La PrEP VIH, ou prophylaxie pré-exposition, est l’un des principaux outils actuels de prévention du virus. Elle repose sur un traitement utilisé avant une éventuelle exposition afin de réduire très fortement le risque d’infection.
Elle s’adresse aux personnes qui ne vivent pas avec le VIH et dont la situation ou les pratiques peuvent les exposer au virus. Contrairement au traitement post-exposition, administré en urgence après une situation à risque, la PrEP est mise en place de manière anticipée dans le cadre d’un suivi médical.
En France, elle peut désormais être proposée sous forme de comprimés ou, depuis 2026, sous la forme d’injections de cabotégravir à action prolongée. Le choix dépend de la situation médicale, des préférences, des pratiques sexuelles et de la capacité à suivre correctement le schéma retenu.
La PrEP protège uniquement contre le VIH. Elle ne prévient pas les autres infections sexuellement transmissibles et ne remplace donc ni leur dépistage, ni les vaccinations recommandées, ni les autres moyens de prévention pouvant être utiles selon les situations.
Elle s’intègre dans une stratégie plus large combinant information, dépistage, préservatifs, traitement d’urgence et traitements antirétroviraux. Retrouvez ces différents outils dans notre guide consacré à la santé et à la prévention LGBTQIA+.
Que signifie exactement PrEP ?
Le sigle PrEP vient de l’anglais Pre-Exposure Prophylaxis. En français, on parle de prophylaxie pré-exposition.
Chaque partie de cette expression aide à comprendre son fonctionnement :
- prophylaxie désigne une mesure destinée à empêcher l’apparition d’une infection ou d’une maladie ;
- pré-exposition signifie que le traitement est utilisé avant une éventuelle rencontre avec le VIH.
La PrEP consiste donc à administrer des médicaments antirétroviraux à une personne séronégative afin que ces substances soient déjà présentes dans son organisme au moment d’une exposition potentielle.
Lorsque le traitement est pris ou administré conformément au schéma médical, il empêche le VIH de se multiplier suffisamment pour installer une infection durable. Son efficacité dépend néanmoins du respect des prises, du calendrier des injections et de l’utilisation d’un schéma adapté aux pratiques de la personne.
Comment fonctionne la PrEP VIH ?
Pour provoquer une infection durable, le VIH doit pénétrer dans certaines cellules, s’y reproduire puis se diffuser dans l’organisme.
Les médicaments utilisés pour la PrEP bloquent différentes étapes nécessaires à cette multiplication. Lorsqu’ils sont présents à une concentration suffisante au moment de l’exposition, ils empêchent le virus de s’installer.
La PrEP ne forme donc pas une barrière physique comparable à un préservatif. Elle agit à l’intérieur de l’organisme grâce aux antirétroviraux.
Son efficacité repose sur plusieurs éléments :
- choisir une forme adaptée à la situation ;
- respecter les prises ou les rendez-vous d’injection ;
- attendre que la protection soit établie avant de s’y fier ;
- poursuivre le traitement pendant la durée indiquée ;
- effectuer les tests et consultations de suivi.
Une prise irrégulière ou des injections réalisées trop tard peuvent laisser des périodes pendant lesquelles la protection est insuffisante. Il est donc important de ne pas modifier seul le schéma prescrit.
La PrEP empêche-t-elle toutes les infections par le VIH ?

Correctement utilisée, la PrEP réduit très fortement le risque d’acquisition du VIH. Elle fait partie des méthodes de prévention les plus efficaces actuellement disponibles.
Elle ne doit cependant pas être présentée comme une garantie automatique indépendante du mode de prise. Son efficacité peut diminuer lorsque les comprimés ne sont pas pris conformément au schéma prévu ou lorsque des rendez-vous d’injection sont manqués.
De rares infections ont également été rapportées malgré une utilisation apparemment correcte. Ces situations restent exceptionnelles, mais elles expliquent pourquoi le dépistage du VIH doit être répété pendant tout le suivi.
La PrEP ne doit jamais être commencée sans avoir vérifié que la personne ne vit pas déjà avec le VIH. Employer une PrEP seule alors qu’une infection est présente pourrait ne pas constituer un traitement suffisant et favoriser l’apparition de résistances.
Quelles formes de PrEP existent actuellement en France ?
Deux grandes formes de PrEP peuvent désormais être proposées.
La PrEP orale
La PrEP orale repose principalement sur l’association de deux antirétroviraux, le ténofovir disoproxil et l’emtricitabine.
Selon la situation, elle peut être utilisée :
- en prise continue, avec un comprimé chaque jour ;
- selon un schéma discontinu ou « à la demande », uniquement pour certaines personnes et certaines pratiques.
Le traitement oral à base de ténofovir disoproxil et d’emtricitabine reste la PrEP de première intention en France. Il peut être prescrit par un médecin et bénéficie d’une prise en charge par l’Assurance Maladie lorsqu’il est indiqué.
La PrEP injectable
Depuis mars 2026, la PrEP injectable au cabotégravir à action prolongée est disponible en France. Les deux premières injections sont effectuées à un mois d’intervalle, puis les suivantes ont généralement lieu tous les deux mois.
Cette forme peut notamment être envisagée lorsque la PrEP orale est contre-indiquée, mal tolérée ou difficile à prendre régulièrement. Elle impose toutefois de respecter précisément les rendez-vous, car le médicament demeure longtemps dans l’organisme après une injection.
Les différences entre la prise quotidienne, le schéma à la demande et les injections seront détaillées dans la suite de ce guide.
À qui s’adresse la PrEP VIH ?
La PrEP s’adresse aux personnes qui ne vivent pas avec le VIH et qui peuvent être exposées au virus.
Elle n’est pas réservée à une seule orientation sexuelle, à un seul genre ou à une seule catégorie de population. L’évaluation doit tenir compte des pratiques, du contexte relationnel, des partenaires, des moyens de prévention utilisés et des préférences personnelles.
Elle peut notamment être discutée avec un professionnel de santé lorsqu’une personne :
- a des rapports au cours desquels une exposition au VIH est possible ;
- utilise rarement ou de manière irrégulière les préservatifs ;
- possède plusieurs partenaires dans un contexte où le VIH peut circuler ;
- a récemment eu recours à un traitement post-exposition ;
- anticipe des situations dans lesquelles la prévention pourrait être plus difficile à maîtriser ;
- pratique le chemsex ;
- exerce le travail du sexe et peut être exposée au VIH ;
- partage ou risque de partager du matériel d’injection ;
- est la partenaire séronégative d’une personne vivant avec le VIH dont la charge virale n’est pas encore indétectable ;
- souhaite disposer d’une méthode de prévention qu’elle peut contrôler elle-même.
