Une star autrefois subversive en pleine dérive idéologique
Longtemps considérée comme une figure flamboyante de la pop culture, Nicki Minaj s’est imposée par son style extravagant, sa créativité sans limites et son lien fort avec les communautés LGBTQ+. À travers ses performances outrancières et son appropriation des codes du hip-hop masculin, elle incarnait une forme de résistance artistique aux normes. Mais à 43 ans, l’artiste semble avoir délaissé cette audace pour une posture idéologique bien plus inquiétante, marquée par des propos intolérants, une rhétorique conservatrice et un rapprochement assumé avec le mouvement MAGA de Donald Trump.
Une attaque homophobe qui marque un tournant
Le 19 janvier, Minaj a violemment pris à partie le journaliste Don Lemon, connu pour son engagement LGBTQ+ et marié à Tim Malone. En réaction à un reportage de Lemon sur une protestation dans une église du Minnesota, la rappeuse a publié un message incendiaire sur X (anciennement Twitter), agrémenté d’insultes homophobes et d’un appel à l’emprisonnement du journaliste : « LOCK HIM UP!!!!! ». Le ton et le vocabulaire employés, dignes des discours trumpistes les plus virulents, laissent peu de place au doute sur son orientation politique actuelle.
Elle a accompagné ce message d’une image de la poupée Chucky — une référence déjà utilisée auparavant pour attaquer le gouverneur Gavin Newsom, alors qu’il exprimait son soutien aux enfants transgenres. Ces gestes, loin d’être des dérapages isolés, s’inscrivent désormais dans une ligne de conduite revendiquée.
Une réponse cinglante et révélatrice
Don Lemon n’a pas tardé à réagir avec sobriété, pointant l’incompréhension manifeste de Minaj face aux enjeux du journalisme :
« Je ne suis pas surpris que Nicki Minaj ne comprenne pas le journalisme et se mêle de sujets qui dépassent ses capacités. »
Il l’a également comparée à une « Pick Me Doll », une figure publique cherchant désespérément l’approbation d’un groupe dominant au prix du rejet de ses soutiens d’origine — une critique qui touche un point sensible dans l’évolution de la carrière de la rappeuse.
Une rupture avec son public LGBTQ+ historique
Depuis plus d’un an, Nicki Minaj multiplie les prises de position hostiles envers les droits LGBTQ+, tout en affichant un soutien de plus en plus affirmé à Donald Trump. Ce changement de cap, initialement déroutant pour ses fans, est devenu impossible à ignorer. En novembre, elle remerciait Trump pour son prétendu soutien aux chrétiens persécutés au Nigeria, tout en réagissant avec froideur aux inquiétudes de ses fans LGBTQ+.
À ceux qui lui rappelaient que Trump représente une menace directe pour leurs droits, elle a rétorqué :
« Imagine entendre que des chrétiens sont persécutés et être incapable d’avoir de l’empathie pour eux parce que tu es obsédé par Trump… »
Ou encore :
« Imagine entendre que des chrétiens sont MURDERED et faire ça à propos du fait que tu es gay. »
Des propos qui révèlent un renversement complet de ses priorités et une adhésion aux arguments typiques des droites conservatrices.
L’illusion d’un équilibre moral
Nicki Minaj affirme encore vouloir défendre les personnes LGBTQ+ comme elle défendrait des chrétiens persécutés. Mais cette déclaration est contredite par ses actions concrètes : diffusion de contenus transphobes, attaques contre des journalistes homosexuels, et soutien manifeste à un mouvement politique hostile aux minorités queer. Son engagement semble désormais orienté vers une idéologie d’exclusion, bien éloignée de ses débuts.
Le tournant décisif : Turning Point USA
Le point de rupture est survenu lorsqu’elle a pris la parole lors d’un événement de Turning Point USA, groupe ultraconservateur prônant des positions anti-LGBTQ+, anti-avortement et pro-Trump. Aux côtés d’Erica Kirk, elle a justifié sa présence en déclarant en avoir assez d’être « poussée dans ses retranchements », avant de qualifier les membres du mouvement MAGA de « cool kids ».
Son discours, salué par les applaudissements, comprenait cette déclaration significative :
« Boys, be boys… It’s OK. Be boys. There’s nothing wrong with being a boy. »
Dans le contexte actuel de violences et de discriminations envers les personnes trans et non binaires, ces mots résonnent comme un rejet explicite de la diversité de genre.
« MAGA Minaj » : le surnom devenu réalité
La drag queen Heidi N Closet, issue de l’émission RuPaul’s Drag Race, avait déjà surnommé la rappeuse « MAGA Minaj » il y a cinq ans. Plutôt que de répondre sur le fond, Minaj s’est contentée de corriger une erreur grammaticale dans le message, illustrant une volonté de dominer le débat par la forme, plutôt que de s’engager dans un échange de fond.
Une condamnation ferme de la communauté LGBTQ+
La réaction des milieux LGBTQ+ ne s’est pas fait attendre. L’organisation Pride UK a lancé un appel clair aux établissements : « Dear LGBTQ+ Venues… Please refrain from playing any Nicki Minaj music. She is not our friend. »
Le message, largement relayé et massivement soutenu, illustre l’ampleur de la rupture. Les commentaires, rapidement désactivés face à la vague de critiques, témoignent d’un rejet profond.
Une chute culturelle malgré le succès commercial
Nicki Minaj n’est plus simplement une artiste provocante. Elle est devenue, selon beaucoup, un symbole de repli idéologique. Son alignement sur des positions conservatrices, ses attaques contre la presse et les personnes LGBTQ+, et son discours de plus en plus réactionnaire ont rompu le lien avec une grande partie de son public historique.
Si elle conserve une présence dans les classements musicaux, l’écart entre sa réussite commerciale et sa marginalisation culturelle ne cesse de s’accentuer. Aux yeux de nombreux anciens
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