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Polysexuel : Définition, Attirance et Différences avec les Autres Orientations

  • LGBTQIA+
Polysexuel
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Le terme polysexuel désigne une orientation sexuelle caractérisée par la possibilité de ressentir une attirance sexuelle envers des personnes de plusieurs genres, sans que cette attirance concerne nécessairement tous les genres.

Une personne polysexuelle peut, par exemple, être attirée par des femmes et différentes personnes non binaires, ou par des hommes, des femmes et certaines identités de genre. Ces exemples ne constituent pas des combinaisons obligatoires : les genres susceptibles de provoquer une attirance varient d’une personne à l’autre.

La polysexualité ne précise pas automatiquement l’orientation romantique, l’identité de genre, les pratiques sexuelles ou le modèle relationnel d’une personne. Elle indique principalement que plusieurs genres peuvent être concernés par son attirance sexuelle.

Pour découvrir les autres orientations, identités et termes employés par les communautés LGBTQIA+, consultez également notre lexique LGBTQIA+.

Que signifie polysexuel ?

Le mot polysexuel associe le préfixe « poly- », qui signifie « plusieurs » ou « nombreux », au terme « sexuel ».

Il est généralement utilisé pour décrire une attirance sexuelle possible envers des personnes de plusieurs genres, mais pas nécessairement envers des personnes de tous genres.

Le terme ne signifie pas qu’une personne :

  • est attirée par tout le monde ;
  • ressent constamment une attirance sexuelle ;
  • souhaite avoir plusieurs partenaires ;
  • pratique le polyamour ;
  • possède une libido particulièrement importante ;
  • ressent la même attirance envers chaque genre ;
  • doit avoir vécu des relations avec plusieurs genres.

La polysexualité décrit la direction possible de l’attirance sexuelle. Elle ne permet pas de connaître le comportement, les relations actuelles ou les préférences intimes d’une personne.

Les définitions communautaires contemporaines présentent généralement la polysexualité comme une attirance envers plusieurs genres, sans que tous les genres soient obligatoirement concernés.

Plusieurs genres, mais pas nécessairement tous

La principale caractéristique associée à la polysexualité est la possibilité d’être attiré sexuellement par des personnes de plusieurs genres.

Le terme « plusieurs » n’impose pas un nombre précis. Une personne n’a pas besoin d’être attirée par trois, quatre ou cinq genres pour pouvoir employer cette étiquette.

Elle peut notamment ressentir une attirance envers :

  • des hommes et des personnes non binaires ;
  • des femmes et certaines personnes genderfluid ;
  • des hommes, des femmes et des personnes agenres ;
  • plusieurs identités appartenant au spectre non binaire ;
  • différentes expressions de genre sans pouvoir les résumer dans une liste simple.

Ces exemples servent uniquement à illustrer la diversité des expériences. Ils ne permettent pas de définir à la place d’une personne les genres qui devraient ou non l’attirer.

Une personne polysexuelle n’est pas non plus obligée d’identifier précisément tous les genres susceptibles de provoquer son attirance. Elle peut simplement savoir que plusieurs genres sont concernés et que l’idée d’une attirance envers tous les genres ne correspond pas entièrement à son expérience.

Existe-t-il un nombre minimum de genres ?

La polysexualité implique généralement une attirance envers plus d’un genre, mais aucun seuil universel ne permet de déterminer à partir de combien de genres une personne devient polysexuelle.

Le mot ne constitue pas une formule mathématique.

Une personne peut le choisir parce qu’elle :

  • ressent une attirance envers plusieurs genres précis ;
  • souhaite indiquer que tous les genres ne sont pas nécessairement concernés ;
  • se reconnaît davantage dans ce terme que dans bisexuel ou pansexuel ;
  • considère que polysexuel décrit clairement son rapport au genre ;
  • apprécie une étiquette appartenant aux orientations multi-genres ;
  • trouve ce mot plus fidèle à son expérience personnelle.

L’identité ne dépend pas du nombre de relations déjà vécues ni de la capacité à produire une liste détaillée des genres concernés.

Les personnes polysexuelles sont-elles attirées de la même manière par chaque genre ?

Pas nécessairement.

Une personne polysexuelle peut constater que son attirance :

  • apparaît plus fréquemment envers certains genres ;
  • possède une intensité différente selon les personnes ;
  • évolue selon les périodes de sa vie ;
  • est influencée par certaines expressions de genre ;
  • ne se manifeste pas de manière parfaitement équilibrée ;
  • reste difficile à mesurer ou à comparer.

L’attirance envers plusieurs genres n’implique pas une répartition identique entre eux.

Une personne peut, par exemple, ressentir très souvent une attirance envers les femmes et plus rarement envers certaines personnes non binaires. Elle peut toujours considérer que le terme polysexuel correspond à son orientation.

Une préférence ne rend donc pas la polysexualité moins valide. Une orientation indique les genres envers lesquels une attirance peut apparaître, pas la fréquence exacte à laquelle elle doit se produire.

Peut-on être polysexuel avec une préférence marquée ?

Oui. Une personne polysexuelle peut avoir une ou plusieurs préférences.

Celles-ci peuvent concerner :

  • un genre ;
  • certaines expressions masculines, féminines ou androgynes ;
  • des caractéristiques physiques ;
  • une personnalité ;
  • un type de relation ;
  • la fréquence avec laquelle l’attirance apparaît.

Ces préférences ne sont pas nécessairement stables. Elles peuvent évoluer avec les rencontres, les périodes de la vie ou la manière dont une personne comprend son orientation.

Avoir une préférence ne signifie pas que les autres attirances sont fausses ou moins importantes. Cela ne signifie pas non plus que la personne hiérarchise la valeur des différents genres.

L’attirance n’est pas une déclaration politique sur les personnes concernées. Ne pas être attiré par un genre ne justifie évidemment aucun manque de respect envers les personnes appartenant à ce genre.

Qu’est-ce que l’attirance sexuelle ?

L’attirance sexuelle peut être décrite comme un intérêt sexuel dirigé vers une personne particulière.

Elle peut se manifester par :

  • le désir d’un contact sexuel avec une personne ;
  • des pensées ou des fantasmes dirigés vers elle ;
  • une réaction physique accompagnée d’un intérêt personnel ;
  • l’envie d’explorer une intimité sexuelle ;
  • un sentiment d’attirance lié à son apparence, à son expression ou à sa personnalité.

Toutes les personnes ne ressentent pas cette attirance de la même manière. Elle peut être immédiate, progressive, rare, fréquente, intense ou difficile à distinguer d’autres formes d’intérêt.

Une attirance ne crée aucune obligation. Une personne peut ressentir une attirance sexuelle sans souhaiter la transformer en relation ou en pratique.

Le consentement, les limites personnelles et les choix relationnels restent indépendants de l’apparition de l’attirance.

Attirance sexuelle, libido et comportement : quelles différences ?

Ces trois notions sont souvent confondues.

L’attirance sexuelle

L’attirance sexuelle est généralement dirigée vers une personne particulière.

Une personne peut constater qu’une personne précise l’attire sexuellement, même si elle choisit de ne rien entreprendre.

La libido

La libido correspond à une énergie ou à un désir sexuel général. Elle ne vise pas nécessairement une personne particulière.

Une personne peut avoir une libido élevée sans ressentir souvent d’attirance sexuelle. À l’inverse, elle peut ressentir une attirance envers quelqu’un tout en traversant une période de faible libido.

Le comportement sexuel

Le comportement désigne ce que la personne décide effectivement de faire.

Une personne polysexuelle peut :

  • avoir une vie sexuelle active ;
  • ne pas avoir actuellement de rapports sexuels ;
  • choisir l’abstinence ;
  • attendre avant de vivre une relation ;
  • n’avoir connu qu’un seul partenaire ;
  • ne jamais agir sur certaines attirances ;
  • définir des limites différentes selon les périodes.

L’orientation ne peut donc pas être déduite uniquement des pratiques. Deux personnes possédant des expériences relationnelles identiques peuvent utiliser des étiquettes différentes.

La polysexualité est-elle une orientation sexuelle ?

Oui. La polysexualité est généralement présentée comme une orientation sexuelle multi-genres.

Une orientation sexuelle décrit principalement les genres envers lesquels une attirance sexuelle peut être ressentie. Elle ne fournit pas une description complète de la vie affective ou sexuelle d’une personne.

