Australie : Un Groupe de Lesbiennes Voulant Exclure les Femmes Trans
Un groupe lesbien conteste une décision sur la discrimination
Un groupe lesbien de l’État de Victoria, qui souhaite exclure les femmes transgenres et bisexuelles de ses événements publics, a établi un parallèle entre son cas et celui d’un bar gay de Melbourne ayant obtenu le droit d’exclure les hétérosexuels. Le Lesbian Action Group (LAG) fait appel d’une décision de la Commission australienne des droits de l’homme (AHRC) qui l’empêche d’organiser des événements réservés aux personnes assignées femmes à la naissance. Cette affaire a déclenché un large débat sur les questions d’identité de genre et de discrimination légale.
Distinction juridique : Peel Hotel vs LAG
Le représentant juridique du LAG, Leigh Howard, a soutenu devant le tribunal administratif que la demande du groupe est similaire à l’exemption accordée au Peel Hotel, un bar gay de Melbourne, en vertu de la loi de l’État de Victoria. Ce bar avait obtenu le droit de limiter l’accès aux personnes hétérosexuelles pour créer un espace sûr pour les hommes gays. Cependant, l’avocate de l’AHRC, Dr Daye Gang, a précisé que l’exemption du Peel Hotel visait à corriger les inégalités historiques subies par les hommes gays, tandis que la demande du LAG vise à exclure les femmes transgenres, ce qui, selon la commission, est discriminatoire.
Discrimination et égalité selon la loi sur la discrimination sexuelle (SDA)
Le LAG soutient que les femmes trans sont des hommes et justifie sa position en vertu de dispositions de la Sex Discrimination Act (SDA) qui permettent une discrimination légale dans le but de parvenir à l’égalité. Les membres du LAG affirment que leurs événements sont essentiels pour la défense des droits des lesbiennes féministes et pour leur bien-être mental, et qu’ils ont besoin d’organiser des événements publics, plutôt que privés, pour avancer leur cause. Cependant, Dr. Gang a souligné que, selon la SDA, tous les groupes bénéficient des mêmes protections, et l’exclusion des femmes transgenres pourrait engendrer des risques significatifs, notamment pour la santé.
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Préoccupations concernant les précédents juridiques
La commission a fait référence à la récente décision Tickle v Giggle du tribunal fédéral, qui a confirmé l’accès des femmes transgenres aux espaces réservés aux femmes, comme un précédent pertinent. Howard a rejeté cette décision comme étant « manifestement erronée » mais a reconnu qu’elle était juridiquement contraignante. Le LAG a également soutenu que les jeunes lesbiennes féministes se sentaient de plus en plus isolées et avaient besoin d’espaces correspondant à leurs opinions, bien que leur position exclusionnaire ait été qualifiée d’anti-transgenres.
Débat sur les droits liés à l’identité de genre
Le tribunal a entendu le témoignage d’expert de Sheila Jeffreys, une universitaire féministe de l’Université de Melbourne, qui a affirmé que l’inclusion des femmes transgenres dans les espaces réservés aux femmes créait un « conflit de droits », affirmant que les droits existants des femmes étaient compromis. De son côté, la Dr Elena Jeffreys, une militante pour les droits des travailleurs du sexe, a noté que le groupe de lesbiennes excluant les femmes transgenres était relativement petit mais a souligné qu’elles, comme d’autres groupes marginalisés, avaient du mal à trouver des lieux publics pour organiser des événements.
Débat intense et réactions du public
Au cours de l’audience, les tensions se sont exacerbées lorsque Howard a demandé des excuses après qu’un commentaire ait suggéré que certaines féministes radicales avaient des points communs idéologiques avec les fascistes nazis. Cela a mis en évidence l’hostilité entourant ce débat, les membres du LAG affirmant qu’elles faisaient face à des abus en ligne et à des violences physiques en raison de leur position exclusionnaire. Stewart Fenwick, le membre présidant l’audience, a reconnu l’intensité émotionnelle de l’affaire, la qualifiant de « difficile ».
La Commission australienne des droits de l’homme a reçu environ 500 contributions concernant la demande du LAG, y compris des avis de la rapporteuse spéciale de l’ONU sur la violence à l’égard des femmes, soulignant l’importance mondiale de cette question. Une décision finale est attendue d’ici décembre, avec la possibilité de nouveaux recours devant le tribunal fédéral.
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