Cette liste ne constitue pas un ensemble de critères obligatoires. À l’inverse, le fait de ne pas se reconnaître exactement dans l’une de ces situations ne doit pas empêcher de demander des renseignements.
La Haute Autorité de santé recommande une approche individualisée afin que toute personne exposée à un risque d’acquisition du VIH puisse accéder à une information et, lorsque cela est pertinent, à la PrEP.
La PrEP est-elle réservée aux hommes gays et bisexuels ?
Non.
Les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes ont occupé une place importante dans les premières campagnes d’information sur la PrEP, notamment parce qu’ils restent particulièrement concernés par l’épidémie de VIH en France.
Cela ne signifie pas que la PrEP leur soit réservée.
Elle peut également concerner :
- les femmes cisgenres exposées au VIH ;
- les personnes transgenres ;
- les personnes hétérosexuelles ayant un partenaire dont le statut n’est pas connu ;
- les personnes vivant dans un couple sérodifférent avant la suppression virale du partenaire séropositif ;
- les personnes utilisant du matériel d’injection ;
- toute personne dont la situation justifie une prévention renforcée.
Présenter la PrEP comme un outil destiné uniquement aux hommes gays peut empêcher d’autres publics de se reconnaître dans les campagnes de prévention et de demander une évaluation médicale.
Une personne en couple peut-elle prendre la PrEP ?
Oui. Être en couple n’empêche pas d’utiliser une PrEP.
Elle peut être pertinente lorsque :
- le statut sérologique d’un partenaire n’est pas connu ;
- le couple n’est pas exclusif ;
- la personne possède d’autres partenaires ;
- le partenaire vivant avec le VIH n’a pas encore obtenu une charge virale indétectable ;
- la personne souhaite disposer d’une protection indépendante ;
- les accords ou les pratiques du couple évoluent.
Lorsque le seul partenaire vivant avec le VIH maintient une charge virale indétectable, il ne transmet pas le virus par voie sexuelle. La PrEP n’est alors pas nécessaire pour empêcher une transmission provenant de ce partenaire. Elle peut cependant rester utile pour d’autres expositions ou être poursuivie selon le choix de la personne après discussion médicale.
Qui ne doit pas commencer la PrEP sans évaluation médicale ?
Personne ne devrait commencer ou reprendre une PrEP de manière autonome avec d’anciens comprimés, des médicaments empruntés ou sans dépistage récent.
Une évaluation est particulièrement importante en présence :
- d’un test VIH positif ;
- de symptômes pouvant évoquer une infection récente ;
- d’une exposition très récente avant le début prévu de la PrEP ;
- d’une maladie rénale connue ;
- d’une infection chronique par l’hépatite B ;
- d’un autre traitement pouvant provoquer une interaction ;
- d’une grossesse ou d’un projet de grossesse ;
- d’une interruption récente d’une PrEP injectable ;
- d’une difficulté à respecter les prises ou les rendez-vous.
Certaines de ces situations ne constituent pas nécessairement une contre-indication définitive. Elles peuvent surtout nécessiter des examens, une forme de PrEP particulière ou un suivi adapté.
Pourquoi faut-il réaliser un test VIH avant de commencer ?
La PrEP est destinée aux personnes qui ne vivent pas avec le VIH. Avant son initiation, un test récent doit donc confirmer l’absence d’infection.
Cette précaution est indispensable, car les médicaments de la PrEP orale ou le cabotégravir utilisé seul ne correspondent pas au traitement complet normalement prescrit à une personne séropositive.
Lorsqu’une exposition est très récente, un test classique peut ne pas encore détecter l’infection. Le médecin recherche alors d’éventuels signes de primo-infection et peut prescrire des analyses complémentaires.
Pour la PrEP injectable, la Haute Autorité de santé recommande de combiner un test antigène-anticorps et une recherche de l’ARN du VIH avant le début du traitement, puis de répéter la vérification selon le calendrier du suivi.
Il est important de signaler au professionnel :
- la date de la dernière exposition potentielle ;
- d’éventuels symptômes récents ;
- une prise antérieure de PrEP ou de PEP ;
- les interruptions ou oublis éventuels ;
- tout résultat de dépistage récent.
Quels examens sont réalisés avant une prescription ?
Le bilan dépend de la forme de PrEP envisagée et de la situation personnelle.
Il comprend généralement :
- un dépistage du VIH ;
- une évaluation de la fonction rénale pour la PrEP orale ;
- un dépistage de l’hépatite B ;
- une recherche d’autres infections sexuellement transmissibles ;
- un bilan des vaccinations utiles ;
- une discussion sur les médicaments déjà pris ;
- une évaluation des pratiques et des expositions possibles.
D’autres examens peuvent être ajoutés selon l’âge, les antécédents, une grossesse ou la présence de symptômes.
Ces consultations ne servent pas à juger la vie sexuelle d’une personne. Elles permettent de choisir une prévention adaptée, d’éviter les contre-indications et de construire un suivi réaliste.
La PrEP protège-t-elle contre les autres IST ?
Non. La PrEP protège contre le VIH, mais pas contre :
- la syphilis ;
- la chlamydia ;
- la gonorrhée ;
- l’herpès ;
- les infections liées au papillomavirus ;
- les hépatites virales ;
- les autres infections sexuellement transmissibles.
Une personne sous PrEP peut donc contracter ou transmettre une autre IST.
Le suivi constitue toutefois une occasion de réaliser régulièrement des dépistages, de vérifier les vaccinations et de traiter rapidement une infection lorsqu’elle est diagnostiquée.
Le préservatif peut rester utile pour réduire le risque de plusieurs IST, participer à la contraception ou simplement correspondre aux préférences des partenaires. La PrEP ne remplace pas automatiquement tous les autres outils : elle s’intègre dans une prévention choisie et adaptée.
PrEP, PEP et traitement du VIH : quelles différences ?
Ces termes reposent tous sur des médicaments antirétroviraux, mais ils ne concernent ni les mêmes personnes ni le même moment.
| Outil | Quand intervient-il ? | À qui s’adresse-t-il ? |
|---|---|---|
| PrEP | Avant une exposition potentielle | Personne qui ne vit pas avec le VIH |
| PEP ou TPE | En urgence après une exposition récente | Personne séronégative potentiellement exposée |
| Traitement antirétroviral | Après le diagnostic du VIH | Personne vivant avec le VIH |
| U = U | Lorsque le traitement maintient la charge virale indétectable | Personne vivant avec le VIH et ses partenaires |
La PrEP permet d’anticiper une exposition. La PEP contre le VIH est au contraire un traitement d’urgence évalué après une exposition récente.
