Bear, Cub, Otter, Daddy, Chaser… Ces termes apparaissent régulièrement sur les applications de rencontre gay, dans les soirées LGBTQIA+ ou lorsqu’on s’intéresse aux différentes sous-cultures queer.
Ils peuvent donner l’impression d’un classement compliqué fondé uniquement sur le physique. Pourtant, leur fonction est plus large.
Le mot Bear, traduit par « ours », désigne une identité et une communauté qui se sont particulièrement développées parmi les hommes gays et bisexuels à partir des années 1980. Historiquement, cette culture a valorisé des hommes plus poilus, plus corpulents, plus âgés ou simplement éloignés de certains standards physiques dominants dans les milieux gays.
Autour du terme Bear sont ensuite apparues d’autres appellations : Cub, Otter, Polar Bear, Muscle Bear, Chub ou Chaser.
Mais aucune balance, aucun âge précis et aucune quantité de poils ne permettent de déterminer officiellement si quelqu’un est Bear.
Ces mots servent avant tout à se reconnaître, se décrire ou exprimer une proximité avec une communauté. Leur sens varie aussi selon les personnes, les pays et les générations.
Alors, que signifie réellement être Bear ? Quelle différence existe-t-il entre un Cub et un Otter ? Un Daddy est-il forcément Bear ? Et qu’est-ce qu’un Chaser ?
Que signifie « Bear » dans la culture gay ?
Dans la culture gay, un Bear est généralement un homme adulte qui se reconnaît dans une sous-culture historiquement associée à la pilosité, aux corps robustes ou corpulents, à la maturité et à certaines formes de masculinité.
Cette définition doit immédiatement être nuancée.
Être Bear ne correspond pas à une morphologie officiellement définie.
Une étude qualitative publiée dans le Journal of Homosexuality décrit l’identité Bear comme une manière de réinterpréter certaines formes de masculinité autour de valeurs comme la maturité et l’acceptation de soi. Les participants interrogés associaient également leur communauté à une meilleure acceptation de différentes silhouettes et tranches d’âge.
Une étude quantitative ultérieure, menée auprès de 469 hommes s’identifiant comme Bears, a constaté qu’ils étaient en moyenne plus poilus et plus lourds que les participants gays ne s’identifiant pas comme Bears. Mais ces tendances statistiques ne constituent évidemment pas des conditions d’entrée dans la communauté.
Le terme désigne donc à la fois :
- une identité communautaire ;
- une esthétique ;
- certaines formes de sociabilité ;
- un rapport au corps ;
- et, pour certaines personnes, simplement une manière pratique de se décrire.
Faut-il être gros ou très poilu pour être Bear ?
Non.
La forte carrure, la barbe et la pilosité corporelle font partie des représentations historiques les plus fréquentes du Bear, mais il n’existe aucun poids minimal ni quantité de pilosité obligatoire.
Les recherches montrent bien des différences moyennes entre les hommes Bears interrogés et d’autres hommes gays. Elles montrent aussi que la communauté elle-même est composée de plusieurs sous-identités et de profils physiques différents.
Deux hommes ayant exactement la même silhouette peuvent donc se définir différemment.
L’un peut se sentir profondément appartenir à la communauté Bear.
L’autre peut simplement être un homme barbu et corpulent sans jamais utiliser ce terme.
L’apparence ne permet pas d’imposer une identité à quelqu’un.
Pourquoi la communauté Bear est-elle apparue ?
La culture Bear moderne s’est particulièrement structurée dans les années 1980 au sein de la culture gay masculine.
Son développement est souvent analysé comme une réaction à certains standards corporels valorisant fortement la jeunesse, la minceur, le corps sculpté et une pilosité limitée.
Pour des hommes plus âgés, gros, poilus ou simplement éloignés de ces standards, la création d’espaces spécifiques permettait de transformer des caractéristiques parfois dévalorisées en signes positifs d’appartenance et d’attractivité.
Les archives de Cornell consacrées au Bear History Project montrent que cette communauté s’est rapidement structurée bien au-delà d’une simple préférence physique : newsletters, clubs, flyers, correspondances, événements et premières listes de discussion numériques témoignent d’une véritable vie communautaire.
Le chercheur Les K. Wright a joué un rôle important dans la conservation de cette mémoire, notamment à travers le Bear History Project et les ouvrages The Bear Book et The Bear Book II.
