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25 meilleurs films LGBT français à voir absolument

meilleurs films LGBT français
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De La Cage aux folles à La Petite Dernière, le cinéma français a raconté les vies LGBTQIA+ sous des formes extrêmement différentes. Comédies, romances, drames, documentaires, thrillers ou récits historiques ont progressivement donné une place centrale à des personnages gays, lesbiens, trans et queer.

Certains de ces films ont dépassé les frontières françaises. La Vie d’Adèle a remporté la Palme d’or en 2013, 120 Battements par minute le Grand Prix à Cannes en 2017 et Portrait de la jeune fille en feu le Prix du scénario en 2019.

D’autres œuvres sont moins connues du grand public, mais méritent tout autant d’être découvertes pour leur regard sur le désir, l’identité, le coming-out, la famille, le sida, la culture drag ou encore la place des personnes LGBTQIA+ dans le sport.

Voici donc 25 films LGBT français à voir, des classiques aux productions les plus récentes. Cette sélection englobe des productions françaises ainsi que certaines coproductions fortement rattachées au cinéma français.

Pour une sélection internationale plus large, vous pouvez également consulter notre guide des films LGBT incontournables.

Les meilleurs films LGBT français en un coup d’œil

FilmAnnéeRéalisationGenre / thème
La Cage aux folles1978Édouard MolinaroComédie, couple gay
Tenue de soirée1986Bertrand BlierDésir, bisexualité, transgression
Les Roseaux sauvages1994André TéchinéAdolescence, homosexualité
Drôle de Félix2000Ducastel & MartineauRoad movie, identité
Presque rien2000Sébastien LifshitzPremier amour gay
Les Chansons d’amour2007Christophe HonoréAmour, bisexualité, deuil
Naissance des pieuvres2007Céline SciammaDésir entre filles
Tomboy2011Céline SciammaEnfance, genre
La Vie d’Adèle2013Abdellatif KechicheRomance entre femmes
L’Inconnu du lac2013Alain GuiraudieDésir gay, thriller
Eastern Boys2013Robin CampilloDésir, migration
La Belle Saison2015Catherine CorsiniLesbianisme, féminisme
Théo et Hugo dans le même bateau2016Ducastel & MartineauRencontre gay, VIH
120 Battements par minute2017Robin CampilloAct Up, sida
Plaire, aimer et courir vite2018Christophe HonoréRomance gay, années sida
Sauvage2018Camille Vidal-NaquetDésir, précarité
Portrait de la jeune fille en feu2019Céline SciammaRomance lesbienne historique
Les Crevettes pailletées2019Cédric Le Gallo & Maxime GovareComédie gay, sport
Été 852020François OzonPremier amour gay
Petite fille2020Sébastien LifshitzDocumentaire, identité de genre
Trois nuits par semaine2022Florent GouëlouDrag, romance queer
Le Lycéen2022Christophe HonoréAdolescence, désir, deuil
Marinette2023Virginie VerrierFootball, homosexualité
Les Reines du drame2024Alexis LangloisPop, amour queer
La Petite Dernière2025Hafsia HerziLesbianisme, foi, émancipation

Les classiques qui ont marqué le cinéma LGBT français

1. La Cage aux folles (1978)

Bien avant que les personnages gays deviennent courants dans le cinéma grand public français, La Cage aux folles place un couple d’hommes au centre d’une comédie populaire.

Renato dirige un cabaret à Saint-Tropez tandis que son compagnon Albin s’y produit sous les traits de Zaza Napoli. Leur quotidien est bouleversé lorsque Laurent, le fils de Renato, annonce son mariage avec la fille d’un homme politique particulièrement conservateur. La rencontre entre les deux familles provoque une série de mensonges, de transformations et de situations absurdes.

Le regard porté par le film appartient évidemment à son époque et certains ressorts comiques peuvent aujourd’hui paraître datés. Il n’en demeure pas moins important dans l’histoire de la représentation de couples homosexuels dans la comédie française.

Michel Serrault donne surtout à Albin une présence qui dépasse progressivement la simple caricature. Derrière les exagérations apparaît un véritable couple, installé depuis des années et profondément attaché à sa famille.

