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5 personnalités queer emblématiques

5 personnalités queer emblématiques
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5 personnalités queer emblématiques

 Meg Ten Eyck 

Meg Ten Eyck 

Meg Ten Eyck  est une femme blanche, cisgenre et queer basée aux États-Unis. Elle est une créatrice reconnue de contenu de voyages LGBTQ+. PDG d’EveryQueer, c’est une militante du mouvement LGBTQ+ et de la Pride 2021. Elle est une experte sur le sujet depuis 2005. Elle a également participé à des conférences LGBTQ+ dans le monde entier et a visité plus de 60 pays. Récemment, elle a publié son premier livre, Slacktivist: Using Digital Media to Create Change.

À travers l’histoire, les femmes queer n’ont pas toujours pu explorer le monde. Les voyages étaient appropriés pour une jeune femme uniquement si elle était accompagnée de son mari ou d’un parent masculin. L’histoire du mouvement queer est difficile à documenter en raison de la nature taboue de l’amour entre personnes de même sexe dans certaines cultures. Il existe néanmoins de nombreux récits de femmes queer dans l’histoire LGBTQ+. Ces dernières ont mené des vies courageuses et ouvertes en explorant le monde. Malheureusement, la pratique consistant à empêcher les femmes d’avoir une autonomie financière et physique reste un outil d’oppression misogyne utilisé aujourd’hui. Il est difficile à surmonter lorsqu’on prend en compte l’identité LGBTQ+ et l’oppression raciale. Malgré ces obstacles, certaines femmes queer ont continué à explorer de vastes territoires au cours de l’histoire.

Il est difficile de trouver des preuves historiques de femmes ayant vécu en tant que lesbiennes ou bisexuelles. Souvent, leurs proches détruisaient les lettres et journaux à leur mort pour éviter un scandale familial. La plupart des mentions de femmes qui aimaient d’autres femmes se trouvent dans un contexte de condamnation. Pendant la majeure partie de l’histoire, l’attirance envers des femmes du même sexe était considérée comme un péché et un défaut personnel. De nombreuses femmes ont passé leur vie avec une autre femme, comme un partenaire de longue date. Pourtant, certains historiens peu scrupuleux les ont considérées comme des amies proches ou des colocataires, malgré les preuves de relations physiques et romantiques.

Malgré cela, il existe de nombreux exemples de femmes queer qui ont consacré leur vie à construire une communauté, encourager l’aventure et préserver la culture queer, peu importe les conséquences ou obstacles rencontrés. En tant que femme queer, je n’ai jamais appris ma propre histoire à l’école. Ce n’est que lorsque j’avais une bonne vingtaine d’années que j’ai appris les contributions historiques de personnes comme moi. Je n’ai jamais entendu les histoires de femmes queer qui cherchaient l’aventure. C’est pourquoi il est si important pour moi de raconter leurs histoires. Ce n’est qu’en regardant en arrière que nous pouvons envisager un monde où les personnes queer de toutes les identités se sentent en confiance pour partir à l’aventure. Je vais vous raconter l’histoire de quelques-unes de ces pionnières queer qui m’ont inspirée.

La reine Christine de Suède

La reine Christine de Suède aimait transgresser les règles. Audacieuse, cette icône androgyne avançait à son propre rythme. Elle avait également une personnalité pleine d’esprit. Curieuse, elle avait une passion pour l’apprentissage. Son gout pour les coups de théâtre lui a même valu de céder des terres appartenant à la couronne. Devenue reine en 1644, elle abdiquera 10 ans plus tard. Pourquoi ? Elle préférait renoncer à sa couronne plutôt que d’épouser un homme.

Après avoir quitté le pouvoir, la reine Christine se coupe les cheveux. Elle revêt même des vêtements masculins et attache une épée à sa poitrine avant de partir en exploration. Elle se déplace à travers l’Europe pour étudier les arts. Elle bouleverse les nobles par ses complots visant à devenir la reine de plusieurs autres États souverains. En 1681, Christina écrit une autobiographie très attendue. Elle y évoque son identité androgyne, ses amants féminins et le fait qu’elle n’était ni mâle ni hermaphrodite, contrairement aux propos de certains détracteurs. Elle finit par s’installer à Rome où elle étudie huit langues et devient mécène.

La reine Christine était largement considérée comme lesbienne. Pourtant, les historiens ne sont pas unanimes. Certains affirment qu’elle est morte vierge. D’autres affirment qu’elle a eu de multiples aventures avec des hommes et des femmes. Quoi qu’il en soit, la vivacité de sa personnalité a donné lieu à la réalisation d’un film sur sa vie en 1933. Elle y était interprétée par une autre lesbienne célèbre, Greta Garbo. Si vous avez l’occasion de visiter Stockholm, vous pouvez visiter le palais royal suédois pour voir son célèbre trône d’argent. C’est l’occasion de vous plonger dans l’histoire de son règne.