Parmi les autres orientations sexuelles, on trouve notamment :

  • l’hétérosexualité ;
  • l’homosexualité ;
  • la bisexualité ;
  • la pansexualité ;
  • l’omnisexualité ;
  • l’asexualité ;
  • l’abrosexualité.

Certaines orientations précisent les genres susceptibles de provoquer une attirance. D’autres décrivent plutôt sa rareté, sa fluidité ou les conditions dans lesquelles elle apparaît.

Notre liste des orientations LGBTQIA+ permet de comparer les principales orientations sexuelles et romantiques sans les confondre avec les identités de genre.

Orientation sexuelle et orientation romantique : quelle différence ?

L’orientation sexuelle concerne les genres envers lesquels une personne peut ressentir une attirance sexuelle.

L’orientation romantique concerne les genres envers lesquels elle peut ressentir une attirance romantique ou amoureuse.

Chez certaines personnes, les deux orientations se correspondent. Une personne peut, par exemple, être à la fois polysexuelle et polyromantique.

Chez d’autres, elles peuvent être différentes.

Une personne polysexuelle peut notamment être :

  • polyromantique ;
  • biromantique ;
  • panromantique ;
  • homoromantique ;
  • hétéroromantique ;
  • aromantique ;
  • grayromantique ;
  • sans étiquette romantique précise.

Ces associations ne sont pas contradictoires. Les deux termes décrivent des dimensions distinctes de l’attirance.

Une personne polysexuelle et homoromantique peut, par exemple, ressentir une attirance sexuelle envers plusieurs genres tout en ressentant principalement une attirance romantique envers des personnes de son propre genre.

Une personne polysexuelle et aromantique peut ressentir une attirance sexuelle envers plusieurs genres, mais peu ou pas d’attirance romantique.

Pour comprendre plus précisément le pendant romantique de cette orientation, consultez notre article consacré au terme polyromantique.

Peut-on être polysexuel et polyromantique ?

Oui. Une personne peut utiliser les deux termes lorsque son attirance sexuelle et son attirance romantique peuvent concerner plusieurs genres.

Cela ne signifie pas nécessairement que les mêmes genres sont concernés par les deux formes d’attirance.

Une personne peut, par exemple :

  • ressentir une attirance sexuelle envers des hommes, des femmes et certaines personnes non binaires ;
  • ressentir une attirance romantique envers des femmes et plusieurs identités non binaires ;
  • utiliser polysexuel pour la première orientation et polyromantique pour la seconde.

Une autre personne peut constater une correspondance complète entre ses attirances sexuelle et romantique.

Certaines personnes ne ressentent pas le besoin d’effectuer cette distinction et emploient uniquement polysexuel pour parler globalement de leur orientation. Le vocabulaire doit rester un outil utile, et non une obligation de décomposer chaque ressenti.

Polysexuel est-il une identité de genre ?

Non. Polysexuel désigne une orientation sexuelle et non une identité de genre.

L’identité de genre décrit la manière dont une personne se définit intérieurement par rapport au genre. Elle peut notamment se reconnaître comme :

  • femme ;
  • homme ;
  • non binaire ;
  • agenre ;
  • genderfluid ;
  • bigender ;
  • ou utiliser une autre identité.

Une personne polysexuelle peut appartenir à n’importe quel genre.

Elle peut être cisgenre, transgenre ou non binaire. Son identité de genre ne permet pas de déterminer les personnes susceptibles de l’attirer.

Il faut donc éviter de supposer qu’une personne polysexuelle est automatiquement non binaire ou genderfluid. Les orientations multi-genres peuvent concerner des personnes de toutes les identités de genre.

Polysexuel signifie-t-il polygenre ?

Non. Polysexuel et polygenre ne décrivent pas la même dimension.

Polysexuel concerne l’attirance sexuelle envers plusieurs genres.

Polygenre peut être utilisé par une personne qui se reconnaît dans plusieurs genres ou qui vit plusieurs identités de genre.

Une personne polygenre peut être polysexuelle, mais elle peut aussi posséder n’importe quelle autre orientation.

De la même manière, une personne polysexuelle ne possède pas nécessairement plusieurs genres. Son orientation décrit les personnes qui peuvent l’attirer, et non son propre genre.

Faut-il avoir eu des partenaires de plusieurs genres pour être polysexuel ?

Non. Une orientation ne dépend pas du nombre ni du genre des partenaires déjà rencontrés.

Une personne peut comprendre qu’elle est polysexuelle :

  • avant sa première relation ;
  • après avoir ressenti plusieurs attirances ;
  • sans avoir eu de rapport sexuel ;
  • alors qu’elle n’a fréquenté que des personnes d’un seul genre ;
  • pendant une relation durable ;
  • après une longue période de questionnement.

Les relations déjà vécues ne représentent pas nécessairement toutes les attirances possibles.

Une personne hétérosexuelle n’a pas besoin d’avoir fréquenté plusieurs personnes d’un genre différent pour que son orientation soit reconnue. Une personne polysexuelle ne devrait pas avoir à fournir davantage de preuves.

Le partenaire actuel définit-il l’orientation ?

Non.

Une personne polysexuelle ne devient pas automatiquement hétérosexuelle, homosexuelle ou bisexuelle selon le genre de son partenaire actuel.

Une relation visible ne représente qu’une partie de son histoire.

Par exemple :

  • une femme polysexuelle en couple avec un homme reste polysexuelle ;
  • un homme polysexuel en couple avec un homme reste polysexuel ;
  • une personne non binaire polysexuelle ne voit pas son orientation résumée par le genre de son partenaire ;
  • une personne célibataire reste polysexuelle même si elle ne fréquente personne.

Réduire une orientation à la relation actuelle contribue à l’invisibilisation des personnes attirées par plusieurs genres.

Le comportement ou le couple ne permet pas, à lui seul, de déterminer l’orientation d’une personne.

Être polysexuel signifie-t-il être attiré par tout le monde ?

Non.

Une personne polysexuelle peut être attirée par plusieurs genres sans être attirée par chaque personne appartenant à ces genres.

Comme pour toutes les orientations, l’attirance peut dépendre :

  • de la personnalité ;
  • des affinités ;
  • de l’apparence ;
  • des valeurs ;
  • de la manière de communiquer ;
  • de la compatibilité ;
  • de l’expression de genre ;
  • du contexte de la rencontre.

Dire qu’une personne est attirée par plusieurs genres ne signifie pas qu’elle sera attirée par tous ses amis, ses collègues ou les personnes qu’elle rencontre.

Cette idée reçue est également appliquée à tort aux personnes bisexuelles, pansexuelles et omnisexuelles.

La polysexualité est-elle un choix ?

Une personne peut choisir le mot qu’elle utilise pour présenter son orientation. Elle ne choisit toutefois pas volontairement l’apparition de ses attirances.

Elle peut décider :

  • d’utiliser le terme polysexuel ;
  • de préférer une étiquette plus large ;
  • de combiner plusieurs termes ;
  • de ne pas rendre son orientation publique ;
  • de modifier son vocabulaire ;
  • de ne choisir aucune étiquette.

Le choix concerne donc principalement la manière de nommer et de communiquer son expérience.

Une personne ne décide pas consciemment d’être attirée par plusieurs genres afin de suivre une tendance, de se distinguer ou d’appartenir à une communauté.

Peut-on découvrir sa polysexualité tardivement ?

Oui. Une personne peut comprendre son orientation à n’importe quel âge.

Cette découverte peut survenir :

  • après avoir appris l’existence du mot polysexuel ;
  • à la suite d’une nouvelle attirance ;
  • après plusieurs relations ;
  • pendant une relation durable ;
  • après avoir remis en question une ancienne étiquette ;
  • en découvrant davantage d’identités de genre ;
  • après avoir distingué attirance sexuelle et attirance romantique.

Comprendre tardivement son orientation ne signifie pas que les anciennes relations étaient fausses.

Une personne peut avoir sincèrement aimé ou désiré ses anciens partenaires tout en réalisant ensuite que son attirance peut concerner davantage de genres qu’elle ne le pensait.

Peut-on changer d’étiquette ?

Oui. Une étiquette peut évoluer avec la compréhension de soi.

Une personne peut d’abord se définir comme :

  • bisexuelle ;
  • pansexuelle ;
  • queer ;
  • en questionnement ;
  • sans étiquette ;

puis découvrir que polysexuel décrit plus précisément son expérience.