Lorsqu’une personne vit déjà avec le VIH, elle reçoit un traitement antirétroviral complet destiné à préserver sa santé et à rendre sa charge virale indétectable. Ce traitement ne doit pas être confondu avec la PrEP, même si certains médicaments appartiennent aux mêmes familles.
La PrEP est un choix, pas une obligation
Une personne exposée au VIH n’est pas obligée de prendre la PrEP si cette méthode ne correspond pas à ses besoins.
Certaines préfèrent utiliser des préservatifs, adapter leurs pratiques ou s’appuyer sur le principe U = U avec un partenaire indétectable. D’autres apprécient la PrEP parce qu’elle leur offre une protection qu’elles peuvent contrôler indépendamment de leurs partenaires.
Le rôle du professionnel de santé est de présenter les différentes options, d’évaluer leur pertinence et d’aider la personne à choisir une stratégie réaliste.
La meilleure méthode de prévention n’est pas nécessairement la même pour tout le monde.
Il s’agit de celle qui est médicalement adaptée et qui peut être utilisée correctement dans la vie quotidienne.
Comment prendre la PrEP orale en continu ?
La PrEP orale en continu repose sur une prise quotidienne de ténofovir disoproxil et d’emtricitabine. Ce schéma peut être proposé à toutes les personnes exposées au VIH lorsque le traitement est médicalement adapté à leur situation.
Selon les recommandations françaises, la première prise comprend généralement deux comprimés, suivis d’un comprimé par jour. La régularité est essentielle pour maintenir une quantité suffisante de médicaments dans l’organisme et assurer une protection continue.
La prise quotidienne peut être particulièrement adaptée :
- lorsque les expositions sont fréquentes ou difficiles à prévoir ;
- lorsque les rapports peuvent être vaginaux ou anaux ;
- lorsqu’une personne préfère ne pas planifier son traitement selon ses rapports ;
- pendant une période de vie où le risque d’exposition est régulier ;
- chez les personnes vivant avec une infection chronique par l’hépatite B, avec un suivi médical adapté ;
- pendant une grossesse ou un allaitement lorsque l’exposition au VIH persiste.
Le comprimé peut généralement être pris à l’heure la plus facile à intégrer dans le quotidien. L’objectif est surtout de construire une routine réaliste : prise avec le petit-déjeuner, le soir, utilisation d’une alarme ou association avec un autre geste quotidien.
Un décalage occasionnel ne signifie pas automatiquement que toute protection disparaît. En revanche, des oublis répétés peuvent réduire l’efficacité de la PrEP. Une personne qui rencontre des difficultés régulières doit en parler au professionnel qui la suit afin d’envisager des solutions pratiques ou une autre forme de prévention.
Quand la protection de la PrEP orale commence-t-elle ?
La protection n’est pas nécessairement maximale immédiatement après le premier comprimé. Le délai nécessaire dépend notamment du schéma utilisé, des pratiques sexuelles et de la régularité des prises.
Les concentrations des médicaments n’augmentent pas de la même manière dans tous les tissus. Il ne faut donc pas appliquer automatiquement à une exposition vaginale les consignes données pour des rapports anaux.
La personne doit suivre le calendrier indiqué par le médecin avant de considérer qu’elle est protégée. Lorsqu’une exposition survient avant l’établissement de cette protection, une évaluation rapide peut être nécessaire afin de déterminer si un traitement post-exposition doit être proposé.
De la même manière, l’arrêt de la PrEP doit être anticipé. Le traitement doit généralement être poursuivi pendant un certain temps après la dernière exposition afin que les médicaments restent présents assez longtemps dans l’organisme. La durée dépend du schéma et de la situation : elle ne doit pas être improvisée.
Qu’est-ce que la PrEP à la demande ?
La PrEP dite « à la demande », « intermittente » ou « discontinue » consiste à prendre les comprimés autour des périodes d’exposition plutôt que tous les jours pendant une longue durée.
Elle repose sur le schéma souvent appelé 2-1-1 :
- deux comprimés au moins deux heures avant le rapport susceptible d’exposer au VIH ;
- un comprimé vingt-quatre heures après la première prise ;
- un dernier comprimé vingt-quatre heures plus tard.
Lorsque les rapports se poursuivent plusieurs jours, la prise quotidienne est maintenue, puis un comprimé est pris chaque jour jusqu’à quarante-huit heures après la dernière exposition. Ce schéma doit avoir été expliqué et validé par un professionnel de santé.
La PrEP à la demande peut convenir aux personnes dont les rapports sont suffisamment prévisibles et qui préfèrent ne pas prendre un comprimé quotidiennement.
Elle nécessite néanmoins une bonne organisation. Si les deux premiers comprimés ne sont pas pris suffisamment tôt, si le rapport est imprévu ou si les prises suivantes sont oubliées, la protection peut devenir insuffisante.
Qui peut utiliser le schéma 2-1-1 ?
En France, les recommandations réservent actuellement la PrEP orale discontinue :
- aux hommes cisgenres ;
- aux personnes transgenres ;
- lorsque les expositions concernent exclusivement des rapports anaux ;
- en l’absence d’infection chronique par le virus de l’hépatite B.
Le schéma à la demande n’est pas recommandé pour les expositions vaginales. Dans ce cas, une prise orale continue ou une autre forme de PrEP doit être envisagée avec le médecin.
Cette restriction ne remet pas en cause l’accès des femmes ou des autres personnes à la PrEP. Elle signifie simplement que la prise discontinue ne produit pas les mêmes garanties selon les tissus exposés. Une femme cisgenre, une personne ayant des rapports vaginaux ou toute personne dont les pratiques sont variées peut utiliser une PrEP continue si elle est indiquée.
L’existence du schéma 2-1-1 ne doit pas conduire à prendre ponctuellement un ou deux comprimés sans respecter le protocole complet. Prendre un comprimé seulement après un rapport ne correspond ni à une PrEP correcte ni à une PEP.
Pourquoi la PrEP à la demande est-elle déconseillée en cas d’hépatite B chronique ?
Le ténofovir et l’emtricitabine possèdent également une activité contre le virus de l’hépatite B. Chez une personne vivant avec une hépatite B chronique, des prises et des arrêts répétés peuvent provoquer des variations de l’activité virale et exposer à une réactivation de l’hépatite.
Cela ne signifie pas que la PrEP est impossible en cas d’hépatite B. La PrEP orale continue peut être envisagée, mais son initiation et surtout son arrêt doivent être encadrés médicalement.
Le dépistage de l’hépatite B avant le début de la PrEP permet donc :
- de connaître le statut de la personne ;
- de vérifier si une vaccination est nécessaire ;
- de choisir un schéma compatible ;
- d’organiser une surveillance adaptée ;
- d’éviter un arrêt brutal non accompagné.
