sous un ancien prénom.
Lorsqu’elle doit les présenter, il faut éviter :
- d’annoncer la différence devant d’autres personnes ;
- de demander des explications sans nécessité ;
- de conserver des copies accessibles à toute une équipe ;
- de diffuser l’ancien prénom dans les échanges ;
- de traiter la situation comme suspecte.
Une vérification privée peut être effectuée lorsqu’elle est indispensable.
Dans un processus de recrutement, par exemple, un responsable peut :
- demander les justificatifs dans un espace confidentiel ;
- utiliser le prénom actuel pendant les entretiens ;
- limiter l’accès aux documents ;
- expliquer les informations nécessaires ;
- mettre à jour les outils visibles dès l’arrivée de la personne.
Comment gérer les anciennes adresses électroniques ?
Une ancienne adresse peut contenir l’ancien prénom.
Il est recommandé, lorsque cela est possible, de :
- créer une nouvelle adresse ;
- transférer les messages ;
- modifier le nom d’affichage ;
- mettre à jour les annuaires ;
- remplacer l’adresse dans les listes ;
- éviter d’utiliser l’ancienne en copie ;
- désactiver progressivement l’ancien compte.
Il faut vérifier les systèmes liés :
- calendrier ;
- visioconférence ;
- espace de stockage ;
- logiciel de paie ;
- messagerie interne ;
- outils clients ;
- signatures automatiques.
Une adresse modifiée dans un seul système peut continuer à afficher l’ancien prénom dans d’autres outils synchronisés.
Comment gérer les listes de classe et les appels ?
Les établissements peuvent distinguer le prénom utilisé dans la vie scolaire du prénom nécessaire à certaines formalités.
Lorsque le système le permet, le prénom actuel peut apparaître sur :
- les listes d’appel ;
- l’espace numérique ;
- la carte de bibliothèque ;
- les groupes de travail ;
- les adresses électroniques ;
- les documents distribués aux camarades.
L’ancien prénom ne devrait pas être prononcé devant la classe simplement parce qu’il figure dans un logiciel.
L’enseignant peut vérifier discrètement avant le premier appel :
Quel prénom souhaitez-vous que j’utilise en classe ?
Il doit également demander quel prénom peut être utilisé dans les communications avec la famille.
Comment gérer un badge ou une liste d’inscription ?
Un badge visible doit généralement afficher le prénom utilisé par la personne.
Lorsqu’un prénom administratif est nécessaire pour la vérification, il peut être conservé dans un champ non public.
Une organisation peut prévoir deux espaces distincts :
- prénom figurant sur le document d’identité ;
- prénom à afficher.
Cette séparation évite de forcer la personne à choisir entre :
- révéler une information privée ;
- porter un badge incorrect ;
- expliquer son parcours à l’accueil.
Que faire lorsqu’un logiciel ne permet pas le changement ?
Certains outils utilisent automatiquement un prénom ancien provenant d’une base centrale.
Dans ce cas, il est possible de :
- signaler le problème au service informatique ;
- demander une modification du nom d’affichage ;
- utiliser un champ de prénom d’usage ;
- limiter les personnes ayant accès à l’information ;
- créer temporairement un profil visible différent ;
- masquer le champ dans les documents non officiels ;
- ajouter une procédure pour éviter l’appel public du prénom administratif.
Il faut éviter de répondre :
Le logiciel ne permet pas de changer, nous ne pouvons rien faire.
Même lorsque la modification technique complète prend du temps, des solutions provisoires peuvent souvent réduire l’exposition.
Comment éviter le deadnaming dans les services médicaux ?
Lors d’une prise en charge médicale, le personnel peut demander :
- le prénom figurant sur les documents ;
- le prénom à utiliser pendant les échanges ;
- les pronoms ;
- les informations nécessaires au dossier.
Il est possible d’ajouter une mention claire :
Prénom utilisé : Camille.
L’accueil peut éviter de prononcer l’ancien prénom dans une salle d’attente.
Lorsque l’identification exige une précision, une formulation discrète peut être utilisée :
Pouvez-vous me confirmer votre date de naissance ?
plutôt que d’annoncer publiquement plusieurs prénoms.
Les informations administratives ne doivent être accessibles qu’aux professionnels qui en ont besoin.
Comment éviter le deadnaming sur les réseaux sociaux ?
Avant de publier ou d’identifier une personne, il faut vérifier :
- le prénom affiché sur son compte actuel ;
- les personnes pouvant voir la publication ;
- la présence d’anciennes légendes ;
- les identifications automatiques ;
- les captures d’écran ;
- les archives ;
- les commentaires d’anciens proches.
Il est préférable de demander avant de republier :
- une photographie d’enfance ;
- un ancien profil ;
- une publication antérieure ;
- une vidéo avec une ancienne présentation ;
- un diplôme ;
- un article de presse ;
- une affiche ancienne.