Elle peut également utiliser polysexuel pendant une période avant de préférer un autre terme.

Ce changement ne signifie pas que la personne mentait ou suivait une mode. Elle utilisait simplement le vocabulaire qui lui semblait le plus adapté à ce qu’elle comprenait d’elle-même à ce moment-là.

Les glossaires LGBTQIA+ rappellent d’ailleurs que les usages et les définitions évoluent et qu’il convient de respecter le terme choisi par chaque personne plutôt que de lui attribuer une identité à partir de suppositions.

Comment savoir si le terme polysexuel peut correspondre ?

Il n’existe aucun test médical ou psychologique permettant de déterminer si une personne est polysexuelle.

Elle peut néanmoins se demander :

  • plusieurs genres peuvent-ils susciter chez moi une attirance sexuelle ?
  • certains genres semblent-ils ne pas faire partie de mon attirance ?
  • ai-je besoin d’un terme distinguant mon attirance de la pansexualité ?
  • le genre joue-t-il un rôle dans les personnes qui m’attirent ?
  • le mot polysexuel décrit-il mieux mon expérience que d’autres étiquettes ?
  • est-ce que je me sens à l’aise en utilisant ce terme ?

Ces questions servent uniquement à explorer son expérience. Elles ne fournissent pas un résultat officiel.

Une personne peut préférer les mots bisexuel, pansexuel, omnisexuel, queer ou une formulation générale comme « attiré par plusieurs genres ».

Le meilleur terme reste celui qui lui paraît utile et fidèle à son vécu.

Une orientation qui recouvre des expériences variées

Deux personnes polysexuelles peuvent ne pas être attirées par les mêmes genres, ne pas posséder les mêmes préférences et ne pas vivre leur orientation de la même manière.

Elles peuvent également avoir :

  • des orientations romantiques différentes ;
  • des identités de genre différentes ;
  • des fréquences d’attirance différentes ;
  • des modèles relationnels différents ;
  • des niveaux de visibilité différents ;
  • des parcours amoureux et sexuels très éloignés.

Le point commun réside principalement dans la possibilité de ressentir une attirance sexuelle envers des personnes de plusieurs genres, sans que tous les genres soient nécessairement concernés.

La partie suivante permettra de comparer précisément les termes polysexuel, bisexuel, pansexuel et omnisexuel, dont les définitions peuvent se chevaucher sans être entièrement interchangeables.

Polysexuel, bisexuel, pansexuel et omnisexuel : quelles différences ?

Les termes polysexuel, bisexuel, pansexuel et omnisexuel décrivent tous une attirance sexuelle pouvant concerner plusieurs genres.

Leurs définitions peuvent se chevaucher, mais elles ne mettent pas toujours l’accent sur le même aspect de l’attirance.

De manière générale :

  • polysexuel désigne une attirance sexuelle envers plusieurs genres, mais pas nécessairement tous ;
  • bisexuel désigne une attirance possible envers plus d’un genre ;
  • pansexuel désigne une attirance possible envers des personnes de tous genres, le genre jouant généralement peu ou pas de rôle déterminant ;
  • omnisexuel désigne une attirance possible envers tous les genres, tout en considérant que le genre peut influencer la manière dont l’attirance est ressentie.

Ces définitions constituent des repères. Elles ne permettent pas de corriger l’identité choisie par une autre personne ni de tracer des frontières parfaitement rigides entre les orientations.

Tableau comparatif des orientations multi-genres

OrientationGenres susceptibles d’être concernésPlace généralement accordée au genre
PolysexuelPlusieurs genres, mais pas nécessairement tousCertains genres peuvent susciter une attirance et d’autres non
BisexuelPlus d’un genreLe genre peut influencer l’attirance, mais ce n’est pas une obligation
PansexuelTous les genres ou indépendamment du genreLe genre joue généralement peu ou pas de rôle déterminant
OmnisexuelTous les genresLe genre est perçu et peut influencer l’attirance
AbrosexuelGenres ou orientations pouvant varierL’orientation peut évoluer ou fluctuer dans le temps

Ce tableau simplifie nécessairement des expériences individuelles. Deux personnes utilisant la même étiquette peuvent ressentir leur attirance de façons très différentes.

Quelle différence entre polysexuel et bisexuel ?

Une personne polysexuelle peut ressentir une attirance sexuelle envers plusieurs genres, sans que tous les genres soient nécessairement concernés.

Une personne bisexuelle peut ressentir une attirance envers plus d’un genre. Le terme ne signifie pas obligatoirement être attiré uniquement par les hommes et les femmes ni ressentir exactement la même attirance envers chaque genre.

La bisexualité peut notamment être définie comme :

  • une attirance envers son propre genre et d’autres genres ;
  • une attirance envers des genres semblables et différents du sien ;
  • une attirance envers plus d’un genre ;
  • une identité appartenant aux orientations multi-genres.

La principale nuance est donc souvent une question de précision personnelle.

Une personne peut choisir polysexuel lorsqu’elle souhaite insister sur le fait que :

  • plusieurs genres peuvent l’attirer ;
  • certains genres ne semblent pas faire partie de son orientation ;
  • le mot pansexuel ne correspond pas à son expérience ;
  • elle préfère une étiquette plus précise que bisexuel ;
  • le préfixe « poly- » décrit mieux sa manière de comprendre son attirance.

Une autre personne vivant une expérience proche peut préférer le mot bisexuel parce qu’elle considère qu’il englobe déjà l’attirance envers plusieurs genres.

Notre article consacré à la bisexualité présente plus précisément cette orientation, ses différentes définitions et les idées reçues qui lui sont associées.

Bisexuel signifie-t-il être attiré par seulement deux genres ?

Non. Cette interprétation est fréquente, mais elle ne correspond pas à la manière dont de nombreuses personnes bisexuelles définissent leur orientation.

Le préfixe « bi- » peut être compris comme une attirance envers :

  • son propre genre et d’autres genres ;
  • des genres semblables et différents du sien ;
  • plus d’un genre ;
  • plusieurs genres, y compris des personnes non binaires.

Une personne bisexuelle peut donc être attirée par deux genres, plusieurs genres ou potentiellement tous les genres.

Le terme ne permet pas de déduire :

  • les genres précis qui l’attirent ;
  • l’existence de préférences ;
  • le nombre de partenaires déjà rencontrés ;
  • la fréquence de son attirance ;
  • son ouverture ou non aux personnes transgenres et non binaires.

Présenter la bisexualité comme une orientation exclusivement limitée aux hommes et aux femmes reproduit une définition réductrice et peut contribuer à l’effacement des personnes bisexuelles non binaires ou attirées par des personnes non binaires.

Polysexuel appartient-il au parapluie bi+ ?

Le terme bi+ est parfois utilisé comme une catégorie large regroupant les orientations caractérisées par une attirance envers plusieurs genres.

Selon les contextes, le parapluie bi+ peut inclure :

  • les personnes bisexuelles ;
  • les personnes polysexuelles ;
  • les personnes pansexuelles ;
  • les personnes omnisexuelles ;
  • certaines personnes queer ;
  • certaines personnes dont l’orientation est fluide ;
  • d’autres personnes se reconnaissant dans une attirance multi-genres.

Une personne polysexuelle peut donc appartenir à la communauté bi+ si cette appellation lui convient.

Elle n’est toutefois pas obligée d’utiliser le mot bisexuel. Les termes parapluies servent à créer des communautés et à regrouper des expériences proches, mais ils ne doivent pas effacer les étiquettes plus précises choisies individuellement.

Pour découvrir les termes associés à la bisexualité et aux orientations multi-genres, consultez notre lexique bisexuel.

Peut-on être à la fois polysexuel et bisexuel ?

Oui. Une personne peut considérer que les deux termes décrivent son expérience à des niveaux différents.

Elle peut utiliser :

  • bisexuel comme identité large ;
  • polysexuel comme précision ;
  • bi+ pour exprimer une appartenance communautaire ;
  • queer comme terme complémentaire.

Elle pourrait, par exemple, dire :

Je me définis comme bisexuel au sens large, mais polysexuel décrit plus précisément le fait que plusieurs genres peuvent m’attirer sans que tous soient concernés.

Une autre personne possédant des attirances similaires peut utiliser uniquement polysexuel.

Il n’est pas nécessaire de choisir une seule étiquette lorsqu’elles ne sont pas ressenties comme contradictoires.

