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Safe space LGBTQIA+ : définition, critères et comment créer un espace plus sûr

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Safe space LGBTQIA+
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Un safe space, ou « espace sûr », désigne un environnement dans lequel des efforts particuliers sont mis en place pour réduire les discriminations, le harcèlement, les violences et la peur d’être jugé en raison de son identité.

Pour les personnes LGBTQIA+, il peut s’agir d’une association, d’un groupe de parole, d’un lieu culturel, d’une soirée, d’un établissement scolaire, d’une entreprise, d’une communauté en ligne ou simplement d’un groupe d’amis.

Un safe space n’est cependant pas un lieu dans lequel aucun problème ne peut jamais survenir. Sa qualité dépend surtout de ses règles, de la manière dont les personnes sont accueillies et de la réaction lorsqu’un comportement problématique apparaît.

Qu’est-ce qu’un safe space ?

L’expression safe space est généralement utilisée pour désigner un environnement dans lequel des personnes peuvent participer sans craindre d’être volontairement humiliées, discriminées ou exposées en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou d’autres caractéristiques personnelles.

Un safe space peut prendre des formes très différentes :

  • une association LGBTQIA+ ;
  • un groupe de soutien ;
  • une permanence ;
  • une soirée queer ;
  • un établissement scolaire ;
  • une entreprise ;
  • un lieu culturel ;
  • un groupe en ligne ;
  • un groupe d’amis.

L’objectif n’est pas nécessairement d’éviter toutes les discussions difficiles.

Il s’agit plutôt de créer des conditions dans lesquelles chacun peut participer en sachant que certaines limites sont clairement établies : respect de l’identité, confidentialité, consentement, interdiction du harcèlement et possibilité de demander de l’aide.

Safe space ou safer space : quelle différence ?

Aucun lieu fréquenté par des êtres humains ne peut garantir une sécurité absolue.

Une maladresse peut survenir. Une règle peut être enfreinte. Un conflit peut apparaître. Une personne peut également subir une discrimination dans un endroit qui se présente pourtant comme inclusif.

C’est pourquoi certaines personnes préfèrent l’expression safer space, que l’on peut traduire par « espace plus sûr ».

Cette formulation reconnaît une réalité importante : un lieu peut chercher activement à diminuer les risques sans prétendre être parfait.

Un espace plus sûr repose donc davantage sur des engagements concrets :

  • règles connues ;
  • responsables identifiés ;
  • procédure de signalement ;
  • respect de la confidentialité ;
  • modération lorsqu’elle est nécessaire ;
  • capacité à reconnaître une erreur ;
  • réaction face aux comportements discriminatoires.

L’étiquette « safe space » ne suffit pas à elle seule.

Pourquoi les safe spaces peuvent-ils être importants pour les personnes LGBTQIA+ ?

Certaines personnes LGBTQIA+ passent une partie importante de leur quotidien à évaluer leur environnement.

Elles peuvent se demander :

  • puis-je parler de mon partenaire ?
  • quel prénom sera utilisé ?
  • mes pronoms seront-ils respectés ?
  • puis-je mentionner mon orientation ?
  • cette photographie sera-t-elle publiée ?
  • quelqu’un risque-t-il de prévenir ma famille ?
  • une remarque discriminatoire sera-t-elle prise au sérieux ?

Un espace plus sûr peut réduire une partie de cette vigilance permanente.

Il peut permettre de rencontrer d’autres personnes, demander de l’aide, participer à une activité ou simplement discuter sans avoir à constamment expliquer ou défendre son identité.

Toutes les personnes LGBTQIA+ n’ont toutefois pas les mêmes besoins. Un environnement considéré comme rassurant par une personne peut ne pas l’être pour une autre.

Quels critères rendent réellement un espace plus sûr ?

Il n’existe pas de label universel garantissant qu’un lieu est parfaitement inclusif.

Certains critères permettent cependant d’évaluer les pratiques mises en place.

Des règles clairement annoncées

Les participants doivent pouvoir savoir ce qui est attendu.

Par exemple :

  • pas d’insultes ;
  • pas de harcèlement ;
  • respect des prénoms et pronoms ;
  • pas de photographie sans accord ;
  • pas de divulgation d’informations privées ;
  • respect du refus de répondre ;
  • respect du consentement physique.

