Une législation remise à l’ordre du jour par les députés ghanéens
Le Parlement du Ghana a approuvé une nouvelle fois, le vendredi 29 mai, un projet de loi visant à renforcer les sanctions contre les personnes LGBT+. Cette initiative intervient après l’expiration du précédent texte adopté en février 2024, qui n’avait jamais été promulgué en raison de l’absence de signature présidentielle avant la fin de la législature.
Bien que ce projet de loi ait déjà été adopté à l’unanimité par les parlementaires l’année dernière, l’ancien chef de l’État, Nana Akufo-Addo, n’avait pas validé le texte avant de quitter ses fonctions. Conformément aux dispositions constitutionnelles du pays, cette situation a rendu nécessaire un nouvel examen parlementaire.
Le président actuel, John Dramani Mahama, issu du courant pentecôtiste du christianisme évangélique, a pour sa part indiqué qu’il signerait cette loi si elle lui était soumise.
Cette évolution suscite de nombreuses inquiétudes parmi les organisations de défense des droits humains qui alertent depuis plusieurs années sur le recul des libertés dans plusieurs pays du continent.
Une répression accrue de l’homosexualité
Depuis son indépendance en 1957, le Ghana maintient une législation restrictive à l’égard de l’homosexualité. Héritée de la période coloniale britannique, l’interdiction des « relations sexuelles contre nature » figure notamment dans l’article 104 du Code pénal adopté en 1960.
Le nouveau texte, intitulé « sur les droits sexuels et les valeurs familiales », prévoit un durcissement significatif des sanctions. Les personnes reconnues coupables de relations homosexuelles pourraient être condamnées à une peine pouvant aller jusqu’à trois ans d’emprisonnement.
La loi cible également toute forme de soutien ou de défense des droits LGBT+. Les individus accusés de « promotion, de parrainage ou de soutien intentionnel d’activités LGBT+ » risquent désormais entre trois et cinq ans de prison. Des exceptions limitées sont toutefois prévues pour certaines catégories professionnelles, notamment les journalistes, les avocats et les personnels de santé agissant dans le cadre de leurs missions.
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Une tendance observée dans plusieurs pays africains
Cette nouvelle adoption s’inscrit dans un contexte plus large de montée des discours et des politiques hostiles aux personnes LGBT+ dans plusieurs États africains. Les gouvernements concernés invoquent fréquemment la défense des valeurs culturelles et familiales africaines face à ce qu’ils considèrent comme une influence occidentale. Cette dynamique bénéficie également du soutien de nombreuses autorités religieuses, qu’elles soient chrétiennes ou musulmanes.
En Afrique de l’Est, l’Ouganda a ainsi adopté en 2023 l’une des législations les plus sévères du continent à l’égard des homosexuels, incluant la peine de mort dans certains cas de récidive.
En Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso a suivi une trajectoire similaire. En septembre 2025, les autorités militaires au pouvoir ont adopté un texte prévoyant jusqu’à cinq années d’emprisonnement pour les personnes considérées comme auteurs de « pratiques homosexuelles ».
Le Sénégal connaît également un durcissement de sa politique dans ce domaine. Depuis l’adoption, en mars, d’une loi renforçant les sanctions liées aux relations qualifiées de « contre nature », le pays est confronté à une vaste campagne de répression visant les personnes LGBT+, qui se poursuit depuis plusieurs mois.
Ces évolutions internationales s’inscrivent dans l’actualité des droits et des libertés des minorités sexuelles, une thématique régulièrement suivie dans la rubrique Actualités LGBT+ et informations internationales.