Une personne peut accepter la photographie, mais pas l’ancien prénom visible dans la légende.
Comment modifier une ancienne publication ?
Selon la plateforme, il peut être possible de :
- modifier la légende ;
- retirer une identification ;
- remplacer le prénom ;
- supprimer un commentaire ;
- archiver la publication ;
- limiter son audience ;
- retirer une photographie ;
- demander une désindexation.
Il faut demander à la personne ce qu’elle préfère.
Elle peut vouloir :
- conserver l’image ;
- modifier uniquement le texte ;
- supprimer entièrement la publication ;
- laisser l’ancien contenu dans un espace privé ;
- ne rien changer.
La décision ne doit pas être prise à sa place.
Comment gérer les albums familiaux ?
Les albums, arbres généalogiques et souvenirs peuvent comporter l’ancien prénom.
Il est possible de demander :
Souhaites-tu que nous modifiions les légendes ?
Est-ce que ces albums peuvent être montrés à d’autres personnes ?
Comment veux-tu que nous parlions de ces photographies ?
La personne peut souhaiter :
- remplacer les étiquettes ;
- conserver certains documents privés ;
- éviter leur diffusion ;
- continuer à utiliser certaines photographies ;
- retirer quelques contenus précis.
Il n’existe pas une solution identique pour toutes les familles.
Faut-il supprimer toutes les traces de l’ancien prénom ?
Pas nécessairement.
Certaines traces peuvent être légalement ou historiquement difficiles à modifier. La personne peut aussi souhaiter conserver certains documents.
L’objectif n’est pas d’effacer automatiquement son passé, mais de respecter ses choix concernant :
- l’accès ;
- la diffusion ;
- l’utilisation quotidienne ;
- la confidentialité ;
- la présentation aux autres.
Une archive privée n’a pas le même effet qu’un ancien prénom affiché publiquement sur un badge ou un profil professionnel.
Comment aider sans prendre le contrôle ?
Un proche peut proposer son aide pour :
- modifier les comptes ;
- contacter une administration ;
- corriger des documents ;
- prévenir certaines personnes ;
- organiser une communication professionnelle ;
- supprimer d’anciennes publications.
Il doit toutefois demander :
Souhaites-tu que je t’aide ?
Veux-tu que je contacte cette personne ?
Quels éléments puis-je expliquer ?
Il faut éviter de décider seul :
- d’annoncer le changement ;
- de contacter toute la famille ;
- de publier un message ;
- de raconter la transition ;
- de supprimer des souvenirs ;
- de corriger quelqu’un dans un contexte dangereux.
Le soutien doit renforcer le contrôle de la personne sur son identité, pas le remplacer.
Comment soutenir une personne régulièrement deadnamée ?
Une personne confrontée à des erreurs répétées peut se sentir fatiguée de devoir intervenir seule.
Un proche peut l’aider en :
- corrigeant les autres avec son accord ;
- utilisant systématiquement le bon prénom ;
- vérifiant les listes et documents ;
- l’accompagnant dans un signalement ;
- conservant les preuves d’un comportement volontaire ;
- demandant ce dont elle a besoin ;
- évitant de minimiser ;
- lui laissant le choix de la réaction.
Une question simple peut être utile :
Préfères-tu que je corrige les autres lorsque cela arrive ?
Certaines personnes apprécient cette aide. D’autres préfèrent intervenir elles-mêmes ou ne pas attirer davantage l’attention.
Faut-il féliciter quelqu’un parce qu’il utilise le bon prénom ?
Utiliser le prénom demandé constitue une forme élémentaire de respect.
Il n’est donc pas nécessaire de rechercher une reconnaissance particulière pour avoir accompli cet effort.
Une personne peut être encouragée lorsqu’elle progresse, mais elle ne doit pas attendre :
- des remerciements permanents ;
- une récompense ;
- une admiration particulière ;
- que chaque erreur soit immédiatement pardonnée ;
- que la personne concernée minimise son malaise.
Le respect du prénom ne doit pas être présenté comme une faveur.
Que faire après plusieurs erreurs répétées ?
Lorsque les erreurs persistent malgré une bonne intention, il faut adopter une méthode plus active.
La personne peut :
- identifier les contextes où elle se trompe le plus ;
- modifier tous ses contacts ;
- utiliser davantage le prénom actuel en privé ;
- demander à un proche de la corriger ;
- ralentir avant de parler ;
- préparer les présentations ;
- vérifier les documents avant une réunion ;
- éviter les longues justifications ;
- reconnaître honnêtement qu’un effort supplémentaire est nécessaire.
Elle peut dire en privé :
Je remarque que je continue à me tromper. Je travaille à modifier cette habitude et je suis désolé de te faire subir ces erreurs.