Cette histoire possède également son propre symbole.
Pour approfondir spécifiquement sa création et son évolution, consultez notre article sur l’histoire et la signification du drapeau Bear.
Ici, nous nous concentrons surtout sur les identités et le vocabulaire de la communauté Bear.
Bear, Cub, Otter, Daddy et Chaser : quelles différences ?
Au fil du temps, différents termes ont été utilisés pour décrire certaines identités, morphologies ou relations avec la communauté Bear.
Ils ne constituent pas une classification scientifique.
Il est plus juste de les considérer comme un vocabulaire communautaire flexible.
| Terme | Signification généralement rencontrée |
|---|---|
| Bear | Homme se reconnaissant dans la culture Bear, historiquement associé à une apparence souvent poilue, robuste, corpulente ou mature |
| Cub | Adulte généralement plus jeune ou perçu comme plus jeune au sein de l’univers Bear |
| Otter | Homme généralement plus mince ou élancé, souvent poilu |
| Daddy | Homme associé à la maturité ; terme utilisé bien au-delà de la seule communauté Bear |
| Daddy Bear | Bear auquel est également associée une image de maturité |
| Chaser | Personne particulièrement attirée par les Bears ou certaines morphologies associées à cet univers |
| Muscle Bear | Bear possédant une carrure particulièrement musclée |
| Polar Bear | Bear généralement plus âgé, souvent associé à une barbe ou des cheveux gris ou blancs |
| Chub | Homme gros ou très corpulent ; l’identité Chub peut croiser la communauté Bear sans être synonyme de Bear |
| Wolf | Terme plus variable, souvent associé à un homme poilu à la silhouette plutôt mince ou athlétique |
Certaines de ces subdivisions — notamment Cub, Otter et Polar Bear — apparaissent également dans les travaux universitaires consacrés aux Bears.
Leur signification exacte reste néanmoins variable.
Qu’est-ce qu’un Cub gay ?
Le terme Cub — littéralement « ourson » — désigne généralement un adulte plus jeune ou donnant une impression de jeunesse et se reconnaissant dans l’univers Bear.
Un Cub peut être rond, robuste, musclé ou relativement mince.
Il peut être très poilu, légèrement barbu ou correspondre seulement à une partie de l’esthétique traditionnellement associée aux Bears.
Il n’existe aucun âge officiel à partir duquel quelqu’un cesse d’être Cub.
Les usages peuvent varier selon les groupes et les générations. Certaines personnes utilisent ce terme durant une période de leur vie puis préfèrent Bear ; d’autres conservent durablement l’identité Cub.
Cub signifie-t-il jeune et inexpérimenté ?
Non.
Le terme décrit une identité communautaire et éventuellement une apparence ou une génération.
Il ne permet pas de déduire :
- la maturité émotionnelle ;
- l’expérience relationnelle ;
- les préférences sexuelles ;
- la personnalité ;
- ou le rôle d’une personne dans une relation.
L’image selon laquelle un Cub devrait nécessairement être associé à un Daddy est également trop rigide.
Un Cub peut être attiré par des Bears, d’autres Cubs, des Otters ou des personnes n’utilisant aucune de ces catégories.
Cub ne signifie donc ni « débutant » ni « soumis ».
Qu’est-ce qu’un Otter gay ?
Le terme anglais Otter, « loutre », est généralement utilisé pour décrire un homme plutôt mince ou élancé possédant une pilosité corporelle visible.
Les travaux consacrés aux sous-identités Bears utilisent effectivement le terme pour distinguer certains hommes plus minces et poilus de l’image traditionnellement plus massive du Bear.
Mais présenter un Otter comme « un Bear maigre » serait réducteur.
Certains Otters se sentent proches de la culture Bear.
D’autres utilisent simplement le terme pour décrire leur apparence sur une application ou dans un contexte de rencontre.
Et certains hommes correspondant parfaitement à la description physique d’un Otter n’utilisent jamais cette étiquette.
Bear ou Otter : quelle différence ?
La différence la plus souvent évoquée concerne la silhouette.
Un Bear est traditionnellement associé à une carrure plus forte ou robuste, tandis qu’un Otter est généralement décrit comme plus mince.
La pilosité est fréquemment présente dans les deux représentations.
Mais il s’agit de tendances culturelles, pas de frontières objectives.