Comment fonctionne la PrEP injectable ?
La PrEP injectable repose sur le cabotégravir à action prolongée, commercialisé sous le nom Apretude®. Le médicament est administré par injection intramusculaire par un professionnel de santé.
Le schéma comprend deux premières injections espacées d’un mois. Après cette phase d’initiation, une injection est réalisée tous les deux mois. Une courte phase de cabotégravir oral peut être proposée auparavant pour vérifier la tolérance, mais elle n’est pas obligatoire dans toutes les situations.
La première injection ne doit pas être considérée comme une protection instantanément maximale. En l’absence de phase orale préalable, les concentrations associées à une activité antivirale importante sont atteintes dans les sept jours suivant la première injection, tandis que le délai exact jusqu’à la protection maximale n’est pas précisément établi. Il faut donc respecter les indications données lors de l’initiation.
La PrEP injectable peut intéresser les personnes qui :
- rencontrent des difficultés à prendre un comprimé chaque jour ;
- souhaitent une méthode plus discrète ;
- oublient fréquemment leurs prises ;
- présentent une contre-indication rénale à la PrEP orale ;
- préfèrent un traitement administré lors de rendez-vous réguliers ;
- ne souhaitent pas conserver de comprimés à leur domicile.
Elle ne dispense toutefois pas du suivi médical. Chaque injection doit être précédée ou accompagnée des contrôles nécessaires pour confirmer l’absence d’infection par le VIH.
Pourquoi faut-il respecter les rendez-vous d’injection ?

Le cabotégravir reste longtemps présent dans l’organisme. Cette durée d’action représente son principal avantage, mais elle exige également de respecter précisément le calendrier des injections.
Lorsqu’une injection est fortement retardée, la concentration du médicament peut devenir trop faible pour prévenir efficacement l’infection tout en restant suffisante pour exercer une pression sur le virus. Une infection survenant pendant cette période pourrait alors favoriser l’apparition d’une résistance à la famille des inhibiteurs de l’intégrase.
Une personne qui sait qu’elle ne pourra pas se rendre à son rendez-vous doit contacter rapidement l’équipe médicale. Selon la durée du retard, différentes solutions peuvent être proposées :
- avancer ou décaler légèrement l’injection dans la fenêtre autorisée ;
- utiliser temporairement une forme orale ;
- recommencer une phase d’initiation ;
- réaliser des tests supplémentaires ;
- organiser un relais préventif.
Il ne faut pas attendre plusieurs semaines sans demander conseil.
Peut-on arrêter la PrEP injectable du jour au lendemain ?
L’arrêt doit être organisé avec le professionnel prescripteur.
Après la dernière injection, de petites quantités de cabotégravir peuvent persister pendant une longue période. Elles finissent par devenir insuffisantes pour protéger contre le VIH, mais le médicament n’a pas encore complètement disparu de l’organisme.
Cette période, parfois appelée « traîne pharmacologique », nécessite une stratégie préventive si la personne reste exposée au VIH. Une PrEP orale ou une autre méthode peut être proposée afin d’éviter une période de protection insuffisante et de limiter le risque de résistance.
Des dépistages du VIH doivent également être poursuivis après l’arrêt selon le calendrier communiqué par l’équipe médicale.
La PrEP injectable est-elle plus efficace que les comprimés ?
Les deux formes offrent une protection très élevée lorsqu’elles sont utilisées correctement.
Dans les essais ayant comparé le cabotégravir injectable à la PrEP orale quotidienne, moins d’infections ont été observées dans les groupes recevant les injections. Cette différence s’explique notamment par la difficulté que certaines personnes peuvent rencontrer à prendre un comprimé tous les jours, plutôt que par l’inefficacité du traitement oral lorsqu’il est correctement suivi.
La PrEP orale reste le traitement de première intention dans les recommandations françaises. Le cabotégravir injectable constitue une alternative supplémentaire, notamment lorsque les comprimés sont contre-indiqués ou ne peuvent pas être utilisés dans de bonnes conditions.
La meilleure option n’est donc pas forcément la plus récente. C’est celle que la personne peut suivre correctement, qui correspond à ses expositions et qui présente le meilleur équilibre entre bénéfices, contraintes et éventuels risques.
Tableau comparatif : PrEP orale et PrEP injectable
| Caractéristique | PrEP orale | PrEP injectable |
|---|---|---|
| Médicament principal | Ténofovir disoproxil et emtricitabine | Cabotégravir à action prolongée |
| Administration | Comprimés à domicile | Injection intramusculaire par un professionnel |
| Rythme | Tous les jours ou à la demande dans certaines situations | Deux injections à un mois d’intervalle, puis tous les deux mois |
| Avantage principal | Souplesse et longue expérience d’utilisation | Absence de comprimé quotidien |
| Contrainte principale | Risque d’oubli des prises | Respect indispensable des rendez-vous |
| Fonction rénale | Surveillance nécessaire | Peut être une alternative en cas de contre-indication rénale à la forme orale |
| Arrêt | Doit être adapté à la dernière exposition et à une éventuelle hépatite B | Nécessite d’anticiper la longue persistance du médicament |
| Prescription | Possible par tout médecin | Médecin hospitalier ou médecin de ville expérimenté dans le VIH |
| Prise en charge | Prise en charge à 100 % lorsqu’elle est indiquée | Prise en charge à 100 % en France |
Les modalités françaises de prescription et de remboursement distinguent encore les deux formes : tous les médecins peuvent prescrire la PrEP orale, tandis que l’injectable est prescrit par les médecins hospitaliers ou des médecins de ville expérimentés dans la prise en charge du VIH. Les deux sont prises en charge à 100 % par l’Assurance Maladie lorsqu’elles sont indiquées.
Comment choisir la forme de PrEP la plus adaptée ?
Le choix doit être réalisé dans le cadre d’une décision partagée avec le professionnel de santé.
Plusieurs questions peuvent être abordées :
- Les expositions sont-elles régulières ou occasionnelles ?
- Les rapports peuvent-ils être anticipés ?
- Les pratiques sont-elles exclusivement anales ou également vaginales ?
- Une prise quotidienne est-elle facile à intégrer ?
- Les comprimés doivent-ils rester discrets ?
- La personne peut-elle se rendre à un rendez-vous tous les deux mois ?
- Existe-t-il une maladie rénale ou une hépatite B chronique ?
- Une grossesse est-elle en cours ou envisagée ?
- La personne préfère-t-elle contrôler elle-même ses prises ou recevoir le traitement lors d’une consultation ?
Une personne peut également changer de forme de PrEP au cours de sa vie. Ses relations, ses pratiques, son état de santé ou ses préférences peuvent évoluer.