2. Tenue de soirée (1986)

Difficile de faire entrer Tenue de soirée dans une seule catégorie. Le film de Bertrand Blier brouille volontairement les frontières entre attirance sexuelle, couple, identité et conventions sociales.

Antoine vit avec Monique, mais leur relation est en crise. L’arrivée de Bob bouleverse cet équilibre : celui-ci tombe amoureux d’Antoine et entreprend de le séduire. Le triangle formé par Michel Blanc, Miou-Miou et Gérard Depardieu entraîne le récit vers des situations toujours plus transgressives.

Il ne s’agit donc pas d’une romance gay classique. L’intérêt du film pour une histoire du cinéma queer français réside davantage dans sa façon de refuser les catégories confortables et de malmener les normes conjugales et sexuelles.

Son humour peut être brutal, tout comme sa représentation des relations. Mais il témoigne aussi d’une période où certains cinéastes français commençaient à aborder plus frontalement des désirs qui restaient rarement au centre des productions populaires.

3. Les Roseaux sauvages (1994)

Avec Les Roseaux sauvages, André Téchiné lie les bouleversements intimes de l’adolescence à ceux de la France du début des années 1960.

Dans un internat du Sud-Ouest, François, Maïté, Serge et Henri grandissent alors que la guerre d’Algérie touche à sa fin. Les attirances et les jalousies circulent entre eux tandis que François prend progressivement conscience de son désir pour les garçons.

Le film ne réduit jamais cette découverte à un simple problème à résoudre. L’orientation sexuelle du personnage se mêle à ses interrogations politiques, à ses amitiés et à son passage vers l’âge adulte.

Cette absence de démonstration appuyée explique en partie pourquoi le film conserve une place particulière dans le cinéma français. Il parle de l’homosexualité, mais aussi de cette période de la vie où l’on comprend que ses sentiments ne correspondent pas toujours à ce que l’on avait imaginé.

Les années 2000 : des histoires gays et lesbiennes plus intimes

4. Drôle de Félix (2000)

Félix quitte Dieppe pour rejoindre Marseille, où il souhaite retrouver un père qu’il n’a jamais connu. Plutôt que de prendre le chemin le plus rapide, il traverse la France en auto-stop.

Cette structure de road movie permet à Olivier Ducastel et Jacques Martineau d’enchaîner les rencontres. Félix donne symboliquement à certaines personnes croisées sur sa route les rôles d’un frère, d’une grand-mère ou d’une sœur, construisant peu à peu une famille imaginaire.

Félix est gay et séropositif, mais le film refuse de transformer ces caractéristiques en unique sujet de son existence. Son voyage est aussi celui d’un jeune homme curieux, amoureux et libre de se déplacer.

Cette approche quotidienne de l’homosexualité était particulièrement intéressante en 2000 : le héros peut avoir une histoire, un compagnon et des préoccupations qui ne se résument pas au coming-out ou à la discrimination.

5. Presque rien (2000)

Mathieu a 18 ans lorsqu’il rencontre Cédric pendant des vacances au bord de la mer. Ce qui commence comme une aventure estivale devient rapidement une relation intense.

Sébastien Lifshitz ne présente pourtant pas ce premier amour comme une succession de moments idylliques. Au fil des jours apparaissent les désaccords, la dépendance affective et les difficultés que les deux garçons rencontrent lorsqu’ils tentent de faire durer ce qui était initialement une parenthèse de vacances.

Presque rien appartient à ces films français qui ont participé à rendre les relations entre garçons plus ordinaires à l’écran. Le récit s’intéresse avant tout à ce qui se passe entre deux personnes lorsqu’une attirance devient une véritable relation.

C’est un film à découvrir lorsqu’on recherche une représentation du premier amour gay moins idéalisée que celle proposée par certaines romances adolescentes contemporaines.

6. Les Chansons d’amour (2007)

Christophe Honoré mêle comédie musicale, romance et drame dans un Paris où les personnages semblent presque aussi facilement chanter leurs émotions qu’ils les expriment par des dialogues.