Cette phrase doit être suivie d’actions concrètes.
Comment réagir après avoir révélé l’ancien prénom par accident ?
Lorsqu’un deadnaming provoque un risque d’outing, la personne responsable doit agir rapidement.
Elle peut :
- prévenir la personne concernée ;
- préciser qui a entendu ou vu l’information ;
- expliquer le contexte sans minimiser ;
- supprimer les contenus lorsque cela reste possible ;
- demander aux destinataires de ne pas diffuser l’information ;
- proposer une aide ;
- respecter la stratégie choisie par la personne.
Il vaut mieux dire :
J’ai fait une erreur et ton ancien prénom est apparu dans le message envoyé à trois collègues. Je l’ai supprimé, mais ils ont peut-être eu le temps de le lire. Que souhaites-tu que je fasse maintenant ?
Il faut éviter :
Ce n’est probablement pas grave.
Ils ne feront sûrement pas le rapprochement.
Tu devrais simplement leur expliquer.
La personne concernée est la mieux placée pour évaluer le risque et choisir sa réponse.
Les principales habitudes à adopter
Pour éviter le deadnaming, il est utile de :
- employer le prénom communiqué ;
- vérifier le contexte avant de l’utiliser publiquement ;
- modifier rapidement ses contacts ;
- mettre à jour les listes et outils visibles ;
- limiter l’accès au prénom administratif ;
- utiliser le prénom actuel pour parler du passé ;
- demander avant de partager d’anciens contenus ;
- corriger simplement les erreurs ;
- éviter les longues justifications ;
- intervenir face aux refus volontaires ;
- protéger la confidentialité ;
- ne pas chercher l’ancien prénom ;
- suivre les choix de la personne lorsqu’ils évoluent.
Une erreur ponctuelle peut arriver. Elle devient moins importante lorsque l’auteur se corrige, apprend et prend des mesures pour qu’elle ne se répète pas.
La dernière partie expliquera les différences entre le deadnaming, le misgendering, l’outing et le passing, puis répondra aux questions fréquentes concernant les personnes non binaires, les anciens documents, le harcèlement et l’utilisation d’un prénom après le décès d’une personne.
Deadnaming, misgendering, outing et passing : quelles différences ?
Le deadnaming est souvent associé à d’autres notions liées au respect de l’identité de genre. Ces termes peuvent se croiser dans une même situation, mais ils ne décrivent pas exactement le même comportement.
Il faut principalement distinguer :
- le deadnaming, qui concerne l’utilisation d’un ancien prénom ;
- le misgendering, qui concerne l’utilisation d’un genre, d’un pronom ou d’un accord incorrect ;
- l’outing, qui concerne la révélation d’une information LGBTQIA+ sans consentement ;
- le passing, qui concerne la manière dont une personne est perçue par les autres.
Une personne peut subir plusieurs de ces situations simultanément, mais l’une n’entraîne pas automatiquement les autres.
Quelle différence entre deadnaming et misgendering ?
Le deadnaming consiste à employer un ancien prénom que la personne ne souhaite plus utiliser.
Le misgendering, également appelé mégenrage, consiste à attribuer à une personne un genre, des pronoms, des accords ou un titre qui ne correspondent pas à ceux qu’elle utilise.
Le mégenrage peut notamment consister à :
- utiliser « il » pour une personne employant « elle » ;
- utiliser « elle » pour une personne employant « iel » ;
- appeler une femme transgenre « monsieur » ;
- appeler un homme transgenre « madame » ;
- présenter une personne non binaire comme un homme ou une femme contre son gré ;
- employer volontairement des accords incorrects.
Les deux comportements peuvent être séparés.
| Situation | Deadnaming | Misgendering |
|---|---|---|
| Utiliser l’ancien prénom avec les bons pronoms | Oui | Non |
| Utiliser le prénom actuel avec un mauvais pronom | Non | Oui |
| Utiliser l’ancien prénom et les mauvais pronoms | Oui | Oui |
| Utiliser correctement le prénom et les pronoms | Non | Non |
Par exemple :
Martin viendra demain. Elle apportera les documents.
Si la personne utilise actuellement le prénom « Léa » et le pronom « elle », l’ancien prénom constitue un deadnaming, tandis que le pronom est correct.
À l’inverse :
Léa viendra demain. Il apportera les documents.
Le prénom est correct, mais le pronom provoque un mégenrage.
Pourquoi faut-il distinguer les deux notions ?
Cette distinction permet de corriger précisément l’erreur.
Lorsqu’une personne utilise le mauvais prénom, on peut dire :
Son prénom est Léa.
Lorsqu’elle utilise le mauvais pronom, on peut dire :
Elle utilise le pronom « elle ».
Lorsque les deux sont incorrects, il faut corriger les deux informations sans développer publiquement le parcours de la personne.