Il n’existe pas une mesure de tour de taille permettant de passer officiellement de Bear à Otter.
Daddy et Daddy Bear : est-ce la même chose ?
Pas exactement.
Le mot Daddy appartient au vocabulaire gay beaucoup plus largement que la seule communauté Bear.
Il est généralement associé à un homme mature ou perçu comme tel.
Selon les personnes et les contextes, l’expression peut évoquer :
- l’âge ;
- une présence rassurante ;
- la confiance ;
- l’expérience ;
- une esthétique particulière ;
- ou simplement l’attirance pour les hommes plus mûrs.
Un Daddy Bear combine cette représentation de maturité avec une appartenance ou une proximité avec la culture Bear.
Un Bear peut donc être Daddy Bear, mais tous les Daddies ne sont pas Bears.
Daddy signifie-t-il dominant ?
Non.
Le terme ne définit pas automatiquement un rôle sexuel ou une dynamique BDSM.
Une personne décrite comme Daddy peut être dominante, soumise, polyvalente ou ne se reconnaître dans aucun de ces rôles.
C’est précisément pour cette raison qu’il faut éviter de traiter les catégories physiques ou communautaires comme si elles indiquaient les préférences intimes d’une personne.
Qu’est-ce qu’un Chaser gay ?
Dans l’univers Bear et Chub, le mot Chaser désigne généralement une personne particulièrement attirée par les Bears, les Chubs ou certains hommes plus corpulents.
Un Chaser ne doit pas nécessairement avoir lui-même une apparence Bear.
Il peut être mince, musclé, plus jeune, plus âgé ou correspondre à n’importe quelle autre morphologie.
Cette distinction montre une caractéristique importante de la communauté : ses espaces ne sont pas uniquement fréquentés par des hommes qui se définissent Bears.
Ils peuvent aussi réunir leurs partenaires, leurs admirateurs ou simplement des personnes appréciant cet environnement.
Le mot Chaser est-il péjoratif ?
Pas nécessairement.
Certaines personnes l’utilisent volontairement pour décrire leurs attirances.
Le problème apparaît plutôt lorsque cette préférence transforme les autres en simples caractéristiques physiques.
Être attiré par les Bears n’autorise évidemment pas à considérer tous les hommes Bears comme interchangeables.
Comme pour n’importe quelle préférence, l’attirance concerne des personnes, pas seulement des catégories.
Muscle Bear, Polar Bear, Chub et Wolf : que signifient ces termes ?
Le vocabulaire Bear est beaucoup plus vaste que les seuls termes Bear, Cub et Otter.
Muscle Bear
Un Muscle Bear désigne généralement un Bear présentant une musculature particulièrement développée.
Il peut combiner :
- forte carrure ;
- musculature ;
- barbe ;
- pilosité corporelle ;
- et identification à la culture Bear.
Le terme rappelle encore une fois qu’il n’existe pas une morphologie Bear unique.
Polar Bear
Le Polar Bear désigne généralement un Bear plus âgé, notamment lorsqu’il possède une barbe ou des cheveux devenus gris ou blancs.
Le terme apparaît dans plusieurs descriptions académiques des subdivisions de la communauté.
Là encore, aucun âge officiel n’existe.
On ne devient pas Polar Bear le jour d’un anniversaire précis.
Chub
Le terme Chub met davantage l’accent sur une forte corpulence.
Un Chub peut également être Bear, mais les deux mots ne sont pas synonymes.
Une personne grosse peut se reconnaître dans la culture Chub sans se considérer Bear, tandis qu’un Bear n’est pas obligatoirement très gros.
Les identités peuvent également se croiser : quelqu’un peut parfaitement utiliser l’expression Chubby Bear.
Wolf
Wolf, ou loup, possède une définition moins stable.
Le terme est généralement utilisé pour des hommes poilus présentant une silhouette plus mince, sportive ou athlétique.
Selon les communautés, sa frontière avec Otter peut être particulièrement floue.
Il vaut donc mieux considérer Wolf comme un terme d’auto-identification plutôt que chercher une différence physique universelle.
Pourquoi existe-t-il autant de catégories dans la culture gay ?
À première vue, tous ces mots peuvent sembler inutilement compliqués.
Pourtant, les sous-cultures LGBTQIA+ ont historiquement utilisé des termes spécifiques pour se reconnaître et créer des communautés.
