Une mobilisation haute en couleur dans les rues libournaises
Les rues de Libourne se sont animées ce samedi 9 mai au rythme des musiques festives, des slogans militants et des drapeaux arc-en-ciel. Entre 400 et 500 participants ont pris part à la marche des fiertés organisée dans la commune girondine. Derrière l’ambiance joyeuse et les chants, l’événement portait un message fort : défendre la visibilité et les droits des personnes LGBTQIA+ dans les villes moyennes et les territoires ruraux, souvent moins représentés que les grandes métropoles.
Le cortège a traversé le centre-ville dans une atmosphère conviviale, mêlant revendications politiques, soutien familial et volonté de créer du lien au sein de communautés parfois isolées.
“On grandit dans une forme de silence”
Pour de nombreux participants, vivre son orientation sexuelle ou son identité de genre à la campagne reste encore compliqué. Les témoignages recueillis lors de cette journée évoquent régulièrement le poids du regard des autres, le manque de représentation et la difficulté à faire son coming out dans des environnements où les sujets LGBTQIA+ demeurent peu abordés.
Frédéric Maugey, président de l’association Action Fiertées, à l’origine de l’événement, souligne cette réalité : “En campagne, l’homosexualité ou les questions LGBTQIA+ sont peu abordées à l’école ou dans les familles. On grandit dans une sorte de non-dit”. Selon lui, beaucoup de personnes peinent encore à révéler leur identité ou leur orientation sexuelle dans ces territoires.
Le responsable associatif estime également que les difficultés rencontrées diffèrent de celles observées dans les grandes villes, où les structures d’accompagnement et les espaces inclusifs sont davantage présents.
Créer des espaces d’écoute et de soutien
Face à ce constat, l’association cherche à développer des initiatives locales pour rompre l’isolement. Des groupes de parole, des rencontres conviviales ainsi que des événements dédiés aux personnes transgenres et non-binaires sont organisés tout au long de l’année.
L’objectif est notamment d’offrir des lieux d’échange à des publics parfois marginalisés, y compris au sein de la communauté LGBTQIA+ elle-même. Frédéric Maugey rappelle que certaines identités, comme les personnes transgenres ou non-binaires, rencontrent encore davantage de difficultés d’acceptation.
Un enjeu de visibilité dans les villes moyennes
Parmi les manifestants, plusieurs participants étaient venus de Bordeaux pour soutenir cette initiative locale. Pour eux, organiser une marche des fiertés dans une ville comme Libourne représente un symbole important.
L’un d’eux explique que les grandes métropoles disposent déjà de longues traditions militantes autour des Pride, alors que dans les villes moyennes, la visibilité reste encore fragile. Selon lui, cette mobilisation permet aussi d’envoyer un message d’espoir aux personnes confrontées à des difficultés d’acceptation dans leur entourage familial.
Le participant insiste également sur la nécessité de continuer à dénoncer l’homophobie et les discriminations à travers ce type de rassemblement public.
Cette mobilisation à Libourne s’inscrit dans une dynamique plus large de visibilité et de soutien aux communautés LGBTQIA+ à travers toute la France, notamment via différents événements LGBT organisés tout au long de l’année.
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Des familles venues afficher leur soutien
Dans la foule, plusieurs proches et familles avaient également répondu présent. Une mère de famille venue assister à la marche explique souhaiter que ses enfants puissent grandir dans une société où chacun a le droit d’aimer librement et d’être soi-même sans crainte du jugement.
Plus loin dans le cortège, une participante résume l’état d’esprit général de la journée : “On est là pour montrer qu’on ne veut de mal à personne. On ne veut que du bien”.
Une évolution des mentalités ressentie par les organisateurs
Pour les organisateurs, cette édition marque aussi une évolution positive du climat local. Frédéric Maugey reconnaît qu’il y a encore quelques années, organiser une telle manifestation à Libourne aurait suscité davantage d’inquiétudes.
Aujourd’hui, il estime que les participants ont pu défiler dans un sentiment de sécurité et que l’événement s’est déroulé dans des conditions sereines, signe selon lui d’une progression des mentalités dans la ville.