Une règle invisible n’aide pas les personnes qui entrent dans l’espace.

Une procédure de signalement

Lorsqu’un problème apparaît, les participants doivent savoir à qui s’adresser.

Un événement peut désigner un référent. Une communauté en ligne peut posséder une équipe de modération. Une entreprise peut mettre en place une procédure confidentielle.

Le plus important reste que le signalement entraîne une véritable réaction.

Une prise en compte de la confidentialité

Une personne peut être ouverte sur son identité dans un espace LGBTQIA+ tout en souhaitant la garder privée ailleurs.

La présence dans un lieu inclusif ne donne donc pas automatiquement le droit de raconter qui était présent ou ce qui a été partagé.

Une capacité à évoluer

Une organisation peut commettre une erreur.

La question devient alors : écoute-t-elle les personnes concernées ? Modifie-t-elle ses pratiques ? Corrige-t-elle le problème ?

Un espace plus sûr n’est pas un espace qui se déclare parfait. C’est un espace capable de réagir.

La confidentialité est essentielle dans un safe space

La confidentialité est particulièrement importante lorsqu’une personne n’a pas fait son coming out dans tous les domaines de sa vie.

Il faut notamment éviter de :

  • publier une photographie sans autorisation ;
  • identifier quelqu’un sur les réseaux sociaux ;
  • raconter qui fréquente un groupe LGBTQIA+ ;
  • partager un témoignage entendu pendant une rencontre ;
  • transmettre une capture d’écran d’un groupe privé ;
  • mentionner un partenaire devant des personnes non informées.

Une révélation involontaire peut provoquer un outing, c’est-à-dire la divulgation d’une orientation, d’une identité de genre ou d’une autre information LGBTQIA+ sans le consentement de la personne concernée.

Une règle simple peut donc être utile :

ce qui est partagé dans l’espace ne doit pas être diffusé à l’extérieur sans autorisation.

Les limites de cette confidentialité doivent néanmoins rester claires lorsqu’une situation implique un danger grave ou une violence.

Safe space signifie-t-il absence de désaccord ?

Non.

Créer un espace inclusif ne signifie pas interdire toute divergence d’opinion.

Des personnes LGBTQIA+ peuvent avoir des points de vue très différents sur la politique, les stratégies militantes, les étiquettes identitaires ou les pratiques communautaires.

Un désaccord peut rester compatible avec un espace plus sûr lorsqu’il ne consiste pas à :

  • insulter une personne ;
  • nier son identité ;
  • l’humilier ;
  • la menacer ;
  • révéler des informations privées ;
  • utiliser des stéréotypes contre elle ;
  • remettre en question sa dignité.

Il existe une différence entre discuter d’une idée et transformer l’existence d’une personne en sujet de débat.

Comment créer un safe space LGBTQIA+ ?

Comment créer un safe space LGBTQIA

Les moyens utilisés dépendent du contexte.

Dans une association ou un événement

Les organisateurs peuvent prévoir :

  • un règlement visible ;
  • une personne référente ;
  • une procédure de signalement ;
  • une politique sur les photographies ;
  • des règles concernant le consentement ;
  • une réponse claire en cas de harcèlement.

À l’école

Un établissement peut :

  • lutter contre les insultes homophobes et transphobes ;
  • protéger la confidentialité des élèves ;
  • proposer un adulte de confiance ;
  • permettre l’utilisation d’un prénom d’usage lorsque cela est possible ;
  • intervenir face au harcèlement ;
  • proposer des ressources adaptées.

Au travail

L’inclusion peut passer par :

  • une politique de non-discrimination ;
  • une procédure confidentielle ;
  • le respect du prénom utilisé ;
  • l’égalité de traitement des couples ;
  • la protection contre l’outing ;
  • une réponse aux comportements discriminatoires.

Dans une communauté en ligne

Les administrateurs peuvent mettre en place :

  • des règles visibles ;
  • une modération active ;
  • des outils de signalement ;
  • des mesures contre le doxxing ;
  • une interdiction des contenus exposant une personne ;
  • une politique concernant les messages privés non sollicités.

Les espaces numériques ont d’ailleurs progressivement complété les lieux physiques historiques. Notre article consacré au passage des gay bars aux safe spaces virtuels revient plus précisément sur cette évolution.

