Marche des Fiertés Cherbourg 2026 annulée
Le Centre LGBTI de Normandie, par l’intermédiaire de son antenne de Cherbourg, a annoncé ce vendredi sur ses réseaux sociaux qu’aucune Marche des Fiertés ne sera organisée en 2026 dans la ville. Cette décision s’inscrit dans un contexte de fragilisation des structures militantes locales, confrontées à un manque criant de ressources humaines.
Cette annonce s’inscrit pleinement dans les actualités LGBT en France et à l’international, où de nombreuses associations alertent sur l’essoufflement militant et la difficulté à maintenir des événements d’ampleur sur le long terme.
Une décision liée à un manque de bénévoles
Dans son communiqué, le Centre LGBTI de Normandie explique que son antenne de Cherbourg ne compte plus que quatre bénévoles réguliers. Une équipe insuffisante pour porter l’organisation d’un événement aussi exigeant qu’une Marche des Fiertés, qui nécessite plusieurs mois de préparation, de coordination et de gestion administrative.
L’association insiste toutefois sur le caractère temporaire de cette pause, précisant qu’elle n’est en aucun cas le signe d’un désengagement militant.
Un historique d’engagement progressif à Cherbourg
Depuis 2022, l’antenne locale avait pourtant multiplié les initiatives. Un village associatif avait d’abord vu le jour, avant l’organisation en 2023 de la toute première Marche des Fiertés dans le département de la Manche. Les éditions suivantes, en 2024 et 2025, avaient adopté des formats plus modestes, adaptés aux moyens disponibles.
Cette trajectoire illustre une réalité observée ailleurs en France, où plusieurs Prides locales ont été contraintes de réduire leur format ou de s’interrompre temporairement, comme l’explique l’article consacré à la dissolution de l’association organisatrice de la Pride du Havre.
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Recentraliser les forces sur l’accompagnement quotidien
Face à cette situation, le Centre LGBTI de Normandie a fait le choix de recentrer ses actions sur ce qu’il considère comme le cœur de sa mission : l’accueil, l’écoute et l’accompagnement des personnes LGBTI au quotidien. Les permanences, l’aide psychologique et le soutien aux personnes isolées restent donc prioritaires.
L’association rappelle que la visibilité ne se limite pas aux événements festifs et que la lutte contre les discriminations se mène aussi, et surtout, dans la continuité du travail de terrain.
Une ouverture à une reprise citoyenne ou associative
Malgré cette pause, le Centre se dit prêt à soutenir toute autre structure ou collectif qui souhaiterait reprendre l’organisation d’une Marche des Fiertés à Cherbourg. Cette ouverture pourrait permettre l’émergence de nouvelles formes de mobilisation, portées par d’autres acteurs locaux.
Dans cette optique, l’association DragEnCotention a déjà lancé un appel à la mobilisation citoyenne, rappelant que la Pride reste un symbole fort de visibilité et de revendication dans une ville de taille moyenne comme Cherbourg.
Une mobilisation toujours présente malgré l’absence de Pride
La dernière Marche des Fiertés cherbourgeoise, organisée le 17 mai 2025 à l’occasion de la Journée mondiale contre les LGBTIphobies, avait réuni environ 400 participant·es. Un chiffre significatif, qui témoigne de l’ancrage local de l’événement et de l’attachement de la population à ces temps de visibilité collective.
Si 2026 marquera donc une pause, le tissu militant local continue d’exister, laissant entrevoir la possibilité d’un retour futur, sous une forme renouvelée.






