Un texte examiné en Conseil des ministres avant son passage au Parlement
Le gouvernement sénégalais a annoncé, mercredi 18 février, son intention de soumettre à l’Assemblée nationale un projet de loi destiné à accroître la sévéité des sanctions visant les relations homosexuelles. Dans un bref communiqué, les autorités indiquent avoir « examiné et adopté » en Conseil des ministres une réforme de l’article 319 du Code pénal.
Selon le document officiel, la modification prévoit une « précision de la définition des actes contre nature, durcissement des peines et intégration de l’apologie et du financement de ces types d’actes dans les sanctions ». Le texte doit désormais être transmis aux députés, qui seront chargés de l’examiner et d’en débattre.
Cette réforme s’inscrit dans un contexte plus large de recul inquiétant des droits des personnes LGBT en Afrique, où plusieurs pays ont récemment renforcé leur arsenal législatif contre les minorités sexuelles.
L’article 319 au cœur de la réforme pénale
L’article 319 du Code pénal sénégalais vise notamment les actes qualifiés de « contre nature avec un individu de son sexe », actuellement passibles d’une peine allant d’un à cinq ans d’emprisonnement. La réforme annoncée entend donc clarifier cette incrimination et renforcer le dispositif répressif existant.
Contactées jeudi matin par l’AFP, les autorités n’ont pas précisé dans quelle proportion les peines pourraient être alourdies. Les modalités concrètes du renforcement des sanctions restent ainsi à définir dans le cadre des discussions parlementaires à venir.
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Ces évolutions législatives interrogent la situation des personnes LGBTQIA+ dans plusieurs États d’Afrique de l’Ouest, où la pression sociale et politique demeure particulièrement forte.
Arrestations récentes et tensions croissantes
Cette initiative législative intervient quelques jours après l’interpellation, début février, de 12 hommes par la gendarmerie sénégalaise. Parmi eux figureraient deux personnalités locales connues. Les personnes arrêtées sont notamment poursuivies pour « actes contre nature ».
D’après les autorités, plusieurs des individus interpellés ont été déclarés séropositifs. Ils sont également accusés de « transmission volontaire du VIH-sida par rapports sexuels non protégés et mise en danger de la vie d’autrui ». Ces affaires ont suscité une vive réaction sur les réseaux sociaux, où de nombreux messages à caractère homophobe et des appels à la dénonciation ont circulé.
Réactions des organisations de défense des droits humains
Mercredi, l’organisation Human Rights Watch (HRW) a condamné ces arrestations. Elle estime qu’elles « ravivent les inquiétudes concernant la criminalisation des relations entre personnes de même sexe et la sécurité des personnes vivant avec le VIH/sida ». L’ONG demande la libération des 12 hommes concernés.
Le débat autour de cette réforme législative s’inscrit ainsi dans un contexte de fortes tensions, à la fois sur le plan juridique et sociétal. Pour suivre l’évolution de ce dossier et d’autres sujets similaires, vous pouvez consulter notre rubrique dédiée à l’actualité LGBT, qui analyse régulièrement les transformations légales et politiques impactant les personnes LGBTQIA+.