5 personnalités queer emblématiques

Gladys Bentley

Gladys Bentley était une chanteuse de blues ouvertement gay. Elle faisait partie intégrante de la Renaissance de Harlem dans les années 1920 et 1930. Elle est souvent oubliée dans les livres d’histoire détaillant les contributions des artistes noirs de l’époque, en raison de son homosexualité ouverte et de ses paroles obscènes. Par exemple, Gladys a combiné les chansons populaires d’Alice Blue Gown et de Georgia Brown pour en faire une chanson sur le sexe anal.

À son apogée, Gladys était célèbre pour avoir interprété des chansons torrides. Avec un cœur de travestis, elle chantait dans des bars clandestins à l’époque de la prohibition. Elle avait l’habitude de porter un chapeau haut de forme, un smoking et une queue de pie blancs, caractéristiques des dandys. Ses pitreries sexistes scandalisent et émoustillent le public de New York. Un tel ensemble serait controversé aujourd’hui. Imaginez-vous il y a 100 ans.

L’apogée de sa carrière se situe à l’époque de la Prohibition aux États-Unis. L’alcool y était alors illégal. Harlem était un quartier entièrement noir de Manhattan. Il était rempli de boîtes de nuit et de salles de spectacle contrôlées par des mafieux et trafiquants d’alcool. La police fermait les yeux sur la consommation illégale d’alcool dans le quartier. Cela a eu pour effet d’attirer des foules de Blancs de toute la ville vers Harlem pour profiter de l’accès à l’alcool offert par les fêtes, bars clandestins et salles de spectacle de Harlem. Cette situation créait une juxtaposition extrême. Les familles noires locales luttaient contre la Grande Dépression, tandis que des hordes de visiteurs blancs utilisaient Harlem comme terrain de jeu pour l’alcool et la débauche.

Gladys n’a pas caché sa sexualité dès son plus jeune âge. Elle a laissé derrière elle des lettres et journaux intimes détaillant son homosexualité. Elle est allée jusqu’à épouser une femme dans les années 1920. Elle a aussi discuté ouvertement de ses noces avec un journaliste. Elle était souvent citée dans les colonnes des potins pour son homosexualité effrontée. L’image de Gladys a été prématurément ternie dans les années 1950 par la chasse aux sorcières de l’ère McCarthy contre les queer. On devrait pourtant se souvenir d’elle avec amour,car elle était une icône féministe queer et une hors-la-loi du genre.

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Jane Addams

Jane Addams est considérée comme la mère du travail social moderne. Elle était très connue à Chicago à la fin des années 1800. Pionnière du mouvement pour le droit de vote des femmes, elle a également travaillé sur des réformes concernant le travail des enfants, la santé publique, le ramassage des ordures, le droit du travail et les relations raciales

Lors d’un voyage en Europe, Jane a visité Toynbee Hall. C’est une maison d’accueil pour les immigrants dans la banlieue est de Londres. Cette visite a inspiré Jane et sa partenaire de longue date, Ellen Gates Starr, à fonder la première maison d’accueil aux États-Unis, Hull House. Cela permettait de répondre aux besoins des populations immigrées privées de leurs droits à Chicago. Le foyer a d’abord été ouvert comme une garderie. Les mères immigrées pouvaient ainsi travailler hors de chez elles, sans laisser leurs enfants sans surveillance. Par la suite, il s’est agrandi pour permettre l’enseignement du primaire au secondaire. Des cours de niveau universitaire et des cours sur la justice sociale et les droits civils y étaient donnés. Finalement, Jane et ses collègues de Hull House ont fondé la Juvenile Protective Association. Sa mission consiste à protéger les enfants contre les abus et la négligence. Jane a également été la première présidente de la Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté. Comme si cela ne suffisait pas, elle a reçu le prix Nobel de la paix en 1931.

Malgré les preuves de ses relations homosexuelles à long terme, l’histoire n’a pas retenu Jane pour ce qu’elle était. Cette femme a créé un espace sûr pour d’autres femmes queer à Hull House. Elle a travaillé presque exclusivement avec d’autres femmes queer. Elle a aussi consacré la majeure partie de sa vie à la création d’une communauté pour ces femmes.

Finalement, Jane a mis fin à sa relation avec Ellen Gates Starr. Elle a rencontré Mary Rozet Smith avec qui elle a été mariée pendant 40 ans. Bien qu’elles ne soient pas légalement mariées, Jane et Mary voyagent, partagent un lit et possèdent des biens ensemble. Elles se considéraient comme un couple marié. Dans une lettre à Mary, Jane dit : « Il y a une raison dans l’habitude des gens mariés à rester ensemble ». Jane lui écrivait des lettres chaque jour où elles étaient séparées. Elle écrivait des choses comme « Tu me manques terriblement » et « je suis à toi jusqu’à la mort ». Elle a également appelé Smith « mon amour » dans de nombreuses lettres tout au long de leur relation de 40 ans.