Le passage des comprimés aux injections, ou l’inverse, doit toutefois être préparé afin d’éviter une interruption de protection. La PrEP reste efficace lorsqu’elle est choisie, commencée, suivie et arrêtée selon un schéma correspondant réellement à la situation de la personne.
Où obtenir la PrEP VIH en France ?
La PrEP orale peut être prescrite par tout médecin, qu’il s’agisse d’un généraliste ou d’un spécialiste. Une personne peut notamment s’adresser à son médecin traitant, à un CeGIDD, à un centre de santé sexuelle ou à un service hospitalier spécialisé dans le VIH. La consultation permet d’évaluer les expositions possibles, de vérifier l’absence de contre-indication et de choisir la forme de PrEP la plus adaptée.
La PrEP injectable au cabotégravir est prescrite par les médecins hospitaliers ainsi que par les médecins de ville expérimentés dans la prise en charge du VIH. Les injections sont ensuite réalisées par un professionnel de santé selon le calendrier établi.
Une demande de PrEP ne nécessite pas d’avoir subi une exposition récente ni de devoir justifier sa vie sexuelle. La consultation repose sur un échange confidentiel destiné à construire une prévention correspondant aux pratiques, aux besoins et aux préférences de la personne.
Combien coûte la PrEP VIH en France ?
Oui. En France, les comprimés d’emtricitabine et de ténofovir disoproxil utilisés pour la PrEP orale sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie lorsqu’ils sont prescrits dans ce cadre.
La PrEP injectable Apretude® est elle aussi prise en charge à 100 %. Les consultations et examens associés peuvent toutefois suivre leurs règles habituelles de remboursement selon le lieu de suivi et la situation de la personne.
Le coût du traitement ne doit donc pas empêcher de demander une information ou une évaluation. Les CeGIDD constituent notamment une porte d’entrée utile pour les personnes qui recherchent un accompagnement confidentiel en matière de dépistage et de prévention.
Comment se déroule la première consultation ?
La première consultation ne consiste pas seulement à remettre une ordonnance. Elle permet de s’assurer que la PrEP est médicalement adaptée et que la personne comprend correctement son fonctionnement.
Le professionnel peut notamment aborder :
- les pratiques sexuelles et les expositions possibles au VIH ;
- les méthodes de prévention déjà utilisées ;
- les précédents recours au PEP ou TPE ;
- la fréquence et la prévisibilité des rapports ;
- les traitements pris actuellement ;
- d’éventuels problèmes rénaux ou hépatiques ;
- le statut vis-à-vis des hépatites ;
- les vaccinations utiles ;
- la possibilité d’une grossesse ;
- les difficultés éventuelles à prendre un comprimé ou à respecter des rendez-vous d’injection.
Cette consultation peut également être l’occasion d’aborder la santé mentale, les violences sexuelles, le chemsex, la contraception ou toute autre question influençant la santé sexuelle. L’objectif n’est pas de juger les pratiques, mais de proposer une prévention réaliste et complète.
Quels examens sont nécessaires avant de commencer la PrEP ?
Un dépistage récent du VIH est indispensable avant toute prescription. La PrEP ne doit pas être commencée chez une personne vivant déjà avec le VIH ou lorsqu’une primo-infection est suspectée.
Pour la PrEP orale, le bilan initial comprend généralement :
- une sérologie du VIH ;
- une évaluation de la fonction rénale ;
- un dosage des transaminases ;
- une recherche de l’hépatite B et, selon la situation, des hépatites A et C ;
- un dépistage de la syphilis ;
- une recherche de la gonorrhée et de la chlamydia sur les sites exposés ;
- un test de grossesse lorsque cela est pertinent.
Pour la PrEP injectable, une recherche de l’ARN du VIH est également recommandée avant l’initiation afin de détecter une infection très récente qui pourrait ne pas encore apparaître sur une sérologie classique.
Ces examens peuvent sembler nombreux, mais ils permettent de commencer le traitement dans de bonnes conditions, de détecter une éventuelle infection et d’adapter la prévention à l’état de santé de la personne.
Quel suivi médical faut-il pendant la PrEP ?
La PrEP nécessite un suivi régulier, même lorsqu’elle est bien tolérée et correctement prise.
Une première consultation est généralement organisée environ un mois après le début du traitement. Elle permet de vérifier :
- la tolérance ;
- la bonne compréhension du schéma ;
- la régularité des prises ou des injections ;
- l’absence d’une infection par le VIH qui aurait pu être trop récente pour être détectée lors du bilan initial ;
- les éventuelles difficultés rencontrées.
Les consultations suivantes ont lieu selon les besoins et la forme de PrEP, généralement tous les deux à six mois. Elles servent à renouveler le traitement, dépister le VIH et les autres IST, contrôler certains paramètres biologiques et réévaluer les expositions.
Pour la PrEP orale, l’Assurance Maladie recommande notamment un dépistage du VIH au minimum tous les trois mois ainsi qu’une surveillance régulière de la fonction rénale.
Pour le cabotégravir injectable, le calendrier est lié aux injections. La HAS prévoit une recherche régulière du VIH, avec une surveillance virologique renforcée au début du traitement puis poursuivie pendant le suivi.
Pourquoi faut-il continuer à se faire dépister sous PrEP ?
La PrEP réduit très fortement le risque d’acquisition du VIH, mais le dépistage reste indispensable.
Il permet notamment :
- de repérer une infection exceptionnelle survenue après des prises insuffisantes ou un retard d’injection ;
- d’éviter de poursuivre une PrEP seule chez une personne qui aurait contracté le VIH ;
- de mettre rapidement en place un traitement complet si nécessaire ;
- de vérifier que le mode de prise reste adapté ;
- de dépister les autres IST qui ne sont pas prévenues par la PrEP.
Une infection par le VIH diagnostiquée chez une personne sous PrEP nécessite un avis spécialisé rapide. Le traitement préventif doit alors être remplacé par une combinaison antirétrovirale complète adaptée à la situation.
Quels sont les effets secondaires de la PrEP VIH ?
La PrEP orale est généralement bien tolérée. Certaines personnes peuvent néanmoins ressentir des effets temporaires au début du traitement, notamment :
- des nausées ;
- des troubles digestifs ;
- des maux de tête ;
- une fatigue ;
- une sensation d’inconfort général.
Ces symptômes disparaissent souvent après quelques jours ou quelques semaines.
Le ténofovir disoproxil peut également affecter la fonction rénale chez certaines personnes, ce qui justifie les analyses réalisées avant et pendant le traitement. Une insuffisance rénale importante constitue une contre-indication à cette forme de PrEP, tandis qu’une surveillance renforcée peut être proposée lorsque la fonction rénale est légèrement diminuée.
