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« Courir à la catastrophe » au Petit Saint-Martin : Antoine Heuillet explore les vertiges de la trentaine

Courir à la catastrophe » au Petit Saint-Martin Antoine Heuillet
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Avec Courir à la catastrophe, Antoine Heuillet signe un seul-en-scène intime et drôle autour des doutes, des maladresses et des blessures d’un trentenaire gay. Auteur, interprète et metteur en scène du spectacle, il sera à l’affiche du Théâtre du Petit Saint-Martin, à Paris, à partir du 29 septembre 2026.

À 30 ans, l’heure de l’état des lieux

Passer le cap de la trentaine peut donner envie de regarder dans le rétroviseur. Pour Antoine Heuillet, cet anniversaire devient l’occasion de dresser un bilan, « comme lorsqu’on quitte un appartement dans lequel on a vécu longtemps ».

Originaire de Toulouse, où il est passé par le conservatoire d’art dramatique avant de rejoindre le Cours Florent à Paris, le comédien puise dans cette période charnière la matière de Courir à la catastrophe. Après Mais où est donc passée Madeleine Tornade ?, il construit cette fois le portrait d’un homme rattrapé par ses angoisses, ses souvenirs et les questions laissées en suspens, dans une forme qui s’inscrit dans le renouveau du théâtre LGBT contemporain.

Sur scène, Antoine Heuillet ne reste jamais longtemps immobile. Son récit prend la forme d’un monologue rythmé dans lequel il fait surgir plusieurs personnages et traverse différentes étapes de son histoire personnelle.

Premiers émois, famille et relation au père

Le spectacle remonte notamment jusqu’à son premier béguin pour un garçon.Il évoque également des repas de famille compliqués, marqués par les remarques d’une tante fermée d’esprit, ou encore les trajets en voiture avec un père avec lequel les conversations ne viennent pas toujours facilement. Une exploration des liens familiaux que l’on retrouve, sous une autre forme, dans un autre seul-en-scène queer autour de la filiation.

Ces souvenirs, parfois anodins en apparence, dessinent progressivement le parcours d’un personnage anxieux et maladroit. Le regard du psy devient aussi l’un des fils du récit, en reliant ces scènes du passé à l’adulte qu’il est devenu.

Plutôt que de présenter la trentaine comme un simple passage obligé, Courir à la catastrophe l’utilise ainsi comme un point d’observation : celui depuis lequel les petites déconvenues, les moments de honte, les premières fois et les blessures familiales reprennent une place nouvelle.

Un récit intime sur l’expérience d’un homme gay

L’autofiction prend une dimension particulière lorsqu’elle aborde l’expérience d’un jeune homme gay. Antoine Heuillet revient sur la découverte du désir, le rapport à la masculinité ou encore la difficulté à trouver sa place face à la figure paternelle, des thèmes également présents dans d’autres spectacles queer qui interrogent la masculinité.

Le spectacle avance constamment entre humour et fragilité. Les situations les plus embarrassantes deviennent matière à rire sans que les inquiétudes qui les accompagnent soient évacuées. Cette manière d’exposer les failles du personnage donne au seul-en-scène son équilibre entre légèreté et introspection.

Et au milieu de ces multiples catastrophes, grandes ou minuscules, un objet particulièrement banal pourrait bien acquérir une toute nouvelle importance : après la représentation, difficile de regarder une serpillère exactement comme avant.

« Courir à la catastrophe » au Petit Saint-Martin

Écrit, interprété et mis en scène par Antoine Heuillet, Courir à la catastrophe sera présenté au Théâtre du Petit Saint-Martin, dans le 10e arrondissement de Paris, du 29 septembre au 27 octobre 2026. Les représentations sont programmées les lundis et mardis à 20 h. Le spectacle dure 1 h 10.