Ismaël vit une relation avec Julie dans laquelle Alice a également trouvé sa place. Lorsque leur équilibre est bouleversé, le film s’oriente progressivement vers le deuil et vers une nouvelle relation sentimentale entre deux hommes.

Louis Garrel, Ludivine Sagnier et Chiara Mastroianni portent cette histoire dans laquelle les catégories amoureuses restent volontairement mouvantes. Le film est sorti en France en mai 2007 et a été présenté en compétition à Cannes.

Ce qui le rend toujours intéressant dans une sélection de cinéma LGBTQIA+ français est précisément sa fluidité : l’histoire ne s’arrête pas pour donner une définition aux personnages chaque fois qu’un désir apparaît.

7. Naissance des pieuvres (2007)

Avant Tomboy et Portrait de la jeune fille en feu, Céline Sciamma faisait déjà du désir et du regard les moteurs de son premier long métrage.

Marie, Anne et Floriane ont une quinzaine d’années. Durant un été passé autour d’un club de natation synchronisée, leurs relations évoluent au rythme des attirances, des jalousies et des premières expériences.

Marie est fascinée par Floriane, et cette fascination devient progressivement un désir qu’elle peine à comprendre et à exprimer. Le Festival de Cannes avait sélectionné le film à Un Certain Regard en 2007.

Naissance des pieuvres ne cherche pas à fournir une morale sur la découverte de son orientation sexuelle. Il observe plutôt le moment où l’attirance apparaît avant même que les personnages possèdent les mots nécessaires pour la définir.

Les années 2010 : une décennie majeure pour le cinéma queer français

8. Tomboy (2011)

Laure, 10 ans, arrive avec sa famille dans un nouveau quartier. Lorsqu’elle rencontre Lisa et les autres enfants, elle se présente sous le prénom de Mikaël.

À partir de cette situation très simple, Céline Sciamma observe les codes associés au genre pendant l’enfance : vêtements, jeux, comportements, corps et regard des autres.

Il serait réducteur de vouloir imposer au personnage une identité adulte que le film ne formule pas explicitement. Tomboy est justement intéressant parce qu’il laisse une place importante à l’expérience de l’enfant et à son rapport au genre sans enfermer immédiatement cette expérience dans une conclusion définitive.

Le film peut ainsi parler différemment à des personnes trans, non binaires, lesbiennes ou simplement à celles qui, enfants, ne se reconnaissaient pas dans ce que l’on attendait de leur genre.

9. La Vie d’Adèle (2013)

Adèle est encore adolescente lorsqu’elle rencontre Emma, une jeune femme aux cheveux bleus qui bouleverse sa manière d’envisager le désir.

Le film suit leur histoire sur plusieurs années : rencontre, passion, vie quotidienne, différences sociales et éloignement progressif. Adèle Exarchopoulos et Léa Seydoux portent presque entièrement cette fresque sentimentale.

Présenté en compétition à Cannes en 2013, La Vie d’Adèle – Chapitres 1 & 2 a remporté la Palme d’or, attribuée de manière exceptionnelle au réalisateur Abdellatif Kechiche ainsi qu’aux deux actrices principales.

Le film a aussi suscité des débats sur la représentation du désir lesbien et les conditions de sa fabrication. Ces discussions font désormais partie de son histoire.

Malgré cela, son impact dans la visibilité internationale du cinéma français racontant une relation entre deux femmes reste difficile à ignorer.

10. L’Inconnu du lac (2013)

Avec L’Inconnu du lac, Alain Guiraudie s’éloigne complètement de la romance traditionnelle.

Franck fréquente un lieu de drague entre hommes au bord d’un lac. Il y rencontre Michel, dont il tombe amoureux alors même qu’il comprend que celui-ci pourrait être extrêmement dangereux.

Désir, sexe, solitude et menace se mélangent jusqu’à rendre presque impossible la séparation entre attraction et instinct de survie.

Le film a été présenté à Un Certain Regard au Festival de Cannes en 2013, où Alain Guiraudie a reçu le Prix de la mise en scène de cette section.

Son importance vient notamment de son refus de rendre la sexualité gay acceptable en la rendant sage ou invisible. Les corps et les relations sexuelles sont au contraire directement intégrés à l’espace du récit.