Il ne faut pas interrompre seul son traitement face à un effet indésirable. Le médecin peut vérifier son origine, proposer des conseils, modifier la stratégie ou envisager la PrEP injectable lorsque la forme orale n’est pas adaptée.
Quels effets secondaires sont possibles avec la PrEP injectable ?
Les réactions au point d’injection sont parmi les effets les plus fréquemment rencontrés avec le cabotégravir injectable. La personne peut notamment ressentir :
- une douleur ;
- une sensibilité ;
- un gonflement ;
- une rougeur ;
- une petite induration au niveau de l’injection.
Ces réactions sont généralement temporaires.
D’autres effets indésirables cutanés, allergiques, hépatiques ou psychiatriques sont possibles et doivent être signalés au professionnel de santé. Le respect des rendez-vous et des tests est également essentiel en raison du risque de résistance si une infection survient pendant une période où la concentration du cabotégravir devient insuffisante.
Un symptôme inhabituel, une réaction importante ou un changement marqué de l’état psychologique doit conduire à demander un avis médical.
La PrEP protège-t-elle des autres infections sexuellement transmissibles ?
Non. La PrEP protège contre le VIH, mais elle ne prévient pas :
- la syphilis ;
- la gonorrhée ;
- la chlamydia ;
- l’herpès ;
- les infections liées au papillomavirus ;
- l’hépatite C ;
- les autres IST.
Elle ne remplace donc pas le dépistage régulier ni les vaccinations recommandées. Le préservatif peut également conserver un intérêt pour réduire le risque de plusieurs infections et pour la contraception.
Le suivi PrEP facilite néanmoins l’accès à une prévention plus globale. Les consultations permettent de dépister rapidement une IST, de la traiter et de vérifier les vaccinations contre l’hépatite B, l’hépatite A ou le papillomavirus selon la situation.
Peut-on prendre la PrEP pendant une grossesse ?
Oui. Une grossesse ne constitue pas une contre-indication à la PrEP orale par ténofovir disoproxil et emtricitabine lorsque la personne reste exposée au VIH.
Dans ce contexte, le schéma continu est utilisé. La protection contre le VIH peut être particulièrement importante pendant la grossesse, car une infection nouvellement acquise au cours de cette période pourrait avoir des conséquences pour la personne enceinte et pour l’enfant.
La PrEP orale peut également être employée pendant l’allaitement. La décision repose sur une évaluation médicale des expositions et des bénéfices attendus.
Le cabotégravir injectable peut être envisagé dans certaines situations lorsqu’une alternative à la forme orale est nécessaire. En cas de grossesse en cours ou prévue, les bénéfices et les risques doivent être discutés avec l’équipe médicale en tenant compte de la longue durée d’action du médicament.
La PrEP est-elle compatible avec une contraception hormonale ?
Oui. La PrEP orale par ténofovir disoproxil et emtricitabine peut être utilisée chez une personne sous contraception hormonale.
La pilule, l’implant, le patch ou d’autres contraceptifs ne protègent toutefois pas contre le VIH. La PrEP et la contraception répondent donc à deux objectifs différents et peuvent être utilisées conjointement lorsque cela est indiqué.
La PrEP est-elle compatible avec les traitements hormonaux d’affirmation de genre ?
Les personnes transgenres peuvent utiliser la PrEP. Les traitements hormonaux d’affirmation de genre ne doivent pas être considérés comme une raison de refuser cette prévention.
Pour les personnes transgenres ayant exclusivement des rapports anaux, une PrEP orale continue ou discontinue peut être discutée. En cas de rapports vaginaux, le schéma continu est recommandé.
Les recommandations françaises privilégient également la prise continue chez les femmes trans utilisant un traitement hormonal féminisant, en raison d’incertitudes sur les interactions et les concentrations obtenues avec un schéma discontinu. Le cabotégravir injectable peut représenter une autre possibilité selon la situation.
Une discussion avec le médecin permet d’adapter le schéma sans remettre en cause le traitement hormonal.
Que faire après un rapport si la PrEP n’a pas été prise correctement ?
Une personne doit demander rapidement un avis médical lorsqu’une exposition récente survient :
- après plusieurs oublis de comprimés ;
- avant que la protection initiale soit établie ;
- après une mauvaise application du schéma 2-1-1 ;
- à la suite d’un retard important d’injection ;
- après l’arrêt de la PrEP sans période de couverture suffisante ;
- ou lorsqu’elle ne sait pas si elle était correctement protégée.
Un traitement post-exposition peut parfois être proposé. Il doit être commencé aussi rapidement que possible et au plus tard dans les 48 heures selon les recommandations françaises. La personne ne doit donc pas attendre son prochain rendez-vous de suivi.
La PrEP est-elle nécessaire avec un partenaire indétectable ?
Lorsqu’une personne vivant avec le VIH suit efficacement son traitement et maintient une charge virale indétectable, elle ne transmet pas le virus à ses partenaires lors de rapports sexuels.
La PrEP n’est donc pas nécessaire pour prévenir une transmission provenant de ce partenaire précis. Elle peut toutefois rester pertinente si la personne possède d’autres partenaires, si la charge virale n’est pas encore indétectable ou si elle souhaite conserver une protection indépendante pour d’autres expositions.
Pour comprendre le rôle du traitement et de la charge virale, consultez notre guide U = U : Indétectable = Intransmissible.
La PrEP s’intègre dans une prévention combinée
La PrEP ne remplace pas obligatoirement tous les autres outils de prévention. Elle peut être associée, selon les besoins, à :
- un dépistage régulier du VIH et des autres IST ;
- l’utilisation de préservatifs ;
- la vaccination ;
- une contraception ;
- la PEP après une exposition insuffisamment couverte ;
- le traitement antirétroviral des personnes vivant avec le VIH ;
- la réduction des risques liés aux pratiques d’injection ;
- une information adaptée à la vie sexuelle et aux relations.
La prévention combinée consiste à choisir les méthodes qui correspondent réellement à la situation de chaque personne. Une stratégie efficace doit être médicalement adaptée, comprise et suffisamment simple pour être suivie dans la vie quotidienne.
Les principales idées reçues sur la PrEP
Malgré son efficacité et son intégration progressive dans les stratégies de prévention du VIH, la PrEP reste entourée de nombreuses idées fausses. Ces confusions peuvent empêcher certaines personnes de demander une information ou de choisir une méthode pourtant adaptée à leur situation.
« La PrEP est réservée aux hommes gays »
Faux. La PrEP peut être proposée à toute personne séronégative exposée au VIH, indépendamment de son genre ou de son orientation sexuelle.