Comprendre la différence évite également de penser qu’utiliser le bon prénom suffit toujours à respecter l’identité. Les pronoms, les accords et les titres doivent eux aussi correspondre aux indications communiquées.
Quelle différence entre deadnaming et outing ?
Le deadnaming concerne l’utilisation d’un ancien prénom.
L’outing concerne la révélation non consentie de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre, du parcours de transition ou d’une autre information LGBTQIA+ concernant une personne.
Un deadnaming peut provoquer un outing lorsqu’il révèle publiquement un parcours trans ou non binaire.
Par exemple, une personne est connue dans son entreprise uniquement sous le prénom « Sarah ». Un collègue utilise soudainement devant toute l’équipe un ancien prénom fortement associé au genre masculin.
Les autres collègues peuvent alors :
- comprendre que Sarah est transgenre ;
- commencer à lui poser des questions ;
- chercher son ancien profil ;
- transmettre l’information ;
- modifier leur comportement à son égard.
Dans cette situation, le deadnaming devient également un moyen de révéler une information privée.
Cependant, tous les deadnamings ne provoquent pas un outing. Si toutes les personnes présentes connaissent déjà l’ancien prénom et le parcours de la personne, l’erreur ne révèle pas nécessairement une nouvelle information.
Elle peut rester blessante ou irrespectueuse, mais le mécanisme n’est pas exactement le même.
Peut-on provoquer un outing sans prononcer l’ancien prénom ?
Oui.
Un outing peut se produire sans deadnaming lorsqu’une personne révèle directement :
- qu’un proche est transgenre ;
- qu’une collègue est lesbienne ;
- qu’un élève est non binaire ;
- qu’une personne utilise d’autres pronoms dans un espace privé ;
- qu’un ami fréquente une association LGBTQIA+ ;
- qu’une personne est en couple avec quelqu’un du même genre.
Le deadnaming n’est donc qu’une des nombreuses manières possibles de révéler involontairement ou volontairement un parcours.
Quelle différence entre deadnaming et passing ?
Le passing désigne notamment le fait qu’une personne soit perçue par les autres comme appartenant à une catégorie sociale attendue, sans que certains éléments de son identité soient identifiés.
Dans le contexte transgenre, une personne peut être perçue comme une femme ou un homme cisgenre sans que les autres connaissent son parcours.
Le deadnaming peut compromettre cette confidentialité.
Une personne peut être connue sous son prénom actuel, sans que ses collègues, ses voisins ou de nouvelles connaissances sachent qu’elle est transgenre. L’utilisation d’un ancien prénom peut attirer l’attention sur une information qu’elle ne souhaitait pas partager.
Le passing ne doit toutefois pas être présenté comme une obligation.
Toutes les personnes transgenres ne cherchent pas :
- à être perçues comme cisgenres ;
- à dissimuler leur transidentité ;
- à modifier leur apparence ;
- à adopter une expression de genre conventionnelle ;
- à suivre un parcours médical.
Une personne peut être publiquement transgenre tout en refusant que son ancien prénom soit utilisé.
Le respect de ce prénom ne dépend donc pas de sa capacité ou de sa volonté à « passer ».
Le deadnaming est-il toujours transphobe ?
Une erreur ponctuelle ne signifie pas automatiquement que son auteur possède une intention transphobe.
Une personne peut se tromper par :
- habitude ;
- distraction ;
- stress ;
- confusion ;
- lecture d’un ancien document ;
- méconnaissance du changement.
Elle peut ensuite reconnaître son erreur, se corriger et utiliser correctement le prénom.
La situation devient davantage révélatrice d’un rejet lorsque la personne :
- refuse toute correction ;
- affirme que le prénom actuel n’est pas réel ;
- utilise volontairement l’ancien pour provoquer ;
- continue après de nombreux rappels ;
- cherche l’ancien prénom pour le diffuser ;
- encourage les autres à l’utiliser ;
- conditionne son respect à une transition médicale ;
- emploie le prénom pour humilier publiquement.
Il est donc utile d’examiner :
- l’intention ;
- la répétition ;
- la réaction après la correction ;
- le contexte ;
- les conséquences ;
- les efforts réalisés ensuite.
Une maladresse et un refus volontaire n’ont pas la même signification. Cela n’empêche pas une erreur accidentelle d’avoir un impact.
Le deadnaming peut-il devenir une forme de harcèlement ?
Oui, lorsqu’il devient volontaire, répété et utilisé pour humilier, provoquer ou isoler une personne.
Le comportement peut notamment prendre la forme de :
- messages répétés contenant l’ancien prénom ;
- modifications malveillantes de comptes ou de documents ;
- publications destinées à révéler le passé ;
- plaisanteries devant un groupe ;
- encouragements adressés à d’autres personnes ;
- création de faux profils ;
- affichage de photographies ou de documents anciens ;
- refus collectif d’utiliser le prénom actuel ;
- insultes accompagnant le deadnaming.