Jane et ses compagnes n’auraient probablement pas utilisé le terme « lesbienne ». En effet, il n’était pas popularisé à l’époque. Les historiens ont donc des avis divergents sur la nature homosexuelle de Jane. Elle et ses partenaires ont laissé peu d’informations sur la nature sexuelle de leurs relations. Elles ont pourtant laissé de nombreuses preuves de leur amour et de leur intimité. Cependant, de nombreux historiens réduisent les personnes queer à leurs pratiques sexuelles plutôt qu’à leur intimité et leur amour l’un envers l’autre.

Christine Jorgensen a été la première femme transgenre à subir publiquement une série d’opérations chirurgicales. Cela visait à confirmer son identité sexuelle en 1952. Elle a quitté son domicile de New York pour se rendre à Copenhague, au Danemark. Elle y a rencontré le docteur Christian Hamburger, endocrinologue danois et spécialiste de l’hormonothérapie de réadaptation. Ensemble, ils ont été à l’origine d’avancées médicales en matière d’hormonothérapie, de procédures chirurgicales et de soins de santé pour les personnes transgenres. Christine a même choisi son nom en hommage à sa relation avec le docteur. D’ailleurs, ce dernier l’a citée dans ses études comme un élément essentiel de sa recherche médicale.

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Judy Dlugacz

Judy Dlugacz a cofondé Olivia Records, un label de disques féministe, en 1973. En 1990, Judy a décidé de lancer une compagnie de croisières pour lesbiennes. Elle fonctionnerait davantage comme une salle de concert flottante pour les artistes soutenus par Olivia Records. C’est ainsi qu’est née l’entreprise Olivia Travel, la plus grande compagnie de voyage au monde qui investit dans l’affrètement de navires entiers et de stations balnéaires exclusivement pour la communauté des femmes LGBTQ+. En permettant à des centaines de milliers de femmes LGBTQ+ de partir en croisière et de participer à des aventures terrestres, du Mexique à l’Europe, Olivia a ouvert la voie aux voyages lesbiens du monde entier.

À ce jour, Olivia Travel est l’une des seules compagnies de voyage spécifiquement destinées aux femmes LGBTQ+. Olivia propose des opportunités pour tous les groupes, qu’il s’agisse de programmes spécifiques pour les femmes de couleur, d’activités réservées aux voyageurs en solo ou d’offres spécifiques à l’âge. De cette manière, Olivia Travel contribue à créer un espace sûr pour ses voyageurs afin qu’ils aient la liberté d’être eux-mêmes pendant leur escapade.

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Christine Jorgensen

Christine Jorgensen a été la première femme transgenre à subir publiquement une série d’opérations chirurgicales. Cela visait à confirmer son identité sexuelle en 1952. Elle a quitté son domicile de New York pour se rendre à Copenhague, au Danemark. Elle y a rencontré le docteur Christian Hamburger, endocrinologue danois et spécialiste de l’hormonothérapie de réadaptation. Ensemble, ils ont été à l’origine d’avancées médicales en matière d’hormonothérapie, de procédures chirurgicales et de soins de santé pour les personnes transgenres. Christine a même choisi son nom en hommage à sa relation avec le docteur. D’ailleurs, ce dernier l’a citée dans ses études comme un élément essentiel de sa recherche médicale.

Lorsque Christine est rentrée dans le Bronx après ses opérations, elle a été accueillie par une vague d’attention médiatique. Après un article en première page du Daily News, elle est devenue une célébrité du jour au lendemain. Ses apparitions dans les médias lui ont permis d’éduquer et de défendre la communauté transgenre. Elle est devenue un cas d’école pour d’autres célébrités LGBTQ+ sur la façon dont elles peuvent utiliser leur statut de personnalité publique pour donner en retour. Cette attention du public est toutefois une arme à double tranchant qui l’empêche de mener une vie tranquille avec un emploi régulier. Christine a passé le reste de sa vie à travailler dans le domaine du divertissement, de la défense des droits et de l’activisme. La majorité de son travail était axé sur l’amélioration des conditions de vie et de travail de ses pairs transgenres.

Jorgensen n’est pas la première femme transgenre à subir une intervention chirurgicale. Pourtant, la publicité dont elle a fait l’objet reflétait la première fois que les médias grand public mettent en avant l’option des innovations chirurgicales. Sa transition a permis à d’autres personnes de réaliser la chose suivante. Si des professionnels de la santé transphobes se trouvent dans leur région, elles peuvent se rendre dans d’autres régions du monde pour y réaliser des interventions médicales dans une atmosphère sûre et positive. Avant cette couverture médiatique, de nombreuses personnes ne savaient même pas que des interventions médicales étaient possibles.