11. Eastern Boys (2013)

Daniel remarque Marek parmi un groupe de jeunes hommes originaires d’Europe de l’Est qui passent leurs journées autour de la gare du Nord.

Il l’invite chez lui, persuadé d’organiser une rencontre sexuelle. Lorsque la porte de son appartement s’ouvre, la situation prend une direction radicalement différente.

Robin Campillo fait évoluer son film entre thriller, drame social et histoire d’attachement. La relation entre Daniel et Marek est inséparable des différences d’âge, de richesse et de situation administrative qui séparent les deux personnages.

C’est précisément ce qui rend Eastern Boys intéressant : le film ne transforme pas leur relation en romance abstraite. Désir et rapports de pouvoir restent constamment présents.

Cette complexité annonce déjà certaines préoccupations que Campillo développera quelques années plus tard dans 120 Battements par minute.

12. La Belle Saison (2015)

En 1971, Delphine quitte la ferme familiale et monte à Paris. Elle y rencontre Carole, engagée dans les mouvements féministes.

Une histoire d’amour se construit entre les deux femmes, mais leur relation doit composer avec les différences de milieu social, la famille de Delphine et une société dans laquelle vivre ouvertement avec une femme demeure difficile.

Catherine Corsini inscrit ainsi la romance dans l’histoire politique du début des années 1970.

La Belle Saison fonctionne autant comme récit amoureux que comme confrontation entre deux manières de vivre. À Paris, Delphine découvre un espace où des femmes revendiquent leur liberté ; à la campagne, les contraintes familiales et économiques reviennent au premier plan.

Le film rappelle ainsi que l’émancipation LGBTQIA+ ne s’est jamais vécue de la même manière selon le lieu, le milieu social et l’époque.

13. Théo et Hugo dans le même bateau (2016)

Théo et Hugo se rencontrent dans un sex-club parisien. Après une relation sexuelle passionnée, ils sortent dans les rues presque désertes de Paris.

Une inquiétude liée au VIH transforme cependant leur nuit. Les deux hommes passent alors d’un lieu à l’autre, parlent, marchent et commencent réellement à se connaître.

Olivier Ducastel et Jacques Martineau construisent ainsi une romance particulièrement condensée : quelques heures suffisent pour faire passer les personnages du désir immédiat à la possibilité d’un attachement.

Le film aborde également la prévention et le risque VIH sans abandonner son histoire sentimentale.

Cette combinaison est importante : la santé sexuelle n’est pas présentée comme une punition morale venant interrompre une relation homosexuelle, mais comme une réalité que les personnages peuvent affronter ensemble.

14. 120 Battements par minute (2017)

Début des années 1990. Alors que l’épidémie de sida provoque toujours des milliers de morts et que les réponses institutionnelles sont jugées trop lentes par les militants, Act Up-Paris multiplie les actions.

Nathan rejoint le groupe et rencontre Sean, militant énergique et séropositif. Leur relation amoureuse se développe parallèlement aux réunions, aux actions militantes et à l’aggravation de la maladie.

Robin Campillo ne sépare jamais totalement l’intime du politique. Les débats sur les traitements, les laboratoires pharmaceutiques ou les stratégies militantes côtoient les fêtes, le désir et l’amour.

Le film a reçu le Grand Prix du Festival de Cannes en 2017.

Pour le cinéma français LGBTQIA+, 120 Battements par minute est aussi une œuvre de mémoire. Il restitue une période durant laquelle des militants ont dû lutter à la fois contre la maladie, la stigmatisation et l’indifférence.

Pour élargir cette sélection aux productions internationales centrées sur les hommes gays, retrouvez également nos meilleurs films gays à voir.

15. Plaire, aimer et courir vite (2018)

Arthur est un étudiant de vingt ans vivant à Rennes. Jacques est un écrivain parisien plus âgé, père d’un enfant et atteint par le sida.

Lorsqu’ils se rencontrent au début des années 1990, l’un semble entrer dans la vie adulte au moment même où l’autre comprend que son temps pourrait être compté.

