Associations LGBTQ+ plainte contre Meta
Une plainte déposée à Paris contre Meta et Mark Zuckerberg
Le mardi 6 janvier, quatre organisations françaises de défense des droits LGBTQ+ – Stop Homophobie, Mousse, Adheos et Familles LGBT – ont porté plainte contre Meta auprès du procureur de Paris. Elles accusent la société américaine et son dirigeant, Mark Zuckerberg, de discrimination à caractère homophobe et transphobe, mais aussi d’injures et de complicité d’injures, en lien avec leur politique de modération sur Facebook et Instagram.
Des propos haineux toujours en ligne malgré les signalements
La plainte, consultée par Le Monde, met en cause trois commentaires publiés sous deux vidéos du média Brut, diffusées sur Facebook et Instagram en février 2025. Ces messages comparent les personnes transgenres à des malades mentaux. Bien qu’ils aient été signalés en novembre 2025 par l’association Mousse, Meta a refusé de les supprimer, arguant qu’ils ne contrevenaient pas aux nouvelles règles communautaires. Les contenus restent à ce jour visibles sur les plateformes.
Une décision jugée inacceptable par les plaignants
« Nous avons fait condamner plusieurs des propos assimilant les trans à des malades mentaux par la justice française. Aujourd’hui, Meta vient nous dire qu’ils refusent de modérer de tels propos. C’est inacceptable », déclare Terrence Katchadourian, secrétaire général de Stop Homophobie, dans le communiqué annonçant la procédure judiciaire.
Une politique de modération assouplie depuis janvier 2025
Les associations dénoncent un changement structurel dans la politique de modération de Meta, officiellement annoncé le 7 janvier 2025 par Mark Zuckerberg. Ce tournant a vu la suppression d’une section clé du règlement, qui interdisait jusqu’alors le vocabulaire déshumanisant à l’égard des personnes transgenres ou non binaires.
Depuis cette date, Meta autorise les « allégations de maladie mentale ou d’anormalité » fondées sur le genre ou l’orientation sexuelle, justifiant ce choix par le souhait de refléter les discours politique et religieux sur le transgendérisme et l’homosexualité. Pour les associations plaignantes, cette orientation ouvre la porte à une discrimination systémique envers les contenus LGBTQ+.
Des cas de censure ciblée relevés par le passé
La plainte s’appuie également sur plusieurs exemples récents de modération jugée discriminatoire. En septembre 2025, Libération avait rapporté la suspension sans explication de comptes Instagram de collectifs techno queer et de drag queens. En réponse à ces incidents, SOS Homophobie a lancé un appel à témoignages pour recenser d’autres cas de censure injustifiée ou de modération incohérente affectant des contenus LGBTQ+ sur les plateformes de Meta.
Meta reste silencieux face aux accusations
Sollicitée par Le Monde, l’entreprise Meta n’a pas donné suite aux demandes de commentaires concernant cette plainte et les allégations portées à son encontre. Les associations, elles, réclament un retour à une modération plus protectrice des minorités et la suppression immédiate des propos haineux signalés.