Dans le cas des Bears, cette fonction est particulièrement importante.
Des caractéristiques telles que l’âge, la pilosité ou une forte corpulence pouvaient être perçues négativement dans certains environnements fortement centrés sur la jeunesse et certains idéaux corporels.
La culture Bear a permis de transformer plusieurs de ces caractéristiques en éléments valorisés.
L’étude qualitative de Manley, Levitt et Mosher montre notamment que les participants associaient l’identité Bear à la maturité, à l’acceptation de soi et à une plus grande reconnaissance de différentes silhouettes.
Les travaux de Cornell montrent parallèlement que cette identité s’est accompagnée de véritables structures communautaires : clubs, événements, publications, correspondances et réseaux numériques.
Un mot peut donc servir à dire :
« Je me reconnais dans cette communauté et dans certaines de ses références. »
Il peut aussi simplement faciliter les rencontres entre personnes ayant certaines affinités.
Les catégories Bear sont-elles des règles à respecter ?
Non.
Bear, Cub ou Otter ne sont pas des catégories administratives.
Il n’existe :
- aucun organisme chargé de les attribuer ;
- aucune limite de poids ;
- aucun âge officiel ;
- aucune quantité minimale de pilosité ;
- aucune manière obligatoire de s’habiller ;
- aucun rôle sexuel associé automatiquement à chaque terme.
Les catégories peuvent également se chevaucher.
Un homme peut se présenter comme Muscle Bear.
Un autre comme Cub et Chub.
Une personne peut utiliser Bear à une période de sa vie puis Daddy Bear plus tard.
Une autre peut fréquenter des événements Bears sans utiliser aucune étiquette.
Cette souplesse explique pourquoi les définitions trouvées sur Internet sont parfois contradictoires.
Le vocabulaire décrit une culture vivante ; il ne constitue pas une classification biologique.
La communauté Bear accepte-t-elle vraiment tous les corps ?
L’un des récits centraux de la culture Bear est celui d’une alternative aux standards corporels particulièrement stricts.
La recherche confirme que les hommes Bears interrogés se distinguent en moyenne de certains groupes gays par leur morphologie et leur valorisation de corps plus lourds et plus poilus.
Une étude qualitative a également relevé chez certains participants une association entre identité Bear, acceptation corporelle et estime de soi positive.
Mais il serait faux de transformer cela en affirmation selon laquelle tous les espaces Bears seraient automatiquement exempts de jugement ou d’exclusion.
Des travaux plus récents montrent que les membres de la communauté peuvent eux-mêmes être confrontés à la stigmatisation liée au poids et au statut de minorité sexuelle. Une étude menée auprès de membres de la communauté Bear en Pologne observe notamment un lien entre discrimination liée au poids, stress minoritaire et estime de soi.
Une communauté créée en partie pour contester certains standards peut donc elle aussi développer ses propres normes.
C’est un paradoxe courant des sous-cultures : elles offrent des espaces d’appartenance tout en pouvant reproduire certaines hiérarchies de la société qui les entoure.
La culture Bear est-elle forcément très masculine ?
Historiquement, une certaine représentation de la masculinité occupe une place importante dans l’imaginaire Bear.
Barbe, pilosité, maturité, carrure robuste et apparence considérée comme « naturelle » ont souvent participé à cette représentation.
Les recherches qualitatives consacrées au mouvement ont elles aussi relevé cette valorisation de la masculinité.
Mais cela ne signifie pas qu’une personne Bear doit adopter une expression très masculine.
La communauté est suffisamment vaste pour comprendre différentes attitudes, apparences et expressions de genre.
Présenter le Bear comme nécessairement viril, dominant ou opposé à toute féminité reviendrait à transformer une tendance historique en obligation.
Or précisément, les identités communautaires fonctionnent mieux comme possibilités que comme nouvelles contraintes.
Quel rapport existe-t-il entre culture Bear et culture leather ?
Les communautés Bear et leather se sont historiquement croisées.
Toutes deux se sont notamment développées dans des espaces gays masculins possédant leurs propres codes, événements et réseaux.
Certaines représentations de la masculinité peuvent aussi se retrouver dans les deux univers.
Mais Bear et Leather ne sont pas synonymes.
La culture leather possède une histoire spécifique liée au cuir, aux clubs de motards, aux communautés kink, à certains codes vestimentaires et à différentes traditions.
