Manifestation à Amiens : des centaines de personnes mobilisées contre les violences envers les personnes LGBTQIA+
Une recrudescence d’agressions dénoncée par les associations
À Amiens, près de 300 personnes se sont rassemblées le mardi 3 février 2026 sur la place de l’Hôtel de Ville pour protester contre la montée des violences visant la communauté LGBTQIA+. À l’appel de l’association Somme Z’en Fièr.es.s et du collectif Drag Amiens, cette mobilisation fait suite à une série d’agressions recensées ces deux derniers mois, illustrant un regain préoccupant des violences anti-LGBTQIA+ observé dans plusieurs villes françaises.
« Les violences LGBTphobes et queerphobes ont toujours existé », affirme Renaud Mignon-Stéphan, président de Somme Z’en Fièr.es.s. Mais selon lui, une nette intensification est observée récemment. Ce constat partagé avec Drag Amiens les a poussés à organiser cette manifestation. La foule rassemblée a exprimé à la fois peur et colère face à cette vague d’attaques.
Des groupes violents identifiés comme supporters d’extrême droite
Les associations accusent certains groupuscules identifiés comme supporters radicaux de football, qu’elles qualifient de « fachos », d’être à l’origine de ces actes de violence. D’après Renaud Mignon-Stéphan, ces individus ciblent des personnes en fonction de leur apparence, allant jusqu’à agresser un groupe simplement parce qu’il portait des kilts. « C’est extrêmement grave », insiste-t-il.
Laluciole Kidman, drag queen et membre de Drag Amiens, a recensé plus d’une vingtaine de témoignages en seulement deux mois. Elle affirme que trois individus identifiés comme appartenant à un groupe de supporters d’extrême droite seraient impliqués dans plusieurs de ces agressions. Les cibles seraient choisies pour leur style perçu comme « trop alternatif, trop à gauche, trop différent ».
Témoignage d’une agression violente
Elle-même victime d’une agression le week-end précédent, Laluciole Kidman raconte avoir été attaquée alors qu’elle rentrait accompagnée de deux amis. « Ils nous ont posé des questions très indiscrètes, notamment ce qui se passait dans ma culotte. J’ai voulu répondre pour ne pas laisser passer la haine, mais j’ai reçu un coup de pied dans le ventre », rapporte-t-elle. L’un de ses amis, qui avait tenté de s’interposer, a terminé à l’hôpital avec le nez fracturé.
Un climat de peur mais aussi de résistance
Renaud Mignon-Stéphan s’interroge sur les origines de cette escalade : « Est-ce lié aux élections municipales à venir ? Ou à une libération de la parole LGBTphobe ? » Si la crainte gagne du terrain chez les personnes queers d’Amiens, une forte indignation les pousse également à réagir.
Des obstacles persistants pour porter plainte
Du côté judiciaire, les démarches sont loin d’être simples. « On n’est pas bien accueillis dans les commissariats ou les gendarmeries », déplore Laluciole Kidman. Elle ajoute que lors de son agression, les forces de l’ordre présentes « ont ri », ce qui explique pourquoi si peu de victimes prennent la peine de déposer plainte. Elle a toutefois décidé de le faire, par devoir, espérant ainsi faire cesser cette spirale de haine.
Des solutions et du soutien pour les victimes
Renaud Mignon-Stéphan rappelle que les discriminations peuvent aussi se manifester dans les lieux censés protéger les victimes. Il encourage celles qui redoutent de se rendre en commissariat à utiliser le formulaire en ligne (malgré ses dysfonctionnements), à écrire au procureur ou à solliciter des associations comme FLAG ou SOS Homophobie, qui accompagnent régulièrement les victimes de violences LGBTphobes.
Somme Z’en Fièr.es.s souhaite transmettre un message de solidarité : les personnes queers ne sont pas seules. L’association propose un accompagnement dans les démarches judiciaires. Drag Amiens, pour sa part, demande des mesures concrètes pour assurer la sécurité des personnes LGBTQIA+ et réclame une attention accrue de la part des responsables politiques.
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