Une erreur isolée ne doit pas être automatiquement assimilée à du harcèlement.
La répétition, la volonté de nuire, l’humiliation publique et la poursuite du comportement après plusieurs corrections constituent des éléments importants.
Lorsqu’une situation se répète, il peut être utile de conserver :
- les messages ;
- les courriels ;
- les captures d’écran ;
- les dates ;
- les noms des témoins ;
- les publications ;
- les réponses apportées ;
- les signalements déjà effectués.
La personne concernée peut ensuite choisir de solliciter un responsable, un établissement, une plateforme, une association ou un professionnel compétent.
Le deadnaming est-il interdit par la loi ?
Le mot « deadnaming » ne correspond pas nécessairement à une infraction autonome possédant une définition juridique unique.
La qualification dépend du contexte.
Une utilisation répétée ou malveillante peut éventuellement s’inscrire dans une situation plus large impliquant :
- du harcèlement ;
- des insultes ;
- une discrimination ;
- une atteinte à la vie privée ;
- une divulgation de données personnelles ;
- des menaces ;
- un comportement hostile dans un cadre professionnel ou scolaire.
Une erreur ponctuelle dans une conversation n’a évidemment pas la même portée qu’une campagne publique destinée à humilier une personne.
Lorsqu’une situation possède des conséquences importantes, il est préférable d’obtenir un conseil adapté au contexte plutôt que de tirer une conclusion juridique uniquement à partir du mot deadnaming.
Une personne non binaire peut-elle subir du deadnaming ?
Oui.
Le deadnaming ne concerne pas uniquement les femmes et les hommes transgenres.
Une personne non binaire peut choisir :
- un prénom neutre ;
- un prénom moins fortement genré ;
- un surnom ;
- un prénom différent selon les langues ;
- plusieurs prénoms ;
- un prénom correspondant davantage à son identité.
Elle peut également conserver son prénom de naissance.
Le fait qu’une personne non binaire ne suive pas une transition médicale ou administrative ne rend pas son prénom moins légitime.
Elle peut être deadnamée lorsque son entourage continue à utiliser un prénom qu’elle a demandé d’abandonner.
Une personne cisgenre peut-elle être deadnamée ?
Le terme deadnaming est principalement associé aux parcours transgenres et non binaires, car l’ancien prénom peut être lié à un genre imposé et à un risque d’outing.
Une personne cisgenre ayant changé de prénom peut néanmoins subir une expérience proche lorsque son ancien prénom est utilisé contre son gré.
Cela peut concerner une personne ayant changé de prénom pour :
- s’éloigner d’une histoire familiale violente ;
- adopter un prénom culturel ;
- utiliser un second prénom ;
- abandonner un prénom associé à un traumatisme ;
- modifier une identité artistique ;
- faire correspondre son prénom à son usage quotidien.
Certaines personnes emploieront le mot deadnaming. D’autres parleront simplement d’utilisation de l’ancien prénom.
Il faut reprendre le vocabulaire qu’elles choisissent.
Une personne peut-elle autoriser certains proches à utiliser son ancien prénom ?
Oui.
La personne concernée reste libre de définir ses propres limites.
Elle peut accepter l’ancien prénom :
- avec certains membres de sa famille ;
- dans des souvenirs particuliers ;
- dans une œuvre historique ;
- dans des documents administratifs ;
- dans un environnement où son prénom actuel n’est pas encore connu ;
- dans un cadre privé très précis.
Cette autorisation ne doit pas être généralisée.
Le fait qu’un parent soit autorisé à utiliser un ancien surnom ne signifie pas qu’un collègue, un journaliste ou une connaissance puisse faire de même.
Il faut considérer le consentement selon :
- la personne autorisée ;
- le contexte ;
- le public ;
- le support ;
- la durée ;
- les indications actuelles.
Une personne peut également changer d’avis.
Peut-on plaisanter avec l’ancien prénom si la personne est d’accord ?
Oui, lorsqu’un consentement clair existe et que le contexte ne présente aucun risque de divulgation.
Certaines personnes peuvent utiliser elles-mêmes leur ancien prénom dans une anecdote ou une plaisanterie.
Cela ne donne pas automatiquement à leur entourage la permission de le reprendre.
La personne peut utiliser une information sur elle-même sans vouloir qu’elle devienne publique ou qu’elle soit répétée par d’autres.
Lorsqu’un doute existe, il vaut mieux ne pas utiliser l’ancien prénom.
Quel prénom employer après le décès d’une personne transgenre ?
Il est généralement respectueux de continuer à employer :
- le prénom utilisé par la personne ;
- ses pronoms ;
- les termes qu’elle avait choisis pour parler d’elle-même.