Elle peut notamment concerner des hommes gays ou bisexuels, des femmes, des personnes transgenres, des personnes hétérosexuelles, des partenaires séronégatifs d’une personne vivant avec le VIH dont la charge n’est pas encore indétectable ou des personnes utilisant du matériel d’injection.
La Haute Autorité de santé recommande d’évaluer le risque individuellement plutôt que de limiter l’accès à une seule catégorie de population.
« Une personne qui prend la PrEP vit avec le VIH »
Non. La PrEP est précisément destinée aux personnes qui ne vivent pas avec le VIH.
Un dépistage est nécessaire avant le début du traitement et pendant le suivi. Une personne diagnostiquée séropositive doit recevoir un traitement antirétroviral complet, et non poursuivre une PrEP seule.
Pour la forme injectable, la séronégativité doit être vérifiée avant le traitement et lors des injections suivantes, notamment afin d’éviter l’apparition de résistances en cas d’infection récente non détectée.
«La PrEP VIH protège-t-elle des autres IST ?»
Faux. La PrEP protège contre le VIH, mais pas contre la syphilis, la gonorrhée, la chlamydia, l’herpès, le papillomavirus ou les hépatites.
Les dépistages réguliers, les vaccinations disponibles et, selon les pratiques, les préservatifs conservent donc leur utilité.
« La PrEP remplace le dépistage »
Non. Le dépistage du VIH fait partie du suivi indispensable de la PrEP.
Il permet de vérifier que la personne reste séronégative et d’adapter rapidement la prise en charge si une infection exceptionnelle survient. Le suivi sert également à rechercher les autres IST et à surveiller la tolérance du traitement.
« La PrEP encourage les comportements à risque »
La PrEP n’impose aucun comportement sexuel. Elle offre une protection supplémentaire aux personnes qui peuvent être exposées au VIH.
Son accès est accompagné d’informations, de dépistages et d’un suivi médical. Elle permet aussi à certaines personnes de reprendre le contrôle de leur prévention sans dépendre entièrement des décisions d’un partenaire.
« Il suffit de prendre un comprimé après un rapport »
Faux. Prendre un comprimé isolé après une exposition ne correspond ni à une PrEP correctement utilisée ni à un traitement post-exposition.
Le schéma à la demande repose sur un protocole précis comprenant une double prise avant le rapport, puis des prises après l’exposition. Il est actuellement réservé en France à certaines personnes ayant exclusivement des rapports anaux et ne vivant pas avec une hépatite B chronique.
Après une exposition insuffisamment couverte, il faut demander rapidement un avis médical afin d’évaluer l’indication d’une PEP contre le VIH.
« La PrEP à la demande convient à tout le monde »
Non. Le schéma discontinu 2-1-1 ne convient pas à toutes les pratiques ni à toutes les situations médicales.
Les recommandations françaises le réservent aux hommes cisgenres et aux personnes transgenres ayant exclusivement des rapports anaux, en dehors d’une infection chronique par l’hépatite B. Pour les expositions vaginales, une prise orale continue ou une autre forme de PrEP est recommandée.
« La PrEP orale est inefficace si une dose est oubliée »
Un oubli isolé ne signifie pas automatiquement que toute protection disparaît. En revanche, des oublis répétés ou un schéma mal suivi peuvent réduire fortement l’efficacité.
Une étude française en vie réelle a confirmé que la PrEP orale atteint une efficacité élevée lorsque l’observance est bonne, tandis que son efficacité diminue fortement en cas de consommation insuffisante.
« La PrEP injectable ne nécessite plus aucun suivi »
Faux. Les injections évitent la prise quotidienne d’un comprimé, mais elles imposent des rendez-vous réguliers et des dépistages du VIH.
Le schéma français comprend deux premières injections espacées d’un mois, puis une injection tous les deux mois. La séronégativité doit être contrôlée pendant le suivi.
« On peut arrêter la PrEP injectable sans précaution »
Non. Le cabotégravir reste présent dans l’organisme longtemps après la dernière injection.
Si une personne reste exposée au VIH, elle peut avoir besoin d’un relais préventif afin d’éviter une période pendant laquelle la concentration du médicament serait trop faible pour protéger, mais encore suffisante pour favoriser des résistances en cas d’infection.
L’arrêt et les dépistages ultérieurs doivent donc être organisés avec l’équipe médicale.
« La PrEP est toujours nécessaire avec un partenaire indétectable »
Lorsqu’une personne vivant avec le VIH maintient une charge virale indétectable grâce à son traitement, elle ne transmet pas le virus lors de rapports sexuels.
La PrEP n’est donc pas nécessaire pour prévenir une transmission provenant de ce partenaire. Elle peut cependant rester utile en cas d’autres partenaires, d’autres expositions ou simplement si la personne souhaite conserver une méthode de prévention indépendante.
Notre guide U = U : Indétectable = Intransmissible explique les conditions permettant d’appliquer ce principe.
FAQ : les questions fréquentes sur la PrEP
Que signifie PrEP ?
PrEP signifie prophylaxie pré-exposition. Il s’agit d’un traitement antirétroviral destiné aux personnes séronégatives avant une éventuelle exposition au VIH.
Le traitement empêche le virus de s’installer durablement dans l’organisme lorsqu’il est utilisé conformément au schéma prescrit.
Quelle est l’efficacité de la PrEP ?
La PrEP réduit très fortement le risque d’acquisition du VIH lorsqu’elle est correctement prise ou administrée.
Son efficacité dépend notamment de la régularité des comprimés, du respect du schéma à la demande ou de la ponctualité des injections. Une utilisation insuffisante peut laisser des périodes de protection réduite.
Quelle différence entre la PrEP et la PEP ?
La PrEP est prévue avant une éventuelle exposition au VIH. Elle peut être prise de façon continue, à la demande dans certaines situations ou sous forme injectable.
La PEP, également appelée TPE en France, intervient après une exposition récente. Elle constitue un traitement d’urgence qui doit être évalué et commencé rapidement.
La PrEP orale doit-elle être prise tous les jours ?
La prise quotidienne constitue le schéma continu. Elle convient notamment lorsque les expositions sont régulières, imprévisibles ou vaginales.
Un schéma à la demande existe, mais il ne convient qu’à certaines personnes ayant exclusivement des rapports anaux et doit avoir été expliqué par un professionnel.
Comment fonctionne le schéma 2-1-1 ?
Le schéma comprend généralement :
- deux comprimés pris au moins deux heures avant le rapport ;
- un comprimé vingt-quatre heures après la première prise ;
- un comprimé supplémentaire vingt-quatre heures plus tard.
Si les rapports se poursuivent, les prises continuent selon les consignes médicales jusqu’à quarante-huit heures après la dernière exposition. Ce schéma ne doit pas être improvisé.
