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Agression d’un policier dans le Marais : Pierre Picavet raconte les violences subies

Agression d’un policier dans le Marais
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Grièvement blessé dans une agression à caractère homophobe dans le quartier du Marais, à Paris, Pierre Picavet a raconté ce mardi 1er septembre sur BFMTV les minutes au cours desquelles il dit avoir craint pour sa vie. Le policier, également président de l’association LGBT+ FLAG !, souffre notamment de plusieurs fractures et s’est vu prescrire 40 jours d’incapacité totale de travail (ITT).

Les faits se sont déroulés samedi 29 août, peu avant 4 heures du matin, à la sortie d’un bar gay du Marais, dans le IVe arrondissement de Paris. Pierre Picavet était alors hors service et regagnait les transports lorsqu’il a croisé l’homme qui allait, selon son récit, s’en prendre à lui.

« Je vais te tuer, sale PD »

Invité dans la matinée du mardi 1er septembre sur BFMTV face à Apolline de Malherbe, Pierre Picavet est revenu sur le début de l’agression.

« Je me dirigeais vers les transports quand j’ai croisé cet homme. Au départ, cela m’a semblé être une blague », relate le policier. « Et les premiers mots qu’il m’a dit, c’est Je vais te tuer, sale PD ».

Face à l’attitude de l’homme, décrit comme alcoolisé au moment des faits, Pierre Picavet explique avoir tenté de faire valoir à plusieurs reprises sa qualité de policier en présentant sa carte professionnelle.

« Je lui répétais : Arrête, je suis flic, recule. Il n’a pas arrêté », poursuit-il.

Selon son témoignage, son agresseur lui porte ensuite un coup avec une bouteille de whisky au niveau de la tête. Immobilisé au sol, le policier affirme avoir cherché un moyen de se dégager : « Le seul moyen de défense que j’avais, c’était de le mordre à la joue ».

Un passant intervient après la perte de connaissance du policier

Pierre Picavet indique avoir brièvement perdu connaissance pendant les violences. À son réveil, un passant se trouve auprès de lui et lui porte secours.

« On peut dire qu’il m’a sauvé. Il a vraiment été témoin de tout », insiste-t-il.

La présence de ce témoin est particulièrement importante à ses yeux : le policier souligne que, sans cette intervention, il se serait retrouvé seul pour relater le déroulement de l’agression.

Les blessures constatées sont importantes. Pierre Picavet souffre de multiples fractures au visage et au crâne ainsi que d’un saignement intracrânien. Il présente également une fracture de l’orbite de l’œil gauche, pour laquelle une opération doit être pratiquée dans les prochains jours.

À sa sortie de l’hôpital, une incapacité totale de travail de 40 jours lui a été prescrite.

Le suspect mis en examen et placé sous contrôle judiciaire

L’auteur présumé des violences, un homme né en 2006 et dont le casier judiciaire était vierge, a été interpellé dans la nuit des faits.

Une comparution immédiate était initialement envisagée. La procédure a finalement évolué avec la saisine d’un juge d’instruction. Le suspect a été mis en examen pour violences aggravées et vol avant d’être laissé libre sous contrôle judiciaire. Il reste présumé innocent.

L’enquête porte notamment sur des faits de « violence suivie d’incapacité supérieure à huit jours commise en raison de l’orientation sexuelle de la victime ».

L’avocat de Pierre Picavet souhaite que la possibilité d’une qualification criminelle soit examinée dans le cadre de l’instruction. Il estime que « la qualification criminelle doit être sérieusement instruite », selon des propos rapportés par le magazine Têtu.

Cette affaire intervient alors que Paris a déjà été confronté à d’autres violences de même nature. En mars 2024, une enquête avait notamment été ouverte après une agression homophobe dans un bar parisien, au cours de laquelle une victime avait été prise à partie après des insultes homophobes.

FLAG ! et plusieurs responsables politiques réagissent

FLAG !, association réunissant notamment des agents LGBT+ des ministères de l’Intérieur et de la Justice, a exprimé sa « profonde indignation » après l’agression de son président.

STOP homophobie a de son côté rappelé que « les violences LGBTphobes restent une réalité », y compris dans les lieux où chacun devrait pouvoir circuler sans craindre d’être pris pour cible en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre.

Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a également réagi en assurant que la capitale « restera un refuge, un rempart et une ville de liberté pour toutes et tous ».

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, a pour sa part demandé une sanction « exemplaire ».

Quelques semaines avant les faits du Marais, des violences homophobes avaient également visé des personnes devant un bar LGBT à Saint-Étienne. Deux hommes avaient alors été interpellés dans le cadre d’une enquête pour violences aggravées.

Près de 4 900 infractions anti-LGBT+ enregistrées en 2025

Cette agression intervient dans un contexte où les infractions anti-LGBT+ enregistrées par les forces de l’ordre restent à un niveau élevé.

D’après le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI), environ 4 900 infractions anti-LGBT+ ont été enregistrées par la police et la gendarmerie en France en 2025. Ce chiffre représente une hausse de 2 % par rapport à 2024.

Les crimes et délits constituent 64 % de ces faits et ont progressé de 4 % en un an. Sur une période plus longue, les infractions enregistrées ont presque triplé depuis 2016.

Ces statistiques ne reflètent toutefois qu’une partie des violences subies. Selon l’enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité citée par le SSMSI, environ 3 % seulement des victimes d’actes anti-LGBT+ déposent plainte. Parmi les victimes de crimes et délits enregistrés, 71 % sont des hommes, et les personnes jeunes sont particulièrement représentées.

SOS homophobie fait également état d’une progression des signalements reçus par ses propres dispositifs. L’association a recensé 1 771 situations de LGBTIphobie en France en 2025, soit une hausse de près de 13 % sur un an.

La gayphobie demeure la catégorie la plus fréquemment recensée, avec 57 % des situations, devant la transphobie (27 %) et la lesbophobie (15 %). Dans son rapport annuel, SOS homophobie décrit un climat « de plus en plus anxiogène et délétère » pour les personnes LGBT+.

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