Le décès ne rend pas automatiquement son ancien prénom plus légitime.
Des difficultés peuvent apparaître lorsque :
- la famille refuse son identité ;
- les documents n’ont pas été modifiés ;
- certaines personnes ne connaissaient pas son parcours ;
- un avis de décès utilise l’ancien prénom ;
- les médias disposent d’archives antérieures.
Lorsque les souhaits de la personne sont connus, ils doivent guider la manière de parler d’elle.
Il faut éviter de présenter l’ancien prénom comme une information sensationnelle ou comme une révélation nécessaire à la compréhension de sa vie.
Comment parler d’une personnalité publique ayant changé de prénom ?
Une personnalité publique peut avoir produit des œuvres, participé à des compétitions ou publié des documents sous un ancien prénom.
Il est souvent possible d’utiliser uniquement son prénom actuel.
Une précision historique peut parfois être utile pour identifier :
- une ancienne publication ;
- un crédit artistique ;
- un document d’archive ;
- un résultat sportif ;
- une œuvre difficile à retrouver autrement.
Cette précision doit rester limitée à ce qui est réellement nécessaire.
Il faut éviter :
- les titres sensationnalistes ;
- les révélations inutiles ;
- la répétition de l’ancien prénom ;
- les comparaisons avant/après ;
- les expressions comme « son vrai nom » ;
- l’utilisation du deadname pour attirer des clics.
Lorsqu’une œuvre peut être identifiée sans mentionner l’ancien prénom, il n’est généralement pas nécessaire de l’ajouter.
Faut-il modifier les anciens crédits artistiques ?
La réponse dépend de la personne, des possibilités techniques et du type d’œuvre.
Une personne peut souhaiter :
- que tous ses crédits soient actualisés ;
- que les nouvelles éditions utilisent son prénom actuel ;
- que certaines archives restent inchangées ;
- que son ancien nom d’artiste soit conservé ;
- qu’une note relie les deux identités dans un cadre professionnel précis.
Les éditeurs, plateformes et organisateurs doivent éviter de décider seuls de la solution idéale.
Le meilleur choix est celui défini avec la personne concernée.
Peut-on citer un ancien document comportant le deadname ?
Oui, lorsqu’il possède une réelle utilité historique, administrative ou documentaire, mais certaines précautions sont nécessaires.
Il peut être possible de :
- masquer l’ancien prénom dans une copie publique ;
- utiliser le prénom actuel dans le texte ;
- limiter l’accès à l’archive ;
- demander l’accord de la personne ;
- expliquer uniquement les informations nécessaires ;
- éviter de reproduire le document dans son intégralité.
Dans un travail universitaire ou journalistique, la précision documentaire ne doit pas devenir un prétexte pour exposer inutilement un parcours trans.
Un parent peut-il continuer à utiliser l’ancien prénom « par amour » ?
Un parent peut éprouver un attachement émotionnel au prénom choisi à la naissance.
Cet attachement ne l’autorise pas à imposer ce prénom à la personne.
Il peut ressentir :
- de la surprise ;
- de la tristesse ;
- un besoin d’adaptation ;
- l’impression de perdre un symbole familial ;
- la peur de commettre une erreur.
Ces émotions peuvent être discutées avec un autre adulte ou un professionnel, dans le respect de la confidentialité.
La personne ayant changé de prénom ne devrait pas être obligée de conserver un prénom inconfortable pour protéger les émotions de son entourage.
Le parent peut montrer son affection en faisant l’effort d’utiliser le prénom actuel.
Un enfant ou un adolescent peut-il choisir un autre prénom ?
Oui.
Un jeune peut demander à être appelé différemment :
- à la maison ;
- avec ses amis ;
- dans son établissement ;
- auprès de certains adultes ;
- dans un espace associatif.
Il peut être en train d’explorer son identité ou avoir déjà une demande très claire.
L’entourage peut lui demander :
Quel prénom souhaites-tu que nous utilisions ?
Devons-nous employer ce prénom devant ta famille ?
Souhaites-tu l’essayer dans certains espaces ?
Il faut éviter de présenter l’utilisation du prénom comme une décision irréversible.
Employer un prénom dans un contexte social n’oblige pas automatiquement le jeune à engager une démarche administrative ou médicale.
Que faire lorsque les parents et l’établissement utilisent des prénoms différents ?
Cette situation demande une attention particulière à la confidentialité et à la sécurité.
L’établissement doit connaître :
- le prénom utilisé avec l’élève ;
- le prénom pouvant être utilisé devant la classe ;
- celui qui peut apparaître dans les communications familiales ;
- les personnes autorisées à connaître la situation ;
- les risques éventuels d’un outing.
Une communication mal préparée peut révéler le changement à la famille.
