Révélée au grand public lors de la saison 2 de Drag Race France, Sara Forever poursuit aujourd’hui un chemin artistique singulier avec Dynasties, un seul-en-scène sensible et habité autour de la mémoire, des origines et des liens familiaux. À travers cette nouvelle création, l’artiste explore ce qui se transmet, ce qui se tait et ce qui se réinvente lorsque l’on grandit entre attachement filial, culture populaire et identité queer.
Sur scène, Sara Forever ne se contente pas d’incarner un personnage : elle ouvre un espace intime où se croisent l’enfant qu’elle a été, les figures féminines qui ont nourri son imaginaire et les héritages affectifs qui façonnent une vie. Cette nouvelle création s’inscrit d’ailleurs dans une actualité artistique queer particulièrement riche, aux côtés d’autres formes scéniques et performatives qui redessinent la visibilité drag en France, comme le montre aussi l’histoire de la culture drag queen en France.
Une création intime née d’un parcours en mouvement
Avant d’être identifiée par le grand public comme drag performer, Sara Forever, de son vrai nom Matthieu Barbin, s’est d’abord construite comme danseur et artiste de scène. Son parcours témoigne d’une recherche artistique constante, entre performance, théâtre visuel et écriture de l’intime.
Avec Dynasties, cette trajectoire prend une dimension encore plus personnelle. L’artiste y aborde notamment son rapport à sa mère, figure centrale de son récit, dans un travail où le non-dit occupe une place essentielle. Cette matière autobiographique n’est jamais traitée de façon frontale ou démonstrative : elle devient au contraire le point de départ d’une réflexion plus large sur la filiation, les silences familiaux et les façons de se construire en tant que personne queer.
Présenté au Théâtre Vidy-Lausanne du 26 mars au 1er avril 2026, le spectacle s’impose déjà comme l’un des rendez-vous marquants de la saison dans l’univers des événements LGBT à suivre, tant par son sujet que par la singularité de sa forme.
Entre enfance queer, icônes et mémoire recomposée
L’une des forces de Dynasties réside dans sa manière de mêler souvenirs personnels et références culturelles. L’univers de l’enfance y occupe une place centrale, non comme refuge nostalgique, mais comme territoire de transformation. Les identités y glissent les unes dans les autres, les figures se répondent, et la scène devient un lieu où les archives manquantes peuvent être réinventées.
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Cette logique de montage sensible permet au spectacle de faire dialoguer des figures comme Judy Garland, Liza Minnelli ou encore Romy Schneider avec l’histoire personnelle de l’artiste. Ces présences ne sont pas convoquées comme de simples hommages, mais comme des repères émotionnels et symboliques. Elles incarnent des modèles, des fractures, des désirs de projection et parfois des héritages plus ambigus.
Romy Schneider, la mère et les héritages troubles
Parmi les figures qui traversent Dynasties, Romy Schneider semble cristalliser une part essentielle du propos. À travers elle, Sara Forever interroge le poids des origines, la complexité des relations mère-enfant et la difficulté de s’émanciper sans renier totalement ce dont on vient.
Le spectacle met ainsi en lumière les contradictions de la filiation : ce qui rassure, ce qui enferme, ce qui inspire et ce qui blesse. En creux, il pose une question universelle : comment devenir soi sans effacer les traces de celles et ceux qui nous ont précédés ?
Cette interrogation prend une résonance particulière dans les parcours queer, souvent marqués par des négociations permanentes entre fidélité à soi, loyauté familiale et nécessité de rupture.
Un spectacle sur les images absentes et les liens que l’on recrée
Un autre aspect fort de Dynasties tient à son travail sur les images manquantes. Sara Forever part d’un manque très concret — l’absence de photographies la réunissant avec sa mère — pour construire une œuvre où l’imaginaire devient un outil de réparation. Ce geste artistique transforme l’absence en matière vivante.
En recomposant des souvenirs impossibles, en mélangeant mémoire personnelle et mythologies populaires, l’artiste fabrique une scène où l’intime n’est jamais figé. Il se recompose, se travestit, se déplace. C’est précisément là que Dynasties touche juste : dans cette capacité à faire de la filiation non pas un destin fermé, mais un récit à réécrire.
Informations pratiques sur “Dynasties”
Dynasties est présenté au Théâtre Vidy-Lausanne du 26 mars au 1er avril 2026, avec des représentations à 20h les 26, 27, 28 et 31 mars ainsi que le 1er avril. Le spectacle propose une plongée rare dans l’univers de Sara Forever, à la croisée du théâtre, du drag et de l’autofiction.
Un concours permet également de remporter des invitations pour la représentation du 28 mars, accompagnée d’un loto queer. Entre confession artistique, jeu d’identification et réflexion sur les héritages, Dynasties s’annonce comme une œuvre forte, délicate et profondément contemporaine.
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