Quelle différence entre polysexuel et pansexuel ?

La différence généralement proposée concerne l’étendue de l’attirance et la place du genre.

Une personne polysexuelle peut ressentir une attirance sexuelle envers plusieurs genres, mais pas nécessairement envers tous.

Une personne pansexuelle peut ressentir une attirance envers des personnes de tous genres ou indépendamment de leur genre. Le genre n’est généralement pas présenté comme une limite déterminante dans la possibilité que cette attirance apparaisse.

La distinction peut être résumée ainsi :

  • polysexuel : plusieurs genres sont concernés, sans englober nécessairement tous les genres ;
  • pansexuel : l’attirance peut concerner des personnes de tous genres et n’est généralement pas limitée par le genre.

Une personne polysexuelle peut donc considérer que certains genres ne font pas partie de son orientation.

Une personne pansexuelle peut estimer que le genre ne détermine pas les personnes susceptibles de l’attirer.

Pour approfondir cette orientation, retrouvez notre guide consacré à la pansexualité.

Pansexuel signifie-t-il être attiré par tout le monde ?

Non. Être pansexuel signifie que le genre ne représente généralement pas une limite à l’attirance, pas que chaque personne rencontrée devient attirante.

Une personne pansexuelle peut ne pas ressentir d’attirance envers une personne en raison :

  • de sa personnalité ;
  • d’un manque de compatibilité ;
  • de ses valeurs ;
  • de son comportement ;
  • de ses préférences physiques ;
  • de l’absence d’affinités ;
  • du contexte de la rencontre.

L’orientation décrit les genres pouvant être concernés, et non une attirance automatique envers toutes les personnes.

La même règle s’applique aux personnes polysexuelles, bisexuelles et omnisexuelles.

Pansexuel signifie-t-il « ne pas voir le genre » ?

L’expression « ne pas voir le genre » est parfois utilisée pour expliquer la pansexualité, mais elle peut être imprécise.

Une personne pansexuelle peut parfaitement reconnaître et respecter le genre de la personne qui l’attire. Elle ne considère pas nécessairement que le genre n’existe pas ou qu’il ne joue aucun rôle dans la vie de cette personne.

Il est généralement plus juste de parler :

  • d’une attirance qui n’est pas limitée par le genre ;
  • d’une attirance possible envers des personnes de tous genres ;
  • d’une orientation dans laquelle le genre joue peu ou pas de rôle déterminant ;
  • d’une possibilité d’attirance indépendamment du genre.

Une personne pansexuelle peut donc connaître le genre de son partenaire tout en considérant que celui-ci n’a pas déterminé l’apparition de son attirance.

Une personne polysexuelle peut-elle être attirée par tous les genres ?

La définition la plus courante de polysexuel indique que plusieurs genres peuvent susciter une attirance, mais pas nécessairement tous.

Cependant, les étiquettes identitaires ne fonctionnent pas comme des catégories parfaitement mathématiques.

Une personne peut :

  • ne pas savoir avec certitude si tous les genres pourraient l’attirer ;
  • avoir découvert le mot polysexuel avant pansexuel ou omnisexuel ;
  • préférer polysexuel pour des raisons personnelles ;
  • considérer que « plusieurs » décrit mieux son expérience que « tous » ;
  • utiliser cette étiquette même si les frontières de son attirance restent ouvertes.

Il n’est pas nécessaire de demander à une personne polysexuelle quel genre est exclu afin de vérifier qu’elle utilise correctement le terme.

L’auto-identification ne doit pas être transformée en examen.

Quelle différence entre polysexuel et omnisexuel ?

Une personne omnisexuelle peut ressentir une attirance sexuelle envers des personnes de tous genres, tout en percevant le genre et en considérant qu’il peut influencer la manière dont cette attirance apparaît.

Une personne polysexuelle peut ressentir une attirance envers plusieurs genres, sans que tous soient nécessairement concernés.

La distinction générale est donc :

  • polysexuel : plusieurs genres, mais pas obligatoirement tous ;
  • omnisexuel : tous les genres, avec une attirance pouvant être ressentie différemment selon le genre.

Une personne omnisexuelle peut notamment constater que :

  • certains genres l’attirent plus fréquemment ;
  • son attirance ne se manifeste pas de la même manière selon les genres ;
  • certaines expressions masculines, féminines ou androgynes lui plaisent différemment ;
  • le genre participe à son intérêt pour une personne ;
  • elle possède des préférences sans qu’aucun genre soit exclu.

L’omnisexualité ne signifie pas obligatoirement hiérarchiser les genres ni ressentir une préférence stable.

Notre article consacré à l’omnisexualité explique plus précisément cette orientation et sa différence avec la pansexualité.

Quelle différence entre pansexuel et omnisexuel ?

Le pansexuel et l’omnisexuel peuvent tous deux ressentir une attirance envers des personnes de tous genres.

La nuance la plus souvent présentée concerne la place du genre.

Chez une personne pansexuelle :

  • le genre joue généralement peu ou pas de rôle déterminant ;
  • l’attirance peut être décrite comme indépendante du genre ;
  • aucun genre n’est exclu de la possibilité d’attirance.

Chez une personne omnisexuelle :

  • tous les genres peuvent être concernés ;
  • le genre est généralement perçu ;
  • l’attirance peut varier selon les genres ;
  • certaines préférences peuvent être plus visibles.

Cette distinction ne doit pas être imposée comme une règle universelle. Certaines personnes considèrent que les deux termes sont très proches, tandis que d’autres ressentent une différence importante entre eux.

Quelle différence entre polysexuel et omnisexuel ?

Les deux orientations reconnaissent que le genre peut jouer un rôle dans l’attirance.

La différence concerne surtout le nombre de genres potentiellement inclus.

Une personne polysexuelle peut dire :

Plusieurs genres peuvent m’attirer, mais je ne considère pas que tous les genres soient concernés.

Une personne omnisexuelle peut dire :

Tous les genres peuvent m’attirer, mais mon attirance peut varier en fonction du genre.

Dans les deux cas, une personne peut avoir des préférences.

La préférence n’est donc pas ce qui distingue à elle seule la polysexualité de l’omnisexualité. La distinction repose principalement sur la possibilité que tous les genres soient ou non concernés.

Quelle différence entre polysexuel et multi-sexuel ?

Le terme multi-sexuel ou multisexuel peut être utilisé comme une catégorie générale regroupant les orientations caractérisées par une attirance envers plusieurs genres.

Il peut inclure :

  • la bisexualité ;
  • la polysexualité ;
  • la pansexualité ;
  • l’omnisexualité ;
  • certaines formes d’abrosexualité ;
  • d’autres orientations appartenant au parapluie bi+.

Polysexuel est donc une orientation multi-sexuelle, mais tous les individus multi-sexuels ne sont pas polysexuels.

Une personne pansexuelle ou omnisexuelle peut se reconnaître dans la catégorie multi-sexuelle sans utiliser le mot polysexuel.

Le terme multi-sexuel sert principalement de regroupement. Il ne remplace pas les identités particulières choisies par les personnes.

Polysexuel est-il plus précis que bisexuel ?

Polysexuel peut être perçu comme plus précis par certaines personnes, notamment lorsqu’elles souhaitent indiquer que plusieurs genres les attirent sans que tous les genres soient concernés.

Cela ne signifie pas que bisexuel serait un mot imprécis ou dépassé.

Le niveau de précision dépend de ce que la personne souhaite communiquer.

Une personne peut considérer que bisexuel décrit parfaitement son expérience sans avoir besoin de préciser les genres concernés.

Une autre peut préférer polysexuel parce que ce terme lui permet d’exprimer une nuance importante.

La précision d’une étiquette ne la rend pas plus valide ni plus moderne qu’une autre.

Polysexuel est-il plus inclusif que bisexuel ?

Non. Il n’existe pas de hiérarchie morale entre les orientations multi-genres.

La bisexualité n’est pas automatiquement binaire ou excluante.

La polysexualité n’est pas davantage inclusive simplement parce que son nom évoque plusieurs genres.

L’inclusivité dépend surtout :

  • du respect des identités ;
  • de la manière de parler des personnes transgenres et non binaires ;
  • du refus des stéréotypes ;
  • de la reconnaissance de l’auto-identification ;
  • du comportement envers les autres.

Une personne peut être bisexuelle et pleinement inclusive des personnes non binaires. Une personne polysexuelle peut également avoir des préjugés. L’étiquette ne garantit pas les opinions ou les valeurs individuelles.