Il est donc important d’éviter :
- les notifications automatiques non vérifiées ;
- l’utilisation du prénom actuel dans un courrier familial sans accord ;
- les appels publics ;
- les explications données aux autres élèves ;
- les annotations révélatrices dans des documents accessibles.
Comment réagir lorsqu’un enfant deadname quelqu’un ?
Un enfant peut répéter un ancien prénom par habitude ou parce qu’il l’a entendu dans son entourage.
Il est possible de le corriger simplement :
Elle s’appelle désormais Camille.
Nous utilisons le prénom Noé.
Il n’est pas nécessaire de lui fournir tous les détails d’une transition.
Une explication adaptée à son âge peut suffire :
Les personnes peuvent parfois changer de prénom. Nous utilisons celui qu’elles nous demandent.
L’enfant apprend ainsi que le respect du prénom constitue une règle générale.
Faut-il corriger publiquement chaque erreur ?
Pas toujours de la même manière.
Une correction rapide est utile lorsque :
- le prénom actuel est déjà connu ;
- l’erreur risque de se répandre ;
- la personne concernée souhaite être soutenue ;
- la correction ne révèle pas davantage d’informations.
Une intervention privée peut être préférable lorsque :
- le changement n’est pas connu du groupe ;
- la personne risque un outing ;
- la correction publique attirerait trop d’attention ;
- le contexte est dangereux ;
- la personne a demandé de ne pas intervenir.
Il est utile de demander en amont :
Souhaites-tu que je corrige les autres quand cela arrive ?
La réponse peut varier selon les espaces.
Faut-il toujours pardonner une erreur de deadnaming ?
La personne concernée reste libre de sa réaction.
Elle peut accepter immédiatement des excuses, avoir besoin de temps, ressentir de la colère ou poser une limite.
Une personne qui s’est trompée peut présenter des excuses sincères sans exiger :
- un pardon immédiat ;
- d’être rassurée ;
- que l’erreur soit minimisée ;
- que la relation reprenne exactement comme avant.
La réparation dépend surtout :
- de la fréquence des erreurs ;
- de leur caractère public ;
- des conséquences ;
- de la sincérité des efforts ;
- du respect des limites par la suite.
Présenter des excuses est nécessaire, mais ne donne pas automatiquement droit au pardon.
Comment répondre à « ce n’est qu’un prénom » ?
Un prénom peut sembler être un simple mot pour l’entourage. Pour la personne concernée, il peut représenter :
- son identité ;
- sa reconnaissance sociale ;
- sa sécurité ;
- sa vie privée ;
- une séparation avec une période difficile ;
- la manière dont elle souhaite être connue.
Une réponse possible est :
Justement, utiliser le prénom demandé est un effort simple qui peut avoir une grande importance pour la personne.
Le respect ne nécessite pas de ressentir soi-même le même attachement au prénom.
Comment répondre à « je l’ai toujours connu comme ça » ?
Le passé n’empêche pas l’évolution d’une relation.
Une réponse possible est :
Tu l’as connue sous cet ancien prénom, mais elle utilise maintenant Camille.
L’habitude explique l’erreur, mais elle ne justifie pas de refuser de changer.
Il est possible de reconnaître qu’une habitude demande un effort tout en rappelant que cet effort reste nécessaire.
Comment répondre à « ses papiers ne sont pas encore modifiés » ?
Les documents administratifs ne déterminent pas la manière dont une personne doit être appelée dans chaque conversation.
Une réponse possible est :
Ses papiers peuvent être nécessaires pour certaines démarches, mais elle utilise le prénom Camille au quotidien.
Nous pouvons conserver l’information administrative dans le dossier tout en affichant son prénom actuel.
La présence d’un ancien prénom dans un logiciel ne transforme pas celui-ci en appellation obligatoire.
Comment répondre à « elle change trop souvent de prénom » ?
Une personne peut essayer plusieurs prénoms avant de trouver celui qui lui convient.
Une réponse possible est :
Nous utilisons le prénom qu’elle nous indique actuellement.
Elle n’a pas besoin de garantir qu’elle le conservera toute sa vie pour qu’il soit respecté aujourd’hui.
Les changements peuvent demander un effort à l’entourage, mais ils ne rendent pas la demande illégitime.
FAQ sur le deadnaming
Que signifie deadnaming en français ?
Le deadnaming désigne l’utilisation d’un ancien prénom qu’une personne ne souhaite plus voir employé pour la désigner.
Quelle est la traduction de deadname ?
Selon les préférences de la personne, deadname peut être traduit par :
- ancien prénom ;
- prénom attribué à la naissance ;
- prénom précédent ;
- prénom administratif.
Toutes les personnes ne souhaitent pas employer le mot deadname.
Le deadnaming concerne-t-il uniquement les personnes transgenres ?
