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Les Styles De Voguing : Old Way, New Way et Vogue Fem

Les Styles De Voguing
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Le voguing est souvent résumé à quelques poses spectaculaires, à des mouvements de bras rapides ou à des dips impressionnants. Pourtant, cette danse issue de la culture ballroom possède plusieurs styles bien distincts, chacun avec ses codes, son histoire et son énergie.

Old Way, New Way et Vogue Fem ne racontent pas exactement la même chose. Le premier mise sur les lignes, la symétrie et l’élégance géométrique. Le second pousse la précision, la flexibilité et l’illusion visuelle. Le troisième transforme la performance en explosion dramatique, expressive et théâtrale.

Pour comprendre les bases de cette danse avant d’entrer dans ses variations, vous pouvez lire notre guide sur la définition du voguing.

Dans cet article, nous allons voir les principaux styles de voguing, leurs différences, leurs éléments techniques et leur rôle dans les balls.

Pourquoi existe-t-il plusieurs styles de voguing ?

Le voguing n’est pas une danse figée. Comme toute culture vivante, il a évolué avec les générations, les scènes, les Houses Ballroom et les compétitions ballroom. Chaque époque a apporté sa manière de bouger, de performer et de répondre à la musique.

À l’origine, le voguing s’inspire des poses de mannequins, de la mode, des magazines et du langage corporel des podiums. Les danseur·euses utilisent leur corps pour créer des lignes, des angles, des images fortes et des attitudes stylisées. Mais au fil du temps, cette base s’est enrichie.

Les styles de voguing sont donc nés de cette évolution. Ils permettent d’exprimer différentes formes de maîtrise : la précision, la souplesse, la grâce, l’attitude, la théâtralité ou encore la féminité performée.

Dans les balls, ces styles ne sont pas de simples variantes esthétiques. Ils correspondent à des catégories, des critères de jugement et des attentes précises. Un·e participant·e ne performe pas Old Way comme il ou elle performe Vogue Fem. Chaque style demande une compréhension de ses codes.

Old Way : lignes, poses et précision

L’Old Way est l’un des styles les plus anciens du voguing. Il repose sur des lignes nettes, des poses angulaires, des formes géométriques et une grande précision du corps.

Ce style est directement lié à l’idée de poser comme dans un magazine de mode. Les mouvements sont souvent structurés autour des bras, du torse, des épaules et de la posture. Le corps devient presque architectural : il trace des lignes, crée des symétries et construit des images fortes.

L’Old Way demande beaucoup de contrôle. Il ne s’agit pas seulement de faire une pose, mais de la tenir avec intention. Chaque placement doit sembler clair, propre et assumé.

Les codes principaux de l’Old Way

L’Old Way se reconnaît souvent par :

des lignes droites ;

des angles marqués ;

des poses inspirées de la mode ;

une posture élégante ;

des mouvements précis des bras ;

une impression de maîtrise et de symétrie.

Ce style peut paraître moins explosif que le Vogue Fem, mais il demande une grande rigueur. L’impact vient de la netteté, de l’attitude et de la capacité à créer une image forte avec peu d’éléments.

L’esprit de l’Old Way

L’Old Way porte une énergie à la fois élégante, compétitive et stylisée. Il évoque le mannequinat, la statue vivante, la photo de mode et la discipline corporelle.

Dans un ball, une bonne performance Old Way ne cherche pas forcément l’effet spectaculaire à tout prix. Elle cherche plutôt la ligne parfaite, la pose juste, l’attitude souveraine et la cohérence visuelle.

C’est un style idéal pour comprendre les racines du voguing, car il rappelle que cette danse vient d’abord d’un rapport au regard, à la pose, à la beauté et à la représentation de soi.

New Way : flexibilité, contrôle et illusion

Le New Way est apparu comme une évolution plus technique et plus complexe du voguing. Il conserve l’importance des lignes et des angles, mais y ajoute une dimension plus poussée de flexibilité, de contorsion, d’isolation et d’illusion visuelle.

Dans ce style, les bras et les articulations jouent un rôle majeur. Les danseur·euses créent des formes complexes avec leurs membres, parfois avec des effets presque irréels. Le corps semble se plier, se verrouiller, se déplier ou former des figures impossibles.

Le New Way impressionne par son contrôle. Les mouvements doivent être précis, nets et maîtrisés. La souplesse seule ne suffit pas : il faut aussi de la musicalité, de la fluidité et une vraie intention dans chaque transition.

Les codes principaux du New Way

Le New Way se caractérise par :

des extensions spectaculaires ;

des mouvements de bras complexes ;

des effets d’illusion ;

des isolations du corps ;

une grande flexibilité ;

des transitions très contrôlées ;

des lignes nettes et inventives.

Ce style peut donner l’impression que le corps devient un puzzle vivant. Les bras, les mains, les épaules et le torse composent des formes qui se transforment au rythme de la musique.