Christophe Honoré décrit lui-même leur relation comme celle d’un « premier amour et d’un dernier amour ». Le film a été présenté en compétition au Festival de Cannes en 2018.

Là où 120 Battements par minute montre essentiellement la réponse collective à l’épidémie, Plaire, aimer et courir vite se concentre davantage sur ce que la maladie change dans la possibilité même de commencer une relation.

Les deux films se répondent donc sans raconter la même histoire.

16. Sauvage (2018)

Léo a 22 ans et se prostitue dans la rue.

Les clients passent, les autres travailleurs du sexe également, mais Léo continue de chercher une forme d’affection qu’il ne trouve pas nécessairement là où il l’attend.

Camille Vidal-Naquet construit son film autour d’un personnage extrêmement exposé : à la violence, à la précarité, aux drogues et à sa propre difficulté à se protéger.

Sauvage est loin d’être une œuvre confortable. Il ne cherche ni à idéaliser la prostitution masculine ni à transformer son personnage en simple victime.

Le film apporte ainsi quelque chose de très différent à cette sélection : une représentation du désir gay située en marge des modèles conjugaux et sociaux traditionnels.

17. Portrait de la jeune fille en feu (2019)

En 1770, Marianne est engagée pour réaliser le portrait de mariage d’Héloïse. Celle-ci refusant de poser, Marianne doit l’observer discrètement afin de peindre son visage de mémoire.

À force de regards, une relation se crée entre les deux femmes.

Céline Sciamma construit presque tout le film autour de cette question : qui regarde qui, et que devient une femme lorsqu’elle cesse d’être uniquement l’objet du regard des autres ?

Présenté en compétition à Cannes en 2019, Portrait de la jeune fille en feu a reçu le Prix du scénario.

Au-delà de son histoire d’amour, le film est devenu l’une des références internationales récentes du cinéma lesbien français.

Sa force tient notamment au fait que Marianne et Héloïse existent en dehors de leur relation. Leur désir se construit dans un espace temporaire de liberté, tout en sachant que les contraintes sociales finiront par revenir.

18. Les Crevettes pailletées (2019)

Après avoir tenu des propos homophobes, Mathias Le Goff, champion de natation, est chargé d’entraîner une équipe gay de water-polo.

Les joueurs des Crevettes pailletées prennent alors la route pour participer aux Gay Games.

Cédric Le Gallo et Maxime Govare privilégient volontairement la comédie, les personnalités excessives et l’esprit de groupe. Le projet est d’ailleurs inspiré par l’expérience de Cédric Le Gallo au sein d’une véritable équipe de water-polo gay.

Le résultat apporte une tonalité différente à un cinéma LGBTQIA+ français souvent dominé par les drames.

Le film n’est pas dépourvu de clichés, mais il montre également une communauté d’hommes gays définie par l’amitié, le sport, la fête et la famille choisie.

Les films LGBT français des années 2020 à découvrir

Les films LGBT français des années 2020 à découvrir

19. Été 85 (2020)

Durant l’été 1985, Alexis, 16 ans, chavire en mer au large de la Normandie. David, 18 ans, vient à son secours.

Une relation intense se développe rapidement entre les deux adolescents.

François Ozon adapte ici La Danse du coucou d’Aidan Chambers et raconte cette histoire à travers les souvenirs d’Alexis. L’amour est donc présent dès le début sous la forme d’un récit que le personnage essaie de comprendre après coup.

Été 85 appartient aux films de premier amour gay, mais évite de se résumer à un récit de coming-out.

Ce qui intéresse davantage Ozon est l’intensité avec laquelle une première relation peut bouleverser quelqu’un, jusqu’à modifier sa façon de se souvenir d’un été entier.

20. Petite fille (2020)

Avec Petite fille, Sébastien Lifshitz quitte la fiction pour le documentaire.

Le cinéaste suit Sasha et sa famille au quotidien. Sasha, assignée garçon à la naissance, se vit comme une fille depuis son plus jeune âge. Ses parents cherchent notamment à faire respecter cette identité dans les différentes sphères de sa vie.

Le documentaire donne beaucoup de place aux moments ordinaires : école, famille, vêtements, activités et conversations.

