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Grindr et intelligence artificielle : quelles données servent à entraîner ses modèles ?

Illustration d’un smartphone, de données et d’un cadenas : Grindr et l’entraînement de ses modèles d’IA.
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L’utilisation des données personnelles par l’intelligence artificielle de Grindr revient dans l’actualité après une intervention de Ronan Farrow, relayée par Fugues le 14 octobre 2026. Photos de profil, âge, conversations : les règles diffèrent selon les informations et leur usage. L’application affirme demander un consentement spécifique pour entraîner ses modèles avec les échanges privés, mais certaines autres données peuvent être utilisées par défaut.

Dans son article, Fugues rapporte que le journaliste américain a attiré l’attention sur les réglages permettant de limiter cette utilisation. Le sujet porte sur le contrôle des renseignements confiés à l’application, sans établir que les conversations seraient rendues publiques. Pour comprendre les choix proposés, il faut distinguer l’apprentissage des modèles, les fonctions personnalisées et les outils de sécurité.

Photos et conversations ne relèvent pas du même réglage

Dans sa documentation sur la confidentialité et l’IA, Grindr classe notamment l’âge, le nom affiché, les photos de profil et les « taps », ces marques d’intérêt entre membres, parmi les données dont l’utilisation pour entraîner ses technologies peut être activée par défaut. Les utilisateurs peuvent s’y opposer.

Le contenu des conversations, la localisation précise et certaines informations relatives à la sexualité suivent une autre logique. L’entreprise indique qu’un accord est nécessaire pour les employer à l’entraînement. Refuser cet usage ne revient toutefois pas à désactiver toutes les opérations automatisées de l’application.

Un résumé de conversation n’est pas un entraînement

Grindr regroupe ses technologies sous le nom gAI. Dans une présentation officielle actualisée le 18 octobre 2026, l’entreprise décrit notamment A-List, une fonction destinée à faire ressortir des conversations pertinentes et à en proposer des résumés. Elle évoque aussi des rappels pour reprendre contact et des recommandations personnalisées.

Ces services peuvent nécessiter le traitement de messages pour produire un résultat, même lorsque leur utilisation pour entraîner les modèles n’a pas été autorisée. L’entreprise précise que des réglages permettent de refuser des fonctionnalités d’IA facultatives. Les possibilités offertes aux abonnés et aux utilisateurs gratuits ne sont pas nécessairement identiques.

Selon la présentation de Grindr, les prestataires d’IA auxquels l’entreprise fait appel sont soumis à des accords encadrant le traitement des données. Cette affirmation décrit les engagements de la société ; elle ne constitue pas une vérification indépendante de leur application.

Deux autorisations à vérifier dans l’application

Grindr indique le chemin suivant : ouvrir le menu latéral, puis le centre de sécurité et de confidentialité, accéder à la confidentialité et aux paramètres de confidentialité, et rechercher la rubrique « AI Technology Controls ».

Le réglage « AI Technology Training: Special Category Data » concerne l’autorisation d’utiliser les données sensibles pour l’entraînement. L’option « Enable gAI™ Features » permet de contrôler des fonctions personnalisées et l’utilisation de certaines autres informations. Les intitulés et leur emplacement peuvent varier selon la langue et la version de l’application.

La société indique qu’un retrait d’autorisation met fin à l’utilisation des données concernées pour de futurs entraînements. Il ne faut pas en déduire qu’il efface automatiquement les effets d’un apprentissage déjà effectué. Grindr renvoie vers son centre de confidentialité pour les demandes concernant les données historiques.

Des traitements de sécurité restent actifs

La plateforme explique continuer à recourir à l’IA et à des équipes de modération pour repérer les fraudes, les contenus interdits et les comportements abusifs. Ces protections ne disposent pas du même mécanisme de désactivation que les fonctions facultatives.

Grindr affirme par ailleurs exclure certaines informations de santé, dont le statut VIH et les données de dépistage, de l’entraînement et des fonctionnalités d’IA. Sa politique générale rappelle néanmoins que les renseignements affichés sur un profil sont publics : limiter l’IA ne dispense donc pas de choisir ce que l’on rend visible.

La confidentialité était déjà au centre des mesures annoncées par Grindr pour protéger les athlètes aux JO d’hiver 2026. Ce précédent concernait la visibilité et la géolocalisation dans le village olympique ; les choix liés à l’IA portent ici sur d’autres traitements des informations personnelles.

Les explications de l’entreprise figurent dans sa présentation de gAI et de ses contrôles de confidentialité. Vérifier séparément les autorisations d’entraînement et les fonctions activées reste indispensable pour comprendre les choix proposés.

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