Une réapparition jugée alarmante par les autorités
La possible résurgence du tchat Coco suscite une vive inquiétude au sein des pouvoirs publics. Interrogée le 18 avril sur RMC, la haute-commissaire à l’Enfance, Sarah el Haïry, a dénoncé une situation préoccupante. Selon elle, le retour d’une telle plateforme constitue « une vraie gifle » face aux engagements pris en matière de protection des mineurs.
Ce retour intervient alors même que la plateforme avait été fermée par la justice, comme détaillé dans les raisons de la fermeture du site Coco gg par les autorités .
Elle a rappelé que ces espaces numériques ne sont pas anodins et peuvent favoriser des activités graves. Des procédures judiciaires sont en cours afin de faire cesser ces services, avec une volonté affichée de les poursuivre sans relâche : « on les traquera, on les harcèlera, on ne leur laissera pas de répit ».
Un site déjà associé à de nombreuses affaires pénales
La veille, le journal Ouest-France évoquait déjà « le retour du site Coco », fermé par la justice en 2024. Selon le quotidien, la plateforme aurait été mentionnée dans plus de 23 000 dossiers judiciaires, dont l’affaire de Mazan.
Pendant près d’une décennie, Dominique Pelicot, condamné à 20 ans de réclusion criminelle, aurait utilisé ce tchat pour entrer en contact avec des hommes impliqués dans les agressions sexuelles subies par son épouse, Gisèle Pélicot.
Lire aussi : les arrestations liées aux pièges homophobes organisés via Coco
La haute-commissaire a également évoqué plusieurs types de crimes liés à cette plateforme, notamment des « guets-apens homophobes, des viols, du trafic de drogue et de la traite humaine ».
Cocoland : une nouvelle plateforme qui se défend de tout lien
À l’origine accessible via Coco.fr puis Coco.gg après une immatriculation à l’étranger, le service semble aujourd’hui réapparaître sous une nouvelle forme. Le site identifié récemment, Cocoland.cc, utilise un nom de domaine associé aux îles Cocos, territoire australien.
D’après Ouest-France, cette nouvelle plateforme présente des caractéristiques techniques et visuelles très proches de l’ancien tchat, tout en générant des revenus publicitaires.
Cependant, dès la page d’accueil, Cocoland affirme clairement son indépendance : « Notre plateforme est un service entièrement nouveau, indépendant et sans aucun lien juridique, technique ou organisationnel avec l’ancien site Coco ».
Une plateforme revendiquée comme autonome et basée sur l’IA
Dans ses mentions légales, Cocoland se présente comme une plateforme sans intervention humaine directe. Elle affirme reposer sur « un fragment du tchat francophone historique », exploité via une intelligence artificielle.
Le site insiste également sur l’absence de lien avec Isaac Steidl, créateur initial de Coco. Ce dernier a été mis en examen à Paris en janvier 2025 pour plusieurs chefs d’accusation, dont association de malfaiteurs et complicité dans des affaires liées à des contenus pédopornographiques.
Ce contexte rappelle aussi des faits graves comme les guets-apens organisés via Coco ayant conduit à des agressions violentes , illustrant les dérives possibles de ces plateformes anonymes.
Face à ces éléments contradictoires, la question reste ouverte : Cocoland est-il réellement une nouvelle plateforme indépendante, ou une réinvention du controversé tchat Coco ?