La culture Bear s’est davantage structurée autour d’une identité communautaire valorisant notamment d’autres représentations du corps masculin, de l’âge et de la pilosité.
Les recherches comparant les sous-cultures gays traitent d’ailleurs Bears et leathermen comme des groupes distincts, même lorsqu’ils partagent certains espaces ou références.
Pour comprendre cette autre branche de l’histoire queer, consultez notre dossier consacré à la culture leather gay, son histoire et ses symboles.
Tom of Finland a-t-il influencé la culture Bear ?
Tom of Finland est surtout associé à l’imaginaire leather, aux motards, aux uniformes et à une représentation hypermasculine du désir gay.
Son œuvre ne doit donc pas être présentée comme l’origine de la communauté Bear.
Elle appartient néanmoins à une histoire plus large de la représentation du corps masculin gay et de la réappropriation de formes de masculinité longtemps considérées comme exclusivement hétérosexuelles.
La communauté Bear développera ensuite ses propres représentations, parfois très différentes de l’idéal extrêmement musclé dessiné par l’artiste.
Pour approfondir ce contexte visuel, consultez notre article consacré à Tom of Finland et l’homoérotisme dans l’illustration.
Quel est le drapeau de la communauté Bear ?
La communauté possède un drapeau spécifique appelé International Bear Brotherhood Flag.
Il se reconnaît à ses bandes horizontales dans différentes teintes et à sa patte d’ours.
Mais son histoire mérite un traitement distinct de la définition des identités Bear.
Nous ne reproduisons donc pas ici toute sa chronologie ni l’explication de son dessin.
Pour découvrir son origine, sa création et la manière dont il est devenu un symbole communautaire, consultez notre dossier consacré à l’histoire et la signification du drapeau Bear.
Cette séparation permet de distinguer clairement deux intentions :
ici : comprendre ce que signifient Bear, Cub, Otter, Daddy ou Chaser ;
dans l’autre article : comprendre l’histoire et le symbolisme du drapeau.
Où rencontre-t-on la communauté Bear aujourd’hui ?
La culture Bear ne se limite pas aux applications de rencontre.
Elle s’est historiquement développée grâce à des clubs, publications et événements, comme le montrent notamment les archives du Bear History Project.
Aujourd’hui, la communauté peut se retrouver autour de :
- soirées Bears ;
- associations ;
- événements Pride ;
- rassemblements et Bear Weeks ;
- bars accueillant une clientèle Bear ;
- voyages communautaires ;
- forums et groupes en ligne ;
- applications et réseaux sociaux.
Ces environnements peuvent répondre à des objectifs très différents.
Certaines personnes viennent rencontrer un partenaire.
D’autres cherchent simplement à retrouver leurs amis, voyager, participer à une soirée ou profiter d’un sentiment d’appartenance communautaire.
Il ne faut donc pas réduire la culture Bear à la rencontre sexuelle.

Qu’est-ce qu’une Bear Week ?
Une Bear Week est généralement un rassemblement organisé sur plusieurs jours autour de la communauté Bear.
La programmation peut varier considérablement selon l’événement : fêtes, rencontres, activités touristiques, soirées, plages, spectacles ou rassemblements communautaires.
Certains rendez-vous Bears figurent également dans notre agenda des événements LGBTQIA+.
Le terme Bear Week désigne donc un format d’événement, pas un programme universel.
Les applications ont-elles changé la signification de Bear, Cub et Otter ?
Les applications de rencontre ont considérablement augmenté la visibilité de ce vocabulaire.
Un utilisateur peut aujourd’hui rencontrer les termes Bear, Cub ou Otter avant même d’avoir fréquenté un événement communautaire.
Les mots permettent alors de transmettre rapidement certaines informations sur un profil.
Mais cette simplification possède aussi un effet secondaire : une identité culturelle complexe peut être réduite à une case physique.
Sur une application, Bear peut sembler vouloir simplement dire « homme gros et poilu ».
Historiquement, le terme renvoie pourtant aussi à une communauté, des lieux, des publications et une histoire collective.
De même, Cub ou Otter ne devraient pas être lus comme des mensurations exactes.
C’est pourquoi il reste préférable de demander à une personne comment elle utilise elle-même un terme plutôt que lui imposer une définition extérieure.
Faut-il se définir comme Bear, Cub ou Otter ?