Cette proximité permet d’aborder l’identité de genre à hauteur d’enfant plutôt qu’à travers des débats abstraits.

Petite fille occupe donc une place particulière dans cette sélection. Il ne raconte pas une histoire LGBTQIA+ inventée pour le cinéma : il observe une enfant réelle et la manière dont sa famille tente de lui permettre de vivre son enfance.

21. Trois nuits par semaine (2022)

Baptiste est en couple avec Samia lorsqu’il rencontre Cookie Kunty, drag queen de la nuit parisienne.

D’abord attiré par l’idée de réaliser un projet photographique autour d’elle, il découvre progressivement Quentin, l’homme derrière le personnage de scène. Leur relation vient alors remettre en question la vie qu’il menait jusque-là.

Trois nuits par semaine évite de présenter le drag comme un simple décor spectaculaire.

Les scènes de performances sont importantes, mais le film s’intéresse également au travail nécessaire pour fabriquer un personnage, aux relations entre artistes et à la distinction entre la personne et son identité scénique.

Cette romance permet ainsi au spectateur d’entrer dans une partie de la culture drag parisienne sans réduire Quentin à Cookie.

22. Le Lycéen (2022)

Lucas a 17 ans lorsqu’un événement familial brutal bouleverse son adolescence.

Envoyé quelque temps à Paris auprès de son frère, il tente de continuer à vivre malgré le deuil. Cette période passe aussi par le désir, les rencontres et l’exploration de sa sexualité.

Christophe Honoré s’inspire ici de sa propre expérience de la perte de son père lorsqu’il était adolescent.

Le film est donc moins centré sur la question « comment accepter son homosexualité ? » que sur celle de savoir comment continuer à grandir lorsqu’un événement transforme brutalement tout ce qui semblait stable.

La sexualité du personnage appartient à son adolescence au même titre que la colère, la famille, le désir d’indépendance et la recherche de réconfort.

23. Marinette (2023)

Marinette retrace la trajectoire de Marinette Pichon, l’une des grandes figures du football féminin français.

Le film de Virginie Verrier suit son enfance difficile, son développement comme footballeuse, son arrivée en équipe de France puis son départ aux États-Unis, où elle découvre un football féminin professionnalisé à une tout autre échelle.

Son homosexualité fait également partie de son parcours. Le film aborde ainsi non seulement les obstacles rencontrés par une sportive, mais aussi l’homophobie et la difficulté à exister ouvertement dans un milieu sportif longtemps très normé. Garance Marillier, qui interprète Marinette Pichon adulte, a elle-même évoqué cet aspect du personnage et du film.

Ce biopic permet donc d’introduire dans cette sélection une dimension encore différente : celle de la visibilité lesbienne dans le sport de haut niveau.

24. Les Reines du drame (2024)

Avec Les Reines du drame, Alexis Langlois propose un objet beaucoup plus extravagant.

Depuis 2055, un youtubeur revient sur la carrière fictive de Mimi Madamour, immense vedette pop des années 2000, et sur sa relation passionnelle avec Billie Kohler, figure punk. Leur histoire d’amour se mêle à la célébrité, aux chansons et à une longue descente aux enfers médiatique.

Le film emprunte aux clips, à la télévision, au mélodrame, au kitsch et à l’esthétique camp.

C’est précisément ce qui justifie sa présence ici : le cinéma queer français ne se limite pas au réalisme social ou aux récits douloureux.

Les Reines du drame revendique au contraire l’excès, l’artifice et la culture pop comme moyens de raconter une passion queer.

25. La Petite Dernière (2025)

Fatima a 17 ans. Issue d’une famille musulmane aimante vivant en banlieue, elle commence des études de philosophie à Paris.

Cette nouvelle vie élargit son monde et l’amène notamment à reconnaître son attirance pour les femmes. Une question intime devient alors centrale : comment concilier ses désirs, sa foi, son environnement familial et la jeune femme qu’elle est en train de devenir ?

Réalisé par Hafsia Herzi, La Petite Dernière est sorti en France le 22 octobre 2025 après avoir été présenté en compétition au Festival de Cannes. Nadia Melliti y a reçu le Prix d’interprétation féminine.