Il concerne principalement les personnes transgenres et non binaires, mais une personne cisgenre ayant changé de prénom peut également être touchée par l’utilisation non désirée de son ancien prénom.
Le deadnaming peut-il être involontaire ?
Oui.
Une personne peut se tromper par habitude, distraction ou manque d’information. Elle doit alors se corriger et faire un effort pour éviter la répétition.
Faut-il s’excuser après avoir utilisé l’ancien prénom ?
Oui, mais une excuse courte est généralement suffisante :
Désolé, je voulais dire Camille.
Il est ensuite préférable de poursuivre la conversation et d’utiliser correctement le prénom.
Peut-on demander l’ancien prénom d’une personne trans ?
Il vaut généralement mieux éviter cette question, sauf nécessité précise et avec son consentement.
La curiosité ne constitue pas une raison suffisante.
Quel prénom utiliser pour parler de l’enfance d’une personne trans ?
Il est généralement préférable d’utiliser son prénom actuel, sauf si elle demande explicitement autre chose.
Le deadnaming est-il identique au mégenrage ?
Non.
Le deadnaming concerne l’ancien prénom. Le mégenrage concerne un mauvais genre, un mauvais pronom, un accord ou un titre incorrect.
Le deadnaming peut-il provoquer un outing ?
Oui.
L’utilisation d’un ancien prénom peut révéler un parcours transgenre ou non binaire à des personnes qui ne le connaissaient pas.
Utiliser le prénom administratif est-il toujours du deadnaming ?
Le contexte est important.
Le prénom administratif peut être nécessaire sur certains documents. Il ne doit toutefois pas être annoncé, affiché ou utilisé oralement lorsque cela n’est pas indispensable.
Peut-on utiliser l’ancien prénom si la personne n’est pas présente ?
Il faut généralement utiliser le prénom actuel, même en son absence.
Cela protège sa confidentialité et aide l’entourage à prendre la bonne habitude.
Que faire lorsqu’un proche refuse volontairement le nouveau prénom ?
Il est possible de rappeler clairement :
C’est le prénom qu’elle utilise et il doit être respecté.
Si le refus se répète dans un cadre scolaire, professionnel ou collectif, une intervention plus formelle peut être nécessaire.
Une personne peut-elle autoriser l’utilisation de son ancien prénom ?
Oui.
Elle peut donner son accord dans certains contextes. Cette autorisation ne doit pas être étendue à d’autres personnes ou situations sans vérification.
Peut-on deadnamer une personne décédée ?
Oui.
Il est généralement respectueux de continuer à employer le prénom et les pronoms utilisés par la personne avant son décès.
Faut-il supprimer toutes les anciennes photographies ?
Non.
La personne peut souhaiter conserver certaines images tout en modifiant les légendes, en limitant leur audience ou en refusant leur republication.
Il faut lui demander ce qu’elle préfère.
Comment corriger un ancien prénom dans une publication ?
Il est possible de :
- modifier la légende ;
- remplacer le prénom ;
- retirer une identification ;
- archiver ou supprimer la publication ;
- limiter son audience.
La solution doit être décidée avec la personne concernée lorsqu’elle est identifiable.
Conclusion : respecter un prénom, c’est reconnaître la personne
Le deadnaming ne se résume pas toujours à une simple erreur de mémoire.
L’utilisation d’un ancien prénom peut :
- provoquer un malaise ;
- rappeler une identité imposée ;
- donner l’impression que le prénom actuel n’est pas reconnu ;
- révéler un parcours trans ;
- provoquer un outing ;
- compromettre la sécurité ou la vie privée ;
- faciliter le harcèlement ;
- détériorer la confiance dans une relation.
Toutes les erreurs n’ont pas la même intention.
Une maladresse ponctuelle peut être réparée par une correction simple, une excuse courte et un véritable effort pour modifier ses habitudes.
Un refus volontaire et répété constitue une situation différente. Il ne repose plus sur un oubli, mais sur la décision de ne pas reconnaître le prénom communiqué par la personne.
Les bonnes pratiques consistent principalement à :
- utiliser le prénom actuel ;
- ne pas demander l’ancien par curiosité ;
- éviter de le rechercher ;
- ne pas le présenter comme le « vrai prénom » ;
- respecter les différences entre prénom quotidien et données administratives ;
- vérifier le prénom à utiliser selon les contextes ;
- protéger la confidentialité ;
- employer le prénom actuel pour parler du passé ;
- corriger les autres sans révéler davantage d’informations ;
- modifier les documents et outils visibles lorsque cela est possible ;
- laisser la personne décider de la manière dont son histoire peut être racontée.
Un prénom n’a pas besoin d’avoir été modifié officiellement, d’être utilisé depuis plusieurs années ou d’être approuvé par l’entourage pour mériter d’être respecté.
La règle la plus simple reste donc d’appeler une personne comme elle demande à l’être.