Absolument pas.
Ces catégories sont facultatives.
Une personne peut se reconnaître immédiatement dans le terme Bear.
Une autre peut hésiter entre plusieurs mots.
Une autre encore peut avoir une apparence souvent qualifiée de Bear sans ressentir la moindre appartenance à cette culture.
Il est également possible de modifier son identité avec le temps.
Le corps évolue.
L’âge change.
Les communautés fréquentées changent.
La manière de se définir peut évoluer elle aussi.
Il n’y a rien d’incohérent à utiliser Cub à une période de sa vie puis Bear ou Daddy plus tard.
Et il est tout aussi légitime de ne jamais choisir aucune de ces étiquettes.
Bear, Cub, Otter, Daddy et Chaser : ce qu’il faut retenir
Le vocabulaire Bear devient beaucoup plus simple lorsqu’on arrête de le considérer comme un classement rigide.
Bear désigne principalement une identité et une communauté.
Cub évoque généralement un membre adulte plus jeune ou d’apparence plus jeune de cet univers.
Otter est plutôt associé à un homme mince et poilu.
Daddy renvoie à la maturité et existe au-delà de la communauté Bear.
Daddy Bear associe ces deux univers.
Chaser désigne quelqu’un particulièrement attiré par des Bears ou certains corps associés à la communauté.
Muscle Bear, Polar Bear, Chub ou Wolf permettent de préciser d’autres apparences ou appartenances.
Aucun de ces mots ne permet cependant de connaître automatiquement le caractère, les pratiques sexuelles, le rôle relationnel ou les préférences d’une personne.
La culture Bear est née en partie de la possibilité de valoriser des corps et des masculinités qui ne correspondaient pas à certains standards dominants.
Elle conserve toute sa pertinence lorsqu’elle permet de créer davantage de possibilités d’identification, et non lorsqu’elle remplace une norme par une autre.
Questions fréquentes sur les Bears gays
Que signifie Bear chez les gays ?
Bear désigne une identité et une sous-culture gay historiquement associées à des hommes souvent poilus, robustes, corpulents ou matures. Ces caractéristiques sont fréquentes mais ne constituent pas des critères obligatoires. La communauté s’est particulièrement structurée à partir des années 1980.
Quelle est la différence entre Bear et Cub ?
Bear est le terme général associé à la communauté, tandis que Cub désigne généralement un adulte plus jeune ou perçu comme plus jeune dans l’univers Bear. Il n’existe cependant aucune limite d’âge officielle.
Quelle différence entre Bear et Otter ?
Le Bear est traditionnellement associé à une silhouette plus robuste ou corpulente. L’Otter est généralement décrit comme plus mince ou élancé tout en possédant souvent une pilosité corporelle visible. Ces descriptions restent souples.
Que signifie Daddy Bear ?
Daddy Bear désigne généralement un Bear également associé à une image de maturité. Le terme ne permet pas de déduire automatiquement son rôle sexuel, son caractère ou le type de partenaire qu’il recherche.
Qu’est-ce qu’un Chaser gay ?
Un Chaser est une personne particulièrement attirée par les Bears, les Chubs ou certains hommes corpulents. Elle n’est pas nécessairement Bear elle-même.
Peut-on être Bear sans être gros ?
Oui. Une forte corpulence fait partie de l’imaginaire traditionnel de la communauté, mais aucun poids n’est requis pour s’identifier comme Bear.
Peut-on être Bear sans être très poilu ?
Oui. La pilosité est historiquement très présente dans l’identité Bear, mais elle ne fonctionne pas comme une condition officielle d’appartenance.
Quelle différence entre Bear et Chub ?
Chub met principalement l’accent sur une forte corpulence, tandis que Bear renvoie davantage à une identité communautaire combinant histoire, sociabilité et différents codes physiques ou culturels. Les deux identités peuvent se chevaucher.
Bear et Leather, est-ce la même chose ?
Non. Les deux sous-cultures ont pu se croiser, mais elles possèdent des histoires et des références différentes. La culture leather gay est notamment liée à une histoire du cuir, des clubs motards, du kink et de différents codes communautaires.
Quel est le drapeau Bear ?
La communauté Bear possède l’International Bear Brotherhood Flag, reconnaissable à ses bandes horizontales et à sa patte d’ours. Son histoire complète est développée dans notre article consacré au drapeau Bear.