Le film apporte une perspective importante au cinéma lesbien français contemporain : l’homosexualité de Fatima ne peut pas être séparée de sa famille, de sa religion, de son origine sociale ou de sa découverte d’un nouvel environnement.

Cette intersection de plusieurs dimensions de son identité en fait une conclusion particulièrement pertinente pour parcourir plusieurs décennies de cinéma LGBTQIA+ français.*

Plusieurs œuvres françaises de cette sélection sont également accessibles actuellement en streaming ou en VOD. Consultez notre guide des films LGBT actuellement sur Canal+ pour vérifier les titres disponibles, leur mode d’accès et les éventuelles dates de retrait du catalogue.

Quel film LGBT français regarder selon ses envies ?

Le bon choix dépend surtout du type de cinéma que vous recherchez.

Pour une grande romance entre femmes, Portrait de la jeune fille en feu constitue une excellente porte d’entrée. Si vous préférez une histoire contemporaine mêlant amour et émancipation, La Petite Dernière offre une perspective très différente.

Pour découvrir un premier amour entre garçons, Été 85 et Presque rien abordent deux générations et deux manières très différentes de filmer l’adolescence.

Si vous recherchez un film directement lié à l’histoire du sida en France, 120 Battements par minute reste indispensable pour sa représentation d’Act Up-Paris, tandis que Plaire, aimer et courir vite adopte une perspective plus intime.

Pour quelque chose de plus léger, Les Crevettes pailletées assume la comédie, alors que La Cage aux folles permet de revenir à une œuvre emblématique de la fin des années 1970.

Les amateurs de cinéma plus sombre pourront se tourner vers L’Inconnu du lac, Eastern Boys ou Sauvage.

Enfin, ceux qui veulent découvrir la culture drag trouveront dans Trois nuits par semaine une romance contemporaine, tandis que Les Reines du drame pousse beaucoup plus loin l’esthétique queer, pop et camp.

Pourquoi le cinéma français occupe-t-il une place particulière dans le cinéma LGBTQIA+ ?

Le cinéma LGBTQIA+ français ne s’est pas construit en une seule étape.

Certaines œuvres plus anciennes utilisent la comédie, la provocation ou le sous-entendu. Avec le temps, les personnages LGBTQIA+ ont progressivement cessé d’être uniquement des figures secondaires ou des ressorts comiques pour devenir les protagonistes de leurs propres histoires.

Le changement est particulièrement visible lorsque l’on compare des films éloignés de plusieurs décennies.

La Cage aux folles transforme un couple gay en moteur d’une grande comédie populaire. Les Roseaux sauvages filme ensuite la découverte de l’homosexualité avec davantage d’intimité. Dans les années 2000 et 2010, des cinéastes comme Sébastien Lifshitz, Céline Sciamma, Christophe Honoré, Alain Guiraudie ou Robin Campillo multiplient les approches.

Le cinéma français LGBTQIA+ devient alors impossible à réduire à un genre unique.

Il peut être militant avec 120 Battements par minute, romantique avec Portrait de la jeune fille en feu, inquiétant avec L’Inconnu du lac, populaire avec Les Crevettes pailletées, documentaire avec Petite fille ou volontairement camp avec Les Reines du drame.

Cette diversité est probablement plus importante qu’une simple augmentation du nombre de personnages LGBTQIA+ à l’écran : ces personnages peuvent désormais exister dans des histoires, des genres et des univers cinématographiques profondément différents.

Pour remonter plus largement aux origines et aux grandes périodes de ces représentations, consultez notre dossier sur l’histoire du cinéma gay à travers les décennies.

Trois autres films LGBT français à découvrir

Une sélection de 25 films oblige nécessairement à laisser plusieurs œuvres de côté.

Des preuves d’amour (2025) mérite notamment d’être découvert. Alice Douard y raconte l’histoire de Céline, dont l’épouse Nadia attend leur premier enfant. À l’approche de la naissance, Céline doit notamment entreprendre les démarches nécessaires pour faire reconnaître sa place de mère. Le film aborde ainsi l’homoparentalité et la filiation à travers le quotidien d’un couple de femmes.

