Assassinat homosexuel Marseille procès
Une lourde peine prononcée par la cour d’assises
La cour d’assises des Bouches-du-Rhône a condamné, jeudi 5 mars, un homme de 25 ans à 25 années de réclusion criminelle pour l’assassinat d’un homme de 70 ans commis en 2023 à Marseille.
Les jurés ont également prononcé un suivi socio-judiciaire de cinq ans après sa libération. Durant les débats, la question de la dangerosité de l’accusé a occupé une place centrale dans les discussions.
L’avocat général avait requis une peine plus lourde, demandant trente ans de réclusion criminelle, en évoquant notamment le risque de récidive présenté par l’accusé.
Cette affaire judiciaire s’inscrit dans un contexte plus large où les violences visant des personnes LGBT continuent de susciter des inquiétudes, comme le montre l’analyse consacrée aux agressions homophobes à Nantes et à leur persistance.
Une rencontre sur un site de chat avant le drame
Les faits remontent à août 2023. La victime, un homme homosexuel âgé de 70 ans, avait fait la connaissance du futur meurtrier, alors âgé de 18 ans, sur le site de discussion anonyme Coco, fermé par la justice l’année suivante.
Les deux hommes avaient entretenu des relations sexuelles tarifées.
Trois jours après cette rencontre, le jeune homme s’est présenté au domicile de la victime accompagné de son frère cadet, âgé de 14 ans. Selon les éléments de l’enquête, les deux adolescents ont attaqué le septuagénaire à coups de couteau avant de l’égorger dans sa baignoire.
Lors du procès, un médecin légiste a évoqué une « quasi-décapitation », illustrant la violence extrême de l’attaque.
Après le meurtre, les deux frères ont quitté l’appartement en emportant le téléphone de la victime, les clés de son logement et une somme d’argent. Malgré ces éléments, l’accusation n’a pas retenu l’hypothèse d’un crime motivé principalement par le vol.
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Le frère mineur déjà condamné
Le frère cadet, mineur au moment des faits, a été jugé séparément en mai 2025. La chambre spéciale des mineurs de la cour d’appel d’Aix-en-Provence l’a condamné à quinze ans de réclusion criminelle, avec application de l’excuse de minorité.
Un accusé se présentant comme un « justicier »
Au cours du procès, les débats ont largement porté sur les motivations du crime. Selon l’accusation, le jeune homme affirmait vouloir punir la victime qu’il soupçonnait de pédophilie.
L’avocat général a déclaré que l’accusé revendiquait son acte et se présentait comme « une espèce de justicier face à la décadence de la société ». Il a rappelé que la justice ne se rend pas par vengeance personnelle mais devant les tribunaux.
Une personnalité analysée durant le procès
Les audiences ont également examiné le parcours et la personnalité de l’accusé. Pendant sa scolarité, certains enseignants avaient signalé son intérêt marqué pour les armes, une passion héritée de son père.
Des dessins représentant des scènes de décapitation ont également été évoqués lors des débats.
Les discussions ont aussi abordé son environnement familial, décrit comme fortement viriliste, ainsi qu’une homosexualité qu’il aurait eu du mal à assumer.
Un expert psychiatre a par ailleurs indiqué que l’accusé présentait un trouble du spectre autistique, caractérisé notamment par l’isolement social et des difficultés à interpréter les émotions d’autrui.
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Une affaire marquée par la complexité des circonstances
Pour la défense, la décision du jury montre que les jurés ont tenté d’appréhender toute la complexité de ce drame. Selon l’avocat, ils sont allés « au-delà de l’horreur du crime » afin de comprendre comment un jeune homme de 18 ans, sans condamnation préalable, a pu commettre un tel acte.