L’esprit du New Way

Le New Way est souvent perçu comme plus technique, presque futuriste. Il met en avant la capacité du corps à dépasser les formes habituelles et à créer des images surprenantes.

Là où l’Old Way cherche l’élégance géométrique, le New Way pousse la géométrie dans une direction plus complexe, plus flexible et parfois plus spectaculaire.

Dans les balls, une performance New Way réussie doit surprendre sans perdre en propreté. La difficulté technique est importante, mais elle doit rester lisible. Le public et les juges doivent voir la maîtrise, pas seulement l’effort.

Vogue Fem : énergie, féminité et performance dramatique

Le Vogue Fem est aujourd’hui l’un des styles de voguing les plus connus du grand public. Plus expressif, plus dramatique et souvent plus explosif, il met en scène une féminité performée, amplifiée et revendiquée.

Ce style est particulièrement associé aux femmes trans, aux femmes queer, aux personnes féminines et aux performeur·euses qui jouent avec les codes de la féminité, de la sensualité, de la puissance et de la théâtralité.

Le Vogue Fem ne se limite pas à “faire féminin”. Il s’agit de performer une énergie, une intention, une présence. Chaque mouvement doit raconter quelque chose : assurance, charme, colère, élégance, défi, sensualité ou triomphe.

Les cinq éléments du Vogue Fem

Le Vogue Fem est souvent structuré autour de cinq grands éléments. Ces éléments peuvent varier selon les écoles, les scènes et les interprétations, mais ils constituent une base importante pour comprendre ce style.

Hand performance

La hand performance désigne le travail des mains, des poignets et des bras. Les mains dessinent des formes, encadrent le visage, racontent une histoire ou répondent à la musique.

C’est un élément très expressif. Une bonne hand performance ne consiste pas seulement à bouger vite les mains. Elle doit être fluide, lisible, musicale et pleine d’intention.

Catwalk

Le catwalk est la démarche inspirée du podium. Il met en avant la posture, l’attitude, les hanches, la confiance et la manière d’occuper l’espace.

Dans le Vogue Fem, le catwalk peut être élégant, agressif, sensuel ou théâtral. L’important est de marcher avec présence, comme si chaque pas affirmait une identité.

Duckwalk

Le duckwalk est un déplacement bas, souvent réalisé accroupi, avec des mouvements rapides et rythmés des jambes. Il demande force, équilibre et endurance.

C’est un élément très reconnaissable du Vogue Fem. Bien exécuté, il donne une énergie intense à la performance et montre la maîtrise physique du ou de la danseur·euse.

Floor performance

La floor performance désigne le travail au sol. Le corps descend, glisse, tourne, s’étire ou se pose au sol avec fluidité.

Cet élément permet d’ajouter du drame, de la sensualité et du contraste. Le sol devient une scène à part entière, pas seulement un espace où l’on tombe ou se repose.

Spins and dips

Les spins and dips sont parmi les éléments les plus spectaculaires du Vogue Fem. Les spins sont des tours, tandis que les dips sont des descentes brusques et contrôlées vers le sol.

Le dip est souvent confondu avec le “death drop”, terme populaire mais moins précis dans la culture ballroom. Dans le contexte du voguing, on parle plutôt de dip. Il ne s’agit pas de se jeter au sol au hasard : un dip réussi demande contrôle, timing, musicalité et sécurité.

Old Way, New Way, Vogue Fem : quelles différences ?

Les trois grands styles de voguing partagent une même origine ballroom, mais ils ne produisent pas le même effet visuel.

L’Old Way est le plus géométrique. Il met en avant la ligne, la pose, la symétrie et la précision. Il évoque la mode, la photographie, les statues et les silhouettes fortes.

Le New Way pousse cette logique vers plus de complexité. Il joue avec la souplesse, les illusions, les extensions et les formes corporelles inattendues. C’est un style très technique, souvent impressionnant par sa précision.

Le Vogue Fem est plus dramatique et expressif. Il repose sur une énergie très incarnée, avec une forte présence scénique, des éléments au sol, des dips, du catwalk, du duckwalk et une féminité performée.

Résumé des différences

Old Way : lignes, poses, angles, élégance, symétrie.

New Way : flexibilité, extensions, illusions, précision technique.

Vogue Fem : expression, féminité, énergie dramatique, sol, spins and dips.

Ces différences ne veulent pas dire qu’un style est supérieur à un autre. Chaque style demande une maîtrise particulière. Tout dépend de l’intention, de la catégorie, de la musique et de la manière dont le corps habite la performance.

Peut-on mélanger plusieurs styles de voguing ?

Oui, dans la pratique, les danseur·euses peuvent être influencé·es par plusieurs styles. Une personne peut avoir une base Old Way, intégrer des éléments New Way et développer ensuite une énergie Vogue Fem.