Un espace LGBTQIA+ est-il automatiquement un safe space ?

Non.

Un lieu peut être destiné aux personnes LGBTQIA+ et reproduire malgré tout certaines discriminations.

On peut notamment y retrouver :

  • racisme ;
  • sexisme ;
  • transphobie ;
  • biphobie ;
  • acephobie ;
  • validisme ;
  • âgisme ;
  • grossophobie ;
  • discriminations sociales.

Une soirée gay peut être accueillante pour certains hommes homosexuels tout en étant moins accessible à une personne trans ou handicapée.

Une association queer peut également devoir améliorer certaines pratiques.

L’appartenance à une communauté ne garantit donc pas automatiquement l’inclusion de toutes les personnes qui la composent.

Un drapeau arc-en-ciel suffit-il pour créer un safe space ?

Non.

Un drapeau LGBTQIA+, un autocollant « LGBT-friendly » ou une affiche inclusive peuvent envoyer un signal positif.

Mais ces symboles ne remplacent pas les pratiques.

Un établissement ne devient pas réellement plus sûr s’il affiche un drapeau tout en ignorant les plaintes, en tolérant des insultes ou en révélant l’identité de certaines personnes.

La confiance se construit davantage par la manière dont un espace fonctionne lorsqu’un problème réel apparaît.

Quel rôle les alliés peuvent-ils jouer ?

Les alliés peuvent contribuer à rendre un environnement plus accueillant sans parler à la place des personnes concernées.

Ils peuvent notamment :

  • respecter les règles de confidentialité ;
  • intervenir face à une remarque discriminatoire ;
  • utiliser les bons prénoms et pronoms ;
  • écouter lorsqu’un problème est signalé ;
  • soutenir une personne sans décider à sa place ;
  • accepter d’être corrigés.

Notre guide consacré aux façons d’être un meilleur allié de la communauté LGBTQIA+ approfondit cette démarche.

Peut-on se déclarer soi-même safe space ?

Un lieu peut annoncer qu’il souhaite créer un environnement plus sûr.

Il peut également présenter ses règles, ses procédures ou ses engagements.

En revanche, l’expression « safe space » ne devrait pas fonctionner comme une certification définitive.

La crédibilité d’un espace dépend surtout de l’expérience des personnes qui le fréquentent et de la manière dont les responsables réagissent lorsqu’une difficulté apparaît.

Une formulation comme :

« Nous cherchons à créer un espace plus sûr et disposons d’une procédure pour signaler les problèmes »

est souvent plus réaliste qu’une promesse de sécurité absolue.

FAQ sur les safe spaces LGBTQIA+

Quelle est la définition d’un safe space ?

Un safe space est un environnement dans lequel des règles et des pratiques sont mises en place afin de réduire les discriminations, le harcèlement et les risques liés à l’identité des personnes présentes.

Quelle différence entre safe space et safer space ?

« Safe space » signifie littéralement « espace sûr ». L’expression « safer space », ou « espace plus sûr », insiste sur le fait qu’aucun environnement ne peut garantir une sécurité totale.

Un safe space est-il réservé aux personnes LGBTQIA+ ?

Non.

Le concept peut concerner de nombreux groupes exposés à des discriminations ou simplement des environnements souhaitant établir des règles de respect particulières.

Peut-on créer un safe space en ligne ?

Oui.

Un forum, un serveur communautaire ou un groupe privé peut chercher à devenir un espace plus sûr grâce à des règles, une modération, des outils de signalement et une politique de confidentialité adaptée.

Conclusion

Un safe space LGBTQIA+ ne se résume pas à un drapeau, une affiche ou une déclaration d’intention.

Il repose sur des pratiques concrètes : confidentialité, consentement, règles compréhensibles, possibilité de signaler un problème et capacité à agir lorsque ces règles ne sont pas respectées.

Aucun espace ne peut promettre qu’aucune erreur ou discrimination ne surviendra jamais. C’est pourquoi la notion de safer space, ou espace plus sûr, peut parfois être plus réaliste.

L’objectif reste le même : créer un environnement dans lequel chacun peut participer avec davantage de confiance, sans avoir à constamment cacher, justifier ou défendre son identité.