Polysexuel exclut-il les personnes transgenres ?

Non. Les personnes transgenres ne constituent pas un genre séparé de toutes les autres catégories.

Une femme trans est une femme. Un homme trans est un homme. Une personne trans peut également être non binaire.

Une personne polysexuelle peut donc être attirée par :

  • des femmes cisgenres et transgenres ;
  • des hommes cisgenres et transgenres ;
  • certaines personnes non binaires ;
  • plusieurs autres identités de genre.

Dire qu’une personne est attirée par les femmes ne permet pas de conclure qu’elle exclut les femmes trans.

L’attirance peut dépendre du genre, de l’expression de genre, de la personnalité, de l’apparence ou de nombreuses autres caractéristiques individuelles.

Peut-on être polysexuel et avoir une préférence pour un seul genre ?

Une personne polysexuelle peut ressentir une préférence marquée pour un genre tout en restant susceptible d’être attirée par plusieurs autres genres.

Elle peut, par exemple :

  • être principalement attirée par les femmes ;
  • ressentir plus rarement une attirance envers des hommes ;
  • être occasionnellement attirée par certaines personnes non binaires ;
  • constater que la fréquence varie au cours de sa vie.

Cette préférence ne transforme pas automatiquement son orientation en homosexualité ou en hétérosexualité.

L’orientation décrit les possibilités d’attirance, pas une moyenne statistique devant être équilibrée.

Une préférence peut-elle évoluer ?

Oui. Les préférences peuvent rester stables, varier ou devenir plus difficiles à identifier.

Une personne peut constater que :

  • ses attirances changent de fréquence ;
  • certaines expressions de genre deviennent plus attirantes ;
  • son expérience évolue avec les rencontres ;
  • elle comprend mieux des attirances auparavant ignorées ;
  • son vocabulaire change même si son orientation générale reste similaire.

Ces variations ne signifient pas nécessairement que la personne est abrosexuelle. Une orientation polysexuelle peut inclure des préférences fluctuantes tout en restant globalement stable.

La différence avec l’abrosexualité, qui concerne davantage une orientation changeante ou fluide dans le temps, sera développée dans la partie suivante.

Peut-on hésiter entre polysexuel, bisexuel, pansexuel et omnisexuel ?

Oui. Les définitions sont proches et certaines expériences peuvent correspondre à plusieurs termes.

Une personne peut hésiter parce qu’elle :

  • ne sait pas si tous les genres peuvent l’attirer ;
  • ne connaît pas encore suffisamment ses préférences ;
  • considère que plusieurs mots lui correspondent ;
  • ne sait pas quelle importance le genre possède dans son attirance ;
  • découvre le vocabulaire LGBTQIA+ ;
  • préfère une étiquette communautaire connue ;
  • ne souhaite pas préciser son orientation.

Elle peut temporairement utiliser :

  • bi+ ;
  • queer ;
  • multi-sexuel ;
  • en questionnement ;
  • attiré par plusieurs genres ;
  • sans étiquette.

Il n’existe aucune urgence à choisir une identité définitive.

Comment choisir le terme qui correspond le mieux ?

Une personne peut réfléchir à ce qu’elle souhaite exprimer.

Polysexuel peut correspondre si :

  • plusieurs genres peuvent susciter une attirance sexuelle ;
  • certains genres semblent ne pas être concernés ;
  • le terme pansexuel ne paraît pas adapté ;
  • la personne souhaite préciser que son attirance ne s’étend pas nécessairement à tous les genres.

Bisexuel peut correspondre si :

  • une attirance est possible envers plus d’un genre ;
  • la personne souhaite utiliser un terme large et historiquement établi ;
  • elle se reconnaît dans la communauté bi+ ;
  • elle ne ressent pas le besoin de détailler davantage les genres concernés.

Pansexuel peut correspondre si :

  • des personnes de tous genres peuvent susciter une attirance ;
  • le genre joue peu ou pas de rôle déterminant ;
  • l’attirance est ressentie comme indépendante du genre ;
  • la personne considère qu’aucun genre n’est exclu.

Omnisexuel peut correspondre si :

  • tous les genres peuvent susciter une attirance ;
  • le genre est perçu et influence parfois cette attirance ;
  • la personne peut avoir des préférences ;
  • le mot pansexuel ne reflète pas suffisamment la place du genre dans son expérience.

Ces descriptions ne constituent pas un test. La personne peut retenir plusieurs termes, changer d’étiquette ou ne choisir aucun mot précis.

Peut-on employer plusieurs de ces termes ?

Oui. Une personne peut utiliser plusieurs étiquettes lorsqu’elles lui paraissent complémentaires.

Elle peut notamment se définir comme :

  • polysexuelle et bisexuelle ;
  • pansexuelle et bi+ ;
  • omnisexuelle et queer ;
  • polysexuelle et queer ;
  • bisexuelle et omnisexuelle.

Une personne peut employer une étiquette précise dans certains espaces et un terme plus large dans d’autres.

Elle peut, par exemple, utiliser polysexuel lorsqu’elle parle avec des personnes connaissant ce vocabulaire et bisexuel lorsqu’elle souhaite une explication plus rapide.

Cette adaptation ne signifie pas qu’elle ment. Elle choisit simplement le niveau de détail adapté au contexte.

Faut-il corriger l’étiquette choisie par une personne ?

Non. Il vaut mieux éviter d’expliquer à quelqu’un qu’il utilise le mauvais mot pour parler de sa propre orientation.

Les remarques suivantes sont généralement intrusives :

  • « Tu es plutôt bisexuel que polysexuel » ;
  • « Si tous les genres peuvent t’attirer, tu dois dire pansexuel » ;
  • « Bisexuel signifie seulement deux genres » ;
  • « Pansexuel et omnisexuel sont exactement identiques » ;
  • « Polysexuel n’est qu’un autre mot pour bisexuel » ;
  • « Il existe trop d’étiquettes ».

Une personne peut connaître les définitions générales et choisir malgré tout le terme qui correspond le mieux à son histoire, à sa communauté ou à sa compréhension de l’attirance.

Il est possible de demander respectueusement :

Qu’est-ce que le mot polysexuel signifie pour toi ?

Cette question permet de comprendre l’usage personnel sans imposer une définition extérieure.

Aucun terme n’est plus évolué qu’un autre

Il est important de ne pas présenter l’une de ces orientations comme une version plus ouverte, plus moderne ou plus inclusive des autres.

Il faut notamment éviter de suggérer que :

  • pansexuel serait une bisexualité plus inclusive ;
  • polysexuel serait plus précis et donc supérieur à bisexuel ;
  • omnisexuel serait une version plus consciente du genre ;
  • bisexuel serait un terme ancien devenu inutile ;
  • une orientation incluant tous les genres serait moralement meilleure.

Une orientation ne constitue pas une opinion politique choisie. Elle décrit une expérience de l’attirance.

Une personne polysexuelle n’exclut pas volontairement certains genres. Une personne bisexuelle n’est pas enfermée dans le modèle binaire. Une personne pansexuelle ne nie pas l’existence des genres. Une personne omnisexuelle ne réduit pas chaque partenaire à son genre.

Pourquoi existe-t-il plusieurs mots pour des expériences proches ?

Les étiquettes se développent pour permettre aux personnes de nommer les nuances qu’elles considèrent importantes.

Elles peuvent notamment aider à :

  • mieux comprendre son attirance ;
  • distinguer plusieurs expériences proches ;
  • trouver une communauté ;
  • expliquer son orientation ;
  • rendre visibles des vécus peu représentés ;
  • choisir un mot plus précis ;
  • éviter une définition ressentie comme trop large.

L’existence de plusieurs termes ne signifie pas que chaque personne doive connaître ou utiliser toutes ces distinctions.

Certaines personnes trouvent une grande valeur dans une étiquette précise. D’autres préfèrent un terme large ou refusent toute classification.

Résumé des différences principales

Les principales distinctions peuvent être résumées ainsi :

  • Polysexuel : attirance sexuelle envers plusieurs genres, mais pas nécessairement tous.
  • Bisexuel : attirance sexuelle ou romantique envers plus d’un genre, sans obligation d’égalité ni de simultanéité.
  • Pansexuel : attirance possible envers des personnes de tous genres, le genre jouant généralement peu ou pas de rôle déterminant.
  • Omnisexuel : attirance possible envers tous les genres, avec un genre pouvant être perçu et influencer l’attirance.