Cependant, dans les compétitions ballroom, les catégories ont des règles. Si une personne participe à une catégorie Old Way, elle doit respecter les codes de l’Old Way. Si elle entre en Vogue Fem, les juges attendront les éléments et l’énergie propres au Vogue Fem.

Mélanger les styles peut donc être intéressant dans une chorégraphie, une performance libre ou une création scénique. Mais dans un ball, il faut connaître les attentes de la catégorie.

La liberté vient après la maîtrise. Avant de casser les codes, il faut savoir d’où ils viennent et comment ils fonctionnent.

Quel style de voguing choisir pour débuter ?

Pour débuter, il est souvent utile de commencer par comprendre les bases du voguing : la posture, l’attitude, le rapport à la musique, les lignes du corps et la confiance dans le mouvement.

L’Old Way peut être une bonne porte d’entrée, car il apprend à travailler les poses, les angles et la précision. Il aide à comprendre l’origine visuelle du voguing, liée à la mode et à la construction d’images fortes.

Le Vogue Fem attire souvent les débutant·es parce qu’il est très expressif et spectaculaire. Mais il demande aussi de la technique, surtout pour le duckwalk, le floor performance et les dips. Il faut apprendre progressivement pour éviter les blessures et respecter les codes.

Le New Way, lui, peut être plus exigeant physiquement. Il demande une bonne souplesse, de la coordination et une grande précision. Il peut être abordé plus tard, lorsque le corps est déjà habitué au contrôle et aux lignes.

Conseils pour commencer

Pour apprendre le voguing, il vaut mieux :

observer des performances ballroom ;

comprendre les différences entre les styles ;

travailler lentement les bases ;

éviter de copier seulement des extraits viraux ;

apprendre auprès de personnes liées à la scène ballroom quand c’est possible ;

respecter l’histoire queer afro-latine de cette culture.

Le voguing n’est pas seulement une chorégraphie. C’est une culture, un langage et une manière de se présenter au monde.

Les styles de voguing dans les balls

Dans les balls, les styles de voguing prennent tout leur sens. Ils ne sont pas seulement montrés pour impressionner un public : ils sont jugés, comparés et inscrits dans des catégories précises.

Un·e participant·e doit savoir quelle énergie apporter, quels éléments montrer et comment répondre à la musique. Le rapport aux juges et au public est essentiel. Il faut capter l’attention, garder le contrôle et faire monter la tension.

Les battles sont aussi un moment important. Deux performeur·euses peuvent se retrouver face à face, chacun·e cherchant à surpasser l’autre par la précision, l’attitude, la musicalité ou l’impact dramatique.

Dans ce contexte, le style devient une signature. Certaines personnes sont reconnues pour leur Old Way très propre, d’autres pour leur New Way extrêmement technique, d’autres encore pour leur Vogue Fem intense et théâtral.

Pourquoi respecter l’origine ballroom de ces styles ?

Aujourd’hui, le voguing circule beaucoup sur les réseaux sociaux, dans les clips, les concerts, les défilés et les émissions télévisées. Cette visibilité peut être positive, car elle permet à plus de personnes de découvrir cette danse. Mais elle peut aussi entraîner une décontextualisation.

Le voguing ne vient pas d’une tendance TikTok. Il ne vient pas seulement de la mode ou de la pop culture. Il vient d’une scène queer afro-américaine et latino, construite dans des contextes de racisme, d’homophobie, de transphobie, de précarité et d’exclusion.

Respecter l’origine ballroom du voguing, c’est reconnaître les personnes et les communautés qui l’ont créé. C’est comprendre que derrière les poses, les dips et les battles, il y a une histoire de survie, de famille choisie, de beauté revendiquée et de résistance.

Cela ne veut pas dire que personne ne peut apprendre le voguing en dehors de cette scène. Mais apprendre implique aussi de se renseigner, de créditer les origines, de respecter les codes et d’éviter de réduire cette culture à un simple effet visuel.

Conclusion : trois styles, un même héritage ballroom

Old Way, New Way et Vogue Fem sont trois styles majeurs du voguing. Chacun possède son identité, ses codes et sa manière de faire parler le corps.

L’Old Way met en avant la ligne, la pose et la précision. Le New Way pousse la technique vers la flexibilité, les illusions et les formes complexes. Le Vogue Fem apporte une énergie plus dramatique, expressive et théâtrale, avec des éléments comme le catwalk, le duckwalk, la hand performance, le floor performance et les spins and dips.

Ces styles sont différents, mais ils partagent un même héritage : celui de la culture ballroom. Une culture née dans des espaces queer afro-latins, où danser, poser, défiler et performer permettaient de reprendre le contrôle de son image et d’affirmer sa place.

Comprendre les styles de voguing, ce n’est donc pas seulement apprendre à distinguer des mouvements. C’est aussi reconnaître une histoire, une scène, des communautés et une manière puissante de transformer le corps en langage.