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« Obsession » : Michael Johnston, l’acteur gay au cœur d’un phénomène mondial

Michael Johnston acteur gay Obsession
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Révélé au public grâce à la série Teen Wolf, Michael Johnston connaît aujourd’hui une ascension spectaculaire avec Obsession. Porté par le succès international de ce film d’horreur, l’acteur américain devient l’un des rares comédiens ouvertement gays à occuper le premier rôle d’un immense triomphe commercial au cinéma.

Michael Johnston propulsé parmi les nouvelles stars d’Hollywood

En seulement quelques semaines, la carrière de Michael Johnston a pris une dimension totalement nouvelle. Jusqu’alors surtout connu des amateurs de séries et de cinéma indépendant, l’acteur de 30 ans est désormais associé à l’un des plus importants phénomènes cinématographiques de l’année : Obsession.

Sorti dans les salles françaises le 13 mai, le long-métrage horrifique réalisé par Curry Barker enchaîne les performances commerciales. Produit pour un budget estimé à seulement 750 000 dollars, une somme particulièrement faible au regard des standards hollywoodiens, le film aurait déjà généré plus de 400 millions de dollars de recettes à travers le monde.

En France, Obsession aurait également attiré plus de 1,3 million de spectateurs. Ces chiffres en feraient le plus grand succès commercial de l’année, mais aussi l’un des films les plus rentables de l’histoire du cinéma par rapport à son coût de production initial.

Un succès populaire porté par un acteur ouvertement gay

La réussite du film présente une caractéristique encore peu fréquente dans l’industrie cinématographique : son acteur principal est ouvertement gay. En France comme aux États-Unis, les comédiens LGBTQIA+ restent encore rarement placés au centre de productions capables d’atteindre un public aussi large.

Michael Johnston n’a toutefois jamais utilisé son orientation sexuelle comme un argument promotionnel. En 2023, il avait simplement rendu publique sa relation avec son compagnon de l’époque en partageant une photographie sur les réseaux sociaux.

Le comédien avait déjà été remarqué plusieurs années auparavant dans un rôle gay. Il considère néanmoins cette première expérience comme « une pure coïncidence », ainsi qu’il l’avait expliqué lors d’un entretien accordé à Anthem Magazine.

Teen Wolf, le rôle qui l’a fait connaître du public

En 2015, Michael Johnston rejoint la cinquième saison de Teen Wolf, une série destinée aux adolescents dont l’univers est régulièrement marqué par un sous-texte homoérotique. Il y interprète Corey Bryant, un jeune homme qui entretient une relation amoureuse avec Mason Hewitt, personnage joué par Khylin Rhambo.

L’importance de ce couple à l’écran dépasse rapidement ce que l’acteur avait imaginé. De nombreux spectateurs lui écrivent pour lui expliquer à quel point son personnage les a aidés à se sentir représentés.

« J’ai reçu des milliers de messages et de lettres de fans me remerciant et m’expliquant à quel point mon personnage dans Teen Wolf les avait aidés, raconte-t-il. Je n’avais aucune idée de l’importance que cette représentation aurait pour autant de personnes. »

Cette réaction du public permet à Michael Johnston de prendre conscience de la portée sociale que peut avoir la représentation LGBTQIA+ dans une série populaire.

Ce retour montre à quel point la représentation gay dans les séries pour adolescents peut aider de jeunes spectateurs à se reconnaître à l’écran et à mieux accepter leur identité.

Des rôles queers après ses débuts dans Teen Wolf

L’année suivante, l’acteur poursuit dans cette direction avec Slash, un film indépendant réalisé par Clay Liford. Il y incarne Neil, un adolescent solitaire qui explore progressivement sa sexualité à travers l’écriture de fanfictions queers.

Michael Johnston décrit aujourd’hui ces premiers rôles comme une période « très effrayante ». Ils résonnaient en effet avec son histoire personnelle et avec l’environnement conservateur dans lequel il avait grandi.

Originaire de Caroline du Nord, il a passé son enfance au sein de la Bible Belt, une vaste région des États-Unis fortement influencée par le christianisme évangélique. Ce territoire demeure également marqué par une opposition importante aux droits des personnes LGBT+.

Le doublage comme refuge durant son adolescence

À l’âge de 12 ans, Michael Johnston commence à se passionner pour le doublage. Cette pratique devient rapidement une forme de refuge lui permettant de s’éloigner temporairement des pressions du monde extérieur.

Le jeune garçon installe alors une petite cabine d’enregistrement directement dans sa chambre. Cette passion d’enfance se transforme progressivement en véritable activité professionnelle.

Au fil de sa carrière, Michael Johnston prête ainsi sa voix à de nombreux personnages issus de jeux vidéo populaires, parmi lesquels World of Warcraft, Final Fantasy et God of War. Il participe également à plusieurs productions animées, notamment la série X-Men ‘97.

Dans Obsession, un personnage opposé à ses convictions

Le rôle qui lui apporte aujourd’hui une reconnaissance mondiale se situe pourtant très loin des valeurs défendues par l’acteur. Dans Obsession, Michael Johnston interprète Bear, un homme maladroit et réservé qui formule un souhait particulièrement inquiétant.

