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Condamnation pour des Guets-apens Homophobes à Avignon : Deux Accusés Écopent de 22 ans de Réclusion

Condamnation pour des Guets-apens Homophobes à Avignon
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Un verdict marqué par la reconnaissance du caractère homophobe des faits

Après une semaine de débats devant la cour d’assises du Vaucluse à Avignon, la justice a rendu sa décision le lundi 8 juin concernant deux agressions préméditées visant des hommes homosexuels en 2023, dont l’une a entraîné la mort d’une victime. Sur les six personnes poursuivies dans cette affaire, cinq ont été condamnées.

Les deux principaux accusés, Aymène L., 24 ans, et Intissar A., 25 ans, ont été reconnus coupables de meurtre aggravé par l’orientation sexuelle des victimes. Ils ont été condamnés chacun à 22 années de réclusion criminelle. Les compagnes des deux hommes, poursuivies pour complicité de vol, ont également été déclarées coupables. Un autre prévenu, Malek E., âgé de 24 ans, a écopé de dix ans de prison pour extorsion et séquestration avec arme. Le sixième accusé a été acquitté.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de violences visant les personnes LGBT+, comme l’illustre également la hausse des agressions homophobes recensées à Nantes.

Des victimes ciblées via un site de rencontres

L’enquête a mis en lumière un mode opératoire déjà observé dans plusieurs affaires similaires. Les membres du groupe utilisaient la plateforme de rencontres Coco afin d’entrer en contact avec des hommes gays, leur fixer un rendez-vous puis les voler.

Au cours du procès, une phrase attribuée aux accusés a illustré cette stratégie : “Ce soir, on va faire des sous”. Les investigations ont montré que les victimes étaient sélectionnées dans le but d’être dépouillées après avoir été mises en confiance.


Lire aussi : l’enquête sur un possible tueur en série ciblant des hommes homosexuels


La mort de Mickaël Roussin lors d’une agression à son domicile

Le 5 mars 2023, Mickaël Roussin, âgé de 30 ans, tombe dans le piège tendu par le groupe à son domicile de Sorgues, près d’Avignon. Selon les éléments examinés par la cour, pendant qu’un des agresseurs fouillait l’habitation à la recherche d’objets de valeur, un autre immobilisait la victime.

Maintenu au sol avec un genou et un coussin pressés contre son visage, le trentenaire a succombé en quelques minutes à une asphyxie. Cette affaire rappelle le meurtre de Pierre-Olivier M., survenu à Noisy-le-Grand en 1995. Ce cuisinier de 43 ans avait alors été attaché chez lui avant de mourir étouffé sous un oreiller utilisé par ses agresseurs pour l’empêcher de crier.

Quelques jours après le décès de Mickaël Roussin, le groupe aurait pris pour cible un second homme. Cette victime a survécu à l’agression.

L’homophobie au centre des débats judiciaires

La qualification homophobe des faits a constitué l’un des principaux enjeux du procès. Cette circonstance aggravante n’avait pas été retenue lors de la phase d’instruction, mais les débats devant la cour ont conduit les jurés à adopter une autre analyse.

Interrogé sur les raisons qui avaient motivé le choix des victimes, Intissar A. a déclaré : “Avec les homos, c’est plus facile. Ils sont prêts à tout pour avoir des rapports sexuels. Ils font confiance”.

Les jurés ont estimé que les victimes avaient été visées notamment en raison de leur orientation sexuelle, y compris dans le cas de la seconde agression. La circonstance aggravante d’homophobie a donc été retenue pour l’ensemble des faits jugés.

Une décision saluée par les associations de lutte contre les discriminations

L’association Stop Homophobie a accueilli favorablement cette reconnaissance judiciaire, la considérant comme “une étape importante”. L’organisation souligne que ce type d’agression ne constitue pas une succession d’actes isolés mais s’inscrit dans un phénomène identifié et documenté depuis plusieurs années.

Des enquêtes publiées par plusieurs médias avaient déjà mis en évidence la récurrence de ces guets-apens visant des hommes homosexuels. Selon des données relayées en 2023, au moins une affaire de ce type était recensée chaque semaine sur le territoire français.

Pour suivre l’évolution de ces questions et des droits LGBT+ en France, les lecteurs peuvent consulter la rubrique dédiée aux actualités LGBT et aux faits de société.

La fermeture de Coco et les mesures de prévention renforcées

La plateforme Coco, associée à plus de 20 000 procédures judiciaires, a été fermée en 2024 à la suite d’une décision de justice. Le site est toutefois réapparu récemment sous l’appellation Cocoland, entraînant l’ouverture d’une nouvelle enquête par le parquet de Paris.

Face à la multiplication de ces agressions, la Délégation interministérielle à la lutte contre la haine anti-LGBT (Dilcrah) a lancé en mars un plan d’action élaboré avec quatre des principales applications de rencontres utilisées en France, parmi lesquelles Grindr.

Les autorités rappellent également l’importance d’adopter certaines précautions lors des rencontres organisées en ligne. Pour un premier rendez-vous, il est recommandé de privilégier un lieu public, fréquenté et sécurisé afin de limiter les risques.

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