Ces catégories peuvent se chevaucher. La différence la plus importante reste souvent la manière dont la personne souhaite comprendre, présenter et partager son orientation.

À lire aussi : Quelle est la différence entre bisexuel et pansexuel ?

Polysexuel, polyromantique et polyamoureux : quelles différences ?

Le préfixe « poly- » apparaît dans plusieurs termes liés à l’attirance, au genre et aux relations. Leur ressemblance peut créer des confusions, alors qu’ils ne décrivent pas la même dimension de l’expérience.

De manière générale :

  • polysexuel concerne l’attirance sexuelle envers plusieurs genres ;
  • polyromantique concerne l’attirance romantique envers plusieurs genres ;
  • polyamoureux concerne la possibilité de vivre plusieurs relations consenties ;
  • polygenre concerne l’identité de genre d’une personne ;
  • hypersexualité concerne une préoccupation ou des comportements sexuels pouvant devenir envahissants.

Une personne peut se reconnaître dans plusieurs de ces termes, mais aucun ne découle automatiquement des autres.

Quelle différence entre polysexuel et polyromantique ?

Une personne polysexuelle peut ressentir une attirance sexuelle envers des personnes de plusieurs genres, sans que tous les genres soient nécessairement concernés.

Une personne polyromantique peut ressentir une attirance romantique envers des personnes de plusieurs genres, sans que tous les genres soient obligatoirement concernés.

La différence repose donc sur le type d’attirance décrit :

  • polysexuel : attirance sexuelle ;
  • polyromantique : attirance romantique.

Chez certaines personnes, les deux orientations correspondent. Une personne peut être à la fois polysexuelle et polyromantique.

Chez d’autres, elles peuvent différer. Une personne peut, par exemple :

  • ressentir une attirance sexuelle envers plusieurs genres ;
  • ressentir une attirance romantique uniquement envers un genre ;
  • ne ressentir que rarement une attirance romantique ;
  • ne pas ressentir d’attirance romantique ;
  • ne pas souhaiter préciser son orientation romantique.

Le fait de ressentir une attirance sexuelle envers une personne ne signifie donc pas automatiquement vouloir former une relation amoureuse avec elle.

Inversement, une personne peut tomber amoureuse sans éprouver d’attirance sexuelle.

Les genres concernés doivent-ils être identiques ?

Non. Les genres susceptibles de provoquer une attirance sexuelle ne sont pas obligatoirement les mêmes que ceux pouvant susciter une attirance romantique.

Une personne peut, par exemple :

  • ressentir une attirance sexuelle envers des hommes, des femmes et certaines personnes non binaires ;
  • ressentir une attirance romantique principalement envers des femmes ;
  • utiliser polysexuel pour son orientation sexuelle et homoromantique pour son orientation romantique.

Une autre personne peut ressentir une attirance sexuelle et romantique envers les mêmes genres et utiliser simultanément les mots polysexuel et polyromantique.

La distinction permet de décrire plus précisément le vécu, mais personne n’est obligé d’utiliser plusieurs étiquettes.

Certaines personnes préfèrent un terme général comme bisexuel, queer ou attiré par plusieurs genres.

Quelle différence entre polysexuel et polyamoureux ?

Le polysexuel décrit les genres envers lesquels une attirance sexuelle peut apparaître.

Le polyamoureux décrit une manière de concevoir ou de vivre les relations.

Une personne polysexuelle peut être :

  • monogame ;
  • polyamoureuse ;
  • célibataire ;
  • engagée dans une relation exclusive ;
  • dans une relation ouverte ;
  • sans recherche de partenaire.

Une personne polyamoureuse peut, de son côté, posséder n’importe quelle orientation sexuelle.

Elle peut être :

  • hétérosexuelle ;
  • homosexuelle ;
  • bisexuelle ;
  • pansexuelle ;
  • polysexuelle ;
  • asexuelle ;
  • queer.

La polysexualité ne renseigne donc pas sur le nombre de partenaires souhaité.

Qu’est-ce que le polyamour ?

Le polyamour désigne généralement la possibilité de vivre ou d’envisager plusieurs relations intimes, affectives ou amoureuses avec la connaissance et le consentement des personnes concernées.

Les relations polyamoureuses peuvent prendre des formes très différentes :

  • plusieurs relations amoureuses distinctes ;
  • un couple ouvert à d’autres liens ;
  • un réseau de partenaires ;
  • une relation à trois ou davantage ;
  • des relations avec différents niveaux d’engagement ;
  • des liens organisés sans hiérarchie prédéfinie ;
  • des relations principales et secondaires lorsqu’une hiérarchie est choisie.

Le consentement constitue un élément essentiel.

Le polyamour ne désigne pas le fait de tromper secrètement plusieurs partenaires. Une tromperie repose sur la violation d’accords relationnels, tandis que le polyamour suppose que les personnes connaissent et acceptent la structure de la relation.

Être polysexuel signifie-t-il vouloir plusieurs partenaires ?

Non.

Une personne peut être attirée par plusieurs genres tout en souhaitant construire une seule relation exclusive.

L’orientation sexuelle indique les personnes susceptibles de provoquer une attirance, mais elle ne détermine pas le nombre de partenaires recherchés.

Une personne polysexuelle peut :

  • souhaiter rencontrer une seule personne ;
  • construire un couple monogame durable ;
  • ne pas vouloir de relation ;
  • préférer des rencontres sans engagement ;
  • choisir une forme de non-monogamie consentie ;
  • changer de modèle relationnel au cours de sa vie.

Ces choix ne rendent pas son orientation plus ou moins valide.

Peut-on être polyamoureux sans être polysexuel ?

Oui.

Une personne peut être attirée par un seul genre et vivre plusieurs relations consenties.

Elle peut, par exemple, être :

  • homosexuelle et polyamoureuse ;
  • hétérosexuelle et polyamoureuse ;
  • homoromantique et polyamoureuse ;
  • asexuelle et polyamoureuse ;
  • aromantique et polyamoureuse.

Dans le mot polysexuel, « poly- » renvoie à plusieurs genres susceptibles de provoquer une attirance sexuelle.

Dans le mot polyamour, « poly- » renvoie à la possibilité de plusieurs relations.

La ressemblance du vocabulaire ne signifie pas que les concepts sont équivalents.

Une personne polysexuelle est-elle davantage susceptible d’être infidèle ?

Non.

La fidélité dépend du respect des accords établis dans une relation, et non du nombre de genres pouvant susciter une attirance.

Une personne attirée par un seul genre peut ne pas respecter les limites de son couple. Une personne attirée par plusieurs genres peut construire une relation parfaitement fidèle et stable.

Le stéréotype de l’infidélité touche fréquemment les personnes bisexuelles, pansexuelles, omnisexuelles et polysexuelles.

Il repose sur l’idée incorrecte selon laquelle une attirance envers plusieurs genres créerait un besoin permanent d’avoir accès à chacun d’entre eux.

Une personne n’a pas besoin d’entretenir une relation avec une personne de chaque genre susceptible de l’attirer.

Son orientation reste entière, même lorsqu’elle choisit un seul partenaire.

Une personne polysexuelle doit-elle « satisfaire chaque côté » de son orientation ?

Non.

L’idée qu’une personne attirée par plusieurs genres devrait vivre des expériences avec chacun d’entre eux est réductrice.

Une personne polysexuelle n’est pas composée de plusieurs parties qui devraient être satisfaites séparément.

Elle peut être pleinement épanouie dans une relation avec une seule personne.

Le genre du partenaire ne représente pas une portion de l’orientation que la personne doit compléter avec d’autres relations.

Cette croyance peut provoquer :

  • de la jalousie ;
  • une surveillance excessive ;
  • une remise en question de la fidélité ;
  • une sexualisation de l’orientation ;
  • une pression pour accepter des pratiques non désirées ;
  • l’idée qu’une relation ne pourra jamais suffire.

Les besoins relationnels doivent être discutés à partir des envies réelles de la personne, et non à partir de stéréotypes sur son orientation.

Polysexuel et non-monogame : est-ce la même chose ?

Non.

La non-monogamie regroupe différents modèles relationnels dans lesquels l’exclusivité romantique ou sexuelle n’est pas la règle unique.