Le Paradis (2023) suit quant à lui deux jeunes garçons qui se rencontrent dans un centre éducatif fermé. Leur rapprochement introduit une histoire d’amour au sein d’un univers régi par l’enfermement et les rapports de force.

Enzo (2025) peut également prolonger la sélection. Ce projet initié par Laurent Cantet et réalisé par Robin Campillo s’intéresse à un adolescent issu d’un milieu favorisé qui choisit de travailler sur des chantiers et développe une fascination pour un collègue plus âgé. Le film a été présenté à la Quinzaine des Cinéastes à Cannes en 2025.

FAQ sur les films LGBT français

Quel est le film LGBT français le plus connu ?

Il n’existe pas un unique film pouvant objectivement recevoir ce titre. Plusieurs œuvres françaises ont cependant obtenu une reconnaissance internationale majeure.

La Vie d’Adèle a remporté la Palme d’or à Cannes en 2013, 120 Battements par minute le Grand Prix en 2017 et Portrait de la jeune fille en feu le Prix du scénario en 2019.

Le choix dépend donc autant de la génération que du type de cinéma recherché.

Quels films gays français faut-il voir ?

Parmi les films français centrés sur des hommes gays, on peut commencer par Drôle de Félix, Presque rien, L’Inconnu du lac, Théo et Hugo dans le même bateau, 120 Battements par minute, Plaire, aimer et courir vite, Sauvage et Été 85.

Pour une sélection qui ne se limite pas au cinéma français, notre classement des meilleurs films gays réunit également de nombreuses productions internationales.

Quels films lesbiens français regarder ?

Naissance des pieuvres, La Vie d’Adèle, La Belle Saison, Portrait de la jeune fille en feu et La Petite Dernière constituent cinq bonnes portes d’entrée.

Ces films sont toutefois très différents : adolescence, passion amoureuse, histoire du féminisme, romance historique ou rapport entre homosexualité et foi.

Existe-t-il des films français sur la transidentité ?

Oui. Le documentaire Petite fille de Sébastien Lifshitz suit Sasha et sa famille autour de son identité de genre.

Tomboy de Céline Sciamma est également souvent cité dans les discussions sur le genre pendant l’enfance. Il convient cependant de ne pas lui attribuer automatiquement une conclusion identitaire que le film lui-même laisse ouverte.

Quel film français regarder sur le sida et l’histoire LGBTQIA+ ?

120 Battements par minute est probablement l’œuvre française la plus directement consacrée à l’activisme contre le sida. Le film suit les militants d’Act Up-Paris au début des années 1990.

Plaire, aimer et courir vite explore la même période sous une forme plus intime, à travers une relation amoureuse.

Quel film LGBT français récent regarder ?

Parmi les productions les plus récentes de cette sélection, La Petite Dernière de Hafsia Herzi, sorti en 2025, constitue un excellent point de départ pour découvrir le cinéma lesbien français contemporain. Les Reines du drame propose une expérience nettement plus extravagante, tandis que Marinette intéressera davantage les amateurs de biopics et de sport.

Conclusion

Parler de « cinéma LGBT français » ne revient finalement pas à désigner un genre unique.

La Cage aux folles, 120 Battements par minute, Portrait de la jeune fille en feu, Petite fille et Les Reines du drame ont très peu de choses en commun sur le plan esthétique. Pourtant, chacun de ces films participe à sa manière à une histoire plus large : celle de personnages LGBTQIA+ progressivement devenus capables d’occuper toutes les places du cinéma français.

Ils peuvent être amoureux, militants, adolescents, sportifs, artistes, parents, marginaux ou simplement perdus. Ils peuvent évoluer dans une comédie populaire, un documentaire, un thriller ou une romance historique.

C’est probablement cette diversité qui rend aujourd’hui le cinéma LGBTQIA+ français particulièrement intéressant à explorer. Plutôt que de chercher un modèle unique de « film LGBT », ces 25 œuvres montrent combien de récits différents peuvent naître autour du désir, de l’identité, de la famille, de la liberté et de l’amour.