Existe-t-il une PrEP injectable en France ?
Oui. Une PrEP injectable au cabotégravir à action prolongée est disponible en France.
Elle comprend deux injections initiales espacées d’un mois, puis une injection tous les deux mois. Elle constitue notamment une option lorsque la forme orale est contre-indiquée, mal tolérée ou difficile à prendre régulièrement.
La PrEP injectable est-elle plus efficace que les comprimés ?
Les deux formes offrent une protection élevée lorsqu’elles sont correctement utilisées.
Les essais comparatifs ont observé moins d’infections avec la forme injectable, notamment parce qu’elle évite les oublis quotidiens. Cela ne signifie pas que la PrEP orale soit peu efficace lorsqu’elle est prise régulièrement.
Le choix dépend des préférences, des contre-indications et de la capacité à respecter soit les prises quotidiennes, soit les rendez-vous d’injection.
Où obtenir la PrEP ?
La PrEP orale peut être prescrite par un médecin généraliste ou spécialiste, notamment en ville, à l’hôpital ou dans un CeGIDD.
La forme injectable est prescrite par des médecins hospitaliers ou des médecins de ville expérimentés dans la prise en charge du VIH.
La PrEP est-elle gratuite en France ?
Les traitements de PrEP orale et injectable sont pris en charge à 100 % par l’Assurance Maladie lorsqu’ils sont prescrits dans ce cadre. Les modalités habituelles peuvent néanmoins s’appliquer à certaines consultations ou analyses associées.
Quels tests faut-il faire avant de commencer ?
Le bilan comprend au minimum un dépistage récent du VIH.
Selon la forme choisie et la situation, le professionnel peut également vérifier :
- la fonction rénale ;
- les hépatites ;
- les autres IST ;
- les traitements en cours ;
- une éventuelle grossesse ;
- la présence de symptômes évoquant une infection récente.
Avant une PrEP injectable, un test combiné antigène-anticorps et une recherche de l’ARN du VIH sont recommandés afin d’exclure une infection très récente.
Quels sont les principaux effets secondaires ?
La PrEP orale peut provoquer des troubles digestifs, des nausées, de la fatigue ou des maux de tête, généralement temporaires. Une surveillance rénale est organisée en raison des effets possibles du ténofovir chez certaines personnes.
La forme injectable peut provoquer une douleur, une rougeur, un gonflement ou une sensibilité au point d’injection. Tout symptôme important ou persistant doit être signalé au professionnel de santé.
La PrEP protège-t-elle contre la grossesse ?
Non. La PrEP n’est pas un contraceptif.
Elle peut être associée à une contraception lorsque celle-ci est souhaitée. Le préservatif peut également participer à la contraception et à la prévention de plusieurs IST.
Peut-on utiliser la PrEP pendant une grossesse ?
Une PrEP orale continue peut être proposée pendant la grossesse lorsqu’une exposition au VIH persiste. La grossesse ne doit pas conduire à interrompre seule un traitement préventif utile.
Le choix de la forme et le suivi doivent être discutés avec l’équipe médicale. Les recommandations françaises prévoient une PrEP continue pour les femmes séronégatives exposées au VIH pendant la grossesse.
La PrEP est-elle compatible avec les hormones d’affirmation de genre ?
Les personnes transgenres peuvent utiliser la PrEP. Un traitement hormonal d’affirmation de genre ne constitue pas, à lui seul, une raison de refuser cette prévention.
Le schéma est choisi selon les pratiques, les expositions, les traitements et les préférences. Une prise continue peut être privilégiée dans certaines situations.
Que faire en cas d’oubli de comprimés ?
La conduite dépend du nombre de doses oubliées, de la forme de PrEP, du moment de la dernière prise et de la date du rapport.
Il ne faut pas modifier seul les doses. Après une exposition potentiellement insuffisamment couverte, il faut demander rapidement un avis à un médecin, à un CeGIDD ou à un service d’urgence.
Que faire en cas de retard d’injection ?
Il faut contacter rapidement l’équipe chargée du suivi.
Un léger décalage peut parfois être accepté, tandis qu’un retard plus important peut nécessiter une prise orale temporaire, une nouvelle phase d’initiation ou des dépistages supplémentaires. Le calendrier officiel prévoit une marge limitée autour de la date programmée.
Peut-on arrêter puis reprendre la PrEP ?
Oui, mais l’arrêt et la reprise doivent tenir compte des dernières et futures expositions.
La PrEP orale doit parfois être poursuivie après le dernier rapport. Une infection chronique par l’hépatite B nécessite également un arrêt encadré.
Pour la forme injectable, la persistance prolongée du cabotégravir impose d’anticiper un éventuel relais et de poursuivre les dépistages.
La PrEP est-elle utile après un rapport récent ?
La PrEP n’est pas un traitement d’urgence improvisé après une exposition.
Lorsqu’une personne n’était pas protégée ou ne sait pas si son schéma était suffisant, elle doit demander rapidement une évaluation pour un éventuel PEP. Une transition vers la PrEP peut ensuite être organisée afin de prévenir de futures expositions. La HAS prévoit un parcours permettant d’enchaîner un traitement post-exposition et une PrEP.
Peut-on donner son sang sous PrEP ?
En France, la prise de PrEP entraîne une contre-indication temporaire au don du sang. Le délai est actuellement de quatre mois après la dernière prise orale et de vingt-quatre mois après la dernière injection de PrEP.
Ces délais peuvent évoluer. Il faut répondre honnêtement au questionnaire préalable et suivre les indications de l’Établissement français du sang.
Conclusion
La PrEP est un traitement préventif destiné aux personnes qui ne vivent pas avec le VIH et qui peuvent être exposées au virus. Correctement utilisée, elle réduit très fortement le risque d’infection.
Elle peut être proposée sous plusieurs formes :
- une prise orale quotidienne ;
- un schéma oral à la demande pour certaines personnes ayant exclusivement des rapports anaux ;
- une PrEP injectable au cabotégravir administrée tous les deux mois après les deux injections initiales.
Le choix dépend des pratiques, de l’état de santé, des préférences et de la capacité à respecter le calendrier prévu. Aucun schéma n’est universellement supérieur : la meilleure option est celle qui correspond réellement à la situation de la personne et qui peut être suivie correctement.
La PrEP ne protège pas des autres infections sexuellement transmissibles et ne remplace pas les dépistages. Elle s’intègre dans une prévention combinée comprenant également les préservatifs, les vaccinations, le PEP après une exposition récente et le traitement des personnes vivant avec le VIH.
Pour replacer la PrEP parmi ces différents dispositifs, consultez notre guide consacré à la santé et à la prévention LGBTQIA+.