Il désire que Nikki, sa collègue jouée par Inde Navarrette, tombe amoureuse de lui. Le vœu finit par devenir réalité, mais cette relation imposée entraîne rapidement une succession d’événements cauchemardesques.

À première vue, Bear correspond à l’image du garçon discret, fragile et apparemment inoffensif. Derrière cette apparence se dissimule néanmoins un personnage incapable d’accepter la liberté de la femme qu’il prétend aimer.

Bear, nouvelle figure de l’incel horror

Plusieurs critiques considèrent déjà Bear comme une figure emblématique de l’« incel horror ». Ce sous-genre relativement récent du cinéma d’horreur s’intéresse aux violences masculines, aux frustrations sentimentales et aux différentes formes de contrôle exercées sur les femmes.

Le personnage ne correspond pas nécessairement à la représentation la plus spectaculaire des communautés incels. Il incarne plutôt une violence quotidienne, diffuse et parfois dissimulée derrière une attitude présentée comme bienveillante.

« Ils ne fomentent pas d’attentat de masse contre des femmes, mais incarnent une idée plus diffuse : dès qu’ils en ont la possibilité, les hommes contrôlent ou manipulent les femmes – soit pour les garder, soit pour les posséder », résume la journaliste Maëlle Le Corre dans Trois Couleurs.

Cette analyse place Obsession dans une réflexion plus large sur la domination masculine et sur la manière dont certains comportements possessifs peuvent être présentés à tort comme des preuves d’amour.

Michael Johnston explore le côté sombre du « gentil garçon »

Michael Johnston adhère pleinement à cette interprétation de son personnage. L’acteur explique avoir été particulièrement intéressé par la possibilité de déconstruire l’image du « gentil garçon », souvent utilisée pour excuser ou minimiser des comportements problématiques.

« J’ai adoré explorer le côté sombre du cliché du ‘gentil garçon’, explique-t-il à Numéro Netherlands. Bear donne l’impression d’être quelqu’un de bien, et c’est au moment où il fait ce vœu qu’il est le plus vulnérable. Son ego l’empêche d’admettre qu’il est responsable. »

À travers Bear, le film montre ainsi qu’une apparence fragile ou sympathique ne suffit pas à rendre un comportement moralement acceptable. Le personnage refuse de reconnaître les conséquences de ses actes et transforme sa propre frustration en justification.

Hollywood et les acteurs gays face aux premiers rôles

L’ascension de Michael Johnston raconte également une partie de l’évolution d’Hollywood. L’industrie cinématographique n’a jamais été dépourvue d’acteurs et d’actrices homosexuels. Elle a néanmoins longtemps évité de confier ses plus grands succès populaires à des interprètes ouvertement LGBTQIA+.

Pendant des décennies, de nombreuses personnalités ont choisi de dissimuler leur orientation sexuelle afin de protéger leur carrière. Les studios redoutaient notamment qu’un coming out puisse nuire à l’image commerciale d’un acteur, particulièrement lorsqu’il interprétait des personnages hétérosexuels ou romantiques.

Jodie Foster n’a ainsi publiquement évoqué son homosexualité qu’à l’âge de 50 ans. Kristen Stewart, de son côté, ne s’est affichée publiquement avec des femmes qu’après la fin de la saga Twilight, lorsqu’elle s’est trouvée davantage libérée des contraintes commerciales liées à son statut de star internationale.

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Une réussite encore rare sur grand écran

D’autres acteurs ouvertement gays, comme Matt Bomer ou Neil Patrick Harris, ont obtenu une grande popularité à la télévision. Ils n’ont cependant jamais connu au cinéma une trajectoire commerciale comparable à celle que semble aujourd’hui suivre Michael Johnston.

Son succès apparaît donc comme une exception heureuse au sein d’un système qui reste parfois réticent à faire d’un acteur gay le visage central d’une production mondiale. La performance d’Obsession pourrait néanmoins contribuer à faire évoluer cette perception.

Elle démontre notamment qu’un acteur peut parler librement de son orientation sexuelle sans que celle-ci empêche le public de l’accepter dans des rôles variés. Michael Johnston n’est d’ailleurs pas présenté comme une vedette uniquement liée à des personnages LGBTQIA+, mais comme un acteur capable de porter un film d’horreur destiné au grand public.

Michael Johnston rêve désormais d’une grande histoire queer

Pour le comédien, cette nouvelle visibilité possède également une dimension personnelle. Durant son enfance, Michael Johnston espérait voir davantage de personnes LGBTQIA+ représentées à l’écran, sans imaginer qu’il pourrait un jour lui-même participer à cette évolution.een Wolf, l

« En grandissant, j’ai toujours voulu voir des représentations à l’écran et jamais je n’aurais cru que cela pouvait être moi », confie-t-il à Pride.

Après avoir incarné plusieurs personnages marquants et obtenu un premier succès cinématographique mondial, l’acteur souhaite désormais se tourner vers un projet susceptible de réunir ses ambitions artistiques et son engagement en faveur de la représentation.

Son prochain rêve est clair : « Incarner une grande et belle histoire queer. »

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