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Bilal Hassani célèbre la pop et les nuits parisiennes avec « Bonsoir Paris »

Bilal Hassani Bonsoir Paris
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Avec Bonsoir Paris, Bilal Hassani signe son quatrième album et revendique une pop résolument tournée vers la danse. De « Beaucoup » à « Capitale », en passant par « PopStar » avec Kalika, l’artiste de 26 ans puise dans les clubs et les nuits parisiennes pour construire un disque placé sous le signe du groove, de l’euphorie et de la liberté.

Après « Beaucoup », entendu notamment dans Drag Race France, Bilal Hassani a poursuivi son été avec « Capitale », avant de dévoiler « PopStar », enregistré avec Kalika. Les trois morceaux figurent sur Bonsoir Paris, un album dont le titre renvoie directement à la formule avec laquelle l’artiste ouvrait autrefois ses vidéos sur YouTube.

Cette référence à ses débuts n’est pas anodine. Pour Bilal Hassani, elle accompagne un disque pensé comme un retour à une forme de plaisir immédiat.

Une pop plus libre après Kingdom et Théorème

Depuis son premier album, Kingdom, sorti en 2019, Bilal Hassani estime avoir progressivement pris ses distances avec les attentes qui entouraient alors son arrivée dans l’industrie musicale française.

« Quand je suis arrivé en 2019 avec mon premier album, Kingdom, j’essayais de correspondre à ce que demandait l’industrie musicale francophone, avec des sonorités très variété. Puis j’ai entamé une rupture avec Contre soirée, mais de manière encore timide. Théorème, plus cérébral, a été la première fois où j’ai osé un virage plus dance grâce à Yelle. Avec Bonsoir Paris, ma mission initiale a été la quête de groove. J’ai voulu honorer des albums de pop française qui m’ont marqué comme Caméléon, de Shy’m, ou Monkey Me, de Mylène Farmer. »

Ce nouveau disque tranche également avec L’Affreuse, projet en piano-voix dont Bilal Hassani souligne la dimension politique et l’importance accordée aux textes.

« Je sors d’un projet, L’Affreuse, très politique, avec des textes que je voulais qu’on entende. C’est d’ailleurs pour ça que je l’ai fait en piano-voix. Là, j’ai fait l’inverse. La pop est un bon terrain de jeu pour dire des choses très simples avec des sonorités plus complexes qu’il n’y paraît. C’est dommage que ce soit un genre musical pris de haut. »

Avec Bonsoir Paris, l’objectif devient donc différent : créer un album capable de provoquer une réaction physique, construit d’abord autour du rythme.

Le choix du titre résume cette intention. « C’était un shoot de dopamine de dire « Bonsoir Paris » au début de mes vidéos YouTube. Donc je m’étais toujours dit que si un album devait s’appeler comme ça, il fallait que ce soit un projet qui répande une joie maximale. Ce disque est un appel à la danse et à l’euphorie. »

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Le club comme refuge et terrain d’expression

La culture club occupe logiquement une place centrale dans l’univers du disque. Ce rapport à la fête fait écho à une scène nocturne LGBTQ+ où musique, danse et performance constituent depuis longtemps des formes d’expression et de rassemblement. Bilal Hassani raconte avoir découvert cet environnement à 18 ans, lors d’une Bitch Party organisée au Gibus, à Paris.

« À 18 ans, je suis allé à ma première « Bitch Party » au Gibus à Paris. C’est la première fois que je voyais autant de gens comme moi, j’avais plein d’étoiles dans les yeux et j’y suis resté jusqu’à la fermeture. Le club est pour moi un terrain d’expression, surtout quand je danse ! Quand j’ai créé l’album, la règle primordiale était de danser et de faire danser sur chaque titre. La rythmique devait primer sur tout le reste. »

L’artiste entretient depuis une relation particulière avec cette soirée parisienne. « C’est chez moi ! Mon rêve serait d’être un jour davantage impliqué dans l’organisation de cette soirée. Grâce à la Bitch Party, le club est devenu un refuge pour moi. Mais il y a aussi d’autres soirées marquantes : la Jeudi OK, celles qui étaient organisées à La Flèche d’or [aujourd’hui fermée, ndlr.].… Les lieux queers tombent comme des mouches, Il faut préserver ces événements ! »

La fermeture définitive de La Flèche d’Or, annoncée pour le 27 juin 2026, a effectivement marqué la disparition d’un lieu culturel du 20e arrondissement de Paris qui accueillait notamment concerts, événements et initiatives associatives.

« Plus fort » aborde aussi les risques liés à la fête

Si Bonsoir Paris fait de la fête un espace de liberté, Bilal Hassani n’en écarte pas les aspects plus sombres. Sur « Plus fort », l’un des morceaux de l’album, il évoque notamment les risques auxquels peuvent être confrontés de jeunes queers lorsqu’ils découvrent certains milieux festifs.

« Pour les jeunes queers qui découvrent ce milieu, la fête peut devenir une fosse aux lions car il y a beaucoup d’excès et de drogues… Le danger est là et il faut être vigilant. Je pense notamment au chemsex, puisque la première consommation arrive parfois dans ce contexte. Pour autant, je ne veux pas stigmatiser ceux qui touchent aux chems. Quand je peux, j’essaie d’en parler car c’est un sujet assez sensible pour moi. »

Cette ambivalence entre euphorie et vigilance nourrit ainsi un album qui ne présente pas seulement le club comme un décor, mais comme un véritable espace social.

De Bercy aux soirées entre amis

L’été de Bilal Hassani a aussi été marqué par son passage à Bercy lors du spectacle organisé par Léna Situations pour conclure ses traditionnels vlogs d’août.

« C’est une des plus grosses teufs que j’ai pu faire ! J’ai trouvé que le show concocté par Léna était incroyable car ce n’est pas évident de traduire la culture internet sur scène. Pour beaucoup, grâce à ses vlogs d’août, on est devenu des personnages, comme dans Friends. »

Interrogé également sur la controverse ayant entouré Gisèle Journo durant l’été, après la diffusion de contenus qu’elle avait relayés sur les réseaux sociaux et l’appel au boycott de son agence lancé par l’eurodéputée Rima Hassan, Bilal Hassani préfère ne pas commenter publiquement la situation. Plusieurs médias ont rapporté que Léna Situations et d’autres créateurs avaient alors pris leurs distances avec Gisèle Journo ; une enquête a par ailleurs été ouverte après les menaces et le cyberharcèlement dont cette dernière a fait l’objet.

« J’aime bien l’idée de garder les choses dans le privé quand elles ont une force aussi importante. Ce sont des personnes qui existent et qui ne sont habituellement pas aussi exposées, donc je préfère protéger ça au maximum. »

Loin des scènes et des clubs, le quotidien de Bilal Hassani se révèle toutefois beaucoup plus calme. Entre le sport, ses proches et son chien, l’artiste revendique volontiers une routine sans extravagance.

« Je fais beaucoup de sport, je traîne avec mes copains, je m’occupe de mon chien… Une vie assez banale en vérité ! On fait des trucs extraordinaires l’été pendant les vlogs mais le reste de l’année, on se met en pilou-pilou sur le canapé et on mate des films. J’adore ça. »

Une parenthèse domestique qui contraste avec l’énergie de Bonsoir Paris, album conçu, lui, avec une règle claire : faire du rythme et de la danse le cœur de chaque morceau.

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