Elle peut inclure :

  • le polyamour ;
  • les relations ouvertes ;
  • l’échangisme ;
  • certaines formes d’anarchie relationnelle ;
  • d’autres accords construits entre partenaires.

La polysexualité est une orientation sexuelle.

Une personne peut être polysexuelle et monogame, ou polysexuelle et non monogame. Le lien entre les deux dépend de ses choix relationnels, pas de son orientation.

Polysexuel signifie-t-il avoir une sexualité plus importante ?

Non. Le mot ne fournit aucune indication sur la libido ou la fréquence des activités sexuelles.

Une personne polysexuelle peut :

  • ressentir une forte libido ;
  • ressentir une libido faible ;
  • connaître des périodes sans désir ;
  • avoir peu de rapports sexuels ;
  • ne pas avoir actuellement de vie sexuelle ;
  • pratiquer l’abstinence ;
  • vivre une sexualité régulière.

Le nombre de genres potentiellement attirants n’augmente pas automatiquement la quantité de désir ressentie.

L’orientation répond principalement à la question :

Quels genres peuvent susciter une attirance sexuelle ?

Elle ne répond pas à la question :

À quelle fréquence cette personne ressent-elle du désir ou a-t-elle des rapports ?

Quelle différence entre polysexualité et hypersexualité ?

La polysexualité est une orientation sexuelle envers plusieurs genres.

Le terme hypersexualité est utilisé pour décrire une préoccupation, des pulsions ou des comportements sexuels particulièrement intenses, répétitifs ou difficiles à contrôler.

Les deux notions sont totalement différentes.

Une personne polysexuelle n’est pas automatiquement hypersexuelle.

Une personne hypersexuelle peut, de son côté, posséder n’importe quelle orientation.

Elle peut être :

  • hétérosexuelle ;
  • homosexuelle ;
  • bisexuelle ;
  • polysexuelle ;
  • pansexuelle ;
  • asexuelle dans certains vécus complexes ;
  • sans étiquette précise.

Une libido élevée ne suffit pas non plus, à elle seule, à conclure à un problème.

Une sexualité devient surtout préoccupante lorsqu’elle entraîne une souffrance importante, une perte de contrôle, des risques répétés ou des conséquences négatives dans la vie quotidienne.

Une personne polysexuelle est-elle attirée par plusieurs personnes en même temps ?

C’est possible, mais ce n’est pas spécifique à la polysexualité.

Une personne peut ressentir simultanément une attirance envers plusieurs individus, quelle que soit son orientation.

Une personne homosexuelle peut être attirée par plusieurs personnes du même genre. Une personne hétérosexuelle peut ressentir plusieurs attirances en même temps.

Le caractère particulier de la polysexualité concerne les genres potentiellement attirants, pas le nombre de personnes attirantes à un moment précis.

Une personne polysexuelle peut aussi ne ressentir aucune attirance pendant une longue période.

Quelle différence entre polysexuel et abrosexuel ?

La polysexualité décrit une attirance sexuelle possible envers plusieurs genres, sans que tous les genres soient nécessairement concernés.

L’abrosexualité décrit généralement une orientation sexuelle susceptible de changer ou de fluctuer dans le temps.

Une personne abrosexuelle peut constater que :

  • les genres qui l’attirent évoluent ;
  • l’intensité de ses attirances change ;
  • son orientation semble différente selon les périodes ;
  • elle passe d’une absence d’attirance à une attirance envers un ou plusieurs genres ;
  • plusieurs étiquettes lui correspondent successivement.

Une personne polysexuelle peut avoir des préférences variables sans que son orientation générale change.

La différence peut être résumée ainsi :

  • polysexuel : plusieurs genres peuvent susciter une attirance ;
  • abrosexuel : la direction ou la nature de l’orientation peut évoluer dans le temps.

Notre article consacré à l’abrosexualité explique plus précisément cette fluidité et ses différences avec la bisexualité, la pansexualité et les variations ordinaires de préférence.

Des préférences changeantes signifient-elles être abrosexuel ?

Pas nécessairement.

Une personne polysexuelle peut connaître des périodes durant lesquelles :

  • elle est davantage attirée par les femmes ;
  • son attirance envers les hommes semble plus présente ;
  • certaines expressions non binaires deviennent plus attirantes ;
  • elle ressent peu d’attirance en général ;
  • ses préférences paraissent s’équilibrer différemment.

Ces variations peuvent rester compatibles avec une orientation polysexuelle stable.

L’abrosexualité est davantage utilisée lorsque la personne perçoit une évolution de son orientation elle-même, et pas seulement une variation de fréquence ou de préférence.

Seule la personne concernée peut déterminer quel terme lui semble le plus utile.

Peut-on être à la fois polysexuel et abrosexuel ?

Oui, certaines personnes peuvent utiliser les deux termes.

Une personne peut considérer que :

  • sa capacité d’attirance concerne plusieurs genres ;
  • les genres concernés ou la manière dont elle ressent cette attirance fluctuent avec le temps.

Elle peut alors employer polysexuel pour décrire une partie de son attirance et abrosexuel pour exprimer sa fluidité.

D’autres personnes préféreront uniquement abrosexuel, uniquement polysexuel ou un terme plus large comme queer.

Les étiquettes peuvent se compléter lorsqu’elles répondent à des dimensions différentes du vécu.

Quelle différence entre polysexuel et asexuel ?

Une personne polysexuelle ressent une attirance sexuelle envers plusieurs genres.

Une personne asexuelle ressent généralement peu ou pas d’attirance sexuelle.

Ces définitions décrivent donc des expériences différentes sur le même axe.

Cela ne signifie pas qu’une personne asexuelle :

  • n’a jamais de libido ;
  • ne peut pas avoir de rapports sexuels ;
  • ne peut pas vivre en couple ;
  • ne ressent aucune affection ;
  • ne peut pas avoir d’orientation romantique.

Une personne asexuelle peut être polyromantique, biromantique, panromantique ou posséder une autre orientation romantique.

Elle ne sera généralement pas décrite comme polysexuelle si elle ne ressent pas d’attirance sexuelle envers plusieurs genres.

Peut-on être polysexuel et appartenir au spectre asexuel ?

Dans certains vécus, une personne peut ressentir une attirance sexuelle envers plusieurs genres, mais de manière rare, faible ou conditionnelle.

Elle peut alors utiliser une étiquette du spectre asexuel en complément de polysexuel.

Une personne peut, par exemple, se définir comme :

  • graysexuelle et polysexuelle ;
  • demisexuelle et polysexuelle ;
  • fraysexuelle et polysexuelle.

Le terme polysexuel décrit les genres susceptibles de provoquer une attirance lorsqu’elle apparaît.

L’étiquette du spectre asexuel décrit plutôt :

  • sa fréquence ;
  • son intensité ;
  • les conditions nécessaires à son apparition ;
  • la manière dont elle évolue.

Une personne demisexuelle et polysexuelle peut, par exemple, ressentir une attirance envers plusieurs genres, mais uniquement après la formation d’un lien émotionnel important.

Quelle différence entre polysexuel et queer ?

Queer est un terme plus large que polysexuel.

Une personne peut employer queer pour parler :

  • de son orientation sexuelle ;
  • de son identité de genre ;
  • de son appartenance communautaire ;
  • de plusieurs dimensions à la fois ;
  • d’un refus d’utiliser une étiquette plus précise.

Polysexuel décrit plus précisément une attirance sexuelle envers plusieurs genres, sans que tous soient nécessairement concernés.

Une personne peut être à la fois polysexuelle et queer.

Elle peut utiliser polysexuel lorsqu’elle souhaite préciser son orientation et queer lorsqu’elle souhaite employer un terme plus général.

Toutes les personnes polysexuelles ne se définissent toutefois pas comme queer, et le mot ne doit pas leur être imposé.

Quelle différence entre polysexuel et polygenre ?

Polysexuel décrit les genres qui peuvent attirer sexuellement une personne.

Polygenre décrit son propre genre.

Une personne polygenre peut se reconnaître dans plusieurs genres, simultanément ou selon une expérience qui lui est propre.

Elle peut posséder n’importe quelle orientation sexuelle :

  • polysexuelle ;
  • bisexuelle ;
  • pansexuelle ;
  • homosexuelle ;
  • hétérosexuelle ;
  • asexuelle ;
  • queer.

Une personne polysexuelle n’est donc pas nécessairement polygenre. Elle peut être une femme, un homme, une personne non binaire, agenre ou appartenir à toute autre identité.

