Les Jeux olympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026 s’annoncent déjà comme un tournant historique.
Au moins 44 athlètes ouvertement LGBTQ+ sont recensés à ce stade parmi les participant·e·s attendu·e·s, faisant de cette édition la plus inclusive jamais observée dans l’histoire des Jeux d’hiver, dans un contexte où le sport LGBTQIA+ gagne une visibilité sans précédent sur la scène internationale.
Un chiffre appelé à évoluer à mesure que les compétitions approcheront, mais qui marque d’ores et déjà une progression spectaculaire de la visibilité queer sur la scène olympique hivernale.
Une représentation encore majoritairement féminine
Parmi les 44 athlètes recensé·e·s, 34 sont des femmes et 10 des hommes, soit un ratio d’environ 7 pour 2.
Ce déséquilibre reste important, mais il est moins marqué que lors des Jeux d’été, où la proportion atteignait près de 9 femmes pour 1 homme.
Cette différence s’explique notamment par la structure même des Jeux d’hiver, où les sports collectifs sont moins nombreux, limitant mécaniquement les effectifs.
Le hockey sur glace, pilier de la visibilité queer
Sans surprise, le hockey sur glace féminin domine largement la liste.
Pas moins de 22 athlètes LGBTQ+, toutes des femmes, y sont recensées, faisant de cette discipline le principal moteur de la représentation queer à Milan.
À l’inverse, le patinage artistique est le seul sport où les hommes sont plus nombreux que les femmes parmi les athlètes LGBTQ+, avec au moins six hommes pour une femme.
D’autres disciplines sont également représentées :
- Ski alpin et ski acrobatique (6 athlètes)
- Patinage de vitesse (4)
- Skeleton (2)
- Snowboard, curling et biathlon (1 athlète chacun)
Une progression constante aux Jeux olympiques
Cette hausse spectaculaire ne doit rien au hasard.
Elle s’inscrit dans une tendance de fond, observable depuis plus d’une décennie :
- 2014 (Sotchi) : 7 athlètes LGBTQ+
- 2018 (PyeongChang) : 15
- 2022 (Pékin) : 36
- 2026 (Milan-Cortina) : au moins 44 à ce jour
Soit une multiplication par six en douze ans.
Aux Jeux d’été, la dynamique est encore plus marquée : Paris 2024 avait déjà établi un record avec 199 athlètes ouvertement LGBTQ+.
Pride House Milan : un symbole fort
Cette visibilité se prolongera hors des pistes et des patinoires, notamment à la Pride House Milan, espace emblématique des événements LGBTQ+ où sport, culture et diversité se rencontrent.
Un lieu devenu, édition après édition, l’épicentre LGBTQ+ du mouvement olympique.
Le Canada, l’un des pays les plus visibles
Avec huit athlètes ouvertement LGBTQ+, le Canada figure parmi les nations les plus représentées à Milan-Cortina, aux côtés des États-Unis et de plusieurs pays européens.
Cette présence reflète à la fois :
- l’évolution des mentalités,
- le travail des fédérations,
- et l’engagement de générations d’athlètes ayant contribué à créer des environnements plus sécuritaires et inclusifs.
Le biathlon, une discipline plus discrète mais symbolique
Parmi ces figures canadiennes, Shilo Rousseau occupe une place singulière.
Biathlète évoluant sur le circuit international, elle conjugue ski de fond et tir de précision dans une discipline historiquement conservatrice.
Athlète ouvertement LGBTQ+, sa présence contribue à élargir la visibilité queer au-delà des sports traditionnellement inclusifs, ouvrant la voie à une nouvelle génération.
Patinage artistique : élégance et diversité assumée
Le patinage artistique demeure l’un des sports où la diversité d’expressions est la plus visible.
Paul Poirier, multiple médaillé mondial et champion des Quatre Continents avec Piper Gilles, s’impose comme l’une des figures majeures de cette édition.
Ouvertement gai, il incarne une visibilité assumée au plus haut niveau, où l’expressivité artistique et l’excellence sportive se renforcent mutuellement.
Le hockey féminin canadien, socle de la représentation LGBTQ+
Le contingent canadien de hockey féminin concentre plusieurs figures majeures :
- Emerance Maschmeyer
- Marie-Philip Poulin
- Laura Stacey
- Emily Clark
- Erin Ambrose
- Brianne Jenner
Toutes championnes olympiques ou mondiales, elles incarnent un modèle de normalisation de la diversité sexuelle, dans l’un des environnements sportifs féminins les plus inclusifs au monde.
Les États-Unis : visibilité et revendication
Du côté américain, huit athlètes LGBTQ+ sont recensés, représentant environ 3 % de la délégation.
Parmi eux, le patineur de vitesse Conor McDermott-Mostowy a marqué les esprits par son parcours.
Longtemps discret publiquement, il a expliqué avoir voulu déconstruire le stéréotype associant homosexualité masculine et moindre performance sportive.
Après une non-sélection en 2022 pour raisons médicales, sa qualification en 2026 a été saluée par un sobre mais puissant : « Mission accomplie ».
Amber Glenn et Kevin Aymoz : quand l’identité libère la performance
La patineuse américaine Amber Glenn entre elle aussi dans l’histoire en devenant la première patineuse artistique ouvertement LGBTQ+ à participer aux Jeux olympiques.
Elle explique que son coming out a été un déclencheur mental, lui permettant enfin d’aligner identité personnelle et expression sportive.
Même constat pour le Français Kevin Aymoz, pour qui la parole publique a agi comme un processus de guérison.
En se libérant, il décrit avoir retrouvé une stabilité émotionnelle essentielle à son équilibre et à sa performance.
Une première historique pour les Jeux d’hiver
Milan 2026 marquera également une avancée majeure avec la participation du premier athlète trans publiquement identifié aux Jeux d’hiver :
le Suédois Elis Lundholm, spécialiste du ski acrobatique (bosses).
Un symbole fort, dans un contexte international encore contrasté sur les questions de transidentité dans le sport.
Une liste appelée à s’allonger
Comme lors des éditions précédentes, la liste actuelle devrait encore évoluer.
Les différences culturelles, linguistiques et médiatiques expliquent pourquoi certain·e·s athlètes sont identifié·e·s plus tardivement, notamment via les réseaux sociaux.
C’est ainsi que la hockeyeuse française Lore Baudrit a été identifiée après la publication d’une photo familiale, confirmant son mariage avec l’ancienne internationale Marion Allemoz.
Milan-Cortina 2026, un marqueur générationnel
Au-delà des médailles, Milan-Cortina 2026 s’impose déjà comme un moment charnière de l’histoire olympique.
La visibilité LGBTQ+ n’y est plus marginale, ni exceptionnelle : elle devient structurelle, portée par des athlètes qui n’ont plus à choisir entre performance et authenticité.
Un signal fort, pour le sport mondial comme pour les générations à venir.
Lire aussi
- Site officiel des Jeux olympiques — olympics.com
- Milano Pride — milanopride.it
- Outsports — outsports.com