Polysexuel signifie-t-il être attiré par les personnes polygenres ?

Une personne polysexuelle peut être attirée par des personnes polygenres si celles-ci appartiennent aux genres pouvant susciter son attirance.

Mais le mot polysexuel ne signifie pas spécifiquement :

attiré par les personnes polygenres.

Le préfixe « poly- » concerne ici la pluralité des genres potentiellement attirants, pas une identité précise des partenaires.

La même prudence s’applique au mot non binaire. Une personne peut être attirée par certaines personnes non binaires sans que toutes les identités non binaires soient automatiquement comprises dans son orientation.

La polysexualité exclut-elle volontairement certains genres ?

Non.

Une orientation n’est pas une politique de recrutement ni une décision consciente visant à accepter ou exclure des groupes.

Une personne peut ne pas ressentir d’attirance envers un genre sans :

  • nier sa légitimité ;
  • manquer de respect aux personnes concernées ;
  • considérer ce genre comme inférieur ;
  • adopter une position hostile ;
  • refuser de reconnaître les identités.

L’absence d’attirance ne justifie toutefois jamais :

  • la transphobie ;
  • le mégenrage ;
  • les insultes ;
  • la déshumanisation ;
  • le refus de respecter les pronoms ;
  • les généralisations sur un groupe entier.

Une personne reste responsable de son comportement, indépendamment de son orientation.

Une personne polysexuelle doit-elle préciser les genres qui l’attirent ?

Non.

Une personne peut expliquer son orientation de manière générale sans fournir une liste détaillée.

Elle peut dire :

Je suis attirée par plusieurs genres, mais pas nécessairement par tous.

Cette explication peut suffire.

Les questions suivantes peuvent être intrusives :

  • « Quels genres sont exclus ? »
  • « Combien de genres t’attirent exactement ? »
  • « As-tu déjà eu un rapport avec chaque genre ? »
  • « Est-ce que les personnes trans comptent ? »
  • « Quel genre préfères-tu ? »

La personne peut choisir de partager certaines informations avec un partenaire ou un proche, mais elle n’a pas à prouver son orientation.

Être polysexuel signifie-t-il être indécis ?

Non.

Une personne polysexuelle peut parfaitement comprendre son orientation et savoir ce qu’elle souhaite dans une relation.

La pluralité des attirances ne constitue pas une hésitation entre plusieurs choix.

Une personne peut être :

  • certaine de son orientation ;
  • engagée durablement avec un partenaire ;
  • claire sur ses limites ;
  • monogame ;
  • stable dans ses préférences ;
  • parfaitement capable de prendre des décisions relationnelles.

L’idée d’indécision repose souvent sur la croyance qu’une orientation ne serait stable que lorsqu’elle concerne un seul genre.

Or, être attiré par plusieurs genres constitue une orientation cohérente.

La polysexualité est-elle une phase ?

Elle peut être une étiquette temporaire pour certaines personnes, comme n’importe quel autre terme. Elle peut aussi rester l’orientation utilisée pendant toute une vie.

Une personne peut changer de mot parce qu’elle :

  • comprend mieux son attirance ;
  • découvre une autre étiquette ;
  • ressent une évolution ;
  • préfère un terme plus large ;
  • ne souhaite plus utiliser d’étiquette.

Cela ne signifie pas que la polysexualité serait, par nature, une phase.

Une identité peut évoluer sans avoir été fausse auparavant.

La polysexualité est-elle seulement une autre forme de bisexualité ?

La polysexualité peut appartenir au parapluie bi+, mais les deux termes ne sont pas parfaitement interchangeables pour toutes les personnes.

Certaines personnes considèrent polysexuel comme une identité précise à l’intérieur d’un ensemble plus large.

D’autres estiment que bisexualité suffit à décrire leur attirance envers plusieurs genres.

Il faut donc éviter les deux extrêmes :

  • affirmer que polysexuel et bisexuel sont toujours exactement identiques ;
  • affirmer qu’ils ne peuvent jamais se chevaucher.

Les mots peuvent avoir des frontières communes tout en possédant une importance personnelle différente.

Une personne polysexuelle peut-elle vivre une relation hétérosexuelle ou homosexuelle ?

Une relation peut être perçue extérieurement comme hétérosexuelle ou homosexuelle selon le genre des partenaires, mais cela ne modifie pas automatiquement l’orientation individuelle.

Une personne polysexuelle en couple avec une personne d’un genre différent reste polysexuelle.

Une personne polysexuelle en couple avec une personne du même genre reste également polysexuelle.

Il peut être plus précis de parler :

  • d’un couple composé de personnes de genres différents ;
  • d’un couple composé de personnes du même genre ;
  • d’une relation dans laquelle l’un des partenaires est polysexuel.

Qualifier directement toute la personne d’hétérosexuelle ou homosexuelle à partir de son couple peut contribuer à l’invisibilisation de son orientation.

Une personne polysexuelle doit-elle annoncer son orientation à son partenaire ?

Non. Le coming out reste un choix personnel.

Une personne peut souhaiter en parler pour :

  • être comprise ;
  • partager une partie importante de son identité ;
  • corriger une supposition ;
  • parler de son parcours ;
  • participer ouvertement à une communauté ;
  • expliquer le vocabulaire qu’elle utilise.

Elle peut aussi décider de ne pas le faire si elle craint :

  • une réaction hostile ;
  • des accusations d’infidélité ;
  • une sexualisation ;
  • une rupture ;
  • une divulgation sans consentement ;
  • une mise en danger ;
  • une perte de soutien matériel.

La sécurité et le rythme de la personne doivent rester prioritaires.

Comment expliquer la polysexualité à un partenaire ?

Une formulation simple peut être :

Je suis polysexuel. Cela signifie que plusieurs genres peuvent susciter chez moi une attirance sexuelle, mais pas nécessairement tous. Cela ne veut pas dire que je souhaite plusieurs partenaires ni que notre relation change.

Il peut également être utile de rappeler que :

  • l’orientation existait indépendamment du couple actuel ;
  • ressentir des attirances possibles n’empêche pas l’engagement ;
  • les limites de la relation restent définies ensemble ;
  • le genre du partenaire ne résume pas toute l’orientation ;
  • polysexuel ne signifie pas polyamoureux.

Le partenaire peut poser des questions, mais il ne doit pas exiger une liste complète des attirances passées ou traiter l’orientation comme une menace.

Comment répondre lorsqu’un proche se dit polysexuel ?

Une réponse respectueuse peut être :

Merci de me l’avoir dit.

Il est aussi possible de demander :

Qu’est-ce que ce terme signifie pour toi ?

Cette question laisse la personne expliquer son propre usage.

Il vaut mieux éviter :

  • « Tu es simplement bisexuel » ;
  • « Tu vas devoir choisir » ;
  • « Tu es forcément infidèle » ;
  • « Tu dois aimer les relations à plusieurs » ;
  • « Tu es attiré par tout le monde » ;
  • « C’est juste une phase » ;
  • « Cette étiquette n’existe pas » ;
  • « Il y a trop de genres ».

Le soutien ne nécessite pas de comprendre immédiatement toutes les nuances. Il commence par le respect du terme choisi.

Les principales confusions à retenir

La polysexualité ne doit pas être confondue avec :

  • le polyromantisme, qui concerne l’attirance romantique ;
  • le polyamour, qui concerne plusieurs relations consenties ;
  • la non-monogamie, qui décrit un modèle relationnel ;
  • l’hypersexualité, qui concerne des pulsions ou comportements pouvant devenir envahissants ;
  • l’abrosexualité, qui décrit une orientation pouvant fluctuer ;
  • l’asexualité, qui correspond généralement à peu ou pas d’attirance sexuelle ;
  • le polygenre, qui concerne l’identité de genre ;
  • l’infidélité, qui correspond au non-respect d’accords relationnels ;
  • l’indécision, qui ne définit pas une orientation.

Une personne polysexuelle peut être monogame ou non monogame, polyromantique ou posséder une autre orientation romantique, célibataire ou en couple.

Son orientation indique principalement que plusieurs genres peuvent susciter chez elle une attirance sexuelle, sans que tous les genres soient nécessairement concernés.

La dernière partie abordera le vécu des personnes polysexuelles, le coming out, les stéréotypes, l’origine et les couleurs du drapeau polysexuel, ainsi que les principales questions fréquemment posées.